Lu dans Politis : Au boulot, feignasses !
février 26, 2009 at 3:10 | In Politique, Solidarité, Textes de Politis | 5 CommentsTags: feignasses !, Lu dans Politis : Au boulot
Lu dans Politis : Au boulot, feignasses !
jeudi 26 février 2009
Les natifs (noirs) de nos lointaines possessions maritimes sont probablement très sympas. Je ne dis pas. Si tu les invites à une soirée antillaise, par exemple, je suis absolument certain qu’ils vont mettre une ambiance de folie : ces gens-là , on le sait, n’aiment rien tant que de se trémousser au rythme chaud d’un zouk.
Mais pour ce qui serait de bosser, pardon : c’est tout de suite beaucoup plus compliqué. Si tu attends qu’un-e Martiniquais-e (ou un-e Guadeloupéen-ne) s’élance vers l’avenir (à la façon d’Henri Guaino), j’espère que t’as pris de quoi lire, parce que c’est pas demain la veille que tu vas être exaucé : plus feignasse, autant l’énoncer clairement [Bien sûr, ni Barbier ni Brézet ne proclament ouvertement que les Antillais sont d’une fainéantise qui atterre : ils y mettent quelques formes et commencent, notamment, par concéder que, oui, neffet, il y a quelques inéquités sous le soleil DOMique. Barbier : « Les inégalités économiques et sociales sont immenses outre-mer, où elles se transmettent par mariage et héritage, et se protègent par une ségrégation douce. » Brézet : « Il y a en Guadeloupe, et dans tout l’Outre-Mer, des écarts de richesse que l’Histoire éclaire sans toujours les justifier [Mais ce n’est pas une raison pour s’énerver : une chose est de prendre acte du néocolonialisme, une autre est de trop s’en offusquer. Barbier brame : « L’État républicain […] ne saurait cautionner une spoliation vengeresse ni ouvrir aux frais des métropolitains un guichet dégoulinant d’allocations injustifiées. » Nous y voilà  : nos lymphatiques Antillais-es « vivent aujourd’hui de l’assistance de la métropole », comme l’a si courageusement théorisé l’un de nos plus éminents philosophes [Les Dupont et Dupond de l’éditorial décomplexé, retrouvant un terrain connu, s’en donnent dès lors à cœur joie : « Cette année, la métropole accusée de tous les maux dépensera au total 16 milliards d’euros outre-mer, soit l’équivalent du budget national de la Sécurité », beugle Brézet. (De quoi vous plaignez-vous, ingrat-e-s îlien-ne-s, choyé-e-s « bénéficiaires de cette assistance massive » ?) Barbier conclut, en des termes qui se passent de tout commentaire : « Aux Français des tropiques qui veulent travailler à l’antillaise et consommer à la métropolitaine, rappelons qu’il faut labourer la terre arable pour qu’elle lève d’autres moissons que celle du songe »… Toi comprendre message, bouffeur d’allocs des îles ? Ou si grand penseur blanc devoir répéter toi ?
Notes
[1] On va quand même pas se gêner pour briser un à un les pesants tabous de la bien-pensance collectiviste, n’est-ce pas ?
[2] Qu’en termes précautionneux ces choses-là sont dites…
[3] Alain Finkielkraut, le 6 mars 2005.
Commentaires du blog :
Bravo ! M’sieur Fontenelle !!
Nous savons maintenant qu’au joyeux temps, « le temps béni des colonies de la France », l’Etat y dépensa de l’argent.
Mais, l’histoire nous a aussi appris que ce flouze ne fut pas perdu pour tout le monde et, notamment, il ne fut pas perdu pour les amis du pouvoir ….de tous les pouvoirs !!
On se souviendra de la colonisation forcenée de Léopold II , roi des Belges, au Congo et de son génocide, Popol II, lui s’enrichit beaucoup mais il faut dire qu’il possédait en propre, le Congo !!
On se souviendra de nos propres colonisations, de celles des anglais ou des hollandais….pour en arriver à la France à fric …ou Afrique, si vous préférez !!
Mais il faut que la lutte idéologique continue ! The show must go on, n’est-ce pas ???
Ce Barbier, nous barbe, il nous rase, même !! Redisons-lui ce que disait un autre Barbier mais de Séville, celui-là , un certain « Figaro », que c’est drôle !!
Revenons-y !!
Aux vertus qu’on exige dans un domestique, Votre Excellence connaît-elle beaucoup de maîtres qui fussent dignes d’être valets ? Beaumarchais , Barbier. de Séville . Acte I, scène 2
Et, pour ne pas être en reste avec les Noces du même :
Les maîtres ont encore une âme de valet !!
Coordination gauche Alternative du Hainaut
26 février 2009
Lu dans politis Vive Obama !
novembre 13, 2008 at 11:38 | In Textes de Politis | Leave a CommentTags: Lu dans politis Vive Obama !
Lu dans politis Vive Obama !
PAR Bernard Langlois
jeudi 13 novembre 2008
Dans la dernière livraison de Politis, notre cher Nanard (qui n’en est pas un) fait encore une fois preuve de lucidité ; cet article est le complément idéal du nôtre :
Présidentielles américaines OBAMA IS PRESIDENT AND HE IS BLACK !
novembre 5, 2008 at 10:47 | In Politique | | Edit this post
Tags: Présidentielles américaines OBAMA IS PRESIDENT AND HE
Oh, nous ne sommes pas sans entrailles, non, non, croyez pas ça ! Car il faudrait assurément un cÅ“ur de pierre pour n’être point sensible à l’élection de Barack Obama, pour ne pas viÂbrer avec ces foules en liesse, rester indifférent à ces pleurs de joie sur le visage du vieux combattant Jesse Jackson, et sur tant d’autres visages connus ou inconnus, noirs, blancs, cuivrés, jeunes, vieux, entre deux âges, hommes ou femmes : un Âpeuple, le plus bigarré qui soit. En tout cas, une partie de ce peuple, qui s’est retrouvée majoritaire dans l’urne, et de façon incontestable, pour choisir le renouveau.
Le renouveau ? Sans doute, si l’on veut bien considérer que les États-Unis Âd’Amérique nous ont imposé, durant les deux mandats de George Dubbleyou, ce qu’ils avaient de pire en magasin. C’est à cet héritage désastreux que l’électorat américain a tourné le dos, plus qu’il ne l’a tourné à McCain, l’héritier malgré lui.
Plus qu’il n’a choisi Obama ? Diriez-vous que, contre l’éléphant républicain, n’importe quel âne porteur des reliques démocrates aurait été élu ? C’est bien possible, et ce constat doit aviver l’amertume d’Hillary Clinton et de son clan. Car, en fait, c’est bien la primaire démocrate qui constitue le vrai triomphe du sénateur de l’Illinois, celle d’un outsider contre l’appareil du parti, ses barons, sa nomenclature. On n’ira pas jusqu’à dire que ce n’était plus, après, que formalité et promenade de santé : tout a été dit sur l’excellence de la campagne elle-même, la sophistication de la machine de guerre mise en place par un entourage performant, et (c’est le plus troublant…) cette avalanche d’un fric qui ne venait pas majoritairement de la tirelire du militant de base, tant s’en faut. Le charisme du candidat a fait le reste, et son habileté à jouer à la fois sur sa spécificité métisse et à la faire oublier par un discours largement consensuel. Barack Obama a joué et gagné sur tous les tableaux, dans le registre humaniste dont les excès et les crimes des sortants lui avaient garanti Âl’usage exclusif. Fort bien. Alors, tous ensemble : « Viva Obama ! » ; et que personne ne nie que cette victoire d’un homme de couleur au pays de l’esclavage, de la ségrégation raciale et du Ku Klux Klan soit un formidable symbole.
SAUVEUR
Mais rien qu’un symbole. Consentez, je vous prie, dans votre joie sympathique et encore sous la douche de tous ces bons sentiments qui dégoulinent des antennes, qu’on jette un peu du froid de la raison. Sans même avoir à énumérer tous les obstacles qui attendent le nouvel élu sur la voie d’un renouveau (de la guerre à la crise, ils sont présents dans tous les esprits), et à supposer même qu’il entende les surmonter, faire d’Obama une sorte de messie planétaire capable de sauver l’humanité en crise serait du plus haut comique, si ce n’était inquiétant quant à la lucidité de l’espèce, toujours en quête d’un sauveur suprême. Comment dit la chanson, déjà  ? Ah ! oui : « Ni Dieu, ni César, ni Tribun ! »
DE L’ÉMOTION
La politique de l’émotion  [1] est rarement pertinente. Tout citoyen doté d’un certain âge et d’une mémoire encore en état de marche devrait en être vacciné. Pour n’en prendre que deux exemples choisis dans le temps de ma génération, en France (et à rebours) :
– 21 avril 2002 : Jospin éliminé de la présidentielle à l’issue du premier tour. C’est pour la gauche un traumatisme, non pas sans précédent (en 1969, déjà , la déroute du tandem Defferre-Mendès laissait face à face Pompidou et Poher, c’est-à -dire la droite et le centre-droit), mais inédit depuis trente ans. Circonstance aggravante : ce n’est pas un brave pépère sénateur en pantoufles qui allait disputer son trône au sortant (Chirac), mais le représentant honni de l’extrême droite, le président du Front national, le Borgne satanique, l’incarnation du Mal : Jean-Marie Le Pen. Comme si ça ne suffisait pas d’être viré du premier tour en la personne de son représentant, tout le PS comme un seul homme [2] – et bien d’autres encore, sur sa gauche comme sur sa droite – se donnait le ridicule d’appeler, dès la classique soirée télévisée du 21, à voter Chirac pour « faire barrage » à l’Affreux ; les médias faisaient chorus, avec France Inter pour donner le la. Et nous vécûmes la manif’ la plus unanimiste depuis des lustres, qui rassembla tous les « antifascistes » dans la rue, en appelant « le Chi » de ses vÅ“ux. On s’en souvient peut-être, j’avais personnellement dans ces colonnes défendu l’abstention, dans un premier papier à chaud, assurant que le danger Le Pen était imaginaire et arguant que Chirac n’avait nullement besoin de nos voix pour être réélu ; sur la double pression de la rédaction et de nombreux lecteurs, j’ai dû la semaine suivante me rallier au vote Chirac, sur le thème : « On ne va pas se fâcher pour ça », en ajoutant mezzo voce, en Galilée du pauvre, mon : « Et pourtant elle tourne… » Combien ont regretté par la suite, s’étant ainsi laissés aller à l’émotion, d’avoir voté à droite pour la première fois de leur vie ? – 10 mai 1981 : je n’ai pas participé à la liesse (humide) de la Bastille, pour la bonne raison que je couvrais alors l’événement – le deuxième tour de la présidentielle et la victoire attendue de Mitterrand sur Giscard – à Château-Chinon, en compagnie du candidat de la gauche et de sa suite. Dès 18 heures, scènes d’allégresse et champagne sur la place devant Le Vieux Morvan. « On a ga-gné ! » C’est peut-être à ce souvenir-là que nous renvoie avec le plus de pertinence l’avènement de Barack Obama. Derrière ce beau produit (bronzé, comme dit l’autre) de la méritocratie américaine vont en effet entrer à la Maison Blanche tous les exclus, les laissés-pour-compte, les humiliés, les « minorisés » de la société américaine, et au-delà , de l’Empire. Vont entrer, ou plutôt : croient qu’ils vont entrer, toute l’ambiguïté de la politique émotionnelle est là . En France, le 10 mai 1981, c’est la classe ouvrière qui allait au paradis : rendez-vous compte, un quart de siècle que la gauche était exclue du pouvoir ! Et François Mitterrand avait eu le bon goût (l’habileté…) de réunir toute la gauche et même de faire leur place aux communistes, on n’allait tout de même pas bouder notre plaisir ! Nous en étions persuadés, quelques réticences que nous avait inspirées le parcours sinueux du nouveau président : derrière ce grand bourgeois transcendé par sa fonction et pénétré de la grandeur de sa tâche, Âc’était le peuple de France, celui des Âchaumières et des humbles travaux, qui entrait à Âl’Élysée. Pour être juste, il y eut quelques beaux mois et des avancées qu’on ne regrette pas, ne serait-ce que l’abolition de la peine de mort. Puis, assez vite, tout partit en quenouille, d’un recul l’autre, d’un scandale l’autre : de Pelat en Tapie, de Nucci en Barril… Affaires de fric, Âaffaires d’État, basse police, suicides. Le mitterrandisme – deux fois sept ans, quand même ! – n’avait eu besoin de personne, pas même de la presse, pour être jeté aux chiens.
Ainsi va la politique de l’émotion, qui nous exalte parfois, ou parfois nous révulse. Dans un cas comme dans l’autre, rarement à bon escient.
P.-S. : Un lecteur de toujours, par ailleurs ardent défenseur de la chanson française de qualité, me demande de vous faire savoir que le Forum Léo-Ferré, lieu d’excellence sis à Ivry-sur-Seine, programme six soirées de récital de Jacques Bertin (avec Laurent Desmurs au piano et Guy Raimbault à l’accordéon, les 14, 15, 21, 22, 28 et 29 novembre). Forcément, ça va être très beau, et si vous êtes dans le coin, ne loupez pas ça. Attention : mieux vaut retenir vite, c’est déjà affiché complet pour le 22 et le 29. www.forumleoferre.com
Notes
[1] Comme la géopolitique du même métal. C’est le titre d’un essai qui vient de sortir, du politologue Dominique Moïsi : la Géopolitique de l’émotion, Flammarion, 268 p., 20 euros. L’auteur, qui tient que « sans reconnaître l’influence cruciale des émotions, il est tout bonnement impossible de comprendre le cours de l’histoire », en choisit trois – l’espoir, l’humiliation et la peur – pour imaginer, selon celle des trois qui l’emporte, les scénarios heureux ou catastrophiques du futur… Le scénario pessimiste de 2025 (qui serait volontiers le mien) fait froid dans le dos !
[2] Lionel Jospin fut un des rares à ne pas se précipiter dans les bras de Chirac, mais finit par s’y résoudre sous la pression de ses amis.
Relayé par Coordination Gauche Alternative du Hainaut
13 – 11 – 2008
LU DANS POLITIS Pourquoi les Irlandais sont-ils seuls à voter ?
juin 6, 2008 at 12:33 | In Textes de Politis | Leave a CommentTags: LU DANS POLITIS Pourquoi les Irlandais sont-ils seuls ï
Lu dans Politis
Pourquoi les Irlandais
sont-ils seuls à voter ?
PAR Susan George
jeudi 5 juin 2008
L’Irlande organise le 12 juin un référendum sur le traité de Lisbonne. Susan George, présidente d’honneur d’Attac, décrit les conditions dans lesquelles il est organisé.
En 1987, un citoyen irlandais nommé Raymond Crotty a porté devant la Cour suprême de son pays une requête d’une parfaite logique : sachant que tout changement dans les traités européens exige un amendement à la Constitution irlandaise, sachant encore que tout amendement à la Constitution irlandaise doit être approuvé par référendum, tout changement d’un traité européen doit être approuvé par référendum. CQFD. La Cour lui a donné raison, et, de ce fait, les Irlandais voteront le 12 juin sur le traité de Lisbonne.
Le traité de Nice avait été rejeté en 2001 puis adopté en 2002. Andersen/AFP
En France aussi il faut modifier la Constitution pour accommoder un nouveau traité européen, d’où les transhumances périodiques des élus à Versailles. Hélas, le choix du référendum ou de l’approbation parlementaire qui s’ensuit dépend du bon plaisir du président de la République. L’an dernier, celui-ci avait déclaré, devant quelques parlementaires européens sélectionnés, qu’un « référendum aujourd’hui mettrait l’Europe en danger. Il n’y aurait pas de traité si nous avions un référendum en France ».
Quelque 75 % des Européens interrogés ont déclaré vouloir se prononcer sur le traité de Lisbonne. Mais, au final, seuls nos camarades irlandais sont en mesure de se battre pour le « no ». J’ai eu le privilège de les rencontrer en novembre 2007 pour leur raconter un peu comment nous avions fait en France et participer à leur toute première réunion publique, puis d’accompagner leur campagne pendant quelques jours au mois d’avril. Comme ce fut le cas en France en 2005, tous les grands partis « officiels » sont favorables au « yes ». Seuls le Sinn Fein, le petit parti socialiste irlandais, et quelques Verts dissidents se sont rangés au côté d’une douzaine d’associations citoyennes qui se sont vite organisées en collectif. Les syndicats liés aux partis sont, bien entendu, aussi pour le « yes », mais d’autres, comme le puissant NEETU, avec ses 40 000 membres travaillant dans le domaine de l’ingénierie électrique, ont pris position pour le « no ». La plus puissante fédération d’agriculteurs est également opposée au traité de Lisbonne et a organisé une manifestation de 10 000 personnes dans la capitale, chiffre énorme pour une ville comme Dublin.
De même qu’en France, les médias et le gouvernement se sont rangés massivement derrière le « yes ». Jusqu’ici, à l’occasion de tous les référendums européens, les gouvernements irlandais ont respecté la loi et ont fourni aux citoyens les arguments en faveur du « yes » comme du « no », ce qui a abouti, on s’en souvient, à des votes négatifs. Cette fois-ci, les autorités ne prennent pas de risques : elles enfreignent la loi et ne diffusent que la propagande du « yes ».
En dépit de ces lourds handicaps, le « no » a de loin les meilleurs arguments. Une députée européenne indépendante, Kathy Sinnott, constate à travers de nombreux débats contradictoires où les partis du gouvernement débarquent avec leur grosse artillerie, que ce sont néanmoins les forces du « no », infiniment moins bien financées, qui convainquent le public. « Dès que les gens sont en possession d’un minimum d’informations, dit-elle, ils sont tout de suite emportés par la conviction qu’il faut voter non. » Grâce au travail des militants irlandais, ces informations sont relativement faciles à trouver. Pour eux, le traité de Lisbonne ressemble comme deux gouttes d’eau au traité constitutionnel rejeté par les Français et les Hollandais.
Les arguments les plus porteurs sont ceux contre la militarisation. Les Irlandais tiennent à la neutralité de leur pays et craignent fort l’obligation qui leur est faite, comme à nous tous, d’augmenter les dépenses militaires dans le cadre européen et de participer éventuellement à des guerres au-delà de nos frontières.
Le destin des services publics irlandais est un autre point sensible. Les services publics sont soumis aux règles de la concurrence, mais ce traité ferait sauter le verrou du veto que chaque pays peut opposer aux accords de commerce européens dans les domaines de la santé, de l’éducation et des services sociaux.
Aucun des partenaires de la campagne pour le « no » ne souhaite le retrait de l’Europe. Celle-ci a fortement favorisé l’économie irlandaise, et le nouveau statut de « tigre celtique » à forte croissance est le principal atout du « yes ». Mais tous se plaignent de la perte d’influence des petits pays et de l’absence radicale de démocratie européenne. La députée Sinnott rappelle que les citoyens n’y ont aucun droit, sauf celui de se plaindre. Le Parlement européen a déjà agité 155 fois son « carton jaune », et la Commission ne l’a pris aucune fois en compte. Le nouveau haut représentant pour les Affaires étrangères aura « une bouche, mais pas d’oreilles » ; le pays perdra d’importantes capacités nationales exécutives, législatives et juridiques. L’UE a transmis plus de 700 lois en 2007 et le Dáil (Parlement irlandais) leur a consacré en moyenne 26 secondes chacune.
Au Parlement européen, 499 députés (dont deux Irlandais…) ont voté en faveur d’une motion promettant de ne tenir aucun compte du vote référendaire irlandais. Ce pays de quatre millions d’habitants porte la responsabilité de se prononcer sur un traité qui affectera gravement les 496 autres millions de citoyens de l’UE à 27, démontrant par là même le lamentable niveau de démocratie dont ceux-ci jouissent. La campagne des camarades irlandais est celle de centaines de millions d’autres Européens.
Sur la question Européenne, vous aurez bientôt de nos nouvelles, surtout, si comme nous l’espérons, le Peuple Irlandais vote NON.
En effet, nos camarades belges de CAP (Comité pour une Autre Politique) ont beaucoup travaillé et préparé un excellent « Plan B » que nous mettrons prochainement en ligne.
Car, figurez-vous que si les Irlandais votent NON, comme nous l’avions fait en 2005, au temps où le Peuple Français avait encore (un peu) la parole, avant la forfaiture de Versailles, vous allez voir que toute la camarilla des Eurocrates va revenir en force, tous médias déployés, pour nous seriner encore : « Il n’y a pas de Plan B » !!
Hé bien si ! Il y a un Plan B…B comme Bruxelles … puisque ce sont nos camarades de CAP qui ont le plus travaillé et que nous les soutiendrons.
L’une des affiches de la lutte de nos camarades belges pour un référendum
Guy Dutron – Coordination Gauche Alternative du Hainaut –
Le 5 Juin 2008
SUS AUX FAUX ECOLOS !!!! Lu dans Politis de cette semaine
novembre 29, 2007 at 11:05 | In Textes de Politis | Leave a CommentTags: Refonder la Gauche
Dès dimanche soir nous mettrons en ligne l’APPEL qui sortira des nos premières Assises. C’est, en effet, ce week-end que se tiendront, à St Denis, nos premières Assises qui consacreront officiellement notre naissance en tant que Mouvement politique d’un type nouveau.
Evidemment, nous vous en reparlerons car nos près de 200 collectifs répartis dans toute la France représentent d’ores et déjà une force politique.
Nous devons être environ 6.000 militants, c’est-à -dire a peu près autant que « les verts » et plus de deux fois la LCR !! Ce n’est donc pas rien.
L’Avesnois et le Cambrésis seront bien sûr représentés à ces Assises. Vous avez pu voir les noms de nos délégués dans les textes de nos Assises régionales du 17/11 puisque nous faisons tout publiquement.
En attendant cet APPEL (deux textes nous sont actuellement proposés) que nous voulons mobilisateur, nous vous présentons les « faux écolos » : ces « escrologistes » qui grenouillent dans les allées du pouvoir Européen à Bruxelles.
Merci encore une fois à « Politis », décidément les copains Bernard Langlois, Michel Soudais, Denis Sieffert et tous les autres, qu’est-ce que nous ferions sans vous.
Si vous aimez notre blog, un conseil, chaque Jeudi, précipitez-vous chez votre marchand de journaux et achetez « Politis », mieux, abonnez-vous, en version papier ou sur Internet.
Guy Dutron
Sus aux faux écolos !
PAR David Leloup
jeudi 29 novembre 2007
Quatre ONG ont organisé un vote citoyen pour couronner, le 4 décembre, les plus scandaleuses pratiques de lobbying et « d’écoblanchiment » observées dans l’Union en 2007.
Acheter des études scientifiques biaisées, financer secrètement des think tanks anarcho-capitalistes, se faire passer pour d’authentiques écologistes ou encore s’assurer un accès très privilégié auprès d’organes décisionnels de l’Union européenne… Voici quelques-unes des pratiques de lobbying inavouables qui ont cours aujourd’hui dans la capitale de l’Europe.
Afin de braquer les projecteurs sur ces méthodes peu orthodoxes, le « Prix du pire lobbying de l’Union européenne (UE) » a été lancé en 2005 à l’initiative de quatre ONG [Shell se fait épingler pour une pub mensongère. CERLES/AFP
Le Prix du pire lobbying, cuvée 2007, sera décerné le 4 décembre prochain lors d’une cérémonie festive qui se tiendra à Bruxelles.
Parmi les cinq nominés, le vicomte Étienne Davignon* a des allures de favori. Ancien vice-président de la Commission européenne, il est aujourd’hui conseiller spécial du commissaire au Développement, Louis Michel**, sur les questions de développement en Afrique.
« Le problème, explique Christine Pohl, des Amis de la Terre, c’est que M. Davignon siège en même temps au conseil d’administration de Suez, multinationale qui cherche à s’ouvrir de nouveaux marchés dans les secteurs de l’eau et de l’énergie… en Afrique. » Un conflit d’intérêt présumé qui semble en tout cas ne déranger personne à Bruxelles…
Autre nominé de taille : le triumvirat germanique BMW-Daimler-Porsche, pour son lobbying intensif  chantage à l’emploi inclus  visant à miner et à retarder les objectifs européens de réduction des émissions de CO2 pour les nouvelles voitures.
Les « outsiders » qui leur disputeront la palme sont le groupe pétrolier espagnol Repsol, stratège de la recherche européenne en matière d’agro carburants industriels, le cabinet Stewart, une agence de lobbying qui gère un faux think tank servant de façade aux adversaires du protocole de Kyoto, et l’Epaca, le lobby des lobbyistes européens, qui mène activement campagne contre la transparence financière du lobbying à Bruxelles souhaitée par le commissaire aux Affaires administratives et à la Lutte antifraude, Siim Kallas.
Cette année, un second trophée sera également décerné : le prix du pire « écoblanchiment ». L’objectif, ici, est de distinguer la plus culottée des opérations de com’ cherchant à faire passer des vessies polluantes pour des lanternes écologiques. Airbus est ainsi nominée pour une série de pubs où les silhouettes des avions sont parées de paysages idylliques suggérant que l’A380 est propre et écolo. Le géant anglo-néerlandais Shell se fait épingler pour une publicité suggérant que ses raffineries rejettent… des fleurs plutôt que de la fumée (pub que le gendarme de la publicité britannique vient d’ailleurs de condamner). Le numéro un mondial du pétrole, Exxon Mobil (Esso), doit quant à lui sa nomination à une campagne publicitaire dans laquelle il prétend réduire ses émissions de gaz à effet de serre alors que… son propre rapport 2006 d’« entreprise citoyenne » reconnaît qu’elles ont crû de façon spectaculaire ces quatre dernières années !
En lice également pour la palme du « verdissement » : le lobby de l’industrie nucléaire allemand, qui se présente comme le « protecteur du climat » à coup de pleines pages achetées dans la presse, et le géant britannique de l’armement BAE Systems, qui cherche à se positionner sur le marché des armes « vertes » et a récemment fait la promo de ses « balles écologiques sans plomb »… Vu l’inexistence d’une presse d’investigation spécialisée dans les questions européennes, les dossiers montés par les organisateurs (disponibles sur le site www.worstlobby.eu) valent certainement le détour. Les motifs précis des nominations sont explicités, les logiques industrielles qui se trament en arrière-plan, décodées. « Nous ne craignons pas la controverse, déclare Uri Mueller, de l’ONG Lobby Control. Nos dossiers reposent sur des bases factuelles solides. On ne peut donc pas nous attaquer en diffamation. Je pense d’ailleurs que ça se retournerait vite contre le nominé… »
Tout citoyen européen a pu voter via le site Internet de l’événement. L’an passé, près de 10 000 internautes ont joué le jeu. « Les dix nominés ont d’ores et déjà été conviés à la cérémonie du 4 décembre, précise Uri Mueller. Nous les avons également invités à réagir à leur nomination. Shell, le Cabinet Stewart et l’Epaca nous ont écrit pour contester celle-ci. Leurs lettres et nos réponses sont publiées sur le site Internet. » Les deux lauréats auront par ailleurs l’occasion de présenter leur point de vue sur scène lors de la cérémonie. Alors, viendront ? Viendront pas ? L’an passé, seul un représentant d’une DG nominée (l’équivalent européen d’un ministère) avait fait le déplacement…
*Note du Blog 1 : le vicomte Davignon est aussi membre d’une foule de conseils d’administration et préside actuellement le « groupe de Bilderberg » : ce rassemblement des plus gros capitalistes de la planète qui prétend assurer la gouvernance du monde à la place des Etats qui, selon ces pleins aux as, sont, évidemment, « dépassés », surtout s’il leur arrive encore de mettre le moindre frein aux appétits gargantuesques de ces prédateurs professionnels de l’économie et de la finance.
Ce groupe dont furent membres, au hasard, le réactionnaire José Manuel Barroso et un « gauchiste » bien de chez nous : Laurent Fabius en personne !!!
Notre camarade Raoul-Marc Jennar nous a donné de précieuses informations sur ce sujet !!
** Note du blog 2 : Louis Michel, c’est l’ancien patron des Libéraux Francophones belges : du genre « agité du bocal », une sorte de petit Sarko avant la lettre sauf pour le physique !! Sa bedaine, une gidouille à la UBU, à elle seule, symbolise à merveille la prospérité des fortunes qu’il représente !!
Le Fossé !!
novembre 22, 2007 at 2:25 | In Textes de Politis | Leave a CommentTags: Le Fossé par Bernard Langlois dans Politis
Le fossé (extrait du bloc note de Bernard Langlois dans Politis)
Comme toujours, Bernard Langlois a une vision aigüe des réalités. Son analyse du rôle des médias dans les luttes actuelles, c’est un peu « celui qui dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas.
Bernard est un vieux copain et sa fidèle présence nous fait toujours chaud au cœur.
Encore une fois, merci Bernard
Guy Dutron
« Menteries médiatiques » ? La façon dont la presse en général et les radios et télés en particulier rendent compte des conflits sociaux en cours suffit à expliquer pourquoi le fossé ne cesse de se creuser entre la profession de journaliste et une fraction grandissante du public.
Il ne faut donc pas s’étonner que les reporters subissent de plus en plus souvent un accueil hostile, notamment dans les situations tendues  comme sur les campus en ce moment ; ni que de plus en plus de gens délaissent télé-aux-ordres ou presse-qui-ment, et cherchent leur bonheur sur le Net (où circulent encore des infos et des images qui n’ont guère de place ailleurs, et surtout une liberté de ton et de commentaires revigorants  ça durera ce que ça durera…).
Le ton était donné avant même l’arrêt du premier train, avant l’occupation du premier amphi : « Les grévistes prennent les Français en otage. » Otage : combien de fois nous l’a-t-on asséné, ce mot lourd de sens, depuis une quinzaine ? Combien de micros-trottoirs excédés, de reportages compatissants entièrement voués à la grande-détresse-des-usagers-privés-de-moyens-de-transport, à celle des-étudiants-qu’une-minorité-d’irresponsables-empêche-d’accéder-aux-amphis ? Et sur le fond du conflit  le problème des retraites ou la réforme de l’université Â, quelle part respective faite aux arguments des grévistes par rapport aux analyses savantes des experts, tous acquis au bien-fondé des mesures gouvernementales seules censées assurer avenir et prospérité ? Combien d’efforts pour démontrer le bon vouloir du pouvoir, son sens aigu du dialogue, la persistance de sa bonne grande main tendue et de son franc sourire (omniprésent symbole : la face de lune et le ton doucereux du ministre en charge, le Séraphin Lampion du gouvernement) par comparaison au peu d’espace laissé à la défense du mouvement de grève, à la façon de le présenter comme archaïque, buté sur des revendications d’un autre âge, fermé à toute négociation ?
Que le pouvoir médiatique soit du côté du manche, ce n’est pas vraiment une nouveauté ; que de plus en plus de gens s’en aperçoivent et se détournent de sa propagande, c’est un fait que les moments forts de tension sociale mettent en lumière. Dans un premier temps, la propagande semble marquer des points (comme le disent les sondages, défavorables aux grévistes) ; à plus long terme, c’est la crédibilité des sachant et des puissants qui s’effrite, et le fossé qui se creuse entre le peuple et les « zélites ».
Jonction
Non seulement les médias sont outrageusement partisans, mais ils se gourent en prenant leurs désirs pour la réalité : à les en croire, la grève des cheminots ne passerait pas le week-end. « La fermeté paye », gâtifiait papy Mougeotte dans le Fig-Mag de samedi dernier, comme si tout était rentré dans l’ordre (son ordre).
Prématuré, pépère. Ce lundi, on sait déjà que le mouvement continuera au moins jusqu’à mercredi, jour d’ouverture des négociations. En tout état de cause, la fameuse jonction redoutée avec la grève des fonctionnaires de ce mardi est chose acquise.
Allons, le sarkozysme rencontre encore quelque résistance.
L’OPPOSITION FANTÔME Lu dans Politis – par Michel Soudais. Un excellent article qui pose bien la problématique des positions prises par le PS actuel et leur lien avec les luttes encours
novembre 8, 2007 at 6:47 | In Textes de Politis | Leave a CommentTags: Refonder la Gauche
L’opposition fantôme
PAR Michel Soudais
jeudi 8 novembre 2007
Alors que les conflits sociaux se multiplient, le principal parti de la gauche est tout juste capable de critiquer « la méthode Sarkozy ». Raisons d’une démission.
À l’état de grâce succède la résistance. Que ce soit pour protester contre la réforme des régimes spéciaux de retraite, contre les réductions d’effectifs dans la Fonction publique, pour la défense des conditions de travail ou du pouvoir d’achat, plusieurs grèves et manifestations sont programmées au mois de novembre. Sans parler de la contestation qui monte dans les universités contre la loi Pécresse adoptée cet été. Après le succès de la journée de mobilisation du 18 octobre et le débrayage des hôtesses et de stewards d’Air France, la multiplication des conflits sociaux marque la fin de six mois d’anesthésie postélectorale.
L’ouverture des hostilités à la réforme des régimes spéciaux est annoncée pour le 13 novembre à 20 h, avec le début d’une grève reconductible à la SNCF, à l’appel de six des huit fédérations syndicales de cheminots (CGT, SUD Rail, Unsa, FO, CFTC, CFE-CGC). À la RATP, seul SUD avait déposé un préavis de grève reconductible, mais six autres syndicats envisageaient de faire de même, si le gouvernement ne bouge pas. À EDF-GDF, FO et la CGT, majoritaires dans le secteur, appellent aussi à la grève le 14 novembre, trois autres fédérations attendant encore que le gouvernement revoie « sa copie ». Enfin, c’est aussi contre la réforme de leur régime spécial de retraite que les personnels techniques de l’Opéra de Paris ont déposé un préavis de grève, avec effet le 13 novembre.
Le 20 novembre, c’est au tour des sept fédérations syndicales de fonctionnaires et des cinq fédérations de l’Éducation nationale d’appeler à la grève et à une journée d’action contre les réductions d’effectifs et pour les salaires. Cinq fédérations syndicales des postes et télécommunications (CGT, CFDT, SUD, FO et CFTC) appellent, elles aussi, les salariés de La Poste et de France Télécom à débrayer, pour l’emploi, le pouvoir d’achat, le service public, les conditions de travail, et contre les restructurations.
Le 29 novembre, le Syndicat de la magistrature (SM) et trois principaux syndicats de fonctionnaires de justice (Usaj, CGT, CFDT) organisent une journée de grève nationale, avec manifestation à Paris, contre la réforme de la carte judiciaire.
Derrière ces conflits visibles, le mécontentement des Français concernant leur pouvoir d’achat s’aggrave. Et pas seulement dans les enquêtes d’opinion. En témoigne la recrudescence de conflits sociaux sur les salaires dans le secteur privé. Des grèves ont ainsi éclaté sur le sujet à Conforama, dans l’Isère et le Rhône, et dans des filiales de Total. Trois syndicats de LCL, l’ex-Crédit lyonnais, appellent à la grève le 22 novembre pour des augmentations de salaires, et ceux d’Air France menacent de reprendre le mouvement à défaut de réponses de leur direction. Élu sur le slogan « travailler plus pour gagner plus », Nicolas Sarkozy serait-il en train de payer le prix de cette promesse non tenue ?
Ce ne serait pas la première fois qu’un président de droite, élu au printemps sur une thématique sociale, se verrait contraint d’affronter la rue à l’automne. Chacun se souvient de l’élection de Jacques Chirac suivie par les grandes grèves de novembre-décembre 1995. Un scénario qui pourrait bien se répéter. Jusque dans l’inanité de l’opposition, dont la principale formation est incapable de profiter des mécontentements, faute sans doute d’être capable de les partager, de les comprendre et de les traduire en actes et propositions politiques.
« C’est assez paradoxal. Le gouvernement met en oeuvre une politique qui est résolument de droite [...]. Et face à cela, on voit une gauche qui balbutie son discours », constate à regret Benoît Hamon. Trois raisons au moins expliquent ce mutisme. Six mois après sa défaite, le PS n’a toujours pas éclairci les causes de sa défaite. Il s’est montré ensuite incapable d’enrayer le départ de certains de ses membres, séduits par la politique d’« ouverture » de Nicolas Sarkozy, vers les ministères, les cabinets et les missions gouvernementales. Pire même, le PS est apparu incapable d’expliquer cette hémorragie autrement que par l’opportunisme supposé des partants alors que ces derniers peuvent, à raison, affirmer qu’ils n’ont pas changé de conviction. Ce qu’accrédite d’ailleurs Ségolène Royal en parlant des « socialistes qui sont au gouvernement ». Enfin, sur la plupart des questions du moment, le PS se contente de critiquer le gouvernement sur la forme, laissant deviner un accord sur le fond des réformes envisagées, quand il ne le clame pas tout bonnement.
C’est le cas sur la question sensible des régimes spéciaux de retraite. « La réforme des régimes est nécessaire », déclarait François Hollande, le 18 octobre, jour de la grève contre cette réforme gouvernementale, au micro de RTL. « Mais pour être réussie, ajoutait-il, elle doit respecter deux principes : le premier, celui de la négociation à partir d’un cadre global, ensuite le critère de la pénibilité, qui doit être le fondement de la durée de cotisation. » « Le principal objectif est non pas de s’opposer au principe d’une révision des régimes spéciaux, mais de s’opposer à la fois à la méthode, avec l’absence de négociation, et au fait que le gouvernement commence par annoncer au départ le résultat », avait déclaré de même l’ancien ministre Michel Sapin. Jusqu’à présent, « les régimes spéciaux sont indexés sur les salaires, or nous considérons qu’il faut indexer sur les prix », expliquait le secrétaire national à la santé, Pascal Terrasse, début octobre, en soulignant que « l’allongement de la durée de cotisation n’est pas un tabou » pour le PS. Cette indexation des pensions sur les prix, que le ministre Xavier Bertrand veut imposer, est contestée par les syndicats.
En 1995, déjà , bon nombre de responsables socialistes, en phase avec le petit monde des éditorialistes en vue, avaient été séduits par le plan Juppé sur la Sécurité sociale. Lors de la présentation de celui-ci, les rocardiens surtout avaient salué la conversion de la droite à la maîtrise des dépenses de santé. Michel Rocard jugeait « nécessaire » qu’Alain Juppé « tape fort ». « Si le gouvernement veut réellement maîtriser l’évolution des dépenses de santé et s’en donner réellement les moyens, je le soutiendrai », avait proclamé Claude Evin. Fraîchement élu à la tête du parti, Lionel Jospin avait dû rappeler le PS à son devoir d’opposition. Solidaire du mouvement anti-Juppé, le PS s’était toutefois bien gardé de « jouer les boutefeux », selon une expression de son porte-parole d’alors, François Hollande, qui reste fidèle à cette ligne.
Et si, en 2003, en pleine contestation de la réforme des retraites, la direction du PS a donné l’impression de prendre parti pour Bernard Thibault, ovationné par le congrès de Dijon, contre François Chérèque, c’était essentiellement pour des raisons internes. Dans Devoirs de vérité, un livre d’entretien publié en 2006, François Hollande confesse que ce mouvement posait au PS « un problème de fond ».
Si ce ne fut pas le cas pour le CPE, dont la contestation a été initiée par le MJS dès le 14 janvier 2006, Razzie Hammadi, qui en était le président, se souvient de la perplexité de Julien Dray et de Manuel Valls en bureau national, début février. Le premier doutait de la capacité des jeunes à se mobiliser ; le second était persuadé que les gens étaient essentiellement intéressés par « le pouvoir d’achat et la sécurité ».
La distance, pour ne pas dire la méfiance, du PS à l’égard des mouvements sociaux qui contestent les politiques économiques libérales s’explique certes par la crainte électoraliste de s’aliéner le soutien des usagers et clients touchés pas les grèves. Crainte dont Ségolène Royal se fait la porte-parole quand, dans Libération, le 22 octobre, elle reproche à Nicolas Sarkozy d’avoir affirmé dans la campagne que « tout était prêt », alors que son action révèle une « improvisation totale » et conclut : « Conduire un pays moderne à la grève est la marque d’un pays mal gouverné. » Ce déphasage est aussi « sociologique », explique Razzie Hammadi, pour qui les dirigeants socialistes, sensibles au « qu’en dira-t-on médiatique », « ne souffrent pas dans leur chair des politiques menées » par le gouvernement. Il est aussi conforme à une orientation idéologique théorisée par François Hollande quand il écrit dans Devoirs de vérité que « le véritable changement [...] doit être de l’ordre de la pratique du pouvoir, des modes de décision, des formes de l’action publique ».
Cette orientation qui privilégie le changement de mode de gouvernance plutôt que la transformation sociale trouve son aboutissement dans le « oui » au traité modificatif de Lisbonne, qui reconduit à l’identique les orientations libérales de la construction européenne, bien que celles-ci soient à l’origine de la plupart des réformes contestées ans la rue. Mais mises en oeuvre par les sociaux-démocrates européens quand ils sont au pouvoir.
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