Témoignage sur la France des Sans-papiers

novembre 23, 2009 at 1:06 | In Altermondialisme, Citoyenneté, Mémoire et histoire, Politique, Société, Solidarité, sarkosy, social | 2 Comments
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Témoignage sur la France des Sans-papiers

Je viens de recevoir de notre amie Hélène Lacheret ce témoignage avec l’autorisation de son auteure de publier. Je publie donc ! Cette lettre est émouvante, déchirante même. Arlette, qui signe cette lettre conclut en disant qu’elle a honte d’être française. Personnellement, je voudrais m’adresser à Eric Besson qui tient enfin le maroquin ministériel de ses rêves ! Besson qui en remet une couche chaque jour sur son déshonneur déjà patent !

Je voudrais lui dire ceci :

-         Que l’histoire nous apprend la sinistre trajectoire des transfuges,

-         Que vous fûtes socialistes et que, traînant cette tare comme un boulet, vous devez donner des gages ! Etant amateur d’Histoire, je connais, merci !

-         Que firent d’autre les Doriot (ex-PC) , Déat ou Laval ( tous deux ex-SFIO) ?

-         Que je vous identifie donc, ce soir, Eric Besson, comme collabo,

-         Arlette a honte, je la comprends ! Moi, Eric Besson, je vous méprise.

-         Je vous prédits déjà votre fin ! Vous aurez, vous aussi, Besson, votre Sigmaringen !


Guy Dutron le 22 novembre 2009 – voici la lettre d’Arlette

Merci à vous qui lirez cette lettre jusqu’au bout

Joyeux Anniversaire, Alexander ! Tu as onze ans aujourd’hui !

Nous savons que ta vie durant, tu repenseras à ce dix huit novembre 2009. Geneviève t’avais promis que ce mercredi, il y aurait une petite fête, spécialement pour toi et tu étais impatient et tu te réjouissais. Nous aussi.

Mais nous, tes amis ardennais, avons été devancés : La France, dont tu commençais à parler la langue, t’a offert un cadeau somptueux : ce matin même, très tôt,  un aller simple pour Varsovie, en Pologne, en compagnie de ta si douce maman, Roussana KORKETI, de ton Papa, Genricki KORKETI, et de ta petite sœur, si fragile, toujours malade, Zinaïda.


Nous pensons toutefois, que ton papa aurait dû finir les examens médicaux qu’il avait commencés. Après l’examen de sa radiographie des poumons, il avait été convoqué d’urgence à un scanner qu’il avait passé le 11 novembre. Si vous aviez été plus habitués à ce qui se passe maintenant en France, vous auriez compris que pour que l’hôpital le convoque à un scanner alors que vous n’aviez même pas encore l’AME (Aide médicale d’Etat), c’est que son état était sérieux. Après le scanner,  l’hôpital l’avait convoqué, et il avait commencé le premier recueil de crachats – sur trois – aux fins d’analyse. Avoue que c’est ballot qu’il n’ait pas continué. Vous viviez dans un hôtel (à quatre dans la chambre, puis dans deux chambres), et vous mangiez dans un CHRS, Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale, donc un endroit où se retrouve concentrées des personnes par ailleurs fragilisées. Ne crois tu pas qu’il aurait été préférable, pour vous et pour tous les gens que vous avez côtoyés, de savoir de quoi souffrait ton papa ? Puis de le soigner, puisque nous savons parfaitement qu’il ne sera soigné ni en Pologne, ni en Géorgie. Il faut dire que vous êtes Kurdes-Yezides[1], et qu’à ce titre il y a encore des gens qui pensent que vous n’avez pas les mêmes besoins qu’eux.

Sans doute est-ce à cause de cela aussi, que dans le camp de rétention où vous serez en Pologne, tu n’iras pas à l’école. Personne ne t’ennuiera plus, le soir après la classe, à te faire faire des opérations et du français, pour que tu suives comme les autres, car les autres non plus n’iront pas à l’école.


Cette conception nous fait très peur pour ta petite sœur Zinaïda, qui après un mois de soins normaux par un médecin et tes parents, a dû quand même être hospitalisée à l’hôpital Manchester de Charleville. Elle était tellement faible et fiévreuse, hier pendant la garde à vue de tes parents et la vôtre (oui, votre garde à vue, à toi Alexander et à ta petite sœur, Zinaïda), que le médecin appelé par les policiers a dit “qu’il ne prendrait pas la responsabilité de laisser cette enfant partir dans cet état”. Puis Zina a  été emmenée aux urgences, mais accompagnée par des policiers, avec ta maman.  Après quoi la préfecture nous a répondu que toutes les réponses la tranquillisaient sur la santé de la petite et que l’ordre était donné de poursuivre la réintroduction de ta famille en Pologne. (Principe de précaution ? Compassion ? Humanité ? Risques pour ces personnes ? et pour ceux qu’ils ont côtoyés ? et pour les enfants scolarisés en classe avec eux ?)

Tu sais Alexander, nous nous sommes battus toute la journée. Nous avons pu vous apercevoir en montant sur le muret, malgré les policiers qui ne le voulaient pas. Nous avons cru ce que l’on nous disait, aussi bien les uns que les autres. Ce n’est pas très malin, car on nous a déjà menti si souvent …. Geneviève est restée sous la pluie toute la journée en montant son parapluie rouge très haut pour que vous puissiez voir que plusieurs d’entre nous étaient toujours là.

Mais une fois de plus, tout était joué, scellé, et remarquablement bien huilé.

Vous avez été tirés du sommeil (enfin toi et Zina) parce que cela faisait des jours et des jours que tes parents ne dormaient plus normalement, que le moindre bruit dans le couloir les faisait lever en sursaut et que quand en pleine nuit, ils entendaient des voitures s’arrêter, ils s’asseyaient dans le lit et écoutaient la suite le cœur battant….

Comme convenu, vous nous avez appelés. Comme convenu nous sommes venus et avons tenté encore et encore de faire comprendre à ceux qui, aujourd’hui, ont le pouvoir, que ce qui allait se passer était à tous points de vue catastrophique et complètement injustifié.

Nous n’avons pas eu le droit d’entrer avant neuf heures, dans les locaux du Pole Immigration.

Nous n’avons pas eu le droit d’entrer aux heures normales d’ouverture les policiers nous criant sans ouvrir qu’ils avaient l’ordre de ne pas nous laisser entrer.

Nous avons téléphoné à plusieurs reprises pour demander si vous étiez toujours en garde à vue, ou si vous étiez en rétention afin que l’on vienne vous apporter, comme nous le faisons habituellement, un peu d’argent et quelques bonbons pour le voyage.
Chaque fois il nous a été répondu que vous étiez toujours en garde à vue.

Nous avons pu vous faire passer quelques sacs par des policiers, des anciens de la PAF, qui ont compris que nous voulions seulement adoucir un peu ces terribles moments.

Même alors que vous embarquiez dans le minibus, nous n’avons pas pu vous approcher, ni “parler” avec vous.

Sous les demandes expresses des policiers de se dépêcher, Annie et Geneviève ont pu embrasser rapidement quelques-uns d’entre vous, mais même pas tous (Il y avait aussi, hélas, la famille  KHATCHATOURIAN, David, Margarita, le petit David et sa toute petite sœur Anna arrêtés et mis en garde à vue en même temps que vous).

Le minibus était escorté par une voiture de police. Les deux véhicules sont partis, en trombe, en faisant hurler leur sirène ……
Puis la directrice de la réglementation de la Préfecture des Ardennes nous a téléphoné pour dire que tout ayant été étudié et contrôlé, Monsieur le Préfet maintenait l’ordre de réintroduction des deux familles KORKETI et KHATCHATOURIAN, qui seraient conduites en rétention.  à LILLE – LESQUIN. Immédiatement, “ceux qui étaient restés au local CIMADE”, contactaient la DER (Défense des Etrangers en Rétention) de LILLE

Une ultime procédure pour chaque famille était programmée et nous avions encore l’espoir d’éviter au moins pour la petite fille malade, la dureté des camps en Pologne. Rendez-vous était pris pour le lendemain matin, dès 9 heures, entre la DER du Centre de Rétention, la CIMADE Ardennes, et les familles prévenues d’un rendez vous téléphonique à 9 heures du matin.

Vous êtes arrivés à 21 heures. Une dernière fois Geneviève vous a eu au téléphone à 23 heures.

Quand, enfin, nous avons pu avoir la DER, cela a été pour apprendre que vous aviez quitté le camp à 7 heures 50 pour l’aérodrome. Nous étions quelques uns au local. Nous avons eu un immense moment de découragement.

La Pologne accorde si peu de droit d’asile, que l’on peut considérer que vos chances de l’obtenir sont nulles.

De plus vous êtes “caucasiens”, tare impardonnable pour une large partie du peuple polonais ………….

Et aussi la Pologne accorde également des asiles avec droits “diminués”, ce qui rend la situation des personnes qui en “bénéficient” extrêmement difficile.

Enfin, même quand ils ont le droit d’asile, le sort des étrangers russophones est catastrophique dans cette partie de l’Europe.


Et tout cela parce que quand vous avez fui la Géorgie avec l’espoir de demander l’asile en France, malheureusement, vos empreintes digitales, enfin celles de tes parents, ont été relevées en Pologne. C’est pour cela que pendant ces quelques mois on ne vous a pas accordé le droit de remplir un dossier de demande d’asile en France, et que sans recevoir un centime, vous avez vécu si difficilement, avec toujours cette si terrible peur au ventre.

MAIS ALORS, POURQUOI TOUT CELA ?

Oui, à qui profite ce crime ? Quel est l’intérêt de tels actes ? LA FRANCE EN SORT ELLE GRANDIE ? QUELLE EXPLICATION EN DONNERONS NOUS A NOS ENFANTS ? UN JOUR PEUT-ETRE A DES JUGES ?

En tout cas, Mon Cher Alexander, pour la première fois de ma vie, à un moment où on parle de l’identité nationale, j’ai honte d’être française.

Je t’embrasse très tristement, très coupablement,

Arlette SAUVAGE


[1] Les Kurdes Yezides constituent un groupe ethno-religieux qui parle le kurmanji, un des dialectes kurdes les plus courants. Le yézidisme est une religion syncrétique qui combine des éléments de zoroastrisme, de judaïsme, de christianisme et d’islam. Elle s’est développée dans le passé chez les Kurdes d’Irak, de Syrie, de Turquie, du Caucase et, du fait de l’immigration récente, dans les pays d’Europe occidentale. Les Kurdes yézides de Géorgie sont des Kurdes qui ont fui les persécutions du gouvernement jeune-turc, au sein de ce qui était alors, entre 1914 et 1917, l’Empire ottoman. Ils s’établirent en Arménie et en Géorgie, où ils cohabitèrent avec les Kurdes musulmans jusqu’en 1944, date à laquelle ceux-ci ont été déportés par Staline. Il reste aujourd’hui un très petit nombre de Kurdes musulmans, l’écrasante majorité est Yezide. – source : Les kurdes Yezides de Géorgie : http://www.colisee.org/article.php?id_article=1939

 

Le coin des ziques qu’on aime bien Django Reinhardt

novembre 14, 2009 at 6:23 | In Belgique, Culture - Livres, Europe, Le coin des ziques qu'on aime bien, Mémoire et histoire | 8 Comments
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Le coin des ziques qu’on aime bien Django Reinhardt

C’est à un presque voisin que nous rendons hommage aujourd’hui. En effet Jean-Baptiste Reinhardt, plus connu sous le nom de Django Reinhardt est né dans une roulotte à Liberchies,  entité de Pont-à-Celles, Belgique, le 23 janvier 1910.

Django

Son style de jeu et de composition a ensuite été imité, donnant naissance à un style à part entière : le Jazz manouche. Issu d’une famille manouche, il est encore aujourd’hui l’un des guitaristes les plus respectés et influents de l’histoire du jazz. Trois de ses descendants sont devenus guitaristes : Lousson Reinhardt, son fils aîné issu d’un premier mariage, Babik Reinhardt, son second fils décédé en 2001, et David Reinhardt, fils de Babik, qui poursuit aujourd’hui la voie de son grand-père en tant que jazzman, en refusant de n’être qu’un imitateur.

La famille Reinhardt ne se fixe à Paris, d’abord sur les Fortif’, la « Zone » mal famée jouxtant la Porte de Choisy, puis à la Porte d’Italie. À l’âge de 13 ans, il court déjà le cachet dans les bars et bals de Paris. En 1928, l’accordéoniste Jean Vaissade aide Django à enregistrer son premier disque. Ne sachant ni lire ni écrire, même pas son propre nom, les étiquettes portent la mention « Jiango Renard, banjoïste ». La même année, le chef d’orchestre Jack Hylton, impressionné par la virtuosité de Django, lui propose de l’engager dans sa formation de musique populaire, qui doit partir se produire à Londres. Le destin s’y oppose : juste avant le départ du groupe, le 26 octobre 1928, un incendie se déclare dans la roulotte où il vit en compagnie de sa première femme, Bella Baumgartner. Les fleurs en celluloïd — matière très inflammable — que celle-ci vend s’enflamment au contact d’une bougie. La caravane est détruite. Les deux occupants sont gravement blessés. Django est sérieusement brûlé à la jambe droite et à la main gauche. Cette main cicatrise très difficilement. Django reste près de 18 mois à l’hôpital, où les médecins prédisent qu’il ne pourra plus jamais rejouer de musique. On doit finalement brûler sa main au nitrate d’argent pour provoquer la cicatrisation. Django a perdu l’usage de deux doigts, mais s’obstine, et après 6 mois de travail sans relâche il développe une technique nouvelle sur la guitare que son frère Joseph, alias « Nin-Nin », lui a apportée comme voie de rééducation.

À sa sortie d’hôpital en 1930, Il découvre que la guitare a gagné sa place au sein des orchestres de Jazz et les premiers contacts de Django avec la musique de Duke Ellington, Joe Venuti, Eddie Lang ou Louis Armstrong sont un choc. Le jeune guitariste décide de consacrer son existence à la pratique du Jazz.

En 1931, il joue dans l’orchestre du club la « Croix du Sud », dirigé par André Ekyan, au côté de Alix Combelle et Stéphane Grappelli.

Avec Stéphane Grappelli, ils fondent en 1934, grâce à Louis Vola, le Quintette du Hot Club de France. Le groupe comprend également le frère de Django, Joseph, alias « Nin-nin », ainsi que Roger Chaput à la guitare et Louis Vola à la contrebasse. Les cinq musiciens inventent une musique nouvelle qui remporte un grand succès.

-         Quintette du Hot Club de France: Stephane Grappelly (Vin), Joseph Reinhardt, Pierre Ferret (G), Lucien Simoens(b), Freddy Taylor (Vcl) en 1936 : SHINE !  Un grand succès de Louis Armstrong : un dialogue au sommet entre Stéphane et Django :

-         http://www.youtube.com/watch?v=1DcMHrKklZM

-         Quintet of the Hot Club of France – Melancholy Baby 1938 : http://www.youtube.com/watch?v=4IBdmsHryP0

-       Solitude – Quintette of the Hot Club of France – 78rpm : http://www.youtube.com/watch?v=uCmi4Uj1dzI

Une émouvante video de 11minutes qui retrace les débuts de Django et ce que nous venons d’écrire : Django Reinhardt Video Quintette du Hot Club de France : http://www.youtube.com/watch?v=LW7aVlPLZJQ&feature=PlayList&p=0FF4A5CE1B33D229&playnext=1&playnext_from=PL&index=7

-       Quintet of the Hot Club of France – Swing 39 1939 : http://www.youtube.com/watch?v=JfAZ_7QEKVw&feature=PlayList&p=0FF4A5CE1B33D229&playnext=1&playnext_from=PL&index=1

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate en 1939, le quintette est en tournée en Angleterre. Stéphane Grappelli choisit d’y rester, Django retourne en France, à Toulon, où il est mobilisable dans la Flotte mais est à nouveau réformé à cause de ses brûlures. Il passe la guerre en Zone Libre, jouant à Paris, voyageant et tentant même de gagner la Suisse après un passage à Thonon, sans succès.

En 1940, il enregistre le titre “Nuages” avec le clarinettiste et saxophoniste de jazz Hubert Rostaing. http://www.youtube.com/watch?v=DY0FF4iR9Cw

En 1943, il épouse, à Salbris, Sophie Ziegler, sa seconde femme, dont il aura l’année suivante un fils, Babik Reinhardt, qui deviendra à son tour un grand guitariste.

Ici, Bireli Lagrene & Babik Reinhardt jouent “Djangology” et y ajoutent quelques fleurs au Festival Django Reinhardt festival  de Samois-sur-Seine in 1990. Samois est la commune ou Django est mort et repose : http://www.youtube.com/watch?v=gBT43C8vc3k

À la libération, Django retrouve Grappelli avec lequel il improvise sur une Marseillaise qui restera célèbre : un enregistrement du 31 janvier 1946 http://www.youtube.com/watch?v=ciJUJDWmjQs

En 1951, après un échec américain, il achète une maison et s’installe à Samois-sur-Seine en Seine-et-Marne, près de Fontainebleau. À ce moment commence pour lui un véritable renouveau : l’inspiration revient, son jeu est plus inspiré que jamais. Il joue avec un orchestre composé des meilleurs be-boppers français : Roger Guérin, Hubert et Raymond Fol, Pierre Michelot, Bernard Peiffer, Jean-Louis Viale. Il est toujours à l’avant-garde du jazz.

En 1953, Norman Granz fait part à Django de son désir de l’engager pour les légendaires tournées du Jazz at the Philharmonic.  Le producteur français Eddie Barclay lui fait enregistrer 8 titres, en guise de « carte de visite » pour les amateurs américains. Ces 8 morceaux exceptionnels marqueront irrémédiablement les amateurs de Jazz et surtout les guitaristes du monde entier, qui s’inspireront des décennies durant du jeu d’un Django très en avance sur son époque.

Ici, en compagnie de Duke Ellington, une composition de Fats Waller : Honeysuckle Rose. Django a électrifié sa guitare !   http://www.youtube.com/watch?v=QATIHWbN-sM&feature=related

Django enregistre son dernier disque le 8 avril 1953, avec Martial Solal au piano (c’est un de ses premiers enregistrements), Pierre Michelot à la contrebasse, Fats Sadi Lallemant au vibraphone et Pierre Lemarchand à la batterie. Son interprétation vibrante de Nuages fera dire à certains que le guitariste s’attendait par prémonition à disparaître d’ici peu.

Il mourra un mois plus tard d’une hémorragie cérébrale. Django Reinhardt repose depuis à Samois sur Seine.

Depuis, d’autres continuent. Dont un jeune prodige de la même région de Belgique : Alexandre Cavalière qui est maintenant un jeune papa !

django. stèle à Liberchies gif

Ici, Alexandre Cavalière en concert à koekelberg avec Mario à la guitare solo, Walter à la rythmique, Renaud à la guitare solo 2 et Rodrique à la contrebasse. Dans un grand succès de Django Manoir de mes rêves : http://www.youtube.com/watch?v=X1bmoRImgqk

Les mêmes au même endroit : Dorado swing http://www.youtube.com/watch?v=G7t0tFqFhz8

Concluons avec la famille !

Revenons aux origines à Liberchies : Gipsy Jazz @ Django a Liberchies 2009 http://www.youtube.com/watch?v=U5UH0ZmATuI&feature=related

CHRISTIAN ESCOUDE NOUVEAU TRIO GITAN au festival de MARCIAC 2008

Christian ESCOUDE, David REINHART (petit fils de Django et JB LAYA dans un assortiment de leurs talents ! http://www.youtube.com/watch?v=daDr27ONOac&feature=related

David Reinhardt, Jean-Yves Dubanton le 01/06/2006 au Festival Jazz Musette de St Ouen

http://www.youtube.com/watch?v=9lGYi0hbxOI&feature=related

En 2010, à Liberchies comme à Samois, sera commémoré le 100ème anniversaire de la naissance de Django.

Django_Reinhardt_Plaque_Samois

Guy Dutron 14 11 2009

La dernière bavure de Baldur von Raoult !

novembre 12, 2009 at 12:22 | In Citoyenneté, Culture - Livres, Féminisme, Mémoire et histoire, Politique, Société, Solidarité, social | 1 Comment
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La dernière bavure de Baldur von Raoult !

Tu as raison, ami lecteur, ce titre mérite une explication !

-         « la bavure » : parce que Raoult est un baveur et un bavard ! C’est fou ce qu’il bave !

-         « Baldur von Raoult » : c’est en référence à Baldur von Schirach[1]. Grand bavard du nazisme qui vomit un jour : « Quand j’entends le mot culture, je sors mon revolver » !

-         Bon d’accord mais pourquoi « dernière » bavure ? Là, pour répondre à cette question, il faut d’abord vous présenter le pedigree de baveur.

eric_raoult.député godillot pngA petit godillot, petite photo ! Na (proverbe Ouzbek)

Le pedigree de Baldur von Raoult :

Comme on dit dans les pubs : attention, c’est du lourd ! Il est vrai qu’il ne fait pas dans la légèreté ni la dentelle le Baldur, il serait plutôt du genre cul de plomb !

-         En 1991, il réplique à une sortie d’Edith Cresson (alors premier ministre) concernant les Japonais en déclarant que ceux-ci étaient « plus habitués au langage de velours de geishas qu’à l’argot vulgaire des femmes de poissonnier ». Baldur n’est donc pas féministe ! Il serait plus proche du gros cul plombé du macho de service ! Cela se confirme !

-         Mais il sera tout de même récompensé : son mentor Chirac le remerciera ! Il est fait chevalier de la Légion d’honneur par le président Jacques Chirac en 2001. Encore une belle connerie, tiens ! Une médaille en chocolat, une ! Notons pour le fun que côté geisha, le Chichi ….passons !

-         Il a cosigné la proposition de loi du 8 avril 2004 exigeant son rétablissement pour les auteurs d’actes terroristes. Faut dire que le terrorisme, il connaît le Baldur ! Dans sa bonne ville du Raincy, pourtant largement épargnée par les émeutes de l’automne 2005 et dont Raoult est le maire, il sera le premier à décréter le couvre-feu ! Comme Boutefeux alors ? Non ! Comme Hortefeux !

-         Il a soutenu, en 2007, un amendement visant à rétablir la peine de mort sous certaines conditions : http://www.liberation.fr/politiques/010118202-encore-dix-huit-deputes-pour-la-peine-de-mort

-         Baldur est encore le président de l’Association des élus amis d’Israël (ADELMAD). Celle-là, je vous la recommande ! Voyez le compte-rendu de visite que publie un plumitif ébahi ! En effet, une délégation de l’association de Raoult c’est rendue en Israël le samedi, 08 novembre 2008 : http://pesia28.blogs.nouvelobs.com/archive/2008/11/08/douzieme-visite-annuelle-d-adelmad-en-israel.html Dans ce torchon, on peut lire que : « nombre d’élus (maires, conseillers municipaux, députés, sénateurs) voyagent en Israël pour la première fois et s’étonnent, dès leur arrivée, de découvrir une ville dynamique (Tel-Aviv) sans présence policière massive ou quadrillage militaire…À l’occasion de cette courte visite de 5 jours, la délégation des 53 élus français a été accueillie vendredi dernier dans la somptueuse Résidence de France par l’ambassadeur Jean-Michel Casa et son épouse, Isabella. ». L’histoire ne dit pas si la charmante Isabella parlait Geisha ou poissonnière mais on devine !!

-         Revenons à notre Baldur : il a approuvé publiquement le 31 octobre 2009 sur Berbère Télévision l’expulsion de Tunisie de la journaliste du Monde Florence Beaugé ! Baldur n’est donc pas hostile envers Ben Ali !!!

-         Opposé à l’homoparentalité, il déclare « Dès qu’il y a un enfant, il faut un papa et une maman » lors du premier cas d’adoption accepté pour une jeune femme homosexuelle. Pas de bol, Baldur ! Aujourd’hui même, on apprend qu’un tribunal administratif admet l’adoption pour une femme homosexuelle !!! Va encore falloir sortir ton pétard Baldur !

-         Enfin, last but not least, ce nain politique accompli écrit au ministre de la culture, Frédéric Mitterrand, pour demander un devoir de réserve aux lauréats du prix Goncourt, après avoir lu des déclarations de Marie Ndiaye émises en août 2009 et notamment : “Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux”.

Alors, on va te dire Baldur :

-         Primo Marie Ndiaye s’est exprimée bien avant le Goncourt et tu ne l’ignore pas ! Ton attitude est donc tout sauf une connerie. Elle participe, outre ta pub personnelle, de la dérive actuelle de notre République qui de bling bling passe à bananière pour devenir autoritaire et, pourquoi pas un tantinet facho.

-         Deuxio : malgré le prurit qui te démange, tu ne vas pas régenter nos vies Baldur ! Donc, ton prurit, tu te le grattes !

-         Troisio : nous proposons à notre méritée (pour une fois) Goncourt 2009 de modifier sa déclaration qui deviendrait alors : « Besson, Hortefeux, Baldur von Raoult, tous ces gens là, je les trouve monstrueux » !

Vingt ans de perles droitières citées par Rue 89

http://www.rue89.com/2009/11/13/eric-raoult-dans-le-texte-vingt-ans-de-perles-droitieres-125894

Sur Marie Ndiaye :

« Une personnalité qui défend les couleurs littéraires de la France se doit de faire preuve d’un certain respect à l’égard de nos institutions, plus de respecter le rôle et le symbole qu’elle représente. »

Ha, la Marseillaise …..qu’un sang impur ….. :

« Voir de nouveaux Français de toutes les couleurs chanter la Marseillaise, moi ça me met les larmes aux yeux. »

Sur Le Raincy :

« On ne fait pas une communauté comme au village. Le Raincy, c’est pas Bamako ».

A Edith Cresson :

« Les Japonais sont plus habitués au langage de velours de geishas qu’à l’argot vulgaire des femmes de poissonnier. »

Sur Ben Ali et la Tunisie :

« Il est assez singulier voire très surprenant que l’on puisse constater régulièrement que les médias et certains responsables politiques français s’ingénient à dénigrer certains pays pourtant amis de la France. Cette méthode regrettable est ainsi couramment utilisée à l’encontre de pays comme la Tunisie ou le Gabon par exemple. Alors même que ces ‘ droits de l’hommistes ’ impénitents voire professionnels oublient les mêmes réclamations pour de nombreux autres pays »

Et, puisque bien malgré toi Baldur, nous sommes dans la culture, je laisse la conclusion au Forestier qui nous parle de fachos et de parachutistes et qui dit ce que nous pensons tous : qu’on les emmerde !

Parachutiste par Maxime Le Forestier

http://www.dailymotion.com/video/x51b5n_parachutiste_music


[1] Baldur von Schirach était le chef des Jeunesses hitlériennes et également gauleiter de Vienne. Il fut condamné à vingt ans de prison à la suite du procès de Nuremberg et emprisonné à la prison de Spandau.

 

Notre feuilleton de l’été “Les récoltes du siècle futur” Par Hélène Lacheret Sixième partie : L’abandon ou la responsabilité ?

novembre 11, 2009 at 11:42 | In Culture - Livres, Le coin des bons bouquins, Mémoire et histoire, Politique, Société, social | Leave a Comment
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Notre feuilleton de l’été

“Les récoltes du siècle futur”

Par Hélène Lacheret

Sixième partie : L’abandon ou la responsabilité ?

I

La pétition avait recueilli mille deux cent cinquante et une signatures, dont un bon tiers était dû à l’activisme de Kader. Les jeunes avaient fièrement tout photocopié avant d’envoyer en grande pompe et en recommandé les originaux à la société de H.L.M. L’action avait même eu droit à un entrefilet dans la presse locale. Maintenant, ils attendaient.

Catherine avait à présent des permissions de sortie. Chaque retour était pour elle l’occasion de se sentir extraordinairement choyée, c’était à qui lui apporterait le premier perce-neige, ou un gâteau fait maison, un magazine pour se désennuyer… Malgré la maladie et sa faiblesse physique, elle rayonnait. L’assistante sociale appelait régulièrement pour lui faire part de l’avancement du dossier. Comme Catherine était prioritaire, la préfecture avait déjà fait deux offres de logements qui auraient pu être accessibles financièrement, mais qui étaient malheureusement situés dans des communes vraiment trop éloignées et qu’elle avait refusées pour cette raison. Plus que jamais, maintenant qu’elle savait ses jours en danger, elle excluait d’éloigner ses enfants de leurs repères. Elle avait terriblement maigri et n’avait même pas la force de parcourir à pieds les quelques neuf cents mètres qui séparaient la loge de l’hôtel. Alors c’était la famille d’Ali qui faisait le déplacement. M. Ulcert s’était fait huer par les jeunes du quartier, un jour qu’il s’était permis un commentaire désobligeant sur ces allées et venues.

La formation de Gaëlle se poursuivait de façon très positive. Jamais elle ne laissait paraître sa fatigue, elle redoublait d’efforts, au contraire, pour être sûre d’obtenir son diplôme.

Michaël voyait se profiler le conseil de classe du deuxième trimestre et tâchait de masquer son inquiétude : ses résultats s’étaient encore dégradés, sauf en français.

Xavier était finalement content de ne pas avoir de travail car il remplaçait entièrement sa mère à la loge, officieusement, malheureusement. Il avait envoyé sa candidature, rédigée à l’aide de Leïla, mais il n’avait toujours pas obtenu de réponse. Tout leur sort semblait à présent être placé entre les mains des décideurs de la société de H.L.M. et ceux-ci ne paraissaient guère pressés de se prononcer.

Les soirées chez Ali se poursuivaient, mais elles avaient pris un tour moins formel. Presque tous les soirs, plusieurs personnes se retrouvaient dans l’arrière-salle et travaillaient sur un point donné. Avec l’aide de Marie, la bibliothécaire, ils formaient une sorte de club-lecture et s’appropriaient les informations sur un sujet donné puis rédigeaient un argumentaire sur le thème, qui leur permettait de continuer leur rôle “d’éducateurs permanents”, comme ils se définissaient eux-mêmes. Kader était parti en Italie, mais des jeunes qu’il avait sollicités au moment de la pétition venaient régulièrement participer aux soirées. Et c’était touchant de voir ces jeunes, ex-mauvais élèves, s’acharner à comprendre des notions apparemment complexes, portés par l’espérance d’un monde où ils auraient un avenir.

Davos avait eu lieu à la fin janvier, comme tous les ans, et était un peu passé au second plan de leurs préoccupations tant ils étaient mobilisés par la situation des Maheu. Cependant, Julien s’y était rendu avec des militants d’Attac, grâce à des cars mis à la disposition des manifestants par la mairie de Saint-Denis. Il en était revenu heureux des rencontres qu’il avait pu faire pendant le trajet mais aigri par l’impression que “ces gens-là” étaient tellement bardés de certitudes, tellement enfermés dans leur vision du monde, voire dans leur monde tout court, avec ses grilles défensives, sa police à son service, qu’il n’était même pas pensable d’essayer de dialoguer avec eux. Il regrettait presque d’avoir fait ce déplacement alors qu’au même moment, il aurait pu assister au colloque de Morsang-sur-Orge réuni sur le thème du rôle des collectivités locales dans la résistance face à la mondialisation libérale. Il avait adhéré à Attac suivi en cela par d’autres mais allait surtout aux réunions organisées au niveau de sa fac. Ces adhésions leur permettaient de faire partie du réseau des résistants, ils disposaient d’informations introuvables ailleurs qu’ils commentaient et qui renforçaient leur détermination. Ils avaient demandé à Ali la permission de copier certaines citations particulièrement choquantes et de les afficher dans le café, telles celle-ci :

“Soit dit entre nous, la Banque Mondiale ne devrait-elle pas encourager une migration plus importante des industries polluantes vers les pays les moins avancés ? […] le calcul du coût d’une pollution dangereuse pour la santé dépend des profits absorbés par l’accroissement de la morbidité et la mortalité…

(quel jargon ! mais vous allez comprendre)

La logique économique qui veut que des masses de déchets toxiques soient déversés là où les salaires sont les plus faibles est imparable.

[…] On se préoccupera évidemment beaucoup plus d’un facteur qui augmente de manière infinitésimale les risques de cancer de la prostate dans un pays où les gens vivent assez longtemps pour avoir cette maladie que dans un autre où les enfants meurent avant l’âge de cinq ans.”

Lawrence Summers, note interne de la Banque Mondiale, 1991.

Et il faut dire que leur lecture avait beaucoup d’amateurs qui poussaient ensuite des protestations nourries, noircissant l’espace réservé aux commentaires avec des phrases comme celles-ci : “Gaffe, les moutards, avant d’atterrir, vous risquez de tomber dans un berceau de dioxine !” ou “A combien est évalué le taux de pollution absorbable par un smicard en terme de profit ?” ou encore : “Summers, as-tu eu le culot de mettre des enfants au monde ?” Un jour, ces lecteurs finissaient par franchir la porte de l’arrière salle. Une activité de ruche régnait désormais dans celle-ci : on avait même installé une étagère dans un coin et acheté en commun un ordinateur d’occasion. Plus que jamais, l’hôtel d’Ali était le centre vital du quartier.

Julien, lui, ne décolérait pas devant quelque chose qui lui paraissait vraiment une perversion : “Même des médias pas trop mal intentionnés nous traitent d’anti-mondialistes. Ça me fout hors de moi : regardez-nous. Sommes-nous des pauvres frileux ratatinés sur notre petit horizon national par peur des autres ? Y a pas plus ouverts que nous. Et c’est M. Ulcert qui tient des discours libéraux pas possibles en disant que chacun peut réussir s’il le veut, que les chômeurs et les assistés sont tous des feignants qui profitent du système et qui est raciste que c’en est pathétique, qui passe pour l’homme “moderne”, ouvert intellectuellement, faisant des choix dictés par la raison et non par un vague sentimentalisme. Ah non, je ne peux plus supporter ça. En j’en ai relevé d’autres, de perles pareilles dans la presse : ils assimilent libéralisme et liberté. Quelle honte ! Tous ceux qui sont morts pour la défense de la liberté doivent danser la sarabande dans leur tombe. Comme si la liberté humaine se résumait à la capacité de faire du fric ! Mais pour quoi faire, le fric ? Ce n’est qu’un moyen. Et puis ce qu’ils sortent sur la croissance ! Comme si la croissance était la solution à tous les problèmes : sortez vos calculettes ; croître de trois pour cent l’an dans un monde fini, ça nous emmène en combien de temps à l’implosion ?

Nous, nous essayons de former une véritable communauté humaine, nous, nous avons le souci de nos semblables et ce n’est pas que des mots, nous le montrons dans le quotidien, mais eux, ce sont des sales individualistes égoïstes qui n’ont d’autre souci que leur intérêt et après eux le déluge ! Et qui habillent tout ça du discours de la modernité et de l’efficacité en nous faisant passer pour des ignares parce que nous ne pensons pas comme eux. Et que les journalistes, dont c’est pourtant le métier, ne manient pas avec plus de prudence ces mots qui sont des armes pour nous discréditer, ça me met dans une rage folle. Vous verrez que bientôt on nous appellera “terroristes”. Si tu veux tuer ton chien, accuse-le d’avoir la rage ! Qu’ils le fassent est de bonne guerre. Mais que les journalistes, ces vendus, leur emboîtent le pas, ça, je peux pas l’admettre.

- Allons, Julien, il fallait s’y attendre, dit Ali, un soir. Et il faut te préparer à pire. Pour l’instant, ils croient encore être les maîtres, alors ils font tirer sur nous par leurs valets avec des mots. J’ai connu ça pendant la guerre d’Algérie. Mais plus ils vont prendre peur, plus la riposte va être violente. Tu verras bientôt le jour où ils vont s’entourer de barbelés et faire tirer sur la foule en disant que nous sommes les agresseurs ; il faut s’y préparer, malheureusement, même si on est contre la violence. Ils ne nous laisseront pas le choix et nous aurons fort à faire pour limiter les dégâts.”

Tous restèrent songeurs devant cette éventualité à laquelle ils n’avaient pas pensé. Ils avaient l’image de Seattle, de ces groupes très organisés qui s’étaient entraînés à la non-violence et cette non-violence était déjà en soi une victoire. Ils avaient pensé que leur résistance serait toujours joyeuse et festive. Ils n’étaient pas encore préparés à l’idée qu’ils pourraient y perdre quoi que ce soit, tant il leur semblait dans la logique de la vie de devoir gagner.

“Quand les mineurs ont fait la grève, dans Germinal, les gendarmes ont tiré sur la foule. Et, après la lutte, pour la Maheude, c’était encore plus dur qu’avant parce que Maheu était mort et qu’elle se retrouvait seule avec les gosses, dit Michaël. Mais ils  pouvaient pas ne pas le faire même avec tous ces risques. Pour la dignité, pour  pas avoir honte d’eux. Et même s’ils ont perdu en apparence. Parce que c’est comme ça que l’humanité avance.

- Mais c’est quand même un terrible sacrifice, soupira Quentin. Je ne sais pas s’il existe en France, comme aux États-Unis, des groupes qui s’entraînent à la résistance non-violente. Pourtant c’est l’arme des opprimés. Gandhi et Martin Luther King ont infiniment fait avancer leur cause en plaçant leur lutte sur le plan du débat et en refusant les armes. Nous devons y réfléchir. Nous devons nous former à la non-violence.”

II

Un soir, Vladimir arriva avec un livre blanc sous le bras, un livre au titre étrange : La supplication, qu’il posa sur la table sans rien dire. Ce soir-là, Ali était allé chercher Catherine avec la fourgonnette parce qu’ils préparaient tous une exposition pour le troc et puces qui aurait lieu en mai. Ils avaient décidé, en accord avec le groupe local d’Attac auquel certains d’entre eux participaient, de profiter de la circonstance pour diffuser leurs idées et voulaient fabriquer des panneaux. Ils furent étonnés de l’attitude de Vladimir, habituellement si chaleureux, qui se taisait, comme s’il avait l’esprit ailleurs.

“Eh, Vladimir, ça va ? l’interpella Ibrahim. Vladimir mit quelques secondes à réagir :

- Non, excusez-moi, ça ne va pas. Après avoir lu ce livre, j’ai honte d’être un homme, j’ai honte d’être Russe, je demande pardon à mes enfants de leur avoir transmis la vie.

- Mais qu’est-ce que c’est, ton livre, demanda Marine.

- C’est l’enquête d’une journaliste auprès des habitants de la centrale. La première qui parle, surtout, m’a bouleversé. Je n’ai pas honte de le dire, j’ai pleuré tout le temps et… elle parlait d’amour.

- Tu parles de quelle centrale ? demanda Quentin.

- De la première qui a pris feu, Tchernobyl. La première, parce qu’on sait déjà qu’il y en aura d’autres, en Russie, en Roumanie… et qu’on ne fait rien.

- Tu ne veux pas nous en lire un passage, de ton livre ? demanda Sonia. Comme ça on pourra partager ce qui te trouble tant.

- Si, je veux bien, dit Vladimir. Peut-être que ça me hantera moins, si je le partage avec vous.” Et il lut, de sa grosse voix rocailleuse, aux silences éloquents :

“Je ne sais pas de quoi parler… De la mort ou de l’amour ? Ou c’est égal… De quoi ?

Nous étions jeunes mariés […] Je lui disais : “Je t’aime.” Mais je ne savais pas encore à quel point je l’aimais… Je n’avais pas idée…. Nous vivions au foyer de la caserne des sapeurs-pompiers où il travaillait. […] Je n’ai pas vu l’explosion. Rien que la flamme. Tout semblait luire… Tout le ciel… Une flamme haute. De la suie. Une horrible chaleur. Et il ne revenait toujours pas. La suie provenait du bitume qui brûlait. Le toit de la centrale était recouvert de bitume. […] Ils étouffaient la flamme. Ils balançaient en bas, avec leurs pieds, le graphite brûlant. Ils étaient partis comme ils étaient, en chemise […]”

Après, elle raconte tout, dit Vladimir, l’hôpital, l’interdiction de le voir, comment elle ment parce qu’elle est enceinte, comment elle s’occupe de lui, comment il est mort : “Il n’était plus qu’une énorme plaie… Les deux derniers jours, à l’hôpital… Je lui ai soulevé le bras et l’os a bougé, car la chair s’en était détachée… Des morceaux de poumons, de foie lui sortaient par la bouche… Il s’étouffait avec ses propres organes internes… J’enroulais ma main dans une bande et la lui mettais dans la bouche pour en extraire ces choses… On ne peut pas raconter cela ! On ne peut pas l’écrire ! Et c’était tellement proche… Tellement aimé…”

Après, elle raconte l’enterrement, dit Vladimir, et puis elle finit en parlant des autres : “Les gens de la centrale vivent à côté de moi, les gardiens, comme on les appelle. Ils ont travaillé là toute leur vie. Et, à ce jour, ils continuent à prendre leur poste. Plusieurs d’entre eux ont des maladies terribles, sont invalides, mais ils n’abandonnent pas la centrale. Qui a besoin d’eux, aujourd’hui ? Et où ? Beaucoup meurent. Sur le coup. Un homme était assis sur un banc et il est tombé. Un autre attendait l’autobus, dehors, et il est tombé. Ils meurent, mais personne ne les a véritablement interrogés sur ce que nous avons vécu… Les gens n’ont pas envie d’entendre parler de la mort. De l’horrible… Mais moi, je vous ai parlé d’amour… De comment j’aimais.”

Et les larmes roulaient silencieusement sur les joues slaves de Vladimir, sur les joues décharnées de Catherine, sur les joues mates d’Ali, sur les joues mal rasées de Julien, sur les joues lisses des filles, les larmes coulaient silencieusement sur les joues de ceux qui savaient encore aimer.

“Et le bébé ? demanda Sonia.

- La petite fille a vécu quatre heures et la maman n’avait pas vingt-cinq ans, répondit Vladimir. Combien y a-t-il eu de vies détruites ? Et combien la prochaine fois ? Svetlana Alexievitch, la journaliste qui a enquêté trois ans pour donner la parole aux suppliciés de Tchernobyl, a été irradiée. Maintenant, elle a le cancer. Il y a eu des enquêtes, on sait qu’il y a des dizaines de Tchernobyl en puissance et à l’heure de la prétendue mondialisation, on ne fait pas, de la prévention de ces catastrophes prévisibles, la priorité absolue ! Combien cela coûterait d’empêcher ça ? Quel pourcentage infime de l’argent gagné grâce à la spéculation ? Quand verrons-nous enfin les peuples se lever et imposer à leurs gouvernants de cesser de fuir les responsabilités qu’ils ont à leur égard !

- Et tant de gens, dit Odile, qui se réfugient derrière le prétexte qu’on ne peut rien faire pour ne rien faire. Des gens qui sont allés à l’école, qui savent écrire, qui ont des enfants et qui ne font rien, moi la première. Tu as bien fait de nous lire cet extrait, Vladimir. Je vous promets que je vais me renseigner, je suis sûre que dans leur coin, isolés, parfois découragés devant l’ampleur de la tâche, il y a des gens qui n’ont pas baissé les bras. Nous pouvons les aider, nous devons les aider, nous devons écrire à nos députés, à nos ministres, à nos élus au Conseil de l’Europe pour leur demander d’agir.

- Moi qui croyais qu’on avait atteint l’horreur absolue avec les camps de concentration, dit Xavier. Mais que nous réserve donc le siècle qui vient dans l’escalade de l’horreur et pourquoi sommes-nous à ce point incapables de tirer les leçons de l’histoire ?

- Parce que la lucidité est difficile, parce qu’entre l’exigence et la facilité, nous préférons nous leurrer avec la facilité et que nous voulons croire que nous serons toujours assez malins ou assez chanceux pour échapper au pire. Mais les nuages radioactifs, l’arsenic déversé dans les rivières, les plantes rongées par la dioxine ou d’autres polluants, le trou dans la couche d’ozone, les changements climatiques et leur cortège de néfastes conséquences se moquent comme d’une guigne des frontières. Ou même des riches et des pauvres, argumenta Pierre. Il faut nous dépêcher d’exiger que cesse cette infernale fuite en avant, il nous faut retirer le pouvoir des mains des financiers et le remettre entre les mains des hommes, ceux qui ont le souci de leurs frères et de leurs enfants.

- Mais sur quelle base exiger cela ? interrogea Michaël.

- Après les horreurs de la seconde guerre mondiale, l’humanité traumatisée a rédigé La déclaration universelle des droits de l’homme qui a été ratifiée par de très nombreux pays. La voilà, notre base. Il faut tout mettre en œuvre pour que, déjà, elle soit appliquée, expliqua Vladimir. Si c’était le cas, cela représenterait un progrès considérable pour les hommes. On pourrait même dire qu’on a enfin changé d’ère, qu’on renonce à la loi de la jungle pratiquée par les financiers, pour entrer dans la démocratie universelle.

- Ça, c’est une utopie, s’exclama Xavier, tout fier d’avoir retenu le mot.

- Oui, une utopie qui vaut la peine de se lever le matin et qui finira par devenir réalité, conclut Pierre.

III

Au courrier, il y avait une lettre à l’en-tête de la société d’H.L.M. adressée à Xavier Maheu. Il s’assit en face de sa mère pour l’ouvrir : c’était une convocation pour un entretien en vue d’une éventuelle embauche. Il avait posé la merveille sur la table et il contemplait sa mère avec adoration. Elle était émue aux larmes et elle faisait une drôle de grimace qui lui donnait l’air étrange sous son foulard, avec ses joues si maigres. Dans un sous-verre accroché au mur, Xavier avait mis la photo offerte par Fathia. Il ne pouvait s’empêcher de comparer l’image de sa mère à cette époque heureuse avec ce qu’elle était devenue et de se lamenter intérieurement sur la cruauté de l’existence. Catherine ne se plaignait jamais. Mais on voyait à des signes imperceptibles qu’elle avait peur de ne pas guérir. Par exemple, elle, si pudique dans la manifestation de ses sentiments, il lui arrivait désormais de passer doucement la main dans les cheveux de ses enfants.

Cependant, grâce à la disponibilité octroyée par la maladie, cette sorte de vacance qu’elle n’avait jamais connue, elle s’ouvrait au monde. Elle écoutait de plus en plus souvent la radio, elle s’était prise de passion pour l’émission de Daniel Mermet, Là-bas si j’y suis, qu’elle essayait de ne pas manquer : “Il me rend moins bête,” disait-elle avec un petit sourire heureux.

“Ça t’ennuie pas si je vais montrer la lettre à l’hôtel, M’man ? Je resterai pas.

- Mais bien sûr, Xavier. On a partagé les peines alors c’est justice de partager l’espoir. Va mon grand, et embrasse-les pour moi.”

A l’hôtel, Taous et Yamina étaient en grande discussion avec Fathia, à propos de l’organisation de leurs mariages. Elles avaient décidé de se marier le même jour, essentiellement pour limiter la complication liée à l’obtention des visas pour les proches souhaitant venir d’Algérie. Fathia avait encore sa mère, en relative bonne santé car elle l’avait eue très jeune. En ce qui concernait le père d’Ali, c’était plus délicat : il avait quatre-vingt cinq ans, il était bien fatigué, un peu branlant et il fallait éviter de le bousculer. Pourtant l’un comme l’autre tenaient absolument à ce que les grands-parents encore vivants assistent au mariage de leurs petites-filles. C’est là que commençait le casse-tête : fallait-il demander des visas pour trois mois, attendre les visas pour fixer la date du mariage, mais obtiendrait-on des visas pour une si longue durée ? Ou fallait-il fixer une date un peu éloignée puis demander les visas ? Fathia se souvenait que sa sœur n’avait jamais réussi à faire venir sa mère pour la circoncision du dernier petit-fils. Et puis, sûrement d’autres oncles, tantes ou cousins souhaiteraient venir : comment organiser l’accueil au mieux alors qu’il n’était pas question de fermer l’hôtel ? Souvent, en août, certains clients prenaient quelques jours de congés. N’y aurait-il pas moyen de s’arranger avec ceux qui étaient devenus intimes, quitte à leur consentir un bon rabais, pour récupérer quelques chambres ? Mais c’était délicat car les clients laissaient leurs affaires dans la chambre et il ne fallait pas qu’ils aient le sentiment d’une intrusion dans leur intimité. Et pour la famille venue d’Algérie, cela allait de soi qu’elle serait accueillie pour les mariages, qu’on ferait la fête comme en Algérie, plusieurs jours durant. À un moment, Ali et Fathia avaient même pensé transporter toute la famille en Algérie et faire la fête là-bas. Mais c’était impossible d’envisager de fermer l’hôtel avec des clients permanents et c’était tout aussi impossible de penser que l’un d’entre eux pouvait être absent à la cérémonie. Elles essayaient de se remémorer comment elles s’étaient organisées pour le mariage de Leïla. D’abord, c’était quand même plus simple d’obtenir les visas de tourisme à l’époque et elles avaient fixé la date à un moment qui les arrangeait, elles. Elles s’étaient débrouillées pour la fixer à un moment où elles savaient que seuls les plus motivés parviendraient à se libérer de leurs obligations et à venir d’Algérie, ce qui avait limité les problèmes d’hébergement. Et ce mariage intime était somme toute une bonne chose compte tenu du fait que Vladimir était encore sans-papiers et qu’il avait fallu la complicité d’un maire courageux pour organiser la cérémonie. Comme Bachir-Ivan était déjà né, cela n’avait pas posé trop de problèmes. Sept ans, déjà, ce mariage ! Fathia se souvenait de l’air bouleversé d’Ali quand Leïla avait annoncé qu’elle était enceinte sans être mariée. Il avait beau avoir de la sympathie pour son futur gendre, il avait eu quelques difficultés pour accepter la situation. Mais il s’était vite rendu à la raison : à cause de ces fichues lois Pasqua, c’était la seule solution pour que Vladimir sorte de la clandestinité où il avait été plongé. N’empêche, qu’est-ce que ça avait été long ! Et combien il avait fallu lutter pour obtenir ce sacré bout de papier donnant à Vladimir le droit de rester en France.

Elles accueillirent Xavier avec un grand sourire :

“Alors, quelles nouvelles , interrogea Fathia.

- Plutôt bonnes, apparemment, répondit Xavier et il sortit la lettre. Ce furent des exclamations sans fin et des rires. Enfin, un peu d’espoir !

- Mais il ne faut pas se réjouir trop vite, disait Xavier, ce n’est qu’un entretien, ça ne veut pas dire qu’ils vont me prendre. Je sais que je suis un peu jeune pour un tel emploi, ça peut jouer contre moi.

- Mon fils, prie ! lui dit Fathia et nous allons prier aussi. C’est quand ?

- La semaine prochaine, mardi. Maman sera de nouveau à l’hôpital.

- C’est dur, Xavier, mais cette lettre va lui donner du courage. Comment va-t-elle aujourd’hui ?

- Ce qui m’inquiète, c’est qu’elle mange presque rien. Ça passe pas, qu’elle dit. Michaël et moi, on lui fait des bons petits plats sur les conseils de Sonia. Mais dès qu’elle a mangé deux cuillers, elle en peut plus.

- Et Michaël, comment réagit-il ?

- Il essaye d’être courageux, mais il m’a montré ses notes : c’est pas brillant. Et Gaëlle rentre tard, fatiguée et elle a encore du travail, alors j’ose pas lui demander de prendre rendez-vous avec le professeur principal de Michaël. Pourtant, il faudrait. Le conseil de classe du deuxième trimestre, c’est bientôt. ils vont encore parler de l’orientation.

- Et pourquoi n’irais-tu pas avec lui, toi ?

- Oh la la, mais j’y connais rien, moi ! C’est une sacrée responsabilité !

- Je crois que tu devrais quand même y aller. C’est important pour Michaël de ne pas se sentir seul face à ce choix. Vous en avez rediscuté?

- Pas vraiment ! Juste une fois, il a dit : ”Ce serait plus raisonnable un B.E.P., au moins je pourrais vite gagner ma vie.” Mais il a pas osé en parler à M’man. Et puis, je crois qu’il sait pas du tout quoi choisir. C’est dommage, ce système de diplômes et toutes ces barrières, je suis sûr qu’il aurait fait un très bon bibliothécaire. Cette prof de français qu’il a cette année, ça a été une vraie révélation pour lui. Mais il y a tout le reste.

- Pierre et Quentin l’aident beaucoup !

- Oui, mais la maladie de maman et la menace d’expulsion, après la mort de papa, c’est vraiment trop pour lui. Il est distrait en classe, il se fait sans cesse gronder par certains profs, ça le rend malheureux, il a plus envie d’y aller.

-Est-ce qu’ils savent, au collège, pour la maladie de Catherine.

- Je sais pas. Nous, on leur a rien dit.

- Appelle Madame Spérieux et explique-lui. Il est quelle heure ? Elle doit avoir un peu de calme, elle est très bien, cette femme. Appelle-la d’ici, c’est pas la peine de le faire devant ta mère mais c’est important qu’elle sache.

- Merci, Fathia, t’as raison, j’aurais dû le faire plus tôt.” Et il s’éloigna vers le téléphone. La conversation dura un bon moment, Fathia et ses filles essayaient de dresser la liste des personnes à inviter. Lorsque Xavier raccrocha le téléphone, il dit :

“T’as eu bien raison, Fathia. Il faut toujours parler. Madame Spérieux a été très attentive, elle m’a dit qu’elle ferait particulièrement attention à Michaël et qu’elle avertirait madame Léonor le plus vite possible. Je crois que c’est une bonne chose. Je vais vous laisser à présent… Merci encore, dites bonjour à tout le monde de ma part.”

Lorsqu’il rentra à la loge, Catherine dormait. Elle avait souvent des terribles coups de fatigue dans la journée. Xavier la contempla avec inquiétude, elle avait l’air tellement vulnérable. Il ne savait que penser : guérirait-elle ? Les médecins n’avaient pas perdu l’espoir. Si seulement il pouvait être embauché, elle serait tellement tranquillisée, peut-être que ce serait plus facile alors pour elle de reprendre le dessus ?

IV

Michaël rentra pour déjeuner. Lui si impulsif, il avait pris désormais l’habitude de rentrer sans bruit, pour ne pas risquer de réveiller sa mère.

“Tu peux parler, lui dit-elle, je ne dors plus. Et comment vas-tu ? Comment s’est passée cette matinée ?

- Bien dans l’ensemble, m’man chérie.” S’il ne lui disait pas tout de ses difficultés, pour la protéger, il ne masquait pas complètement la réalité afin que le choc ne risquât pas d’être trop brutal après le conseil de classe. Et puis il lui parlait de ce qu’il faisait, surtout en français et en histoire. Elle aimait partager ces moments avec lui. Finalement, elle se rendait compte qu’elle aurait aimé savoir plus de choses, avoir plus de temps pour apprendre à lire, se cultiver… et elle avait le regret de ce qui n’avait pas été. Ce jour-là, Michaël lui dit que madame Léonor avait donné un sujet de réflexion pour la rentrée des vacances de février, qui lui paraissait drôlement intéressant. Mais il ne voyait pas encore bien comment le traiter.

“Tu veux que je te le lise, demanda-t-il.

- Bien volontiers, Michaël.” Alors il fouilla dans son sac de classe, sortit son classeur de français impeccablement tenu, chercha le texte et lut : “Être homme, c’est précisément être responsable. C’est sentir en posant sa pierre que l’on contribue à bâtir le monde. Expliquez et commentez cette citation.” C’est un texte d’Antoine de Saint-Exupéry. Le collège porte son nom. Madame Léonor nous a dit qu’il a été un très grand aviateur et qu’il a écrit un texte fondamental, dont on a cru à tort qu’il était réservé aux enfants alors que tout le monde pouvait le lire avec profit. C’est un livre qui s’appelle Le Petit Prince. Il l’a illustré lui-même. Je vais aller à la bibliothèque pour l’emprunter. Elle nous a dit qu’il était très facile à lire, que c’était comme une récréation, après Germinal.

- Mais vous allez l’étudier ?

- Non, j’ai juste envie de le lire parce qu’elle en a parlé. Au fait, Maman, on va étudier Antigone de Jean Anouilh. Il va falloir que je trouve le texte.

- Demande aux enfants d’Ali, il y en a sûrement un qui l’a fait en classe.” Michaël regrettait de ne pas pouvoir acheter les textes qu’il étudiait avec madame Léonor. Ceux qu’il avait aimés, il aurait bien voulu les conserver, y revenir. Il avait obtenu de sa mère qu’elle achète Germinal, arguant de la grosseur du livre et elle l’avait fait bien volontiers. Mais il se rendait compte qu’il s’était mis à aimer les livres et qu’il aurait voulu en avoir davantage autour de lui. Seulement les livres, même en édition de poche, étaient tellement chers pour leur budget ! Heureusement, il y avait la bibliothèque.

“Au fait, lui dit Catherine, Xavier a reçu une lettre.

- Ah bon, et c’est quoi ?

- Je suis convoqué à un entretien pour une embauche éventuelle la semaine prochaine.

- Ah, et où ça ?

- A la société de H.L.M. !

- Oh alors ça ! Trop d’la balle ! Ça tue tout ! Ali le sait ? C’est Gaëlle qui va être contente…

- Te réjouis pas trop vite, p’tit frère, un entretien, c’est pas une embauche. Mais n’empêche, c’est trop bien. J’ai trop eu l’impression qu’ils étaient sourds et pas humains. Chais pas ce qu’ils décideront, mais pour l’instant, j’suis le plus content d’l’humanité ! Bon, si on mangeait ? Sonia m’a montré comment faire la tarte aux poireaux, j’espère qu’elle sera bonne. Ça et du fromage, ça devrait aller.

- Oui, mangeons, dit Michaël. Ça sent très bon. Merci, le cuisinier.”

Depuis la maladie de Catherine, Sonia et Xavier étaient devenus très proches avec la complicité active de Fathia. C’est elle qui, devinant leurs sentiments naissants, avait fourni tous les prétextes pour multiplier les rencontres. La situation s’y prêtait : lorsque Catherine était hospitalisée, les jeunes mangeaient à l’hôtel. Après son retour, au début, Fathia avait fait porter des plats tout prêts par Sonia. Mais tous s’étaient vite rendus compte que cette nourriture ne pouvait pas convenir à Catherine : trop riche, trop grasse, l’odeur même l’écœurait. Alors Sonia avait offert de venir apprendre ses recettes à Xavier. Elle faisait les courses avec lui ; elle lui apprenait à choisir les produits, à composer des recettes légères, équilibrées, appétissantes ; elle lui montrait comment gérer les enveloppes. Catherine était touchée de leur sollicitude à tous les deux, soulagée de voir son fils se rapprocher de cette jeune femme qu’elle estimait. Elle aurait bien aimé le voir se déclarer, mais elle comprenait ses scrupules : lui, sans métier, sans travail, quel avenir pouvaient-ils construire ? Et elle trouvait que ces scrupules étaient à son honneur car il n’agissait pas en égoïste. Pourtant, il était si visible pour tous que ces deux-là se comprenaient à demi-mots, se complétaient, partageaient les mêmes valeurs. “Comme c’est dommage, se disait Catherine, je serais tellement heureuse de les savoir ensemble. Mais ne pressons rien. Après tout, ils sont jeunes, ils ont bien le temps. Ce n’est pas parce que j’ai peur pour moi que je dois m’interposer entre eux. C’est déjà tellement merveilleux d’assister à l’éclosion de cet amour.” Et elle pensait à cette phrase qu’elle avait entendue elle ne savait plus où, peut-être à la radio, et dont elle avait oublié la fin : “Trop de hâte a tué le serpent…” et elle était agacée des défaillances de sa mémoire.

Les quelques jours précédant l’entretien passèrent à vive allure, comme toujours. Le lundi, ils virent revenir le véhicule sanitaire léger devant conduire Catherine à Villejuif. C’était toujours le même déchirement de la voir partir mais ils s’efforçaient d’être courageux. Le mardi, Xavier se prépara soigneusement pour l’entretien. C’était à Paris. Il fallait prendre le train de banlieue et il n’en avait pas l’habitude. Il était allé si peu souvent à Paris. Il avait peur d’être en retard, de ne pas trouver, de paraître gauche et emprunté. Gaëlle l’avait aidé à faire un beau pli sur le pantalon et la chemise prêtés par Julien. Ibrahim l’avait doté d’une veste. Il se sentait comme un étranger dans ces habits qui ne lui appartenaient pas.

Tous les amis du quartier étaient dans l’attente. Ce jour-là, Michaël fut particulièrement inattentif en classe et il essuya les foudres de madame Millevich. Il arriva en cours de français épouvantablement malheureux à cause de tous ces malentendus. Madame Léonor s’en aperçut. Elle avait appris la nouvelle épreuve que traversait son élève, elle s’approcha de lui pendant que la classe s’installait :

“Courage, Michaël, j’ai confiance en toi. Respire calmement, ça va aller !” Il leva vers elle un regard confiant et se sentit tout de suite mieux. Mais même en français, il eut du mal à se concentrer. A l’heure du repas, il fila à la loge, espérant que Xavier serait rentré, bien que ce fût fort improbable. La loge était déserte. Il en était impressionné, ce n’était jamais arrivé. Il fourra son nez dans le réfrigérateur, à la recherche d’éventuels restes. Il n’avait aucun courage pour se faire à manger. Il se bricola un casse-croûte mais à peine fut-il assis que le téléphone sonna :

“C’est moi, dit Xavier. Ils m’ont posé beaucoup de questions, ils ont examiné mon C.V. sous toutes les coutures. Ils m’ont demandé comment on s’était organisé depuis la mort de papa et quelle était la part du travail que j’avais assumée. Je leur ai expliqué que maman est tombée gravement malade à son tour et que, depuis environ un mois, j’assume tout tout seul. Ils ont regardé de très près mon bilan de compétences et m’ont parlé de mes projets. Je leur ai dit que mon plus cher désir était d’obtenir ce poste et j’ai expliqué pourquoi par rapport au travail mais aussi par rapport à la vie du quartier. Ils m’ont dit au revoir très poliment et m’ont assuré qu’ils me donneraient une réponse avant une semaine. Il reste plus qu’à attendre.

- Et ils étaient combien ?

- Ils étaient trois, deux hommes et une femme, mais ils se sont pas présentés. Et toi ?

- Millevich m’a encore passé un savon parce que je rêvassais. Si tu savais c’que j’en ai marre ! Enfin, au moins, maintenant, les autres ne rigolent plus.

- Accroche-toi, Michaël, c’est un sale moment à passer mais fais-le pour toi et pour Maman. Et quand tu cales, pense à tous ceux qui sont derrière toi, derrière nous. Courage, petit frère, à ce soir.”

V

L’incroyable nouvelle arriva pendant les vacances de février : Xavier était embauché et son contrat débutait le premier mars. Il conservait la loge. En même temps, arriva une lettre recommandée pour Catherine. Heureusement, elle avait pris la précaution de munir son fils d’une procuration. Il alla à la poste, inquiet de ce qu’il allait trouver. Comme la plupart des gens modestes, il craignait les lettres recommandées, aussi l’ouvrit-il aussitôt. Il mit un moment pour comprendre : c’était une proposition de F2 au deuxième étage, trois rues plus loin. Un appartement allait être libéré par une locataire âgée partant en maison de retraite fin mars, ce que Xavier savait par ailleurs. Étant donné les relations de travail qui avaient existé entre Monsieur Maheu et la société, celle-ci proposait à sa veuve un loyer plancher : 1000F par mois, sans les charges. La lettre stipulait que madame Maheu pouvait céder la jouissance de cet appartement aux mêmes conditions à l’un ou l’autre de ses enfants, selon son bon vouloir. Xavier, qui n’avait pas envisagé un instant que quelque chose puisse être changé aux habitudes familiales, ne comprenait rien à cette proposition. Il décida d’aller demander conseil à Pierre :

“C’est bien simple, lui dit celui-ci, la société t’embauche, elle doit te fournir le logement, c’est prévu dans le contrat, c’est même ce qui posait problème pour que ta mère le conserve. Donc, la loge passe à ton nom, logique. Mais que devient ta mère avec ses autres enfants ? Gaëlle est majeure et elle a des revenus, la société n’a donc pas à en tenir compte. Mais Michaël est à sa charge. Je crois que vous pourrez remercier l’assistante sociale, elle a fait du bon boulot, elle a lu le contrat qui avait été signé par ton père au moment de son embauche. Ta mère m’avait dit qu’elle le lui avait demandé pour le photocopier. Du coup, moi aussi je l’ai regardé de près. Un des articles prévoyait qu’en cas de décès du gardien au cours de la fonction, la famille devait être relogée par la société au loyer le plus bas que celle-ci pouvait légalement pratiquer et que cela concernait la veuve et ses enfants à charge. En outre, ceux-ci conservaient le droit de garder le nouveau logement en cas de besoin. L’assistante sociale avait dit à ta mère qu’il y avait sans doute des conventions collectives ; elle s’est appuyée sur la chambre syndicale pour les faire appliquer. Bravo à cette femme ! Vous êtes bien tombés.

- Je vais leur dire qu’on en a pas besoin, de ce logement !

- Surtout pas ! Referont-ils une offre pareille ? D’abord, ce n’est pas à toi qu’il est proposé, mais à ta mère. Et elle sait bien que vous n’allez pas toujours rester ensemble. Un jour, tu voudras te mettre en ménage et, si elle est encore là, si elle n’a pas de logement, la promiscuité te gênera ou elle gênera ta femme. C’est important pour un jeune couple d’avoir son intimité. Et puis, quand elle ira mieux, avoir un logement lui permettra d’avoir du travail. La crèche familiale recrute régulièrement des assistantes maternelles. Et elle peine à en trouver car c’est un métier contraignant et peu rémunéré. Mais pour Catherine, un tel métier serait parfait. Tu vas voir, une telle bonne nouvelle va l’aider à guérir. Bon, maintenant, il s’agit d’aller le lui dire et de préparer la fête. Et je vais te dire, c’est une java qui va compter dans les annales du quartier.”

Ils passèrent à la loge prévenir Michaël qui sauta daans tous les sens : quel poids énorme soudain enlevé ! Il avait l’impression qu’il respirait mieux. Ils laissèrent une lettre d’explications que Gaëlle trouverait à son retour. Ils lui demandaient de les rejoindre à l’hôtel.

A l’hôtel, ce fut le délire ! Sonia osa même s’approcher de Xavier, lui prendre les mains et murmurer : ”Comme je suis contente pour vous tous !” Alors, il se pencha et posa un baiser furtif sur son front : “Merci, Sonia, merci vous tous, vous nous avez pas laissés tomber.

- Et bien, dit Ali, on va prendre la fourgonnette pour aller faire lire tous ces jolis papiers à Catherine. Allez, Michaël et Xavier, en voiture !

- Mais c’est pas l’heure des visites, objecta Xavier.

- Si tu crois que les médecins sont assez fous pour nous empêcher de lui apporter la guérison sur un plateau, mon fils !

- Ah, si seulement !

- Moi, je vous dis qu’elle va guérir, affirma Fathia. Je le sens, je le sais. Dès qu’elle n’aura plus de raison de se ronger d’angoisse, elle va mettre toutes ses forces à vivre. Parce qu’elle vous aime. Allez vite et embrassez-la de notre part à tous. Surtout, n’oubliez pas.”

Lorsqu’ils furent partis, elles retournèrent à la cuisine :

“Et voilà, dit Sonia, c’est la victoire de la responsabilité assumée des uns envers les autres. Et c’est une belle victoire de ce que peuvent les hommes lorsqu’ils oublient d’être égoïstes.

- Que veux-tu dire, ma fille , demanda Fathia.

- Que les syndicalistes, quand ils se sont battus pour négocier des conventions collectives, pour protéger les salariés, ils ne l’ont pas fait pour eux mais pour tous. Ils ont passé du temps, ils ont dû avoir des victoires amères parce qu’elles arrivaient trop tard pour l’un ou pour l’autre. Ils ne savaient pas que leur opiniâtreté sauverait un jour les Maheu. Ils l’ont fait parce qu’ils se sentaient responsables des autres. Leurs semblables… ce n’est pas un mot vain. Et maintenant, on ne sait pas qui remercier parce que c’est une œuvre collective. Mais on les remercie quand même. C’est grâce à des gens comme eux que le monde demeure humain. Et c’est notre devoir de responsabilité envers les autres de ne pas laisser détruire leur œuvre que les carnassiers veulent mettre en pièce parce que les lois limitent leur pouvoir de prédateurs.

- Tu as raison, dit Ibrahim, nous ne devons jamais oublier que les lois, même imparfaites, nous protègent. Bon, qui se charge du téléphone arabe ? Et Ima, qui dresse la liste des courses à faire pour les festivités. Je me demande si Pa aura le temps de retourner à Rungis.

- On n’a qu’à faire comme à l’Aïd, proposa Yamina : dire à chacun d’apporter un plat. L’important, c’est surtout d’être ensemble. Et quand on improvise, il faut faire simple.

Pour l’anniversaire de la chute du mur : une rapide histoire peu connue de sa construction et quelques idées sur l’Europe

novembre 9, 2009 at 3:45 | In Altermondialisme, Citoyenneté, Culture - Livres, Europe, Mémoire et histoire, Politique, Société, Solidarité, sarkosy, social | 2 Comments
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Pour l’anniversaire de la chute du mur : une rapide histoire peu connue de sa construction et quelques idées sur l’Europe

Mur de Berlin

Ce mur dont on commémore aujourd’hui la chute, c’était plus qu’un symbole du totalitarisme communiste ! Une nécessité économique vitale pour la RDA, l’ex-Allemagne de l’Est. Il s’agit bien évidemment du Mur de Berlin qui est tombé il y a tout juste vingt ans sous ce qu’il est convenu d’appeler « les coups de boutoir de la démocratie »… Ouais, admettons !! Mais comment tout cela a-t-il commencé et ne refaisons-nous pas un peu l’histoire dans tous les bords politiques ?

I :  Berlin avant le Mur :

Rappelons-nous ce que disait le numéro un de la RDA de l’époque, Walter Ulbricht, quelques mois seulement avant la construction de ce mur qui allait couper Berlin en deux : “Dans le combat économique et politique contre notre république, Berlin-Ouest joue le rôle de filière à l’aide de laquelle s’effectue ce commerce de chair humaine, et par laquelle aliments et autre produits s’échappent de notre république. Berlin-Ouest est par conséquent une énorme brèche au milieu de notre république, qui nous coûte plus d’un milliard de marks chaque année.”

Il fallait donc, selon Ulbricht, fermer la brèche de toute urgence. Ce sera fait le 13 août 1961 avec une promptitude tout à fait étonnante… La preuve que les communistes avaient programmé cette opération qui a semblé prendre par surprise les Occidentaux…  Il a « semblé » car à l’Ouest, beaucoup savaient. Il existe toute une gradation entre ceux qui ont simplement laissé faire et ceux qui souhaitaient ce mur. Cette affaire aura été l’un des sommets de la Guerre Froide.

Il fallait que « Le rythme continue »….The beat goes on !!

http://www.youtube.com/watch?v=JYOpInru-4o

De son côté, Nikita Khrouchtchev[1] qui avait conservé le parler cru de sa jeunesse ukrainienne aurait déclaré un jour : « Berlin, c’est la paire de couilles des occidentaux » !! Et, selon Nikita, il convenait bien sûr de les couper !!!

A l’époque, Berlin Ouest est complètement enclavé au sein de la RDA. Il est sous l’autorité des quatre vainqueurs de la seconde guerre mondiale. Le traumatisme de cette guerre fait que peu de responsables, y compris en Europe souhaitent une réunification allemande.

Certains, comme François Mauriac, aiment tellement l’Allemagne qu’ils préfèrent qu’il y en eût deux !!! François Mitterrand règlera un jour son compte à Mauriac en le qualifiant de : « notre grand écrivain régional » car ils étaient tous deux charentais !! Ceux qui accepteraient une réunification ne le voudraient au prix d’une neutralisation.

Des milliers d’allemands de l’Est viennent chaque jour travailler en zone Ouest où il est courant de dire qu’ils votent avec leurs pieds. Mais cette attrait exaspère l’Est car cela devient une véritable hémorragie.

carte-mur de Berlin

II : La préparation :

Walter Ulbricht prépare les esprits en proposant de prendre « des mesures de sécurité ». Dès 1957, la RDA instaure un « délit de fuite » et la crispation continue. Puis, il déclare que tout Berlin fait partie de la RDA. Khrouchtchev propose alors aux USA, la Grande-Bretagne et la France d’ouvrir des négociations en vue de faire de Berlin une « ville libre » sous peine de le voir signer un Traité d’amitié avec la RDA. C’est un ultimatum auquel les occidentaux réagissent vivement. Eisenhower qui préside encore aux USA pour peu de temps parle même d’utiliser l’arme nucléaire.

En 1959, à Camp David, Khrouchtchev déclare qu’il n’a jamais été question d’ultimatum mais maintient ses exigences. Il est cohérent, il attend son heure.

Fin 1960, John Kennedy est élu. Khrouchtchev lui rappelle que Berlin : « est une dent cariée dans une mâchoire et qu’il faut l’extraire »[2].

Côté Est, Ulbricht est pressé de « boucher les trous à rats » selon son expression. Il voit sa jeunesse « voter avec ses pieds » ! Les signes s’accélèrent :

-         La RDA impose des autorisations d’accès aux diplomates étrangers,

-         Elle renforce les contrôles aux check points et ferme certains d’entre-eux,

Ulbricht prépare méthodiquement son plan ; le nom de code est transparent : Muraille de Chine !!

Lors d’une réunion des dirigeants de l’Est à Moscou, il parle de « rangs de barbelés » ! Certains dirigeants s’indignent de l’image au regard de « l’internationalisme prolétarien ». Khrouchtchev feint de les entendre mais fournit à la RDA tout ce dont elle a besoin. N’oublions pas qu’il avait réprimé Budapest !

Kennedy_and_Khrushchev_in_Vienna_1961

En juin 1961, Kennedy et Khrouchtchev se rencontrent à Vienne. Entre temps, L’URSS a profité de l’affaire de l’avion espion U2[3][4], à Cuba. Khrouchtchev est en position de force ! Il prévient Kennedy qu’il est prêt à une guerre nucléaire mais les dés sont pipés : pour faire capoter une conférence sur Berlin. Entre temps aussi, les USA ont mené la désastreuse affaire de la Baie des Cochons

-         Kennedy sait par une taupe du KGB – Oleg Pulkowsky -  que la supériorité nucléaire de l’URSS est du bluff,

-         Khrouchtchev sait par un agent allemand infiltré dans les services de renseignement de la  RFA qu’en cas de coup de force à Berlin, les occidentaux n’interviendraient pas. Il s’agit peut-être de l’ancien officier nazi Heinz Pfeiffer, un membre de l’Organisation Gehlen .

-         Khrouchtchev dispose aussi d’une source côté français, au quartier Napoléon : un ancien légionnaire français (nom de code Bruno) qui travaille pour Markus Wolf ; il a ainsi confirmation que les alliés n’interviendront pas.

En quittant Vienne, Kennedy confie à se proches : « L’hiver sera froid » ! Il ne sait sûrement pas tout mais il prépare lui aussi le terrain. Il a déjà intégré une action soviétique unilatérale à Berlin.

Dans son discours à la Nation de juillet 1961 Kennedy annonce déjà, en quelque sorte, la couleur en déclarant que : « Les Etats-Unis n’abandonneront jamais la RFA et les citoyens libres de Berlin-Ouest ». Il dit bien : Berlin-Ouest. Ce qui signifie qu’il a déjà abandonné toute prétention sur Berlin- Est.

Cette position sera relayée par le sénateur Fulbright, Président de la commission des affaires étrangères du Sénat américain qui estime que les allemands de l’est ont tout-à-fait le droit de fermer leur frontière !

Ulbricht lâchera même maladroitement le morceau lors d’une conférence de presse à la mi-juin 1961. A un journaliste qui lui demande s’il a l’intention d’élever une frontière à Berlin ; Ulbricht répond qu’il n’est pas question de construire un MUR !!!

Des berlinois ont compris ! Les départs s’accélèrent. Le sort en est jeté, le Mur sera construit le samedi 12 Août 1961 à minuit. En pleines vacances, une veille de dimanche ! Les cadres communistes qui sont dans le confidence ont réussi à mobiliser : 8000 vopos[5], 4000 policiers, 4000 agents de la STASI[6] et 12000 hommes des « milices ouvrières ».

Dès 8 heures du matin, la coupure de Berlin est effective. Une véritable chasse à l’homme commence, tout ce qui ressemble de près ou de loin à un possible opposant est arrêté « préventivement », les habitants de immeubles proches de la frontière sont expropriés.

III – Les réactions :

Pas terribles dans la torpeur d’un été chaud où tous les dirigeants occidentaux sont en vacances…et les vacances, c’est sacré :

-         La CIA qui dispose de très nombreux agents à Berlin Est a, semble-t-il, choisi de ne pas voir !

-         Kennedy est en mer,

-         Le britannique Sir Harold Macmillan fusille la grouse en Ecosse,

-         De Gaulle est à Colombey. Il est le seul à être furax ! Il pense qu’il aurait fallu agir avant, à Vienne notamment, ou envoyer des blindés dès la pose des premiers barbelés.

-         La première réaction Etatsunienne lui donne raison. Un communiqué parle de « mesures est allemandes pour arrêter l’afflux de réfugiés » mais ne relève pas la violation des traités.

-         La seule réaction forte viendra d’un véritable homme de gauche : Willy Brandt, maire de Berlin Ouest. Il est en campagne électorale à l’Ouest. Il prend un avion, rentre précipitamment à Berlin et, le 13 août au soir, prend la parole. Il en appelle aux occidentaux. La veille, dans un discours prononcé à Nuremberg, il avait prévenu : « L’URSS prépare un grave attentat contre le peuple allemand » !

-         Kennedy reprochera à Brandt d’attiser le feu ! Il n’en est pas encore à « Ich bin ein Berliner » !!!!! Il envoie néanmoins Lyndon Johnson à Berlin.

-         La droite allemande reste molle ! Elle attaque aussi et surtout Willy Brandt…On est en campagne électorale….et Brandt est candidat à la Chancellerie !

Nous connaissons la suite !! Ulbricht mettra les bouchés doubles et le Mur, en dur, sera effectif à la fin de 1961.

Aujourd’hui, nous commémorons le vingtième anniversaire de sa chute.

IV : Alors, l’Europe aujourd’hui ???

- L’Europe et les USA :

L’excellent Rue 89 rend compte ces jours-ci d’un rapport publié par l’European Council on Foreign Relations. Nous citions un extrait :

Nous sommes entrés dans un monde post-américain et les Européens sont les seuls à ne pas s’en être aperçus. C’est la principale conclusion d’un rapport publié cette semaine par le European Council on Foreign Relations, un think tank basé à Bruxelles.

Les auteurs de ce document remarqué, Jeremy Shapiro et Nick Witney, respectivement américain et britannique, estiment que la plupart des gouvernements européens se bercent d’illusions sur la « relation spéciale » qui les unit aux Américains.

Si c’est comme pour Berlin , bonjour !!

Pour les Européens de l’Ouest, l’Otan a servi de rempart contre les ambitions supposées de l’Union soviétique après 1945. Pour les Européens de l’Est, ce sont les Américains qui ont provoqué la chute de l’URSS et qui les protègent désormais d’un éventuel réveil de l’impérialisme russe.

Idem ! Bon courage les slaves, roumains et magyars !!

Pour Obama, l’avenir du monde se joue désormais côté Pacifique

Mais pour Washington, l’Europe n’a plus le même intérêt stratégique que pendant la Guerre froide. Et ce n’est pas l’élection de Barack Obama, accueillie ici avec une incroyable ferveur, qui y changera quelque chose. Le locataire de la Maison Blanche n’a aucune attache particulière avec le Vieux Continent et n’a jamais caché que l’avenir du monde se joue désormais autour du Pacifique.

Pourtant, écrivent Shapiro et Witney, les Européens continuent d’attendre beaucoup des Etats-Unis, notamment en matière de défense, sans rien leur offrir d’autre qu’un soutien souvent irréfléchi. Dans bien des cas, cette « déférence excessive » à l’égard de Washington conduirait les Etats européens à négliger leurs intérêts stratégiques immédiats.

Un seul exemple : dans le conflit afghan, les gouvernements alliés semblent se préoccuper davantage de leur simple présence aux côtés de Washington que de l’influence qu’ils pourraient avoir sur les opérations militaires. La suite sur :

http://www.rue89.com/europe-europe-europe/2009/11/07/leurope-doit-comprendre-quelle-est-le-cadet-des-soucis-des-etats-uni

Pour lire le rapport ECFR complet (en anglais)

http://ecfr.3cdn.net/05b80f1a80154dfc64_x1m6bgxc2.pdf

Voici traduite la présentation que ce « conseil » fait de lui-même.

« L’ECFR le Conseil européen de Relations avec l’étranger (ECFR) est le premier groupe de réflexion paneuropéen. Lancé en octobre 2007, son objectif est de conduire la recherche et promouvoir le débat informé à travers l’Europe sur le développement de politique étrangère européenne cohérente, effective(efficace) et à base de valeurs.

ECFR a développé une stratégie avec trois éléments distinctifs qui définissent ses activités :

Un Conseil paneuropéen. ECFR a réconcilié dans un Conseil de plus de cent Membres – des politiciens, des décideurs, des penseurs et des hommes d’affaires des États membres de l’UE et des pays candidats – qui se rencontre(se réunit) deux fois par an comme en formation plénière. Par des groupes de travail géographiques et thématiques, les membres fournissent le personnel d’ECFR, le conseil et le retour d’information sur des idées de politique et l’aide aux activités de l’ECFR dans leurs pays propres. Le Conseil est présidé par Martti Ahtisaari, Joschka Fischer…. ».

Que des biens pensants mais qui n’ont pas tort sur tout !

-         L’Europe des 27 :

D’élargissements en élargissements, un Europe s’est formée qui ne ressemble pas à celle que nous voulons. A l’Est, dans les ex-pays de l’Est, refleurissent églises réactionnaires, mafias et sectes de tous poils, la faillite est quasi générale.

D’autres murs ont été construits, par nous ! Aux frontières de cette Europe, comme à Ceuta et Melilla, par exemple. C’est au Maroc….c’est si loin ??? En Palestine, aussi !!

La seule Europe qui fonctionne, c’est celle du fric !

Elle va se choisir bientôt un président. Il ne sera pas français, OUF !  Pourquoi ?

-         Chirac est un piètre européen,

-         VGE est trop vieux,

-         Villepin, Juppé et Raffarin sont plombés,

-         Jospin, Balladur et Rocard sont à la retraite,

-         Lamy est un crâne d’œuf mais pas politique,

-         Barnier manque de charisme

-         On voit là ce qu’il en coûte d’envoyer des seconds couteaux à Bruxelles en nous réservant nos supposés cadors pour nos délices franco-français !

Il paraît que, d’un cimetière de Colombey, monte une plainte : L’Europe, l’Europe, l’Europe !!!!!


[1] Après la mort de Staline, quatre des personnalités politiques en lice en URSS se disputent le pouvoir : Gueorgui Malenkov, Lavrenti Beria (chef du KGB), Molotov et Khrouchtchev. C’est Khrouchtchev qui l’emportera. Dès fin juin 1953, il joue un rôle fondamental dans la chute de Beria. Ce dernier sera destitué et arrêté sur ordre de ses collègues, puis fusillé. Malenkov lui ayant cédé la tête du PCUS dès le 14 mars pour se consacrer à la direction du gouvernement, Khrouchtchev sera confirmé en septembre 1953 comme premier secrétaire du parti communiste, ce qu’il restera jusqu’à son éviction en 1964. Il avait écarté Malenkov en 1955. En 1961 il sera exclu du PCUS et condamné à l’exil intérieur. Molotov s’opposera à la déstalinisation menée par Nikita Khrouchtchev et tentera avec d’autres partisans de la tendance stalinienne,un coup d’Etat dans le Parti communiste pour évincer Khrouchtchev. Quand cela rate,  Khrouchtchev le nommera à des postes subaklternes, comme ambassadeur en Mongolie de 1957 à 1960. Molotov sera aussi délégué soviétique permanent auprès de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à Vienne de 1960 à 1961. En 1964 Molotov est exclu du parti qu’on l’autorise à réintégrer en 1984…un geste symbolique.

 

Histoire de Berlin Bernard Oudin et Michèle Georges

[2] In : « Histoire de Berlin »  par Bernard Oudin et Michèle Georges publié chez Perrin en 1995 et 2000.

[3] Le premier mai 1960, un avion de reconnaissance américain de type U2 (avion-espion)est abattu au-dessus du territoire soviétique. Le pilote Francis Gary Powers est arrêté et condamné le 17 août à 10 ans de prison pour espionnage. Le capitaine Gary Powers avait été recruté par la CIA pour piloter l’U2. Après deux ans de prison, il sera échangé au pont de Glienicke (reliant Berlin à Postdam sur la rivière Havel) contre l’espion du KGB Rudolph Abel et pourra rentrer aux USA.

Glienicker_Brücke1

pont de Glienicke


[4] Débarquement de la baie des Cochons : tentative d’invasion militaire de Cuba par des exilés cubains soutenus par les États-Unis en avril 1961. Planifiée sous Dwight Eisenhower, l’opération est menée au début du mandat de John F. Kennedy. Objectif : faire débarquer à Cuba, le 17 avril 1961, environ 1 500 exilés cubains recrutés et entraînés par la CIA. But : renverser le nouveau gouvernement cubain de Fidel Castro, qui mène une politique économique hostile aux intérêts américains et se rapproche de l’URSS[. L'opération est un fiasco total !!

[5] VOPOS : abréviation de  volkspolizei (en allemand, la police du peuple) était la police nationale de l’Allemagne de l’Est.

[6] STASI :  ministère de la Sécurité d’État (Ministerium für Staatssicherheit, MfS), dit la Stasi, était le service de police politique, de renseignements, d’espionnage et de contre-espionnage du régime communiste de la République démocratique allemande (RDA),

Belgicismes, anglicismes et flaminganteries pour rire ou sourire un peu

novembre 5, 2009 at 3:02 | In Belgique, Citoyenneté, Culture - Livres, Europe, Mémoire et histoire, Politique, Société | 1 Comment
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Belgicismes, anglicismes et flaminganteries pour rire ou sourire un peu

Piderlots delle CastafiorePetit extrait des Bijoux de la Castafiore traduits en parler Picard du Tournaisis

L’album devient “Les Pinderlots delle Castafiore”

Nos voisins belges ont un parler savoureux ! Il varie de ville en ville et de régions en régions ; il est le fruit des innombrables invasions, guerres et autres tueries qui ont été notre lot (des deux côtes de la frontière) depuis la nuit des temps. Le Plan Marshall en a remis une sérieuse couche.

Vous fâchez pas, les belges, on vous aime ! Voici un petit lexique pour avoir l’air moins fransquillon (français)

Ainsi : Comme cela, de cette manière.

Âne : si vous voyez un paysan flamingant promener sa vache à la longe ; dire : « Tiens ! Tu promènes ton âne ! » …à la vache, bien sûr.

Ardoise : Ne dites pas : un couvreur. Dites : un ardoisier.

Averse : Ne dites pas :  « Quelle averse ! ». Dites : « Quelle drache » !

Beurre : Ne dites pas : « Il a beaucoup de chance ». Dites : « Il a le cul dans le beurre ».

BOILER : Le Belge est atteint d’une grave fracture : historique, culturelle,  linguistique. Il vit dans un petit pays atteint par la tectonique des plaques. Entre les deux plaques principales : une faille, qu’il a nommée la frontière linguistique où se frictionnent les continents germains et latins. Parfois, ça chauffe, ça pète : à Louvain (Leuven), à Fourons, Bruxelles, Hal ou Vilvoorde.

Mais les plombiers ne comprennent pas la tectonique. De Poperinge à Huy-Waremme, ils ne connaissent pas le chauffe-eau mais le « boiler »[1]. A noter toutefois que cet anglicisme barbare est devenu un “boualère” à Flémalle, un “boualééééééér” à Lîdje (Liège)  et un “boïleur”  à Ixelles avec la bouche en cul de poule. L’essentiel, c’est qu’on continue à se comprendre, non !!!

Bonbon : Si un petit creux vous prends, ne dites pas : « T’aurais pas un bonbon ? ». Dites plutôt : « T’aurais pas une chique ? » ou, mieux encore : « T’aurais pas une babelutte ».

Café : une boisson nationale ! Ne dites pas : une tasse de café.

Dites : une jatte de bon café.

Cigare : Ne dites pas : « Prendre un savon ». Dites :  « Se faire passer un cigare ».

Chimay : L’une de mes bières préférées quoique brassée par des pères Trappistes, putain de moine ! Il existe la rouge, la blanche et la bleue.

DOUF : Franchement,  les météorologues nous font bien des chichis avec leur « pression atmosphérique réduite au préalable au niveau de la mer ». Ici, tout le monde s’en fout ! On y est « au niveau de la mer »..sauf dans la belle Ardenne.

En Belgique et pour les belges, il fait tantôt “caillant”, parfois “bon” où encore ”beau”. Non ! Pas « Corbeau » ignares !

C’est on ne peut plus simple. Et si le mercure dépasse les bornes (estivales), alors chez nous il fait “DOUF” = chaud, lourd.

Un grand classique machiste : « Chérie, il fait douf ici, ouvre-moi donc un peu la fenêtre et pendant que tu es debout,  prends-moi encore une Chimay dans le frigo. »

Quand il fait douf, préférer la Chimay blanche ; la bleue, c’est pour quand il fait caillant.

Drache : voir averse

Drink ! Ne dites pas : « Je vais acheter ma bière au supermarché ».

Dites : « Je vais au Drink Market » …inutile de préciser le mot « bière », c’est évident pour tout le monde

Enervement : si vous êtes à cran, ne dites pas « Tu m’énerves » ; dites : « Tu m’énerfe, une fois » surtout si vous êtes à Bruxelles.

Essuie : Ne dites pas : « Où est la serviette de bains ? ». Dites : « Où est l’essuie ».

Cornet de frites

Frite : celle-là , vous ne pouvez pas y échapper que vous l’ayez ou non !!! Ne dites pas : « Je vais à la friterie ». Dites : « Je vais à la friture ».

Fortune : Ne dites pas « La roue de la fortune » ; dites : « les élections » !

Goinfre : Un goinfre n’existe pas en Belgique ; il n’y a que des « Goulafres ».

Graduat : Etudes supérieures ; en général trois ans

Guindaille : Grosse fête, beuverie, notamment de l’étudiant(e) qui a obtenu son graduat. S’il l’a raté, il fera guindaille tout de même.

Humanités : Etudes secondaires.

Impôts indirects : Dire « Accises »

Jobiste : Etudiant qui finance ses études en ayant…un job

Kicker[2] : Baby-Foot

Kot : chambre d’étudiant

Koter : habiter un Kot

Koteur : locataire ou co-locataire d’un Kot

Lard : C’est pas cochon ..c’est une friandise bourrée de colorants.

Latte : En prendre un coup n’est pas bien douloureux ; c’est une règle plate graduée.

Lavette : Mais non, ce n’est pas un ministre de Sarkozy !! C’est un carré de tissus éponge pour nettoyer la table, faire la vaisselle, etc.

Maire et Maires-adjoints : Bourgmestre et échevins

Manche (à balle) : Cire-pompes, lèche-cul, frotte-manche, fayot ; finit tout de même par être premier de la classe le salopard ! Y’a pas d’justice !

Maquée : Il ne s’agit aucunement d’une femme soumise à un gigolo ! C’est un excellent fromage blanc

Mitraillette : Pas de militarisme là-dedans. C’est une baguette garnie de frites et de viande

Navetteur : personne qui se déplace quotidiennement de son domicile à son lieu de travail en utilisant les moyens de transport en commun ….a tendance à s’étendre, hélas, aux automobilistes.

Nicnac : Petit biscuit sec. Exemple typique d’une marque qui devient un mot….comme frigidaire. Mais ne mettez pas les nic-nac au frigidaire, ils ramolliraient !

Nonante : Quatre-vingt dix.

Œuf : Quand on a un compte à régler avec quelqu’un, on dit qu’on a un « œuf à peler » avec ce quelqu’un.

Pecket : Eau de vie parfumée au genièvre ; le pecket coule à flots lors des fêtes de Wallonie et dans de nombreux carnavals et marches folkloriques.

Bière qui sourit

Pinte : Bière de 25cl aussi appelée un « demi » malgré ses 25 cl, alors que pinte signifie aussi ½ litre…

Pistolet : petit pain rond, on dit aussi d’un sacré débrouillard hyperactif que « c’est un sacré pistolet »

Postposer : différer, reporter à plus tard

Prépension : préretraite.

Prester : fournir un service, un travail

Quatre-six-neuf (faire un travail à la) : six-quatre-deux

Raccuser : rapporter, moucharder

Raclette : ustensile servant à nettoyer (racler) les sols à l’eau

Ramassette : petite pelle pour les balayures

Rawette Petite quantité que l’on redemande par gourmandise ; elle est, bien sûr, excédentaire. En rajouter serait donc serait superfétatoire. Je vous en remets tout de même une ?

Rhéto : Abréviation de Rhétorique ; classe terminale des lycées.

Ring : Boulevard circulaire, rocade ; ce qui n’exclut pas de s’y empoigner !

Salade de blé : mâche

Septante : soixante-dix

S’il vous plaît ? pardon ? plaît-il ?

S’il vous plaît : voici (en donnant quelque chose à quelqun)

Slache : tong

Steak tartare : dire : filet américain

Subside : subvention, aide financière

Subsidier : accorder une subvention

Syllabus : texte photocopié reprenant un cours universitaire

Tirette : fermeture à glissière

Toquer (à la porte) : frapper

Tripartite : coalition gouvernementale formée de trois partis…extrêmement fréquente

Tuyau : Pour un wallon, un tuyau, c’est un tuyau.

Pour un flamingant un peu lourd qui est paysan,membre du Boerenbond, a son compte bancaire chez KBC et un frère archevêque, qui a toujours peur de n’être pas compris, ça devient : Un tuyau creux dedans avec du vide à l’intérieur !!!!!!!!!

Manekenpis

Vidange : verre consigné

Waterzooï ou waterzoï : préparation de poisson ou de poulet en bouillon

frittes.et moules jpg

Alleï, on va boire une pinte à la friture avec un filet américain ou des moules ; le patron, il a le cul dans le beurre ! C’est ainsi …..

Albert_II rigole


[1] Boiler : de To boil = bouillir en anglais

[2] KIcker : le botteur en anglais

Au revoir Hamida

octobre 30, 2009 at 12:11 | In Altermondialisme, Citoyenneté, Culture - Livres, Féminisme, Mémoire et histoire, Politique, Société, Solidarité, social | 1 Comment
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Au revoir Hamida

Hamida ben Saida

Nous avons appris ce soir une bien mauvaise nouvelle.

Hamida ben Saida est décédée des suites de la grave maladie contre laquelle elle luttait.

Hamida, il m’est arrivé de la croiser car elle a été des combats de la gauche mais je ne peux pas dire que je la connaissais très bien.

Plutôt que de parler d’elle, je vous parlerai donc de son livre : « Itinéraire d’une femme française : Clamart, Bab El-Oued, Epinay-sur-Seine »[1].

Itinéraire d'une femme française

Un sacré grand livre, plein d’humanisme que nous aurions déjà du vous présenter dans notre « coin des bons bouquins »

Ce récit d’Hamida Ben Sadia est un livre rare. Elevée par des parents venus d’Algérie, parfaitement intégrés en France et pas religieux pour deux sous.

Ce sont pourtant ces mêmes parents qui ne résisteront pas à la pression culturelle de la famille restée « au bled ». Le mariage forcé de leur fille en Algérie conduira à son malheur et au leur.

Ce n’est pas un livre de revendication. C’est l’histoire d’une femme qui aujourd’hui a digéré, elle est apaisée. Pour en arriver là, il lui aura fallu s’opposer avec force aux traditions, imposer un divorce à son mari, puis revenir en France en étant obligée d’abandonner ses enfants.

Elle finira par les retrouver après s’être battue très dur. Il faut dire qu’elle y a mis l’énergie d’une mère et la force de la militante politique et associative qu’elle est devenue.

Avec ce livre, c’est, à ma connaissance, la première fois qu’une représentante de cette génération de femmes issues de l’immigration raconte.

« Elles n’ont pas vécu dans la soumission comme leurs mères, elles ne se sont pas révoltées dans la violence contre leurs pères, elles ont dû, par leur seule ténacité et en combattant toutes les dominations, trouver une place entre deux cultures qui ne parvenaient pas à se rencontrer. » disait le texte de son éditeur ; c’est profondément juste. J’ai connu quelques « Hamida » du côté d’Hautmont !

Hamida est de celles qui ont ouvert la voie de l’émancipation à nos ” beurettes ” actuelles.

Le mieux est encore de vous montrer Hamida qui parle de son livre.

http://oumma.com/spip.php?page=oummatv-article&id_article=3343

Hamida ben Saida était signataire de « L’appel à Gauche » ; elle était aussi membre du comité central de la Ligue des Droits de l’Homme.

A sa famille, ses amis et amies, à la Ligue, nous présentons nos condoléances

A toi, Hamida, salut et fraternité Camarade !

Guy Dutron

29 octobre 2009


[1] Mai 2008 – 240 pages – 19.00 €  chez Bourin Editeur http://www.bourin-editeur.fr/livre/itineraire-d-une-femme-francaise-clamart-bab-el-oued-epinay-sur-seine.html

 

Un dossier noir du Gaullisme l’Affaire Boulin pourrait ressurgir !

octobre 27, 2009 at 1:50 | In Caisse des dépots, Citoyenneté, Culture - Livres, Mémoire et histoire, Politique, Société, Sur Sarkozy, sarkosy, social | 6 Comments
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Un dossier noir du Gaullisme l’Affaire Boulin pourrait ressurgir !

robert-boulin-2

Aujourd’hui, France-Inter et France-Info ne parlent que de cela : un nouveau témoignage pourrait faire rouvrir le dossier de « L’affaire Boulin ». http://www.france-info.com/chroniques-au-fil-de-l-actu-2009-10-27-revelations-dans-l-affaire-boulin-361311-81-346.html

I : LES FAITS :

En 1979, sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, Robert Boulin est ministre du Travail du troisième gouvernement Raymond Barre. À l’automne 1979, des lettres anonymes parviennent aux sièges de plusieurs journaux. Elles accusent Robert Boulin d’avoir acquis de manière illégale une garrigue à Ramatuelle (Var), sur laquelle il a fait bâtir une résidence secondaire. Le journal d’extrême droite Minute en fait ses choux gras ! Il attaque violemment le ministre.

Boulin choisit de riposter, sur Europe 1 le dimanche 21 octobre, il déclare : « Que voulez-vous que je réponde ? J’ai l’âme et la conscience tranquilles et j’ai été exemplaire. Peut-être encore plus que vous ne le pensez, parce qu’il y a des choses que je ne peux pas dire ici. » Le 30 octobre 1979  à 8h40, le corps de Robert Boulin est retrouvé dans l’Étang Rompu, au plein cœur de la forêt de Rambouillet (Yvelines). Son cadavre se trouve à cinq mètres de la berge. Il gît dans un endroit où la profondeur est de 50 cm.

Robert Boulin Le visage tuméfié source Hisiaux free.frLe visage tuméfié de Robert Boulin après sa mort source Hisiaux free.fr

L’étang rompu est un petit plan d’eau situé en forêt de Rambouillet.


La rivière des Ponts Quentins s’y jette en provenance des étangs de Hollande situés à un kilomètre en amont et en ressort pour affluer dans la Vesgre.

Ces lieux, nous les connaissons bien pour y avoir pêché dans le passé. Il faut vraiment y mettre une sacrée bonne volonté pour s’y noyer !!!

II : UNE ENQUÊTE BÂCLEE SUR ORDRE ?

Tout semble falsifié dans cette affaire !

-                     Officiellement, Boulin s’est suicidé ; il l’a même annoncé à une flopée d’amis …presque trop !!

-                     Hélas, toutes les lettres envoyées et comportant des mentions manuscrites ne sont que des photocopies facilement falsifiables et l’on sait que certains collaborateurs du ministre imitaient sa signature par commodité…..

-                     Le visage de Robert Boulin est tuméfié mais l’autopsie sera bâclée….. Voir ci-dessous deux films passionnants !!

-                     http://hisaux.free.fr/dotclear/index.php/2007/06/20/695-90-minutes-sur-l-affaire-boulin-le-suicide-etait-un-meurtre

-                     Le corps de Boulin a été retrouvé immergé SUR LE VENTRE mais l’une des rares conclusions intéressante de l’autopsie prouve qu’il est mort et à séjourné longtemps sur le dos.

-                     Des contrenquêtes ont démonté depuis longtemps les incohérences des enquêtes menées.

-                     L’une d’entre-elles : Un homme à abattre : Contre-enquête sur la mort de Robert Boulin (Broché)

-                     de Benoît Collombat est bourrée de détails accablants ;

-                     Benoît Collombat est journaliste grand reporter à France Inter. Il publie en 2007 un livre de contre-enquête sur la mort de l’ancien ministre Robert Boulin, intitulé Un homme à abattre (Voir Pourquoi il faut rouvrir le dossier Boulin par Guillaume Bouchet sur Rue89 et Reporter en eaux troubles par Luc Chatel sur Témoignage Chrétien) En 2008, il enquête sur les rumeurs d’assassinat du premier ministre Pierre Bérégovoy, puis sur l’affaire du « cabinet noir » d’Yves Bertrand, directeur des Renseignements généraux entre 1992 et 2004. Benoît Collombat enquête également sur les paradis fiscaux, notamment auprès de Daniel Lebegue[1]

-                     On trouve pêle-mêle : le dessaisissement de la gendarmerie au profit de la police ; un enquêteur qui affirme que les tuméfactions du visage de Boulin proviennent d’un choc avec un rocher en sortant le corps ….Hélas, il n’y a aucun rocher à l’horizon ! Des décisions de justices à pleurer, des pistes soigneusement négligées …

Plan large du Corps de Robert BoulinPlan large du corps de Robert Boulin à sa sortie de l’eau …pas de rocher en vue !!

-                     En résumé, Robert Boulin se serait administré lui-même une rouste mémorable, serait mort sur le dos et serait resté des heures dans cette position, aurait, raide mort, pris sa voiture pour se rendre vers les Étangs de Hollande, se serait noyé dans 50 cm d’eau ; le maladroit aurait de surcroît laissé des traces de pas en entrant dans l’eau et EN EN RESSORTANT toujours plus mort que mort !!! On se fout de la gueule de qui, là ???

-                     Fait-il en conclure que c’est un scénario qui attend ceux qui détiennent des dossiers sur des escroqueries à la Sécurité sociale, le financement politique, la Françafrique de Foccart…..

-                     C’est si pratique, l’Afrique pour blanchir des détournements ! On se prend à se demander si cela ne continue pas de nos jours….Mais, faudrait enquêter ….et pas comme dans l’affaire Boulin !!

-                     On trouve aussi, dans l’affaire Boulin, des accointances dans les Hauts de Seine et à Neuilly autour de Pasqua (à l’époque mentor de Chirac)et son SAC composé d’hommes de …sac et de cordes comme le montrera plus tard la tuerie d’Auriol qui aboutira à sa dissolution.

-                     On trouve également, le considérable Achille Peretti, natif d’Ajaccio : il est connu pour avoir été le père politique de Nicolas Sarkozy dont la mère Andrée Mallah fut sa secrétaire. Le P’tit sera son successeur à la mairie de Neuilly-sur-Seine. Comme quoi, l’affaire du Dauphin Jean à la Défense, n’est qu’une affaire d’amateur ! Un « pro » comme Achille n’aurait jamais agi de la sorte….Fin de règne dissolue, donc !

-                     A propos de dissolution, on notera que des scellés du dossier Boulin ont disparu ….volés…envolés…Parmi les choses disparues : les poumons de Boulin qui auraient pu prouver qu’il n’était pas mort noyé….A l’époque, on n’avait pas jugé bon d’effectuer un prélèvement dans ces poumons ….On se demande ce que fout la police !!!

-                     A ce propos toujours, notons que, sous la présidence de l’émérite vulcanologue Giscard d’Estaing, sous ce troisième gouvernement Barre, les ministres principalement concernés s’appelaient :

  • A l’intérieur : Christian Bonnet ; un homme réputé avoir la tête …près du bonnet !!! Nous ne disons pas des gros bonnets, n’est-ce pas !!

  • A la justice : Alain Peyrefitte, l’homme qui réveilla la Chine et savait donner ses ordres !

  • Boulin, lui-même, était au Travail et donc bien placé pour connaître les turpitudes de notre belle et grande Sécu !!

  • Aux Affaires Etrangères : Louis de Guiringaud ! S’il n’a pas laissé un souvenir impérissable, le Louis a toutefois parlé d’or ! Il déclara un jour : « L’Afrique est très importante pour la France parce que c’est le seul continent qui peut encore donner à la France le sentiment d’être une grande puissance. Le seul où avec 500 hommes, elle peut encore changer le cours de l’histoire. »

Le « cours de l’Histoire », c’est de moins en moins sûr depuis que la Chine s’est éveillée ; mais le cours du pognon …faudrait voir ça de plus près ! Est-ce pour ces raisons que l’on ne rouvrira pas le dossier Boulin malgré la pugnacité de sa famille ? Nous espérons nous tromper !


[1] Daniel Lebègue : Ancien directeur général de la Banque Nationale de Paris puis de la Caisse des dépôts et consignations. Il est maintenant président de l’ONG Transparence International France.

 

Plus de 200.000 visites sur notre blog.

octobre 24, 2009 at 11:37 | In Altermondialisme, Caisse des dépots, Citoyenneté, Culture - Livres, Economie, Féminisme, Mémoire et histoire, Politique, Société, Solidarité, Sur Sarkozy, sarkosy, social | 2 Comments
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Plus de 200.000 visites sur notre blog.

Il y a peu, le 12 août de cette année, nous titrions :  150 000 lectures sur notre blog

Depuis cette date, notre blog a continué sa progression. De 500 à 600 visites par jour d’abord, nous sommes passés à 700, puis à 800.

Les chiffres de ces derniers mois parlent d’eux-mêmes :

-         13.300 en avril,

-         15.000 en Mai et Juin,

-         15.600 en Juillet (malgré les vacances),

-         19.400 en août,

-         22.400 en septembre

-         ce mois-ci, nous dépasserons les 25.000 visites.

Depuis une dizaine de jours, notre blog dépasse régulièrement les 1.000 visites par jour.

Ce soir 24 octobre à minuit ou dans la nuit, notre blog passera les 206.000 visites. Il en est, à l’heure où nous écrivons à 205.949 ….et le compteur tourne.

L’article le plus lu : Tout est bon dans l’cochon sauf les dioxines mais s’il n’y avait que ça !! l’a été 5720 fois. Ben, mon cochon ! La grippe dite porcine doit y être pour quelque chose ou alors, vous voulez nous signifier que notre blog n’est pas ….cochon !!!

Les articles les plus populaires reflètent bien ce que nous voulions faire : un blog divers, généraliste, qui explique et donne à penser.

Avec 3800 lectures : Crise Economique USA Japon Espagne Allemagne Belgique France de la stagflation à la récession.

Mais Sarkozy n’est jamais bien loin et Dédicacé à Nicolas Sarkozy : Napoléon le Petit par Victor Hugo affiche une belle santé avec près de 2500 lectures. A la tienne, le P’tit !!

Vous aimez aussi, l’Histoire, les évènements historiques et les chansons :

Il y a 68 ans, le 10 mai 1940, Hitler envahit la Belgique

a été lu 1710 fois.

Quand on jumelle les deux cela fait 1200 lectures en peu de temps pour : L’Histoire en Chansons

Bref, vous nous faites plaisir et nous encouragez à continuer de vous parler aussi :

- de géopolitique : plusieurs articles lus plus de 1500 fois dont : Vers la constitution de six forces militaires mondiales sous égide ONU La première : Nom de Code Genesis Project

- de la crise de la social démocratie : plus de 1500 fois aussi, avec : En France, en Belgique, en Europe, la social démocratie va mal …. Je fus, tu fus, Donfut !!!

-        d’alter mondialisme : L’URGENCE ALTERMONDIALISTE a été lue plus de 1000 fois,

-        de Féminisme : en quelques jours Féminisme : Louise Michel grande figure de la Commune de Paris et du Mouvement ouvrier à été lu 700 fois !

-        Même le Vatican se prend une avoinée avec 1500 lectures pour : Benoît XVI veut béatifier Pie XII une inquiétante dérive de l’église catholique officielle se poursuit.

Bien fait pour le papy réactionnaire !

Enfin, vous aimez aussi les informations plus pointues ou plus locales ; par exemple :

-         Les turpitudes de notre « Val Joly » Val Joly stop ou encore ? Naturiste ou à poil ???? ont intéressé 750 lecteurs,

-        Celles de la Caisse des Dépôts dépassent les 1200 lectures avec notamment : Avec la vente de 34000 logement d’ICADE et le projet de scission de Dexia la Caisse des Dépôts toujours aux ordres vend les bijoux de famille.

Mais notre blog vous distrait aussi comme en témoignent les centaines de lectures sur les articles concernant Joan Baez, Bechet, Armstrong, Kid Ory, Boris Vian ou Myriam Makeba …avec les liens vers leurs œuvres, bien sûr.

Merci encore aux ami-e-s qui publient aussi sur ce blog : à Geneviève, à Hélène, à Dominique, à Michel, à Monique…..

Ils, elles nous aident à en faire ce qu’il est, finalement : un outil de communication politique et d’éducation populaire en ces temps de vaches maigres où nous ne pouvons guère compter que sur nous-mêmes.

Guy Dutron

25 – 10 – 2009

Il y a 80 ans le Krach du Jeudi Noir 24 Octobre 1929

octobre 23, 2009 at 11:01 | In Altermondialisme, Citoyenneté, Economie, Mémoire et histoire, Politique, Société, social | 1 Comment
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Il y a 80 ans le Krach du Jeudi Noir 24 Octobre 1929

- I :  Les Roaring 20’s : Les années 20 rugissantes :

Durant les années 1920, les États-Unis connaissent une période de prospérité mal répartie : dans l’agriculture les salaires et les prix chutent. Dans le même temps, de nouvelles industries (radio, cinéma, automobile et chimie) sont florissantes grâce une consommation soutenue.

Le secteur aéronautique s’installe essentiellement dans les états de l’Ouest, Californie en tête. Les premières grandes compagnies aériennes américaines se développent : (TWA, American Airlines, United Airlines). Charles Lindbergh est le premier à traverser l’océan Atlantique sans escale. Il relie New York à Paris les 20 et 21 mai 1927, à bord du Spirit of Saint Louis. La modernité et la confiance en l’avenir sont symbolisées par la tendance Art Déco dans les gratte-ciel de New York : Chrysler Building, Empire State Building et Rockefeller Center.

Toutes les régions ne profitent pas de cet essor économique : le standard de vie dans les zones rurales chute incroyablement derrière celui des zones urbaines et périphériques. Dès 1920, la majorité des Américains vit en ville. Celles-ci connaissent des améliorations très importantes dans la planification urbaine et du logement. Le boom se ressentit dans l’augmentation du niveau des crédits ainsi que dans les marchés boursiers, qui atteignent des niveaux dangereusement élevés et spéculatifs. En 1929, un ouvrier américain peut s’acheter une voiture alors qu’il faudra attendre les années 1955 – 60 en France pour voir pareil pouvoir d’achat

- II : Les premiers signes de la crise :

La crise américaine de 1929 ne date pas du Krach.

Malgré une grande prospérité, dans les années 20, le pays se referme sur lui-même. Les barrières douanières protectionnistes sont renforcées (tarif Fordney- McCumber, 1922) tandis que la xénophobie (limitation de l’immigration, activités du Ku Klux Klan) et le mouvement de prohibition se développent.

Vers 1925, développant une production industrielle de masse, les États-Unis fournissent 44% du charbon et 51% de l’acier mondial, grâce à une forte concentration de l’industrie et à de nouvelles méthodes de rendement et d’organisation du travail- le Fordisme[1]. La crise est certes brutale dans l’enchaînement des évènements, mais les premiers signes sont antérieurs à 1929.

• Le XXème siècle débute sur une hégémonie américaine, à la suite du soutien logistique et en armement, à la première guerre mondiale, les États-Unis ont assuré la victoire aux Alliés. Les Américains sont confiants et consomment de plus en plus à crédit. Les résultats des entreprises s’envolent. Les titres boursiers montent inexorablement. Certains Américains investissent des milliards de dollars en Bourse, après avoir emprunté aux banques et gagé leur maison

• A la suite du plan Dawes en 1924, l’Allemagne paie bien les réparations de 1925 à 1930, et la France utilise ces sommes pour rembourser les États-Unis. Le plan Young de 1929 détermine les paiements de l’Allemagne désormais échelonnés jusqu’en 1988 ; mais ce projet s’effondre du fait de la crise économique mondiale qui se déclenche le jeudi 24 Octobre 1929 à Wall Street.

• Depuis 1925, la mécanisation de plus en plus forte de l’agriculture, entraîne la réapparition d’une surproduction, qui de plus est concurrencée par de nouveaux pays producteurs. Les plus petits agriculteurs américains dont les salaires sont en baisse quittent leurs terres au rythme de 600.000 par an.

• Les banques se sont regroupées en trois grands groupes: Mellon, Morgan, Rockfeller. Cette concentration si elle est une preuve de dynamisme, montre également les faiblesses de l’économie américaine, en effet moins il y a d’établissements bancaires plus le risque est grand d’encourir des difficultés financières

• A partir de 1925, la production industrielle stagne, si le marché intérieur semble saturé, les exportations permettent aux entreprises de conserver un certain dynamisme. En 1928, l’industrie automobile est en surproduction.

• Dès 1926, la croissance trop rapide de la production, le développement anarchique du crédit, et une confiance excessive dans le libéralisme favorisent une importante spéculation.

• A partir de 1927, les taux d’intérêts montent de 4,06% à 7,6%. Cette hausse s’explique à la fois par l’augmentation des achats à crédit tant pour l’investissement en actions que pour l’achat de biens d’équipement. La seconde cause de cette hausse des taux est l’exportation par les États-Unis d’importantes masses de capitaux à l’étranger.

Même en 1929, après près d’une décennie de croissance économique, plus de la moitié des foyers américains vivent près ou sous le seuil de subsistance : ils sont trop pauvres pour prendre part au grand boom de la consommation des années 20, pour acheter voitures, maisons et autres biens que l’économie industrialisée produisait, trop pauvres même pour se payer nourriture et logement minima. Tant que les entreprises étendent leur arsenal de production (usines, entrepôts, équipements lourds et autres investissements), l’économie est florissante. A la fin des années 20, cependant, les investissements ont créé plus d’espaces de production que nécessaire, et les usines produisent plus que les consommateurs ne peuvent acheter.

L’économie de la nation a commencé à montrer des signes de mauvaise santé plusieurs mois avant octobre 1929. Les stocks de produits de tous types étaient trois fois plus importants qu’une année avant (indication que le public n’achetait pas les produits aussi rapidement que par le passé); d’autres indicateurs – production industrielle, prix du gros, fret – étaient à la baisse.

Entre 1926 et 1929, les dépenses en construction chutent de 11 milliards de dollars à moins de 9 milliards. Les ventes d’automobiles commencent à chuter plus tard, mais dans les neuf premiers mois de 1929, elles déclinent de plus d’un tiers. Une fois que ces deux industries cruciales commencent à faiblir, les autres secteurs ne sont pas assez forts pour absorber le manque de diversification.

Dans toutes ces industries, la surproduction tire les prix et les profits vers le bas. Les salaires ne montent pas assez vite pour permettre aux consommateurs d’acheter tous les nouveaux logements et produits domestiques disponibles. Le commerce extérieur est restreint par un protectionnisme grandissant dans le monde industrialisé. Ceux qui le peuvent spéculent. En 1929, il y a un peu plus d’un million de boursicoteurs à Wall Street. Mais, ce qui décuple la spéculation c’est l’achat à crédit.

Si vous voulez acheter des actions, il vous suffit d’en payer 10% cash ; les banques vous prêteront les 90 % restants à court terme. C’est dans cette pratique que réside le mécanisme du Krach de 1929 et, surtout, sa diffusion à la sphère économique et sociale.

- III : Le KRACH :

Le jeudi 24 octobre 1929, Jeudi Noir ou “Black Thursday” la bourse baisse, 13 millions d’actions sont vendues dans la journée, sans trouver d’acquéreurs. Un nouvel afflux d’ordres de vente trouve son paroxysme le mardi 29 octobre. Alors que les séances précédentes ont été relativement calmes, les volumes du 29 Octobre touchent un nouveau plus haut avec 16 millions de titres échangés.

Pour tenter de freiner la chute de la bourse de Wall Street, les grandes banques dirigées par Morgan rachètent toutes les actions en circulation. La bourse se redresse mais s’effondre de nouveau quand les banques essaient à leur tour de revendre ces actions. Leur situation financière devient très difficile surtout lorsque les particuliers décident de retirer leurs dépôts en banques. Certains établissements bancaires font faillite.

Au 1er Janvier 1930, les principales valeurs ont perdu 25% de leur valeur. Des titres comme Du Pont de Nemours ont abandonné 90% de leurs valeurs, 96% pour Daimler Chrysler.

Pour écouler leurs stocks, de nombreuses entreprises baissent leurs prix, ce qui entraîne une baisse des salaires et une réduction du pouvoir d’achat. La plupart des entreprises qui vivaient à crédit se retrouvent dans l’incapacité de rembourser leurs emprunts, et sont obligées de fermer.

-                     1) Les boursicoteurs détiennent des grandes masses d’actions achetées à crédit ; des entreprises ont aussi de gros crédits dans leurs comptes ….

-                     2) Le Krach boursier retire toute la confiance restant aux consommateurs, aux entreprises et  aux institutions financières dont les créanciers ne peuvent rembourser les prêts accordés en Bourse.

-                     3) Les banques entrent dans le rouge et sont extrêmement réticentes à investir.

-                     4) L’économie sombre dans une dépression très grave, connue par les Américains sous le nom de “Grande Dépression”. Elle est marquée par des niveaux extrêmes de chômage, des investissements négligeables, et des prix et salaires en chute libre.

En réponse à la dépression, le Congrès et l’Administration Hoover déclenchent une politique douanière plutôt isolationniste et par décrets tente de maintenir les prix pour les fermiers, et de lancer un programme de grands travaux publics, pensant que le gouvernement fédéral se devait de maintenir le niveau de l’emploi. Ces efforts sont sans précédents, mais la Dépression en a raison: les indices des prix, profits, production, et chômage empirent.

- IV : Les leçons aujourd’hui :

Le Krach de 1929 a des points communs avec la crise actuelle mais il a aussi de grandes différences et notamment, aujourd’hui, l’existence des banques centrales qui ont su jouer un rôle d’amortisseur à la crise.

Il n’en reste pas moins que nous n’avons toujours pas tiré les leçons de la crise actuelle. Cette crise est évidemment la crise de la bulle spéculative issue de la Mondialisation et de la Globalisation financière qui l’a accompagnée. La crise dite « des subprimes » ne fut que le détonateur.

Avec la crise actuelle, la bulle initiale a perdu une partie de son ampleur ; disons environ 50 % de son volume.

Mais la spéculation est déjà repartie de plus belle, gonflant une nouvelle bulle et préparant de la sorte une nouvelle crise.


[1] Le fordisme est un mode de développement de toute entreprise (ou d’organisation du travail) qui apparait en 1908, inventé par Henry Ford (1863 – 1947), fondateur de l’entreprise du même nom, et reprenant les principes d’une autre organisation du travail, le taylorisme ou organisation scientifique du travail (ou OST) en y ajoutant d’autres concepts comme notamment le travail des ouvriers sur convoyeur. Le travail à la chaîne.

Rassemblement pour la commémoration des massacres du « 17 octobre 1961 » Communiqué de presse du Réseau Féministe « Ruptures »

octobre 17, 2009 at 12:30 | In Altermondialisme, Citoyenneté, Féminisme, Mémoire et histoire, Politique, Société, Solidarité, social | Leave a Comment
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Rassemblement pour la commémoration des massacres

du « 17 octobre 1961 »

Communiqué de presse du Réseau Féministe « Ruptures »


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Paris, Pont Saint Michel, 17 octobre 2009

Signataires de l’appel au rassemblement organisé chaque année par le Collectif 17 octobre 1961, les membres du réseau féministe « Ruptures » tiennent à témoigner leur soutien.

La mémoire se réfère aux plus humbles des dominés et des opprimés. Jamais le nom des victimes d’un passé colonial sans gloire n’a eu la reconnaissance publique de voir leur nom sur la plaque d’une rue, d’un square. Et si parfois leur disparition est mise en avant ce n’est que pour en faire des martyrs d’une cause qui en définitive les instrumentalisent car le plus souvent l’oubli leur sert de linceul. C’est pour ne pas oublier que nous sommes ici, ensemble.

Les femmes ont longtemps été colonisées par le système patriarcal, durant des siècles, elles ont dû lutter pour obtenir une juste égalité qui n’est pas encore totalement acquise. C’est pourquoi nous avons été solidaires de tous ceux et celles qui ont été colonisés opprimés et dominés et à ceux et celles qui en refusent encore aujourd’hui la reconnaissance de ce passé douloureux. C’est au grand jour que doit se dire, s’inscrire ces moments noirs d’histoire où des hommes et des femmes ont souffert pour la joie d’autres hommes qui se croyaient leur maître. Ce n’est pas tant le repentir de ces puissants du temps passé que nous souhaiterions, ce qui est bien plus important c’est la reconnaissance des esclaves, des dominés, des colonisés dans leur dignité d’hommes et de femmes, c’est-à-dire leur dignité d’êtres humains.

Pour celles et ceux qui, comme moi, ont vécu ces tragiques heures du 17 octobre 1961, résonne encore l’écho de la brutalité intolérante, intolérable et injuste de cette triste journée. Nous nous sommes construits, et nous avons construit depuis, notre combat militant pour refuser que tout cela se reproduise.

Toutes celles et ceux qui ont eu la dignité de se révolter, de s’insurger à cette époque se sont souvent retrouvés à travers les luttes dans des mouvements différents. Ce souvenir partagé nous a permis de tisser des solidarités. Ces liens qui nous unissent sont porteurs de souvenirs gravés dans nos cœurs. Il est temps que l’action de se soutenir soit aussi inscrite au fronton des lieux publics en l’honneur de ceux et celles qui ont injustement péri et souffert.

Souvenir de toutes les violences commises dans ces moments tragiques dans les offices de polices, dans les rues, sur les quais de la Seine ou dans les bouches de métro, ou entre autres, encore aujourd’hui dans les camps de rétention dont aucune condamnation de responsable ne pourra plus atténuer le deuil. Pour les générations à venir, ces souvenirs de nos sœurs et de nos frères doivent ouvrir nos yeux, nos cœurs et nos consciences et les chemins d’une possible égalité, juste et partagée.

Paris, 17 octobre 2009.

Contact : Monique Dental

Animatrice du Réseau Féministe « Ruptures »

Tél : 01 42 23 78 15 – 06 73 44 78 65

courriel : monique.dental@orange.fr

Mise au point  du Réseau Féministe « Ruptures »

Concernant le déroulement du rassemblement du Collectif Vérité et Justice

pour la commémoration des massacres du « 17 octobre 1961 »

Le Réseau Féministe « Ruptures », signataire de l’Appel du Collectif 17 octobre 1961 Vérité et Justice depuis plusieurs années, a commémoré cette année encore, sur le pont St Michel à Paris, le 17 octobre 2009, l’assassinat par la police française de centaines d’Algériens venus manifester pacifiquement le 17 octobre 1961.

Comme cela était prévu par les organisateurs, Monique Dental, en tant que fondatrice et animatrice de l’association devait intervenir pour rappeler le rôle des femmes algériennes pendant ces terribles heures. Après les trois premières interventions de Mehdi Lallaoui, de représentants du MRAP et de la LDH écoutées dans le calme, alors que Monique Dental venait de commencer la lecture de la déclaration, elle a d’abord été brutalement interrompue par les Indigènes de la République et d’autres personnes. Ensuite, sa voix a été entièrement couverte par un chant diffusé par la sono dont cette association s’est emparée.

Cette censure brutale d’une parole de femme militante évoquant d’autres femmes résistantes, cette attitude liberticide, voire terrorisante ont eu pour résultat de saccager la cérémonie et de bafouer les raisons pour lesquelles nous nous réunissons depuis de nombreuses années. Elles nous interrogent sur les motivations réelles de la présence de cette association qui n’était pas signataire de l’Appel du Collectif 17 octobre 1961 Vérité et Justice.

Nous condamnons ces pratiques inquiétantes qui instrumentalisent la mémoire des victimes algériennes du 17 octobre 1961. Depuis de nombreuses années, nous avons su nous rassembler dans l’unité et la dignité et nous entendons continuer dans cet esprit jusqu’à ce que l’Etat français satisfasse nos demandes.

Fait à Paris, le 21 octobre 2009.


Le massacre de réfugiés belges le 15 mai 1940 à Bousignies sur Roc

octobre 15, 2009 at 5:42 | In Belgique, Citoyenneté, Europe, Mémoire et histoire, Politique, Société, Solidarité, social | 1 Comment
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Le massacre de réfugiés belges le 15 mai 1940 à Bousignies sur Roc

Bousignies sur Roc, c’est mon village natal et je l’aime bien..

Comme aurait dit Rimbaud :

C’est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons

Arthur n’est pas passé par là, même lors de sa folle escapade en Belgique avec Verlaine mais il est passé pas loin en montant de Charleville.

Je voudrais vous narrer aujourd’hui une autre escapade, bien horrible celle-là.

LA SITUATION DE L’EPOQUE :

Nous sommes le 15 mai 1940. Hitler vient d’envahir la Belgique le 10 du même mois ; voir http://dutron.wordpress.com/2008/05/10/il-y-a-68-ans-le-10-mai-1940-hitler-envahit-la-belgique/

Le front craque de partout ; l’armée française qui s’est portée en soutien de l’héroïque armée belge reflue.

Depuis le 10, c’est une cohorte ininterrompue de réfugiés qui fuient l’avance nazie.

Bousignies sur Roc Google earth

Bousignies sur Roc est presque enclavé en Belgique. Juste en face des routes se rejoignent à Beaumont. Les principales viennent de Philippeville et de Charleroi c’est à dire des deux côtés de la Sambre.

Le long de la Sambre, la Vème armée allemande, après avoir pris Liège et Namur, remonte la vallée de la Sambre mais du mauvais côté de la rivière canalisée dont tous les ponts ont sauté.

Dans l’entre-Sambre et Meuse, un jeune colonel fonce ! Il s’appelle Erwin Rommel ; il est à la tête du Vème corps d’armée.

Son objectif : percer la frontière franco-belge et foncer, le plus vite possible, vers cette Sambre, côté français, pour trouver un pont encore en état.

Il n’en existe qu’un ; il se trouve à Landrecies patrie de Dupleix et de l’amie Francine Bavay.

Dans la journée du 15, Rommel est parvenu à Cerfontaine (Belgique) près des actuels lacs de l’Eau d’Heure. En face, il sait qu’il ne trouvera qu’une « ligne Maginot prolongée ». En effet, la ligne Maginot s’arrête aux abords de Maubeuge, au fort de Boussois , très exactement.

Ensuite, là où la frontière s’oriente plein sud de Jeumont à Anor, on ne trouve qu’une ligne de petit fortins à peine terminés et faiblement armés.

C’est à Clairfayts, non loin de Bousignies sur Roc que Rommel percera la ligne de blockhaus et foncera vers Landrecies avec ses chars en laissant à son infanterie le soin de « nettoyer » derrière lui.

LE MASSACRE DE BOUSIGNIES SUR ROC : UN CRIME DE GUERRE !!!

Le 15 mai 1940, en fin de matinée, un bruit d’avions.

Des stukas arrivent ; ils viennent de la frontière, de Thirimont (B), survolent le bois de Féfu, la ferme du Baron où ils lâchent leurs premières bombes, remontent la rivière et prennent le côte de Gérard Croix en enfilade.

La scierie et le Baron sur Google EarthLocalisation de la Ferme du Baron sur Google Earth

La côte est noire de monde : c’est un bombardement-mitraillage en piqué toutes sirènes hurlantes : un massacre.

Selon un témoignage d’un survivant publié en 1990 dans la Voisx du Nord, on relève 72 morts.

Massacre du 15 Mai 1940 Bousignies VdN de 1990Artcle La Voix du Nord en 1990

En fait, il y en aura 82 car d’autres ont été touchés précédemment ou sont morts de leurs blessures. L’état civil du village garde la trace de toutes ces victimes ; je les ai tous relevés en 1997 ; ils figurent au Musée de la Douane et des Frontières d’Hestrud dont j’étais alors le président.

Les corps furent d’abord enterrés dans le cimetière local avant d’être rapatriés dans leurs lieux d’origine après la guerre.

Détail macabre, la ferme du Baron était alors exploitée par mon grand père : Georges Dutron ancien de 14-18 et de Verdun. Voir http://dutron.wordpress.com/2008/11/09/11-novembre-2008-quatre-vingt-dixieme-anniversaire-de-la-fin-de-la-grande-boucherie/

Une bombe est tombée dans la prairie qui fait face à la ferme ou paissait paisiblement la jument Bichette qui attendait un heureux événement. Bichette a explosé ; elle avait deux poulains qui gisaient de part et d’autre du corps de leur mère.

Pourquoi un crime de guerre ? Parce que parmi les morts et les blessés il n’y avait que des civils. Tous belges contrairement à ce que dit le témoignage de la Voix du Nord.

Le but évident de cette attaque des stukas c’était de désorganiser les communications de l’armée française en reflux ; des faits comme celui-là se sont produits ailleurs le long de cette frontière. Toujours des victimes civiles !

Lorsqu’on reporte sur une carte l’origine des victimes, le tracé matérialise exactement l’avance des deux armées allemandes.

Massacre du 15 Mai 1940 Bousignies carte origine des victimes partie orientale pgLocalisation des victimes belges – Partie orientale

Massacre du 15 Mai 1940 Bousignies carte origine des victimes partie occidentale

Les victimes venaient – d’Est en Ouest :

-         De Verviers et Vielsalm,

-         De Liège,

-         De Huy et On-Jemelle,

-         De Ville en Hesbaye,

-         De Grand Rosière- Hottomont et Namur,

-         De Saint Gérard,

-         D’Arsimont et Oret,

-         De Châtelineau,

-         D’Anderlues, Lobbes, Thuin,

-         Les plus proches venaient de Marbaix lez Thuin et Thuillies

Parmi les victimes aussi, toute une famille : de la grand-mère de 82 ans à la petite fille de 2 ans.

NOTRE DEVOIR DE MEMOIRE :

Depuis longtemps, je rêve d’une simple chose : qu’un petit mémorial perpétue la mémoire de ces simples gens morts chez moi, écrasés par des évènements qui les dépassaient et les jetaient sur les routes. J’en ai parlé à trois maires successifs de Bousignies ; leur réponse fut identique : « On ne va pas dépenser de l’argent pour ça ! ». Ha les cons !

Mais, il y a un hic de taille : la commune de Bousignies sur Roc n’est pas riche. Son nouveau maire, Daniel Massard, élu aux dernières municipales, doit éponger le passif de 20 ans durant lesquels ses prédécesseurs n’ont rien fichu de bon….On n’allait pas dépenser de l’argent pour ça non plus, bien sûr !!

Alors, je fais publiquement cette proposition : n’est-il pas possible que les entités belges qui ont eu des victimes à Bousignies sur Roc le 15 juin 1940 organisent une souscription. Il y a parmi elles des villes importantes pour lesquelles ce ne serait qu’une goutte d’eau dans un budget.

L’an prochain, le 15 mai, ce crime aura 70 ans. Ce serait une bonne date pour inaugurer un modeste monument au milieu de la côte de Gérard Croix.

Puisse cet appel sur notre blog y contribuer.

On peut me joindre : g.dutron@yahoo.fr

00.33. (0)9.65.35.56.45

Je ferai ce que je pourrai. A partir d’aujourd’hui, nous avons 7 mois devant nous …ça devrait suffire !

Guy Dutron 15 octobre 2007

Féminisme : Louise Michel grande figure de la Commune de Paris et du Mouvement ouvrier

octobre 12, 2009 at 2:28 | In Altermondialisme, Citoyenneté, Culture - Livres, Féminisme, Mémoire et histoire, Politique, Société, social | 8 Comments
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Féminisme : Louise Michel grande figure de la Commune de Paris et du Mouvement ouvrier

Louise Michel est née le 29 mai 1830 à Vroncourt-la-Côte en Haute-Marne. Elle est morte le 9 janvier 1905 à Marseille.

Militante anarchiste et figure importante de la Commune de Paris, elle sera la première à arborer le drapeau noir et à le populariser au sein du mouvement anarchiste.

Très jeune, elle enseigne avant de se rendre à Paris en 1856.

Arrivée à Paris, à 26 ans, elle a une intense activité littéraire, pédagogique, politique et activiste et se lie avec plusieurs personnalités révolutionnaires blanquistes du Paris des années 1860. elle publie plusieurs textes, et notamment des poèmes qu’elle signe sous le pseudonyme d’Enjolras. A cette époque, elle rencontre :  Jules Vallès[1], Eugène Varlin[2], Raoul Rigault[3] et Émile Eudes[4]. Elle collabore à des journaux d’opposition comme Le Cri du peuple. En 1862, elle devient sociétaire de l’Union des poètes ; en 1869, elle est secrétaire de la Société démocratique de moralisation, ayant pour but d’aider les ouvrières. À ce moment, Louise est blanquiste[5].

En août 1870, à 40 ans, en pleine guerre franco prussienne, elle manifeste contre l’arrestation de militants blanquistes.

En septembre, après la chute de l’Empire, elle participe au Comité de vigilance des citoyennes du XVIIIe arrondissement de Paris dont elle est élue présidente ; elle y rencontre Théophile Ferré[6] dont elle tombe passionnément amoureuse. Dans un Paris affamé, elle crée une cantine pour ses élèves. Elle rencontre Georges Clemenceau, maire de Montmartre. On assiste alors à d’étonnantes manifestations : femmes, enfants, gardes fédérés entourent les soldats qui fraternisent avec cette foule joyeuse et pacifique. Louise Michel fait alors partie de l’aile révolutionnaire la plus radicale aux côtés des anarchistes, et pense qu’il faut poursuivre l’offensive sur Versailles pour dissoudre le gouvernement d’Adolphe Thiers qui n’a alors que peu de troupes. Elle est même volontaire pour se rendre seule à Versailles et tuer Thiers. Elle n’est pas suivie et le projet avorte.

Louise Michel. communarde jpgLouise Michel Communarde

En 1871, elle participe activement à la Commune de Paris, autant en première ligne qu’en soutien. Capturée en mai, elle est déportée en Nouvelle-Calédonie.

Embarquée sur le Virginie en août 1873 pour être déportée en Nouvelle-Calédonie, elle chante avec d’autres communards Le temps des cerises en regardant s’éloigner la côte. À bord, elle fait la connaissance de Henri Rochefort, célèbre polémiste, et de Nathalie Lemel, elle aussi grande animatrice de la Commune ; c’est sans doute au contact de cette dernière que Louise approfondit son anarchisme. Elle reste sept années en Nouvelle-Calédonie, refusant de bénéficier d’un autre régime que celui des hommes. Elle crée le journal Petites Affiches de la Nouvelle-Calédonie et édite Légendes et chansons de gestes canaques. Elle cherche à instruire les autochtones kanaks et, contrairement à certains Communards qui s’associent à leur répression, elle prend leur défense lors de leur révolte de 1878. Elle obtient l’année suivante l’autorisation de s’installer à Nouméa et de reprendre son métier d’enseignante, d’abord auprès des enfants de déportés, puis dans les écoles de filles.

Louise-MichelLouise Michel durant sa déportation

Clemenceau qui admirait Louise, continue de lui écrire durant sa déportation et lui adresse des mandats.

En hommage, ce « Chant des Transportés » écrit par Pierre Dupont pour les déportés de la révolution de 1848 mais qui fut aussi chanté en 1871  :

http://www.youtube.com/watch?v=9jfEUXhurPw

Louise Michel revient en France en 1880 ; elle multiplie les manifestations et réunions en faveur du prolétariat. Elle reste surveillée par la police et elle est emprisonnée à plusieurs reprises, mais poursuit inlassablement un activisme politique important dans toute la France jusqu’à sa mort à l’âge de 74 ans.

Elle représente une figure importante de la Commune de Paris et de l’enseignement révolutionnaire des années 1860. Nous avons placé cet article dans la rubrique « Féminisme », à notre avis à bon droit mais Louise Michel doit aussi être considérée comme une figure du Mouvement Ouvrier.

Rien de mieux, nous semble-t-il, que cet article pour annoncer et vous appeler à la :

Manifestation pour les droits des femmes
samedi 17 octobre Paris Bastille-République-Opéra
RENDEZ VOUS FASE
à 14h angle boulevard Richard Lenoir/place de la Bastille
métro Bastille

Les Œuvres de Louise Michel :

  • Fleurs et ronces, poésies, Paris.
  • Le claque-dents, Paris.
  • Lueurs dans l’ombre. Plus d’idiots, plus de fous. L’âme intelligente. L’idée libre. L’esprit lucide de la terre à Dieu… Paris, 1861.
  • Le livre du jour de l’an : historiettes, contes et légendes pour les enfants, Paris, 1872.
  • Légendes et chansons de gestes canaques, 1875, Nouméa
  • Le Gars Yvon, légende bretonne, Paris, 1882.
  • Les Méprises, grand roman de mœurs parisiennes, par Louise Michel et Jean Guêtré, Paris, 1882.
  • La Misère par Louise Michel, 2e partie, et Jean Guêtré 1re partie, Paris, 1882.
  • Ligue internationale des femmes révolutionnaires, Appel à une réunion. Signé : Louise Michel, Paris, 1882.
  • Manifeste et proclamation de Louise Michel aux citoyennes de Paris, Signé Louise Maboul, Paris, 1883.
  • Le Bâtard impérial, par L. Michel et J. Winter, Paris, 1883.
  • Défense de Louise Michel, Bordeaux, 1883.
  • La Fille du peuple par L. Michel et A. Grippa, Paris, 1883.
  • Contes et légendes, Paris, 1884.
  • Légendes et chants de gestes canaques, par Louise Michel, 1885.
  • Les Microbes humains, Paris, 1886.
  • Mémoires, Paris, 1886, t. 1., rééd. Sulliver
  • L’Ère nouvelle, pensée dernière, souvenirs de Calédonie (chant des captifs), Paris, 1887
  • Les Crimes de l’époque, nouvelles inédites, Paris, 1888.
  • Lectures encyclopédiques par cycles attractifs, Paris, 1888.
  • Le Monde nouveau, Paris, 1888
  • Prise de possession, Saint-Denis, 1890.
  • À travers la vie, poésies, Paris, 1894.
  • La Commune, Histoire et souvenirs, Paris, 1898.
  • Le Rêve, (dans un ouvrage de Constant Martin) Paris, 1898.

Œuvres posthumes :

  • Vol. I. Avant la Commune, préface de Laurent Tailhade, Alfortville, 1905.
  • Les Paysans, par Louise Michel et Émile Gautier, Paris, Incomplet.
  • Je vous écris de ma nuit, correspondance générale, 1850-1904, édition établie par Xavière Gauthier, Édition de Paris-Max Chaleil, 1999.
  • Histoire de ma vie, texte établi et présenté par Xavière Gauthier, 180 pages, Presses Universitaires de Lyon, 2000,
  • Lettres à Victor Hugo lues par Anouk Grinberg, cédérom, Frémeaux, 2008
  • Le livre du bagne, précédé de Lueurs dans l’ombre, plus d’idiots, plus de fous et du livre d’Hermann, texte établi et présenté par Véronique Fau-Vincenti, 200 pages, Presses Universitaires de Lyon.
  • Légendes et chansons de gestes canaques (1875), suivi de Légendes et chants de gestes canaques (1885) et de Civilisation, texte établi et présenté par François Bogliolo, 238 pages, Presses Universitaires de Lyon, 2006.
  • La Misère roman de Louise Michel et Marguerite Tinayre, texte présenté par Xavière Gauthier et Daniel Armogathe, 1203 pages, Presses Universitaires de Lyon, 2006

[1] Jules Vallès (de son vrai nom : Jules Vallez, qu’il transforme en “Vallès”. Fondateur du journal Le Cri du Peuple, il est un des élus de la Commune de Paris. Condamné à mort, il doit s’exiler à Londres de 1871 à 1880. Il est notamment l’auteur de laTrilogie autobiographique de Jacques Vingtras.

  • L’Enfant 1879
  • Le Bachelier 1881
  • L’Insurgé 1886

[2] Eugène Varlin militant socialiste, membre de la Commune de Paris et de la Première Internationale. Le 28 mai, au dernier jour de la Semaine sanglante, terrible répression menée par l’armée des Versaillais, Eugène Varlin reconnu par un prêtre rue Lafayette est arrêté et amené à Montmartre où il est lynché, éborgné et finalement fusillé par les “lignards”.

[3] Raoul Rigault est une personnalité de la Commune. Pendant la Semaine sanglante, le 24 mai, il se bat, en grand uniforme, au Quartier latin. Il est abattu à bout portant par un officier versaillais, des soldats le dépouillent et des passants outragent son cadavre.

[4] Emile Eudes est une personnalité de la Commune surnommé « le général Eudes » et un militant Blanquiste. Il réussit à se réfugier en Suisse puis à Londres. Il est condamné à mort par contumace par le 3e Conseil de Guerre en août 1872. Revenu en France après l’amnistie de 1880, il collabore au journal d’Auguste Blanqui Ni Dieu ni Maître, puis à L’Homme Libre qu’il fonde avec Édouard Vaillant.

[5] Le blanquisme est un courant politique dont le nom vient de la personne d’Auguste Blanqui, socialiste français du XIXe siècle. Blanqui pensait que la révolution devait être le résultat d’une impulsion donnée par un petit groupe organisé de révolutionnaires, qui donneraient le « coup de main » nécessaire à amener le peuple vers la révolution.

[6] Théophile Ferré : militant blanquiste de longue date, il est condamné à quatre reprises sous le Second Empire pour ses opinions politiques. Impliqué dans le procès des blanquistes de juillet-août 1870, il est acquitté faute de preuves ; il se fait aussi expulser du tribunal de Blois pour insultes à la Haute Cour. Chargé de toutes les calomnies, il rédige une lettre dans laquelle il se défend, mais que le tribunal ne lui permettra pas de lire. Il est condamné à mort le 2 septembre 1871 et exécuté, en même temps que Louis Rossel à Satory le 28 novembre.

Le coin des ziques qu’on aime bien La Bolduc

octobre 6, 2009 at 1:12 | In Altermondialisme, Citoyenneté, Culture - Livres, Le coin des ziques qu'on aime bien, Mémoire et histoire, Société, social | 1 Comment
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Le coin des ziques qu’on aime bien La Bolduc

Bolducwithfellowbandmembers1928La Bolduc à ses débuts avec un orchestre d’amis

La Bolduc, née Mary Rose Anna Travers en 1894 à Newport – Gaspésie – Québec. Elle est morte à Montréal en  1941.  C’est une auteure-compositeure-interprète québécoise. Musicienne autodidacte, considérée comme la première véritable « chansonnière » du Québec, elle remporte un succès extraordinaire auprès du public québécois et la consécration par le disque.

Ses contemporains, sans être dénués de talent, singeaient les chansonnettes françaises à la mode ou adaptaient des chansons américaines.

La Bolduc a donné à la chanson québécoise des années 1920-1930 un vent de frais et de renouveau : elle racontait le quotidien des petites gens au cœur de la crise économique et de la Grande Dépression des années 1930. Le tout dans la langue du peuple, avec optimisme et beaucoup d’ironie.

La Bolduc - mary_traversLa Bolduc Jeune

La « marque de fabrique » de La Bolduc : « Le Turlutage », n’y voyez pas malices bande de malfaisants ! Les refrains de la plupart de ses chansons sont turlutés ; la turlute étant un  jeu de langue qui ponctue les mélodies et leur donne un rythme particulier  un peu comme ce que suisses ou tyroliens appellent « Yodler ». Les ponts musicaux sont joués à l’harmonica. Nous retrouverons ceci, bien plus tard dans les gigues de Gille Vigneault.

Si, à mon tour, je devais singer ceux qui parlent « aux Etats », je vous dirais, Madame Bolduc : « You were a great folk singer »

labolduc_1935La Bolduc en 1935

Quelques succès de La Bolduc : c’est le moment d’giguer les enfants !!

-         sur les petites gens simples :

-         Sur la Dépression et l’optimisme, la vie quotidienne :

-         Un peu de satire et d’ironie :

Et pour finir en beauté, une horreur qui nous pend au nez à tous ! Enfin …y’en a aussi de très chouettes ….Ouf, j’me suis bien rattrapé !!!!!!!

Les Belles-Mères duo avec La Bolduc et les paroles : Un air qui ressemble à plusieurs airs du folklore français et aussi à My Darling Clementine …qui n’a rien à voir avec Miss Autain !!!

http://www.youtube.com/watch?v=68OqMdud_bo

Tu m’demande pourquoi je suis triste
Ma belle-mère est rendu à la maison
Elle est forte et rien ne lui résiste
Quand elle parle elle à toujours raison

Si t’étais pas mou comme une chique
Elle s’metrait pas le nez dans tes chaudrons
A ta place je prendrais une brique
J’y en donnerais cinq six coups sur l’citron

Turlutage

On voit qu’tu connais pas ma belle-mère
Elle m’fais peur rien qu’a la regarder
Elle à d’l'air d’une vieille sorcière
On dirait d’une vieille fille enragée

Puisqu’elle la si mauvais caractère
Si t’avais pas d’l'air aussi tata
J’aurais dit mêle toé dont de té affaires
J’aurais montré de quel point tu chaussais

Turlutage

Tous cela c’est bien facile à dire
Si y’en a qui veulent se marier
Faite pas comme moé pauvre martyre
Croyez moi chu bien mal amanché

Dans la vie chacun à ses misères
Moi je prend la vie du bon coté
Si tu veux pour oublier ta belle-mère
Tous les deux nous allons turluter

turlutage

Comme c’était hier sa fête
Elle ma demandé pour l’embrasser
Comme elle prise et qu’elle sent la vieille pipe
J’ai manqué d’mourir empoisonné

Veux tu que je te donne la manière
Si tu veux viens t’en débarrasser
Met s’y dont une bonne pilule dans sa théière
Elle viendrait plus jamais t’achaller

OCTOBRE MOIS MAUDIT DE L’ECONOMIE ?

octobre 4, 2009 at 1:43 | In Altermondialisme, Citoyenneté, Economie, Europe, Mémoire et histoire, Politique, Société, social | 1 Comment

OCTOBRE MOIS MAUDIT DE L’ECONOMIE ?

Octobre est-il un mois maudit pour la bourse ? Il est vrai que l’histoire économique a été marquée par le « jeudi noir » de 1929 et le « lundi noir » de 1987. L’an dernier, c’est encore un lundi 6 OCTOBRE que le krach s’est produit : voir http://dutron.wordpress.com/2008/10/07/crise-economique-et-financiere-le-crack-du-lundi-noir-6-octobre-2008/

Flèche rouge récession

Or, avec la venue d’Octobre, les indices boursiers de Paris, Londres, Tokyo ou New York, qui consignaient des hausses spectaculaires depuis le printemps de 2009, ont eu une jolie faiblesse.

Du lundi 28 septembre au vendredi 2 octobre, le CAC 40 a cédé 2,39 % pour tomber à 3 649,9 points. A Londres, le Footsie a perdu 1,84 %. A New York  le Dow Jones a baissé 1,84 % et, à Tokyo, le Nikkei chute de   5,20 %.

L’économiste John Kenneth Galbraith dans son livre « The Great Crash of 1929 » tentait déjà d’expliquer pourquoi les marchés chutent en octobre. « Peut-être l’automne a-t-il une influence psychologique particulière sur l’humeur des milieux financiers : l’hiver approche » notait-il.

the-great-crash-of-1929- JK Galbraith png

Certes, la psychologie des investisseurs doit jouer un rôle, aujourd’hui comme précédemment, dans la récente baisse des marchés. Mais les états d’âme des brookers ne peuvent justifier, à eux seuls, la chute actuelle.

Les dernières nouvelles macroéconomiques en provenance des States avaient de quoi rafraîchir les investisseurs. Pour le secteur industriel américain deux indices posent problème. L’indice des directeurs d’achats (PMI) de Chicago, qui mesure de l’activité économique dans la région du Midwest et l’ISM, indice manufacturier, de septembre, qui mesure les commandes industrielles, sont tous deux très mauvais.

Mais, ce qui inquiète le plus c’est la progression continue du chômage dans les pays occidentaux. En zone euro, selon les chiffres officiels dont on cannait le décalage avec la réalité, 9,6 % de la population active est sans emploi.

Aux Etats-Unis, les destructions d’emplois augmentent toujours en septembre, le taux de chômage grimpe à 9,8 %.

Les ménages américains perdent confiance en l’avenir et répugnent à dépenser. L’indice du Conference Board, qui mesure le moral des ménages, a ainsi reculé en septembre à 53,1 points, contre 54,5 en août

Ce vendredi 2 octobre, Robert Zoellick a prévenu son monde : « On en a fini avec la crise financière, mais il est certainement trop tôt pour déclarer victoire. 2009 va continuer à être une année difficile et 2010 (…) une année fortement incertaine”. C’était à Istanbul où se tenait un G7 finances. Et, ce n’est pas n’importe qui Zoellick ! C’est le prédécesseur de ce traître de Lamy à la tête de la Mondialisation par OMC interposée.

Face à une « reprise » riquiquite et fragile, en France et ailleurs, les investisseurs obéiront donc à leurs vieux réflexes : ils délaisseront les valeurs cycliques -  actions du secteur automobile (Michelin, Peugeot, etc.) ou de la construction (Vinci, Lafarge, etc.) -  ils  se rabattront sur des valeurs dites « défensives », comme les télécommunications ou la pharmacie. Encore des suicides en perspectives tant sera forte la pression des actionnaires.

Faute de croissance vigoureuse en Occident, le rebond des marchés pourrait être nourri par la poursuite du mouvement de fusions et acquisitions. Aux Etats-Unis, l’équipementier en télécommunications Cisco a fait une offre d’achat amicale de 3 milliards de dollars (2 milliards d’euros), jeudi 1er octobre, sur le spécialiste norvégien de la vidéoconférence Tandberg. A Londres, l’opérateur de la Bourse, le London Stock Exchange, a annoncé, jeudi, être en négociations exclusives pour racheter la plateforme alternative Turquoise.

Mais qui dit « fusions acquisitions » ou rachat dit aussi restructurations au détriment de l’emploi, évidemment !! C’est donc l’histoire du serpent qui se bouffe la queue côté emplois. Les travailleurs vont continuer de payer la crise !

Si vous aimez les cocorico, c’est un Français, Xavier Rolet, qui va prendre la direction du London Stock Exchange, après avoir mené sa carrière dans des banques d’affaires internationales. Il a , notamment, dirigé la filiale parisienne de Lehman Brothers au moment de la faillite ! Un gage de compétence donc !! L’ homme est mince, un brin guindé, généralement vêtu comme pour un enterrement. Il n’a rien d’un joyeux drille. Lisse, poli, sélect, le langage parfait du technocrate, Xavier Rolet, 49 ans, a tout pour plaire à la City.

Xavier Rolet source business timesonline

Xavier Rolet source Business timesonline

Une dernière opportunité est possible. Les investisseurs pourraient se rabattre sur le marché chinois.

Là-bas, personne ne doute que la reprise prendra la forme d’une courbe en V.

Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une grimpette du produit intérieur brut (PIB) de 9 % en 2010 en Chine…de quoi faire pâlir nos économies européennes atones.

La Bourse de Shanghai, qui a déjà progressé de plus de 50 % depuis le début de l’année, devrait donc prolonger son ascension.

En cette occurrence, la boucle serait bouclée sur la malédiction d’Octobre : La République populaire de Chine fut proclamée le 1er OCTOBRE 1949

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La France bloque de nouveau l’affaire Ben Barka !

octobre 3, 2009 at 3:43 | In Altermondialisme, Citoyenneté, Culture - Livres, Mémoire et histoire, Politique, Société, Solidarité, sarkosy | 4 Comments
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La France bloque de nouveau l’affaire Ben Barka !

benbarka au micro photo yabiladi .com

Mehdi Ben Barka au micro Photo Yabiladi.com

Relancée ce jeudi avec la diffusion par Interpol de quatre mandats d’arrêts signés en octobre 2007, l’affaire Ben Barka est, à nouveau, bloquée. Le Parquet de Paris a annoncé hier soir avoir demandé la suspension de la diffusion de ces mandats d’arrêt, en attendant les précisions demandées par Interpol au juge d’instruction “afin de les rendre exécutables”. Ouais, on verra bien !!!!!

Ces quatre mandats avaient été signés le 22 octobre 2007 par le juge d’instruction Patrick Ramaël, à l’encontre du général Hosni Benslimane, chef de la gendarmerie royale marocaine, Abdelkader Kadiri, ancien patron de la Direction générale des études et de la documentation (DGED), Miloud Tounsi, alias Larbi Chtouki, l’un des membres présumés du commando marocain qui aurait enlevé Ben Barka, et Abdlekak Achaachi, agent du Cab 1, l’une des unités des services marocains. L’avocat de la famille Ben Barka, en charge du dossier depuis 44 ans, estime qu’on a de nouveau bloqué l’affaire.

Qu’est-ce que « l’affaire Ben Barka » ?

Pour les plus jeunes d’entre-nous, Ben Barka ne dit, hélas, plus grand chose. Raison de plus pour rappeler quelques vérités.

-         Qui était Ben Barka ?

  • Mehdi Ben Barka est né en janvier 1920 à Rabat, Maroc. Il a disparu le 29 octobre 1965 à Fontenay-le-Vicomte. Homme politique marocain, principal opposant socialiste au roi Hassan II et leader du mouvement tiers-mondiste et panafricaniste de l’époque.

L’affaire Ben Barka, reste le symbole :

  • de la politique clientéliste franco-africaine ; la fameuse France-Afrique symbolisée par en son temps par Jacques Foccart fort bien remplacé depuis.

  • des années de plomb sous le roi Hassan II, politique qui a longtemps gelé les relations franco-marocaines.

  • des dysfonctionnements graves des pouvoirs exécutif, judiciaire et médiatique, tant en France qu’au Maroc.

  • Représentant de l’aile gauche d’un parti qu’il juge trop conservateur, il provoque une scission et fonde en 1959 l’Union nationale des forces populaires du Maroc (gauche), qui se place dans l’opposition au régime du roi Hassan II. Il devient professeur de mathématiques. Il fonde, en septembre 1959, l’Union nationale des forces populaires (UNFP), principal parti de gauche opposé au régime royal. Il préside l’Assemblée consultative mise en place après l’indépendance. Le 16 novembre 1962, il échappe déjà à un attentat fomenté par les services du général Oufkir et du colonel Dlimi. Le 22 novembre 1963, il est condamné à mort par contumace pour complot et tentative d’assassinat contre le roi.
  • Mehdi Ben Barka s’exile alors, devenant un « commis-voyageur de la révolution », selon l’expression de  Jean Lacouture.
    • Il part d’abord pour Alger, où il rencontre Che Guevara, Amílcar Cabral et Malcolm X. Il s’en va ensuite pour Le Caire, Rome, Genève et La Havane. Il essaie de fédérer les mouvements révolutionnaires du tiers-monde en vue de la Conférence Tricontinentale qui doit se tenir en janvier 1966 à La Havane. Il affirme dans une conférence de presse : « les deux courants de la révolution mondiale y seront représentés : le courant surgi avec la révolution d’Octobre et celui de la révolution nationale libératrice ». Présidant la commission préparatoire, il définit les objectifs, parmi lesquels l’aide aux mouvements de libération, le soutien à Cuba soumis à l’embargo américain, la liquidation des bases militaires étrangères et l’abolition de l’apartheid en Afrique du Sud… Pour l’historien René Galissot : « c’est dans cet élan révolutionnaire de la Tricontinentale que se trouve la cause profonde de l’enlèvement et de l’assassinat de Ben Barka ».[1]
    • Ben Barka est intercepté peu après son arrivée à Paris devant la Brasserie Lipp, le 151 boulevard Saint-Germain, le 29 octobre1965, par deux policiers français l’inspecteur principal Louis Souchon (chef du groupe des stupéfiants à la Brigade mondaine) et son adjoint Roger Voitot, qui le font monter dans une voiture où se trouve également un membre de la pègre parisienne, Julien Le Ny. On ne reverra jamais Mehdi Ben Barka.
    • Brasserie Lipp
    • Cette « interpellation » pour le moins illégale est commanditée par Antoine Lopez, chef d’escale d’Air France à l’aéroport d’Orly et ci-devant « Honorable correspondant » du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE). Elle implique également à des degrés divers trois autres personnages obscurs : Georges Boucheseiche (ancien membre de la Gestapo française sous l’Occupation. Un homme qui rallia le gang des Tractions Avant à la Libération, qui fut également, dans les années 1960, un barbouze anti-OAS, puis un actif militant du Service d’action civique cher à Charles Pasqua. Un homme proche de Jo Attia[2]. Participent aussi Jean Palisse et Pierrot Dubail, hommes de mains de Boucheseiche.
    • Lors du procès Ben Barka, Lopez fut fortement soupçonné d’avoir agi sur instructions du général Oufkir, et le 7 juin 1967, le verdict fut ainsi prononcé : les deux policiers furent condamnés à 8 ans et 6 ans de réclusion criminelle, Antoine Lopez à 8 ans.
    • Le général Oufkir et les quatre membres de la pègre parisienne quant à eux réfugiés au Maroc où ils avaient ouvert des bordels, furent condamnés à la perpétuité par contumace. Le roi Hassan II refusa toujours d’appliquer les condamnations ou d’extrader les condamnés. Le général Oufkir se suicidera ou sera suicidé quelques années plus tard après un coup d’État manqué contre le roi du Maroc (voir : Gilles Perrault, Notre ami le roi).
    • MOROCCO-OUFKIR
    • SIPA/00005269/000002Successivement : le général Oufkir et le colonel Dlimi source Maroc Hebdo Press
    • Le compagnon de Ben Barka : Mohamed Lahrizi, est un homme dont tout le monde évite de parler. Il  faisait pourtant partie de la garde rapprochée de Mehdi Ben Barka, a connu un sort encore plus dramatique que son ami Mehdi. L’homme a non seulement été sauvagement assassiné mais, de surcroît, sa femme, une ressortissante suisse et sa petite fille de 8 ans ont été kidnappées et portées disparues depuis les années 60. Depuis, ce dossier ne figure pas dans les instructions des juges français !!
    • Sur ces sujets, voir, en complément : « AFFAIRE BEN BARKA : Ce que l’on ne vous a jamais dit » in La Gazette du Maroc : http://www.lagazettedumaroc.com/articles.php?r=2&sr=852&n=552&id_artl=15313

Les révélations de Lucien Aimé-Blanc :

De 1956 à 1959, Mehdi Ben Barka est président de l’Assemblée consultative.

L’ex-commissaire Lucien Aimé-Blanc, connu pour avoir participé à la traque de jacques Mesrine, fut numéro deux de la « Mondaine », de la brigade antigang, de l’office des stups, puis chef de l’office central de répression du banditisme de 1977 à 1980.

En avril 2006, il publie L’Indic et le Commissaire et révèle que la totalité des agents impliqués dans l’enlèvement de Mehdi Ben Barka était écouté par le SDECE. De fait, Aimé-Blanc publie dans son livre ces écoutes téléphoniques :

«  Adjoint de la brigade antigang en 1966, j’ai trouvé dans le coffre du patron une liasse de transcriptions d’une écoute téléphonique répertoriée « Orion 113 » et posée par un service de la Sûreté nationale sur la ligne d’un hôtel de rendez-vous de l’avenue Niel à Paris (XVIIe). À la lecture de ces 40 feuillets, j’ai été stupéfait de constater que c’était le point de ralliement de toute la bande identifiée comme étant les ravisseurs de Ben Barka. Ils apparaissent tous sur ces écoutes, le chef d’escale d’Air France à Orly et indic du Sdece (ancienne DGSE, les services secrets, ndlr), Antoine Lopez, comme les truands Boucheseiche, Figon, Palisse… Il transparaît en filigrane de ces conversations, enregistrées tout le mois précédant la disparition de Ben Barka, que ces individus liés à un général Marocain projettent l’enlèvement d’un homme qui doit arriver à Orly. Il est donc clair que la brigade centrale de recherche criminelle, qui surveillait cet hôtel de passes sans avoir de compétence sur Paris, était au courant de ce projet. À l’époque, ces écoutes remontaient également au ministère de l’Intérieur et au conseiller de Matignon. J’en déduis que le service de la Sûreté nationale qui a branché cet hôtel savait ce qui se tramait, et s’il n’est pas intervenu pour déjouer cet enlèvement, c’est soit par négligence coupable, soit sur ordre.»

Les écoutes en question, indique Lucien Aimé-Blanc, n’ont pas été communiquées au juge Zollinger, chargé de l’enquête sur la disparition de Ben Barka. L’Express écrit ainsi que « ces écoutes prouvent, en tout cas, que le ministre de l’Intérieur – au moins – savait qu’une mauvaise action se préparait contre Ben Barka. En outre, les doubles de ces écoutes étaient automatiquement transmis au cabinet du Premier ministre de l’époque, Georges Pompidou.

Comme on le voit, cette affaire trouve des ramifications au plus haut sommet de l’Etat ! C’est vraisemblablement là qu’il faut trouver la cause profonde des manœuvres de retardement que connaît « l’affaire ben Barka » depuis plus de 40 ans !!

Cet article se veut d’éducation populaire. Qu’il nous permette aussi d’exprimer notre solidarité à la famille de Mehdi Ben Barka et, tout particulièrement à son fils Bechir qui lutte inlassablement pour la vérité et la justice.

matriochka_présidents françaisMatriochka des présidents français qui ont bloqué l’affaire

Voir aussi : http://www.lexpress.fr/actualite/societe/histoire/chronologie-de-l-affaire-ben-barka_484113.html

Fils Ben Barka: la suspension des mandats, “cynisme de la raison d’Etat” : http://www.lepoint.fr/actualites-monde/2009-10-02/fils-ben-barka-la-suspension-des-mandats-cynisme-de-la-raison-d/924/0/382573

Les écrits politiques (1957-1965) de Mehdi Ben Barka, un recueil de textes qui permet de mieux comprendre l’action du grand opposant marocain disparu en octobre 1965, sont publiés aux Editions Syllepse.


[1] Historien, spécialiste du Maghreb colonial

Engagé à gauche, appartenant à la génération intellectuelle de la guerre d’Algérie, René Gallissot a enseigné à l’université d’Alger à l’Indépendance en 1962. Il revient pour Mai 68 à la Sorbonne, passe de l’université de Vincennes à l’Institut Maghreb-Europe de l’Université de Paris VIII.

René Gallissot est professeur émérite à l’université de Paris VIII. Il a dirigé l’ouvrage Mouvement ouvrier, communisme et nationalismes dans le monde arabe (Éditions de l’Atelier, 1978); il est aujourd’hui le directeur de la série Maghreb du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier (Le Maitron).

[2] Jo Attia, ancien des Bataillons d’Afrique, les Bat’ d’Af’, de son vrai nom Joseph Brahim Attia est un truand parisien des années 1940 à 60, patron du Gavroche à Paris (rue Joseph de Maistre). Il fut membre du gang des Tractions avant. Il est impliqué dans l’enlèvement de Ben Barka mais aussi dans l’affaire du colonel Antoine Argoud (ancien patron de l’OAS enlevé en 1963 à Munich par des barbouzes, condamné à la réclusion à perpétuité et libéré en juillet 1968). Toutes ces  opérations controversées sont imputées aux Services Spéciaux français sous l’ère gaulliste.

Du pipi d’chat Ou pourquoi je n’ai pas encore trouvé le temps de lire ton article, Guy.

septembre 25, 2009 at 12:11 | In Altermondialisme, Citoyenneté, Culture - Livres, Economie, Mémoire et histoire, Politique, Société, Solidarité, social | Leave a Comment

Du pipi d’chat

Ou pourquoi je n’ai pas encore trouvé le temps de lire ton article, Guy.

Si vous allez voir l’article : Pour soutenir l’Objection de Croissance par l’Economique. Par Guy Dutron

Vous trouverez ce même texte en commentaire. Pourtant, je ne pense pas que ces deux textes fassent double emploi (si j’ose dire) !

Et ce pour, au moins quatre bonnes raisons :

- Tout le monde ne lit pas les commentaires et ce texte me semble un témoignage important,

- Ce texte est un témoignage vécu d’une chômeuse d’aujourd’hui, pris sur le vif,

- Hélène n’est pas une chômeuse « ordinaire » ancienne professeure de lettres ayant pris sa retraite proportionnelle après 15 ans de service, ayant travaillé pour une boite pas triste qui a fait faillite, militante politique du RESEDA et Objectrice de Croissance, elle a publié un livre en 1998. Intitulé « Aide sociale à l’enfance[1] » sous-titré : « La redoutable sollicitude » …. Un témoignage d’une famille d’accueil, la sienne !! Elle a donc la pratique de l’observation et de l’analyse. Voir : Les écrivains du RESEDA

aide-sociale-maria-ivik-helene-lacheret

- Hélène publie en ce moment un excellent bouquin sur notre blog sous la forme d’un feuilleton. C’est notre feuilleton de l’été : « Les récoltes du siècle futur. »

Quand on lit ce témoignage d’Hélène, on se pose une question : Comment font les chômeurs « ordinaires » : ceux qui sont sans formation, déjà désocialisés, acculturés du fait de nos lacunes sociétales, comment peuvent-ils s’y retrouver dans ce merdier désorganisé ????

Juste un mot avant de passer la parole à Hélène, parce que je suis moins poli qu’elle et que, pour y avoir passé 40 ans, je hais « l’Administration » faible face aux forts et si dure pour les faibles : Pôle Emploi, je vous hais !

Guy Dutron 25 09 2009

Hélène devant chez elle

Hélène devant chez elle dans le vieux Nyons

J’avance pas à pas à la découverte de ma nouvelle activité : licenciée pour motif économique. Exactement, j’ai signé une “convention de reclassement personnalisé”. Je suis donc CRP et, en tant que telle, convoquée au pôle-emploi de Pierrelatte, 44 km de mon domicile. A Pierrelatte, tout est fléché : la chambre funéraire, la sécu… mais pas le pôle-emploi.

Je sens que je commence à ne plus être à l’heure pour mon rendez-vous, à force de tourner. Je demande mon chemin à une jeune femme : “C’est très simple, vous allez par là, après le deuxième rond-point, c’est là vous le verrez ».  Je vais donc par là, après le deuxième rond-point, je … ne le vois pas. Où est passé le pôle-emploi ? Je tournicote à droite à gauche, des fois qu’il m’aurait échappé et je remarque des employés au service technique de la ville, reconnaissables à leur tenue. Eux vont savoir : “C’est exactement à l’opposé, au quatrième rond point, vous le
verrez.”
Effectivement, je le vois, je vois aussi, plus loin, une place pour laisser la voiture. J’entre dans cet antre de la modernité de nos sociétés et, consciente de l’importance du moment pour le déroulement futur de ma nouvelle activité, quoique déjà pas mal en retard, je cherche désespérément du regard un point “accueil” ou quelque chose de similaire. Mais je ne vois pas.

Je vois des gens debout, des panneaux “offres d’emplois” (On donne quelque chose, ici ?) et d’autres gens qui vont dans tous les sens. Je m’accoude à une sorte de bar rempli de tas de papiers, ma convocation à la main et j’attends en essayant de ne pas trop me trémousser car j’ai très envie de faire pipi, mais je ne vois pas non plus de toilettes.
Au bout de plusieurs minutes avec mon papier brandi devant moi, une dame s’arrête pour me dire : “Vous cherchez quelque chose ?” Je lui tends la feuille. « Ce n’est pas là » ! s’exclame-t-elle.
- Pourtant je suis bien au pôle-emploi ?
- Oui, mais il y a un autre pôle-emploi, c’est tout près, à deux minutes, vous voyez, la pharmacie, là, tout droit, là, à deux minutes.”

Je m’éloigne rapidement, maintenant je suis vraiment en retard, à peine le temps de penser que cette ville qui n’est même pas sous-préfecture et qui compte 12.000 habitants, possède deux pôles-emplois (commentaires espérés sur la nécessité de mettre ou non des “s” aux mots composés, ça occupe quand on s’ennuie le dimanche), disais-je, deux pôles-emploi (là, y en a plus, des emplois), c’est un secteur en pleine croissance, ça !

Les deux minutes sont passées et je ne vois pas le deuxième pôle-emploi. je continue jusqu’au croisement suivant, toujours pas de pôle-emploi. Je fais demi-tour, des fois qu’il soit si petit qu’il m’ait échappé. Apparemment non. Re-demi-tour : je finis enfin par l’apercevoir. Maintenant, je suis très en retard. Heureusement, j’aperçois immédiatement le point “accueil” vers lequel je me précipite, ma convocation à la main.

“Attendez votre tour come tout le monde, là !” aboie la préposée.

Désobéissante, ayant aperçu le symbole évasé signifiant “toilettes des dames”, je fais enfin pipi et je reviens attendre mon tour comme tout le monde, là.

Ce faisant, je remarque une jeune femme smart, attaché-case à la main qui dit au revoir à la préposée à l’accueil glacial. Je suis sûre qu’elle est pour moi, celle-là mais comment l’aborder ? Je ne sais pas si j’ai rendez-vous avec un homme ou une femme et, pour les femmes, ça se complique : madame ou mademoiselle ? Je pourrais toujours dire “Help, c’est moi la CRP !” mais c’est un peu cavalier bien qu’en adéquation avec les mœurs guerrières de notre époque. Mais inutile d’élucubrer, la dame est déjà partie.

Curieuse, je laisse les événements se dérouler dans leur implacable logique. Mon tour vient enfin, quelques minutes après le départ de la jeune femme.

La préposée dit : “Elle vient juste de partir.”

Je dis : « Je suis venue tout de suite à l’accueil quand j’ai compris que j’avais enfin trouvé le bon emploi mais vous ne m’avez pas écoutée ».
- Je ne pouvais pas savoir… suit une longue liste de justifications dont je vous épargne les détails, pendant l’énumération desquels je me murmure à moi-même : bien sûr, à force de prendre les chômeurs pour des demeurés qui ne savent pas ce qu’ils font !

Je finis par comprendre qu’elle bouge, la dame aux CRP. Si elle bouge, pourquoi ne vient-elle pas au pôle-emploi de Nyons, sous-préfecture, la ville où j’habite ?
- Vous n’avez pas vu les locaux, si vous les aviez vus, vous sauriez que ce n’est pas un endroit pour recevoir, argumente la préposée.


Et si, je les ai vus, je sais que des demandeurs d’emplois (je pense que, vu comme on les traite, ils se contenteraient de la tune pour assurer l’essentiel sans les corvées qui vont avec, si on leur demandait leur avis) y sont reçus tous les jours.

De deux choses l’une :

- soit les CRP sont une catégorie très très au dessus du panier des demandeurs d’emplois habituels, et on les couvre d’égards pour cette raison. Mais je ne le crois pas vraiment.

- soit on pouvait me recevoir à Nyons et il était inutile de me faire dépenser les sous que je n’ai pas pour aller dans un autre pôle-emploi.


Je m’en retourne contente d’avoir fait pipi. Néanmoins, avoir parcouru 88 km pour faire pipi contribue à me persuader de l’absurdité totale de ce système.

Quand mettons-nous la Dotation Inconditionnelle d’Autonomie en pratique ?


[1] Aide sociale à l’enfance – La redoutable sollicitude – sous le pseudonyme de Maria Ivik – Chez L’Harmattan – Février 1998 – 270 pages – 20 €

Quand un ami du RESEDA arrête le petit train-train des élus de l’Avesnois !

septembre 21, 2009 at 1:20 | In Belgique, Citoyenneté, Culture - Livres, Economie, Environnement OGM, Europe, Mémoire et histoire, Politique, Société, Solidarité, sarkosy, social | 1 Comment
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Quand un ami du RESEDA arrête le petit train-train des élus de l’Avesnois !

Selon la Voix du Nord : « Lassés de voir l’aménagement complet à quatre voies de la RN2 prendre du retard, les élus des communes traversées par cette nationale l’ont bloquée hier matin à la circulation, de manière festive, pour signifier à l’État leur colère et faire avancer un dossier vieux de plus de 40 ans. ».

http://www.lavoixdunord.fr/actualite/L_info_en_continu/Hainaut/2009/09/20/article_la-rn2-devenue-l-axe-prioritaire-des-eac.shtml

Quarante ans !! Vous vous rendez-compte ? Voilà quarante ans qu’ils nous la promettent leur foutue 4 voies !! Si on compte une moyennes de 4 élections tous les 5 ans avec 10 candidats ; cela fait, selon notre arithmétique sommaire : 5X4X8×10 = 1600 promesses de faux culs !! Et nos confessionnaux qui sont désert !! Y’a plus de justice, fut-elle divine ! Pourtant que de pècheurs et pècheresses !!

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In cauda venenum !

Ce que ne dit pas (pas encore ?) La Voix, c’est que tout le monde ne voit pas cela de cet œil là ! Aux dernières législatives, cantonales et municipales, nous fumes les seuls à nous prononcer clairement contre cette fabrique à CO² !

Depuis, nous nous sommes exprimés sur la RN 2 sur ce blog mais, comme nous y allumions un plumitif de la Voix du Nord, nous n’y sommes peut-être pas en odeur de sainteté !! Voir :

Le désenclavement… la Sambre attendra…Lionel Maréchal repassera et Paul Raoult aussi !!

C’était le 3 juin 2008, le délit n’est donc peut-être pas encore prescrit !!

Aujourd’hui, donc, c’était dimanche ! Contrairement à la jolie mais cruelle chanson de Francis Blanche, il n’y avait pas de généraux à vendre mais des élus qui se vendaient dans une communion touchante !!

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Tant qu’à faire de vous refiler un p’tit train : autant celui du Cap d’Agde en clin d’œil à une copine !

Un petit train-train remontait la RN2 de la frontière Belge vers Paris ; à bord, tout le gratin politique et larvaire de l’Avesnois… des petits wagons !

Voilà –t-il pas que sur le chemin de la route, comme dirait Cabrel, deux voitures s’insinuent entre la 4X4 rutilant et polluant qui ouvre la voie et le ch’tit train-train !!! C’était notre copain au bob qui avait encore choisi de faire le Jacques accompagné de la présidente de l’association des propriétaires fonciers de Beaufort qui s’estiment spoliés par le nouveau tracé.

Arrive le gorille de service ; il interdit le déploiement de nos banderoles. Rémy Pauvros, cumulard-maire de Maubeuge arrive tous sourires dehors pour serrer la main de l’auteur de la Jacquerie !  C’est qu’il nous a déjà fait le coup le Pauvros ! Il vous serre la cuiller, un photographe municipal mitraille et vous vous retrouvez copains comme cochons dans une publication subventionnée par les empoisonneurs de l’incinérateur de la cité du Clair de Lune.

Cette fois, pas de photographe en vue ! Le Jacques en serre cinq au Pauvros à ronger qu’il reste au PS Maubeugeois ! Au moins, la Voix du Nord rendra compte de notre action : http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Avesnes_sur_Helpe/actualite/Secteur_Avesnes_sur_Helpe/2009/09/21/article_de-bettignies-a-etroeungt-la-rn2-devenue.shtml

Ensuite, à Dourlers, la Jacquerie continue ; le Jacques y va de ses slogans poético-provos qui arrachent des sourires au public clairsemé ; car, à part les zeureux  zélus et une fanfare convoquée pour la circonstance, c’est pas la grande mobilisation pro-bitume !

Y’en a qu’un qui ne sourit manifestement pas ! C’est le petit Alain Poyart, le petit secrétaire de mairie devenu le petit maire de la petite sous-préfecture d’Avesnes-sur-Helpe,  partisan déclaré d’une concertation de petit niveau !

Lui aussi, nous venons de l’allumer à propos des caméras qu’il compte installer à l’intérieur de ce qu’il reste de ses remparts passablement écroulés. Il n’a pas aimé ! Pas le sens de l’humour, le petit ….comme son petit patron ….nous prend pour des « pov’cons » !! Nous le lui rendons bien d’ailleurs !!! Voir :

Vidéosurveillance à Avesnes sur Helpe : Jacques Lainet s’adresse à l’Observateur de l’Avesnois

On ne peut s’empêcher de penser à la déchéance qui frappe notre bonne Cité des Mouches[1] ! Elle qui vit passer tant de monarques : de  Louis XI à Louis XIV, cette ville où dormit l’Empereur en personne à l’avant-veille de Waterloo ; la voici gouvernée par un chef de gare cinéaste amateur suivi par sa petite armée de petits wagons !

Comme dit un vieux copain wagon, c’est un peu boogie-woogie mais pas très rock’n’roll !!

Pendant ce temps là, se déroulait, au Quesnoy, la nième Fête du Lait ! C’est vrai que c’est sa fête, en ce moment, au Lolo !!

Une fête fort morose d’ailleurs attendu qu’un déversement blanc laiteux avait eu lieu dès le matin même !! La FNSEA jouait profil bas quoique  fort bien nantie en cruches au lieu de parader comme à l’accoutumée et les copains de la Conf’ semblaient tout requinqués !!

Figurez-vous que, sur le trajet du train-train des tout-tristes routiers, il y avait aussi des vaches ! Elles avaient entendu braire un veau, on ne sait dans quelle étable, selon lequel il devait y avoir concertation avec les petits nids veaux …un lapsus lactis, en quelque sorte ! Olé !!!

Ha, les vaches !! A propos de vaches, peu de poulets de sortie ! Une nouvelle épidémie de dioxine se préparerait-elle côté Belge ! On n’ose y croire ! Cela mettrait fin à la guerre police-justice qui mine l’ancien royaume minier, mine de rien !

En attendant, tant sur le dossier RN2 que sur le dossier cinématographique à la Poyart, nous continuerons d’aller au charbon !!!

Rigolez pas, malfaisants d’Avesnes, c’est vous qui payerez la note !! Entre caméras, charbon et pognon, c’est votre braise qui est en jeu !



[1] Pour vous, bande d’ignorants, nous précisons que si Avesnes est dénommée « Cité des Mouches », ce n’est pas parce que son maire sent mauvais ce qui ferait que les mouches changeassent d’âne !! C’est qu’à l’époque bénie où l’on s’étripait ferme entre maudits François et estrangers tous plus ou moins barbares, n’est-ce pas, Avesnes n’étant pas encore en territoire Français, ces maudits François tentèrent une incursion du plus pur style commando venant de La Capelle ! L’ennemi François fut repoussé par de vaillantes petites abeilles que nous nommons « mouches à miel » ! En fait, ces andouilles militaires durent renverser quelques ruches dans le crépuscule du petit matin !! L’évêque de Cambrai qui n’était pas à une bêtises près, certifia quasiment le miracle. Voici donc notre sous-préfecture élevée à la quasi-sainteté par la grâce du « Miracle des Mouches » ! Ceci n’empêche toutefois pas nos bonnes mouches à miel de crever comme ailleurs des pesticides et autres saloperies épandues par la confrérie organisatrice de la Fête du Lait précitée !!

AUX PETITS GENIES POLITIQUES DE L’AVESNOIS AYANT GERE CELUI-CI DEPUIS LA PERIODE DES 30 GLORIEUSES

septembre 17, 2009 at 7:33 | In Altermondialisme, Citoyenneté, Economie, Environnement OGM, Europe, Mémoire et histoire, Politique, Société, Solidarité, social | Leave a Comment
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AUX PETITS GENIES POLITIQUES DE L’AVESNOIS AYANT GERE CELUI-CI  DEPUIS LA PÉRIODE DES 30 GLORIEUSES


Vous avez eu l’honneur d’avoir, à Maubeuge,  l’incinérateur le plus polluant de France ; après le scandale des 800 000 tonnes de déchets interdits en 1988 ; avec le record de 1000 fois la norme de DIOXINE Seveso en 1998 : DEPUIS QU’AVEZ-VOUS FAIT ?

–  Vous avez eu le privilège d’avoir le 1er cas de vache folle dans le département du Nord à Clairfayts avec votre promotion de l’agriculture productiviste dont on voit bien aujourd’hui où elle mène.

–   Après la lamentable débandade des industries métallurgiques, verrières, céramiques et textiles, malgré une débauche éhontée de subventions qui n’ont JAMAIS FAIT RALENTIR l’hémorragie, et à laquelle ont fait suite les mêmes recettes permettant la mise en coupe réglée de nos richesses patrimoniales, bocagères, forestières,  vous avez MONTRE  VOTRE SAVOIR FAIRE destructeur de type féodal et cyclopéen.

n     Vous avez mené une gestion calamiteuse de l’Objectif I et de ses suites ; il faut tout de même rappeler que cette époque aurait pu être celles de projets d’envergure. Nous gardons le souvenir de ces réunions au cours desquelles on pleurait la misère faute de projets alors que des crédits attendaient et allaient fuir ailleurs !

n     La vérité c’est que, hormis vos projets électoralement rentables, vous N’AVEZ PAS D’IDEES ! Vos cartons sont vides, vos têtes sont exsangues, vous avez fait de l’Avesnois une juxtaposition de chefferies africaines !

n     Vous n’êtes même pas fichus de fusionner deux communautés de communes lorsque ce serait nécessaire. Chacun son territoire, chacun sa petite zone de petite influence, chacun empalé son petit clocher, chaque petit coq dressé sur son petit fumier ;

n     Vous dûtes même nommer trois co-présidents – 1 PC, 1 PS, 1 UMP -  du Pays de l’Avesnois pour mieux vous partager le gâteau !

  • De tous ces exemples, le résultat est probant :

toujours à  COUPS DE  SUBVENTIONS maladroitement décrochées in-extremis : le désastre, le désert pour en arriver a imiter le modèle NORD AMERICAIN. Ce à quoi vous arrivez, c’est à un taux de chômage record et des emplois précaires totalement soumis à la conjoncture !

Quels sont vos derniers et plus récents TROPHEES mesdames et messieurs les politiques ? Citons en vrac :

La R.N.49 débouchant en pleine agglomération maubeugeoise, SANS VOIE D’ISSUE[1] digne de ce nom avec ses ponts trop bas dirigeant les camions en direction de la Belgique : bel exemple de gabegie , d’incompétence, de gaspillage aussi !
La jonction LOUVROIL-FEIGNIES, au seul profit des industriels ; traversant les faubourgs populeux en abreuvant la populace d’hydrocarbures et autres POISONS de type H.A.P source de pathologies multiples ; le tout en multipliant les coûteux ouvrages d’art.
Le merveilleux réseau de desserte par autobus pompeusement appelé SITE PROPRE dont les CONS–CEPTEURS n’ayant entrevu la multi modalité qu’au XXll éme siècle lorsque le pétrole sera épuisé !!!

Tout ça PAYE PAR LE CON –TRIBUABLE et pour satisfaire les désirs des industriels et financiers ne jurant que par La CROISSANCE, facteur de soi–disant PROGRES,  de meilleure vie et de meilleure santé aussi peut-être ????

Enfin le chef-d’œuvre et gouffre financier dit de la station touristique DE HAUT STANDING nommé le VAL JOLY qui finira en friches touristiques comme ont terminé leur carrière les innombrables industries devenues FRICHES INDUSTRIELLES polluées à souhait et dont les populations laborieuses ont du PAYER LE PRIX autant par leur sueur, leur énergie, leur santé que leur ARGENT.

Et  maintenant ? Et demain ?  Que proposez -vous  AIGLES  POLITIQUES UNIS DANS VOTRE  FEODALITE ATAVIQUE ???

Au prétexte de désenclavement, d’échanger l’illusoire confort devant AMENER LA RICHESSE dans notre secteur défavorisé, vous voulez faire traverser notre bocage par une double bande de bitume et de béton. Ainsi, en 30-40 ans, nous verrons la circulation routière rejoindre les NOUVEAUX PAYS EUROPEENS aux salaires attractifs  en sacrifiant de bonnes terres agricoles. Vous voulez mettre délibérément EN DANGER  les ressources hydrauliques irremplaçables assurant 50 pour 100 des besoins en eau potable des 250 000 habitants du secteur??????

Votre myopie n’a d’égale que votre courte vue clientéliste aux faux accents sociétaux !!!!!  PAS DE QUOI VOUS TRESSER DES COURONNES mesdames et messieurs les prétendus représentants du peuple…

Aujourd’hui, vous appelez à manifester pour une voie autoroutière qui a un siècle de retard !

Ce sera sans nous , ce sera contre nous !

Association Hainaut Avenir Environnement – Le RESEDA du Hainaut rejoint par des AVESNOIS et nordistes de souche, lucides et ayant de la mémoire.


[1] Nous rappelons à nos lecteurs que le contournement de Maubeuge était prêt dès les années 70, que les crédits attendaient au Ministère de l’équipement, que, s’il n’a été réalisé que dernièrement soit 30 ans plus tard, ce n’est que le fait des incompétences et mésententes successives des élus de l’époque à Hautmont, Maubeuge et Feignies, parfois membres du même parti d’ailleurs !!!

Il y a 50 ans discours de De Gaulle sur l’autodétermination en Algérie

septembre 16, 2009 at 3:32 | In Altermondialisme, Citoyenneté, Culture - Livres, Mémoire et histoire, Politique, Société | 1 Comment
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Il y a 50 ans discours de De Gaulle sur l’autodétermination en Algérie

De Gaulle à Valencienne source INADe Gaulle pendant son discours à Valenciennes source INA

Depuis le début de l’année 1959, la pacification militaire s’est poursuivie en Algérie sous le commandement du général Challe. La mise en oeuvre du plan de développement économique et social, précisé le 3 octobre 1958 à Constantine par le général de Gaulle, s’opère sous l’impulsion de M. Paul Delouvrier, Délégué général du gouvernement en Algérie. Mais aucun progrès n’a lieu dans l’ordre  politique, la majorité des Européens d’Algérie réclamant l’”intégration”, alors que les chefs de l’insurrection revendiquent l’indépendance. Le général de Gaulle prononce alors un discours radiotélévisé par lequel il énonce le principe fondamental de sa politique à l’égard de l’Algérie : celui de l’autodétermination.

Texte du discours :

« Notre redressement se poursuit. Certes, il ne faut pas nous vanter. Dans le domaine technique, par exemple, nous n’en sommes pas encore au point de lancer des fusées dans la lune. Cependant, depuis quinze mois, nos affaires ont avancé.

L’unité nationale est ressoudée. La République dispose d’institutions solides et stables. L’équilibre des finances, des échanges, de la monnaie, est fortement établi. Par là même, la condition des Français et, d’abord, celle des travailleurs industriels et agricoles, échappe au drame de l’inflation et à celui de la récession. Sur la base ainsi fixée et à mesure de l’expansion nouvelle, on peut bâtir le progrès social et organiser la coopération des diverses catégories dont l’économie dépend, poursuivre la tâche essentielle de formation de notre jeunesse, développer nos moyens de recherche scientifique et technique. D’autre part, la Communauté est fondée, entre la France, onze États d’Afrique et la République malgache. Enfin, au milieu d’un monde où il s’agit tout à la fois de sauvegarder la liberté et de maintenir la paix, notre voix est écoutée.

Pourtant, devant la France, un problème difficile et sanglant reste posé : celui de l’Algérie. Il nous faut le résoudre. Nous ne le ferons certainement pas en nous jetant les uns aux autres à la face les slogans stériles et simplistes de ceux-ci ou bien de ceux-là qu’obnubilent, en sens opposé, leurs intérêts, leurs passions, leurs chimères. Nous le ferons comme une grande nation et par la seule voie qui vaille, je veux dire par le libre choix que les Algériens eux-mêmes voudront faire de leur avenir.

A vrai dire, beaucoup a été fait déjà pour préparer cette issue. Par la pacification, d’abord. Car rien ne peut être réglé tant qu’on tire et qu’on égorge. A cet égard, je ne dis pas que nous en soyons au terme. Mais je dis qu’il n’y a aucune comparaison entre ce qu’était, voici deux ou trois ans, la sécurité des personnes et des biens et ce qu’elle est aujourd’hui. Notre armée accomplit sa mission courageusement et habilement, en combattant l’adversaire et en entretenant avec la population des contacts larges et profonds qui n’avaient jamais été pris. Que nos soldats, en particulier les 120 000 qui sont musulmans, aient fléchi devant leur devoir, ou bien que la masse algérienne se soit tournée contre la France, alors, c’était le désastre ! Mais, comme il n’en a rien été, le succès de l’ordre public, pour n’être pas encore imminent, se trouve désormais bien en vue.

La deuxième condition du règlement est que tous les Algériens aient le moyen de s’exprimer par le suffrage vraiment universel. Jusqu’à l’année dernière, ils ne l’avaient jamais eu. Ils l’ont, à présent, grâce à l’égalité des droits, au Collège unique, au fait que les communautés les plus nombreuses, celles des Musulmans, sont assurées d’obtenir dans tous les scrutins la grande majorité des élus. Ç’a été là un changement de la plus vaste portée ; littéralement une révolution.

Le 28 septembre dernier, les Algériens ont, par référendum, adopté la Constitution et marqué leur intention que leur avenir se fasse avec la France. Le 30 novembre, ils ont élu leurs députés ; le 19 avril, leurs Conseils municipaux ; le 31 mai, leurs sénateurs. Sans doute ne manque-t-il pas de gens pour prétendre que, dans la situation on se trouvaient les électeurs, pressés par les forces de l’ordre et menacés par les insurgés, ces consultations n’ont pu être sincères que dans une mesure limitée. Cependant, elles ont eu lieu, dans les villes et dans les campagnes, avec une grande masse de votants. Et même, lors du référendum, le concours fut général, spontané et enthousiaste. En tout cas, la voie est ouverte. Dès que viendra l’apaisement, elle pourra être utilisée encore plus librement et encore plus largement. L’an prochain, aura lieu l’élection des Conseils généraux, d’où seront tirés, par la suite, certains grands Conseils administratifs, économiques et sociaux, qui délibéreront, auprès du Délégué général, du développement de l’Algérie.

Car, résoudre la question algérienne, ce n’est pas seulement rétablir l’ordre ou donner aux gens le droit de disposer d’eux-mêmes. C’est aussi, c’est surtout traiter un problème humain. Là végètent des populations qui, doublant tous les 35 ans, sur une terre en grande partie inculte et dépourvue de mines, d’usines, de sources puissantes d’énergie, sont, pour les trois quarts, plongées dans une misère qui est comme leur nature. Il s’agit que les Algériens aient de quoi vivre en travaillant, que leurs élites se dégagent et se forment, que leur sol et leur sous-sol produisent bien plus et bien mieux. Cela implique un vaste effort de mise en valeur économique et de développement social. Or, cet effort est en cours.

En l959, la France aura dépensé en Algérie, pour ne parler que des investissements publics et des frais de gestion civile, environ 200 milliards. Elle en dépensera davantage durant chacune des prochaines années à mesure que se réalisera le plan de Constantine. Depuis dix mois, une centaine d’usines ont demandé à s’installer. 8000 hectares de bonnes terres sont en voie d’attribution à des cultivateurs musulmans. 50 000 Algériens de plus travaillent dans la métropole. Le nombre de Musulmans occupant des emplois publics s’est augmenté de 5 000. A l’actuelle rentrée, les écoles reçoivent 860 000 enfants, au lieu de 700 000 lors de la rentrée précédente et de 560 000 l’année d’avant. Dans six semaines, le pétrole d’Hassi-Messaoud arrivera sur la côte, à Bougie. Dans un an, celui d’Edjelé atteindra le golfe de Gabès. En 1960, le gaz d’Hassi R’Mel commencera d’être distribué à Alger et à Oran, en attendant de l’être à Bône. Que la France veuille et qu’elle puisse poursuivre avec les Algériens la tâche qu’elle a entreprise et dont elle seule est capable, l’Algérie sera dans quinze ans un pays prospère et productif.

Grâce au progrès de la pacification, au progrès démocratique, au progrès social, on peut maintenant envisager le jour où les hommes et les femmes qui habitent l’Algérie seront en mesure de décider de leur destin, une fois pour toutes, librement, en connaissance de cause. Compte tenu de toutes les données, algériennes, nationales et internationales, je considère comme nécessaire que ce recours à l’autodétermination soit, dès aujourd’hui, proclamé. Au nom de la France et de la République, en vertu du pouvoir que m’attribue la Constitution de consulter les citoyens, pourvu que Dieu me prête vie et que le peuple m’écoute, je m’engage à demander, d’une part aux Algériens, dans leurs douze départements, ce qu’ils veulent être en définitive et, d’autre part, à tous les Français d’entériner ce que sera ce choix.

Naturellement, la question sera posée aux Algériens en tant qu’individus. Car, depuis que le monde est le monde, il n’y a jamais eu d’unité, ni, à plus forte raison, de souveraineté algérienne. Carthaginois, Romains, Vandales, Byzantins, Arabes syriens, Arabes de Cordoue, Turcs, Français, ont tour à tour pénétré le pays, sans qu’il y ait eu, à aucun moment, sous aucune forme, un État algérien. Quant à la date du vote, je la fixerai le moment venu, au plus tard quatre années après le retour effectif de la paix ; c’est-à-dire, une fois acquise une situation telle qu’embuscades et attentats n’auront pas coûté la vie à 200 personnes en un an. Le délai qui suivra étant destiné, à reprendre la vie normale, à vider les camps et les prisons, à laisser revenir les exilés, à rétablir l’exercice des libertés individuelles et publiques et à permettre à la population de prendre conscience complète de l’enjeu. J’invite d’avance les informateurs du monde entier à assister, sans entraves, à cet aboutissement décisif.

Mais le destin politique, qu’Algériennes et Algériens auront à choisir dans la paix, quel peut-il être ? Chacun sait que, théoriquement, il est possible d’en imaginer trois. Comme l’intérêt de tout le monde, et d’abord celui de la France, est que l’affaire soit tranchée sans aucune ambiguïté, les trois solutions concevables feront l’objet de la consultation.

Ou bien : la sécession, où certains croient trouver l’indépendance. La France quitterait alors les Algériens qui exprimeraient la volonté, de se séparer d’elle. Ceux-ci organiseraient, sans elle, le territoire où ils vivent, les ressources dont ils peuvent disposer, le gouvernement qu’ils souhaitent. Je suis, pour ma part, convaincu qu’un tel aboutissement serait invraisemblable et désastreux. L’Algérie étant actuellement ce qu’elle est, et le monde ce que nous savons, la sécession entraînerait une misère épouvantable, un affreux chaos politique, l’égorgement généralisé et, bientôt, la dictature belliqueuse des communistes. Mais il faut que ce démon soit exorcisé et qu’il le soit par les Algériens. Car, s’il devait apparaître, par extraordinaire malheur, que telle est bien leur volonté, la France cesserait, à coup sur, de consacrer tant de valeurs et de milliards à servir une cause sans espérance. Il va de soi que, dans cette hypothèse, ceux des Algériens de toutes origines qui voudraient rester Français le resteraient de toute façon et que la France réaliserait, si cela était nécessaire, leur regroupement et leur établissement. D’autre part, toutes dispositions seraient prises, pour que l’exploitation, l’acheminement, l’embarquement du pétrole saharien, qui sont l’oeuvre de la France et intéressent tout l’Occident, soient assurés quoi qu’il arrive.

Ou bien : la francisation complète, telle qu’elle est impliquée dans l’égalité des droits ; les Algériens pouvant accéder à toutes les fonctions politiques, administratives et judiciaires de l’État et entrer dans tous les services publics, bénéficiant, en matière de traitements, de salaires, de sécurité sociale, d’instruction, de formation professionnelle, de toutes les dispositions prévues pour la métropole ; résidant et travaillant où bon leur semble sur toute l’étendue du territoire de la République ; bref, vivant à tous les égards, quelles que soient leur religion et leur communauté, en moyenne sur le même pied et au même niveau que les autres citoyens et devenant partie intégrante du peuple français, qui s’étendrait, dès lors, effectivement, de Dunkerque à Tamanrasset.

Ou bien : le gouvernement des Algériens par les Algériens, appuyé sur l’aide de la France et en union étroite avec elle, pour l’économie, l’enseignement, la défense, les relations extérieures. Dans ce cas, le régime intérieur de l’Algérie devrait être de type fédéral, afin que les communautés diverses, française, arabes, kabyle, mozabite, etc., qui cohabitent dans le pays, y trouvent des garanties quant à leur vie propre et un cadre pour leur coopération.

Mais, puisqu’il est acquis depuis un an, par l’institution du suffrage égal, du Collège unique, de la représentation musulmane majoritaire, que l’avenir politique des Algériens dépend des Algériens ; puisqu’il est précisé formellement et solennellement qu’une fois la paix revenue, les Algériens feront connaître le destin qu’ils veulent adopter, qu’ils n’en auront point d’autre et que tous, quel que soit leur programme, quoi qu’ils aient fait, d’où qu’ils viennent, prendront part, s’ils le veulent, à cette consultation, quel peut être le sens de l’insurrection ?

Si ceux qui la dirigent revendiquent pour les Algériens le droit de disposer d’eux-mêmes, eh bien ! Toutes les voies sont ouvertes. Si les insurgés craignent qu’en cessant la lutte ils soient livrés à la justice, il ne tient qu’à eux de régler avec les autorités les conditions de leur libre retour, comme je l’ai proposé en offrant la paix des braves. Si les hommes qui constituent l’organisation politique du soulèvement entendent n’être pas exclus des débats, puis des scrutins, enfin des institutions, qui régleront le sort de l’Algérie et assureront sa vie politique, j’affirme qu’ils auront, comme tous autres et ni plus ni moins, l’audience, la part, la place, que leur accorderont les suffrages des citoyens. Pourquoi donc les combats odieux et les attentats fratricides, qui ensanglantent encore l’Algérie, continueraient-ils désormais ?

A moins que ne soit à l’oeuvre un groupe de meneurs ambitieux, résolus à établir par la force et par la terreur leur dictature totalitaire et croyant pouvoir obtenir, qu’un jour, la République leur accorde le privilège de traiter avec eux du destin de l’Algérie, les bâtissant par là même comme gouvernement algérien. Il n’y a aucune chance que la France se prête à un pareil arbitraire. Le sort des Algériens appartient aux Algériens, non point comme le leur imposeraient le couteau et la mitraillette, mais suivant la volonté qu’ils exprimeront légitimement par le suffrage universel. Avec eux et pour eux, la France assurera la liberté de leur choix. Au cours des quelques années qui s’écouleront avant l’échéance, il y aura beaucoup à faire pour que l’Algérie pacifiée mesure ce que sont, au juste, les tenants et les aboutissants de sa propre détermination. Je compte moi-même m’y employer. D’autre part, les modalités de la future consultation devront être, en temps voulu, élaborées et précisées. Mais la route est tracée. La décision est prise. La partie est digne de la France. »

LA REPONSE DE FERHAT ABBAS – 28 Septembre 1959 -

Au seuil de la sixième année de guerre, alors que l’Assemblée générale des Nations unies s’apprête à discuter de nouveau de la question algérienne, et que de grandes confrontations internationales laissent entrevoir un espoir de paix dans le monde, les regards se tournent vers l’Algérie. Tous les peuples appellent de leurs vœux le retour à la paix dans cette terre africaine om se déroule encore une guerre qui a fait déjà près d’un million de victimes.

Le peuple algérien a été contraint par le colonialisme à prendre les armes. Tout en réaffirmant sa volonté de lutte jusqu’à la libération nationale, le gouvernement provisoire de la République algérienne déclare qu’il n’entend négliger aucune occasion pour donner toutes ses chances à la paix.

Le président de la République française a solennellement reconnu, au nom de la France, dans sa déclaration du 16 Septembre 1959 le droit des Algériens à l’autodétermination.

Le droit de disposer librement de son destin est enfin reconnu au peuple algérien. Cette évolution n’a été possible que parce que depuis cinq années le peuple algérien résiste victorieusement à l’une des plus sanglantes guerres de reconquête colonialiste.

Elle n’a été possible que parce que le Front de Libération Nationale et l’Armée de libération nationale poursuivent et poursuivront s’il était nécessaire le combat libérateur. Elle n’a été possible, enfin que grâce au soutien de tous les peuples frères et amis et à l’appui de l’opinion publique internationale.

Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, inscrit dans le proclamation du Front de Libération Nationale, a toujours été un objectif fondamental de la révolution algérienne. Il constitue un moyen démocratique et pacifique pour le peuple algérien d’aboutir à l’indépendance nationale.

Inscrite dans la charte des Nations unies, l’autodétermination, c’est-à-dire le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, restitue au peuple algérien l’exercice de la souveraineté nationale qu’une conquête militaire – d’où ne saurait découler aucune légitimité – lui a momentanément ravi.

L’entité nationale que constitue l’Algérie et l’unité sociologique de son peuple sont des éléments objectifs essentiels. Une application de l’autodétermination qui ne tiendrait pas compte de ces réalités et qui viserait à un éclatement de cette entité en communautés raciales ou religieuses est illusoire.

Le gouvernement provisoire de la République algérienne rappellent, en outre, le principe intangible de l’intégrité du territoire national et exprime la détermination inéluctable du peuple algérien de s’opposer à toute tentative de partition.

Il attire l’attention de l’opinion internationale sur le danger que constitue toute atteinte à cette unité et à cette intégrité. une tentative de cette nature, loin de contribuer à la solution, ne ferait que l’aggraver et constituerait une menace permanente à la paix et à la sécurité internationale.

Quant aux richesses du Sahara, leur prospection et leur exploitation ne sauraient en aucun cas se muer en droit de priorité. Source de progrès humain, d’abord pour l’Algérie et l’Afrique de Nord, ces richesses ne peuvent dans l’intérêt général que susciter une large et fructueuse coopération.

Sur un autre plan, subordonner le libre choix du peuple algérien à la consultation du peuple français serait la négation même de l’autodétermination et à la démocratie.

L’indépendance qui résultera d’une libre consultation du peuple algérien ne sera pas une source d’anarchie et de misère, bien au contraire, cette indépendance conditionne tout progrès réel. Elle garantira la liberté des individus et assurera la sécurité des personnes. Enfin, elle facilitera l’édification du Maghreb et la libre coopération avec tous les pays. Ce sont là les deux discours prononcés par le Général De Gaulle et Le Président du GPRA sur l’autodétermination de l’Algérie.

Un point d’histoire d’abord : ce discours fut prononcé ici, chez nous, en Hainaut : à Valenciennes.

http://www.ina.fr/histoire-et-conflits/decolonisation/video/CAF90041769/discours-du-general-de-gaulle-a-valenciennes.fr.html

De Gaulle arrive à pied. Au premier plan, des hommes portant des casques de mineurs.  De Gaulle entre dans l’Hôtel de Ville. – De Gaulle à la tribune dit : “merci… merci.. .A Valenciennes, de tout mon cœur merci de l’accueil magnifique, preuve de l’unité française que vous offrez à tous. Je me permets également de dire merci de votre patience.. tout le long de la route j’ai rencontré beaucoup de témoignages émouvants et c’est pourquoi je suis un peu en retard… »

Les témoins de l’époque, ont tous ou presque témoigné : le Premier ministre Michel Debré, le président du Conseil constitutionnel Léon Noël, le gendre de De Gaulle Alain de Boissieu, le directeur de L’Écho d’Alger Alain de Serigny. Mais aussi les généraux  Massu et  Salan, …. du côté algérien, les leaders Ferhat Abbas, Saad Dahlab ou Ali Kafi, acteurs et témoins  de la lutte fratricide au sein du FLN. Tous répondent de manière différente.

De Gaulle à choisi l’indépendance de l’Algérie, alors qu’il a été porté au pouvoir au mois de mai 1958 par les partisans de l’Algérie française. Certains opposants racontent une histoire de plan tenu secret et appliqué par de Gaulle une fois revenu aux affaires. C’est le conspirationnisme classique de l’extrême droite !

Comment comprendre la politique du général de Gaulle face à la guerre d’Algérie :

-                     A-t-il appliqué un programme conçu de longue date par lui seul ?

-                     A-t-il évolué au fil de l’eau, naviguant à vue, dans une eau tempétueuse et farcie de bombes bien réelles ?

-                     Voulait-il :

  • Maintenir l’Algérie sous domination française ?
  • S’en débarrasser ?
  • S’en servir pour revenir au pouvoir et puis vogue la galère ? Quand on connaît ce retour de 1958, les 13 complots du 13 mai 1958, l’attitude de De Gaulle en pompier incendiaire pour être plus sûr d’être appelé à éteindre le feu !

Il est permis de se poser la question ! Ce qui est sûr, c’est que la « grand Charles » en a cocufié pas mal !!! Mais, selon lui, les français étaient « des veaux » !! Alors ….

Parmi les cocus citons : Léon Delbecque, Jacques Soustelle, Lagaillarde, Ortiz, Susini, les généraux Maurice Challe, Edmond Jouhaud, Raoul Salan et André Zeller aidés par les colonels Argoud et Gardes, le commandant Hélie Denoix de Saint-Marc commandant le 1er Régiment étranger de parachutistes (1er REP) , ils tenteront leur putsch le 21 avril 1961.

Le 23 avril 1961, De gaulle prononcera un autre discours célèbre :

« Un pouvoir insurrectionnel s’est établi en Algérie par un pronunciamiento militaire. […] Ce pouvoir a une apparence : un quarteron de généraux en retraite. Il a une réalité : un groupe d’officiers, partisans, ambitieux et fanatiques. Ce groupe et ce quarteron possèdent un savoir-faire expéditif et limité. Mais ils ne voient et ne comprennent la Nation et le monde que déformés à travers leur frénésie. Leur entreprise conduit tout droit à un désastre national…. Voici l’État bafoué, la Nation défiée, notre puissance ébranlée, notre prestige international abaissé, notre place et notre rôle en Afrique compromis. Et par qui ? Hélas ! hélas ! hélas ! par des hommes dont c’était le devoir, l’honneur, la raison d’être de servir et d’obéir.
Au nom de la France, j’ordonne que tous les moyens, je dis tous les moyens, soient employés pour barrer partout la route à ces hommes-là, en attendant de les réduire. J’interdis à tout Français et, d’abord, à tout soldat, d’exécuter aucun de leurs ordres…..
Devant le malheur qui plane sur la patrie et la menace qui pèse sur la République, ayant pris l’avis officiel du Conseil constitutionnel, du Premier ministre, du président du Sénat, du président de l’Assemblée nationale, j’ai décidé de mettre en cause l’article 16 de notre Constitution. À partir d’aujourd’hui, je prendrai, au besoin directement, les mesures qui me paraîtront exigées par les circonstances…
Françaises, Français ! Aidez-moi !
»

On peut penser, au total, que De Gaulle, qui avait toujours eu « une certaine idée de la France », qui voulait une grande politique mondiale comme le montrera le discours de Phnom-Penh le 1er septembre 1966, a délibérément sacrifié les sort de nombreux algériens et de certains des ses soutiens à sa vision politique. Après tout, il avait déjà couvert de son ombre tutélaire les massacres de Sétif en 1945 et ceux de Madagascar en 1947 !!

Voir sur ce point sur ce blog : http://dutron.wordpress.com/2008/08/10/pour-defendre-les-droits-de-l%E2%80%99homme-partout-dans-le-monde-en-chine-en-russie-et-ailleurs-balayons-devant-notre-porte-en-occident-en-belgique-et-en-france/

Ici, sur l’affaire algérienne, il couvrira ou laissera faire le massacre des Harkis par le nouveau pouvoir algérien.

Cela fait beaucoup de honte accumulée, mon Général !!

De la Turquie d’Atatürk à la pieuvre Ergenekon le Gladio Turc

septembre 12, 2009 at 5:18 | In Altermondialisme, Belgique, Citoyenneté, Culture - Livres, Economie, Europe, Féminisme, Mémoire et histoire, Politique, Société, social | 4 Comments
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De la Turquie d’Atatürk à la pieuvre Ergenekon le Gladio Turc

Avec ce titre, nous avons bien conscience que le sujet dépasse largement le format imposé par un article de blog. Mais l’affaire est si importante que nous allons tout de même tenter de la traiter : c’est que la Turquie frappe à la porte de l’Europe et que nous sommes européens même si nous ne voulons pas de l’Europe actuelle qui est bien assez grande pour se saborder elle-même comme le montre l’actualité autour du dossier Opel.

D’autre part, malgré la difficulté de synthèse compréhensible, comme nous nous intitulons « réseau euro-méditerranéen », il est de notre devoir de connaître les pays de cette euo-méditerranée.

*

*     *

La Turquie moderne doit beaucoup à Ataturk (Mustafa Kemal  dit Atatürk). Après la Première Guerre mondiale et l’occupation alliée de l’Empire ottoman, ce militaire de carrière refuse de voir l’Empire ottoman être démembré par le traité de Sèvres[1]. Accompagné de partisans, il se révolte contre le gouvernement impérial et crée un deuxième pouvoir politique à Ankara. C’est de cette ville qu’il mène la guerre contre les occupants à la tête de la résistance turque.

Kemal_Ataturk

Atatürk

Sous son commandement, les forces turques ont vaincu les armées arméniennes, françaises et italiennes. Puis il défait les armées grecques qui occupent la ville et la région d’Izmir, la Thrace orientale et des îles de la mer Égée (Imbros, aujourd’hui Gökçeada, Ténédos, aujourd’hui Bozcaada et Moschonisi, aujourd’hui Alibey). Après la bataille du Sangarios (aujourd’hui Sakarya), la Grande assemblée nationale de Turquie lui donne le titre de Gazi (le victorieux) ; il parvient à repousser définitivement les armées grecques hors de Turquie. Suite à ces victoires, les forces britanniques choisissent de signer un premier armistice avec lui et s’engagent aussi à quitter le pays.

Mustafa Kemal affirme également une volonté farouche de rupture avec le passé impérial ottoman et de réformes radicales pour son pays.

Inspiré par la Révolution française, il profite de ce qu’il considère comme une trahison du sultan lors de l’armistice de Moudros[2], pour mettre un terme au règne du Sultan le 1er novembre 1922. Il instaure ainsi la laïcité : séparation entre le pouvoir politique (sultanat) et spirituel (califat).

Après la proclamation de la République, il déplace la capitale d’Istanbul à Ankara et il occidentalise le pays à travers plusieurs réformes. Notamment, il inscrit la laïcité dans la Constitution, donne le droit de vote aux femmes et remplace l’alphabet arabe par l’alphabet latin avec les lettres spéciales “ğ Ğ ı ş Ş”. Sous sa présidence autoritaire, la Turquie a mené une révolution sociale sans précédent, qu’on appelle généralement révolution kémaliste. Le 24 novembre 1934, l’Assemblée lui donne le nom d’Atatürk « père des Turcs. »

Il meurt d’une cirrhose du foie le 10 novembre 1938. Au cours des funérailles nationales il est enterré au musée ethnographique d’Ankara. Sa dépouille repose aujourd’hui dans le mausolée dit de l’Anıtkabir.

Cherchant à limiter l’influence de l’islam sur les établissements politiques et culturels turcs, il avait décidé de supprimer le Califat le 3 mars 1924, responsable à ses yeux du ralentissement du développement de la Turquie. Il avait adopté le système de la laïcité française ; la religion n’est pas contestée, mais elle se limite à la sphère strictement privée.

Deux citations particulièrement révélatrice d’Atatürk :

-         “L’homme politique qui a besoin du secours de la religion pour gouverner n’est qu’un lâche. Or, jamais un lâche ne devrait être investi des fonctions de chef de l’Etat.”

-         “Notre religion n’a jamais demandé que les femmes restent derrière les hommes “

Anitkabir Le mausolée d'AtatürkAnitbakir : Le mausolée d’Atatürk

Après la mort d’Atatürk, la Turquie connaîtra une histoire tourmentée :

  • 1939 : La Turquie déclare sa neutralité dès le début de la Seconde Guerre mondiale. En fait, elle est très proche du fascisme allemand et, c’est de cette époque que date les développement de la pieuvre Ergenekon et de son bras armé : les Loups Gris. En fait, ce nom vient d’une légende qui veut que l’origine du peuple turc, en Asie centrale, ait tenu à une louve grise un peu comme pour Romulus et Remus à Rome.
  • 1945 : La Turquie finalement, change de camp dans la Seconde Guerre mondiale contre l’Allemagne, deux mois avant la capitulation de celle-ci. Elle devient l’un des 51 membres fondateurs de l’ONU
  • 1945 : Fin du système de parti unique.
  • 1946 : Création du Demokrat Parti par Celal Bayar
  • 1948 : Participation au plan Marshall. Ici la CIA entre en scène plus largement d’ou la ressemblance entre Ergenekon et le Gladio[3]
  • 1949 : Cooptée (en même temps que la Grèce) par les membres fondateurs du Conseil de l’Europe trois mois après la signature du traité de Londres.
  • 1950 : Le Demokrat Parti gagne les élections législatives du 14 mai. Adnan Menderes devient premier ministre et Celal Bayar président de la République. Nombre d’interdictions religieuses datant d’Atatürk sont abandonnées. L’appel à la prière est de nouveau récité en arabe, qui est désormais la langue liturgique officielle de l’État Turc. Le parti remporte les élections de 1954 et 1957 et reste au pouvoir jusqu’au coup d’État de 1960.
  • 18 février 1952 : La Turquie devient membre de l’OTAN. Dominée par les USA, elle est le poste avancé du glacis européen face au monde arabe et l’URSS..
  • 6 septembre 1955 – 7 septembre 1955: La communauté grecque orthodoxe d’Istanbul est attaquée et ses biens sont pillés.
  • 1959 : La Turquie pose sa candidature pour devenir membre associé de la CEE.
  • 27 mai 1960 : Coup d’État militaire. Adnan Menderes et deux autres figures importantes du Demokrat Parti sont jugés par un tribunal spécial et pendus pour haute trahison en septembre 1961.
  • 1961 : Nouvelle constitution adoptée par référendum (61% pour). Arrivée au pouvoir du Cumhuriyet Halk Partisi. İsmet İnönü redevient premier ministre, tandis que le chef des putschistes, Cemal Gürsel, est élu quatrième président de la République. Antalya devient siège du gouvernement Turc.
  • 22 février 1962 : Tentative de coup d’État du colonel Talat Aydemir. Le putsch a été avorté sans faire de victimes par la résistance énergique du premier ministre İnönü. Aydemir s’est rendu à condition de ne pas être jugé.
  • 21 mai 1963 : Seconde tentative de coup d’État du colonel Talat Aydemir. Des accrochages ont eu lieu dans les rues d’Ankara entre les forces d’Aydemir et celles restées fidèles au gouvernement, faisant 8 morts. Talat Aydemir s’est finalement rendu. Il est jugé et condamné à mort en 1964.
  • Décembre 1963 : Première crise chypriote.
  • 1963 : Un accord d’association entre la Turquie et la CEE est signé.
  • 1965 : Arrivée au pouvoir de Adalet Partisi. Süleyman Demirel est nommé premier ministre.
  • 1966 : Cevdet Sunay devient le cinquième président de la République.
  • 1967 : Visite du Pape Paul VI.
  • 1970 : Crise économique ; climat de violence ; attentats d’extrême gauche.
  • 12 mars 1971 : Démission de Süleyman Demirel suite à une déclaration musclée de l’État-major ; répression violente des mouvements de gauche ; limitation de la liberté de la presse et des droits syndicaux. La Parlement reste en fonction et des gouvernements technocrates sont formés par des hommes politiques « indépendants », proches de l’État-major.
  • 1973 : Fahri Korutürk est élu le sixième président de la République. Élections législatives remportées par le Cumhuriyet Halk Partisi de Bülent Ecevit qui devient premier ministre.

  • 20 juillet 1974 : Début de l’opération Attila. À la suite d’un coup d’État des nationalistes grecs contre le gouvernement chypriote en place visant à rattacher l’île à la Grèce, et en s’appuyant sur le traité de garantie de la Constitution de 1960, la Turquie intervient militairement à Chypre, et occupe le nord de l’île en deux jours. Cette rapide victoire de l’armée turque aboutira à la division de l’île et à la chute de la dictature des colonels en Grèce ; embargo militaire américain.
  • 1975 : Premiers attentats terroristes de l’Armée secrète arménienne de libération de l’Arménie ; jusqu’en 1997, 120 attentats et 22 assassinats contre des diplomates turcs seront menés par l’ASALA qui cherche par là à forcer le gouvernement turc à reconnaître le génocide arménien – et, à défaut, attirer l’attention internationale sur la question arménienne. Au total, le bilan des attentats imputés à l’ASALA se monte à 46 morts et 299 blessés.
  • 1977 : Le défilé traditionnel du 1er mai attaqué par des militants de l’extrême-droite, faisant 27 morts. Ce carnage marque le début d’une quasi-guerre civile entre les fractions de gauche et de droite qui feront plus de 5 000 morts jusqu’en 1980.
  • Novembre 1979 : Visite du Pape Jean-Paul II.
  • Mai 1980 : Grève générale contre les violences de l’extrême droite.
  • 12 septembre 1980 : Coup d’état militaire ; 30 000 arrestations ; dissolution du parlement et interdiction des partis politiques. Le chef d’état-major Kenan Evren devient président de la République.
  • Le 13 mai 1981, Mehmet Ali Ağca, membre des Loups gris, tente d’assassiner le pape Jean-Paul II sur la place Saint-Pierre à Rome.
  • Novembre 1982 : Nouvelle constitution ; les anciens partis restent interdits. Le gouvernement reprend sa place à Ankara au Palais des Ottomans.
  • Décembre 1982 : Crise des banques, des dizaines de milliers d’épargnants perdent leurs économies.
  • 15 novembre 1983 : La République turque de Chypre du Nord est créée, mais elle est uniquement reconnue par la Turquie.
  • Décembre 1983 : Retour au régime civil. L’Anavatan Partisi, nouvellement créé, gagne les élections législatives et Turgut Özal est nommé premier ministre. Virage néolibéral (vague de privatisations) et islamique (les cours de religion deviennent obligatoires dans l’éducation primaire et secondaire).
  • 10 janvier 1984: L’avortement légalisé.
  • 15 août 1984: Début de la guérilla menée par le PKK d’Abdullah Öcalan. Les affrontements avec les forces gouvernementales qui s’ensuivent feront plus de 37 000 morts jusqu’en 2008 et de très nombreux déplacés (les chiffres varient de 40 000 à un million de personnes). Durant plusieurs années ; les Loups gris vont donner toute la mesure de leur sauvagerie face aux Kurdes : Le total des morts Kurdes est actuellement estimé à 100.000.

  • Avril 1987 : La Turquie demande son adhésion à l’Union européenne.
  • 18 juin 1988: Tentative d’assassinat contre le premier ministre Turgut Özal lors du congrès de son parti. Il est légèrement blessé. Le tireur, Kartal Demirağ, un ultranationaliste, affirme avoir agi seul.
  • Décembre 1989 : La Commission européenne déclare la Turquie éligible à la candidature, mais elle diffère l’examen du dossier.
  • 1989 : Turgut Özal est élu président. Yildirim Akbulut est nommé premier ministre.
  • 1990 : Vague d’assassinats politiques attribués aux islamistes mais nous verrons plus loin qu’il y a beaucoup à dire dans le cadre du complot Ergenekon : l’universitaire Muammer Aksoy le 31 janvier, le rédacteur en chef du journal Hürriyet Çetin Emeç le 7 mars, l’essayiste Turan Dursun le 4 septembre et l’universitaire et députée Bahriye Üçok le 6 octobre.
  • 1990 : Début des premières diffusions radiotélévisées privées. Le monopole de l’État sur l’audiovisuel ne sera levé officiellement qu’en 1993.
  • 1991 : Mesut Yılmaz devient premier ministre.
  • 1991 : Süleyman Demirel, est nommé premier ministre suite aux élections législatives.
  • 24 janvier 1993 : Assassinat d’Uğur Mumcu, chroniqueur du journal Cumhuriyet. Ses funérailles se transforment en une grande manifestation en faveur de la laïcité.
  • 17 avril 1993 : Mort du président Turgut Özal, remplacé par Süleyman Demirel, qui devient ainsi le neuvième président de la République.
  • Juin 1993 : Tansu Çiller (Doğru Yol Partisi) 1re femme à occuper le poste de premier ministre.
  • Juillet 1993 : 37 intellectuels alévis[4] meurent dans un incendie criminel à Sivas, attribué encore et toujours aux islamistes.
  • Mars 1994 : Élections municipales massivement remportées par les islamistes du Parti de la Prospérité (Refah Partisi, créé en 1983).
  • 12 mars 1995 : Emeutes dans le quartier défavorisé de Gazi à Istanbul, majoritairement alévi, faisant 17 morts.
  • Décembre 1995 : Élections législatives, dont le parti islamiste Refah sort vainqueur.: L’union douanière entre l’Union européenne et la Turquie entre en vigueur. La Turquie abolit les taxes d’importation sur les produits venant de l’Union européenne.
  • Juillet 1996 : Gouvernement islamiste du chef de Refah Partisi Necmettin Erbakan. Il est poussé à démissionner 11 mois plus tard, en Juin 1997, sous la pression de l’armée et de la société civile (médias, milieux d’affaires et universités) ; Mesut Yılmaz  redevient premier ministre.
  • Octobre 1998 : Pression politico-militaire sur la Syrie pour forcer cette dernière à extrader Abdullah Öcalan, le chef du PKK. Damas résiste, mais sous la pression de la communauté internationale, elle accepte finalement de l’expulser. Öcalan se rend d’abord en Russie, puis en Italie via la Grèce.
  • Janvier 1999 : Bülent Ecevit est nommé premier ministre d’un gouvernement minoritaire.
  • Février 1999 : le chef du PKK, Abdullah Öcalan, est arrêté au Kenya. Il est jugé et condamné à mort en Juin 1999, mais sa peine est commuée en prison à vie lors de l’abolition de la peine capitale quelques années plus tard.
  • Mai 1999 : Élections législatives anticipées, le DSP (parti d’Ecevit) en sort vainqueur. Bülent Ecevit devient premier ministre d’une coalition rassemblant la gauche (DSP), le centre-droit (ANAP) et l’extrême-droite nationaliste (MHP).
  • 17 août 1999 : Tremblement de terre dévastateur au nord-ouest du pays faisant 17 000 morts.
  • 21 octobre 1999 : Assassinat d’Ahmet Taner Kışlalı, professeur des sciences politiques à l’Université d’Ankara. Une organisation terroriste islamiste revendique le crime.
  • Décembre 1999 : L’Union européenne accepte officiellement la candidature de la Turquie lors du sommet d’Helsinki et souligne la « vocation européenne » du pays, mais elle fixe à son entrée dans l’UE des conditions que la Turquie accepte.
  • 16 mai 2000 : Ahmet Necdet Sezer devient le dixième président de la République.
  • Février 2001 : Grave crise financière ; dévaluation de 50 % de la livre turque, des centaines de milliers de gens perdent leur emploi.
  • Octobre 2001 : La Turquie modifie radicalement sa constitution pour remplir les critères politiques fixés par l’Union européenne.
  • Août 2002 : Abolition officielle de la peine de mort, sauf en temps de guerre (abolition totale en 2004) ; la dernière exécution date en fait de 1984.
  • 3 novembre 2002 : Arrivée au pouvoir du parti AKP ; Recep Tayyip Erdoğan devient premier ministre en mars 2003.
  • 1er mars 2003 : le Parlement turc refuse de permettre le stationnement des troupes américaines sur le sol turc lors du déclenchement de la guerre en Irak.
  • 2003 : Attentats à la voiture piégée d’Al-Qaida à Istanbul, les 15 et 20 novembre, contre des intérêts juifs et britanniques, 60 morts.
  • 2004 : Autorisation de la diffusion audiovisuelle des langues minoritaires. Premières émissions en langue kurde à la télévision publique, la TRT.
  • 2005 : Introduction de la nouvelle livre turque (YTL) ; 1 YTL = 1 000 000 TL
  • 1er juin 2005 : Adoption d’un nouveau code pénal accordant plus de libertés individuelles et plus conforme aux exigences européennes.
  • 3 octobre 2005 : Début des négociations d’adhésion avec l’Union européenne.
  • Novembre 2006 : Visite du pape Benoît XVI.
  • 19 janvier 2007 : Assassinat de Hrant Dink, rédacteur en chef du journal Agos (publié à Istanbul en turc et en arménien). 200 000 personnes assistent à ses funérailles le 23 janvier.
  • Avril-Mai 2007 : Crise politique au tour de l’élection du nouveau président par l’Assemblée nationale, ce qui déclenche les élections anticipées. Malgré la fin de son mandat le 16 mai, le Président Sezer garde son poste en attendant son successeur.
  • 22 juillet 2007 : Elections législatives anticipées, où l’AKP obtient 46,7 % des voix. Recep Tayyip Erdoğan conserve le poste de premier ministre.
  • 28 août 2007 : Abdullah Gül est élu onzième président de la République grâce à la majorité parlementaire de l’AKP.
  • 21 octobre 2007 : Amendement constitutionnel par référendum (70 % pour). Le président de la République sera désormais élu au suffrage universel.
  • 9 février 2008 : Amendement constitutionnel pour la levée de l’interdiction du foulard islamique à l’université. Cet amendement est annulé par la Cour constitutionnelle le 5 juin 2008 sur la base de l’article 2 de la Constitution, qui garantit la laïcité.
  • 30 juillet 2008: La Cour constitutionnelle rejette une demande d’interdiction du Parti de la Justice et du Développement (AKP), au pouvoir, accusé d’activités antilaïques. La Cour avait été saisie le 14 mars 2008 par le procureur en chef de la Cour de cassation.
  • 1er janvier 2009: La Turquie devient membre non-permanent du Conseil de sécurité des Nations unies pour deux ans.
  • 29 mars 2009: Elections municipales. L’AKP, au pouvoir, perd des voix mais reste la première formation politique du pays.

Les Loups Gris (Bozkurtlar en turc) :

c’est le nom des militants des Ülkü Ocakları (« Foyers idéalistes »), mouvement d’extrême droite turc nationaliste.

L’Idéalisme (Ülkücülük en turc), idéologie développée par Alpaslan Türkeş, fondateur du parti du MHP (Parti de l’Action nationaliste), est un nationalisme panturc.

Asparlan Turkes

Le Başbuğ

Un sacré personnage ce Türkes !! Alparslan Türkeş, également surnommé le Başbuğ (le chef, le Fuhrer) est le nom de guerre du fondateur du parti nationaliste Milliyetçi Hareket Partisi (MHP) en Turquie (Parti de l’action nationaliste) et des partis qui ont précédé celui-ci, dont les idéologies sont un nationalisme panturc. Son vrai nom est Ali Arslan]: il naît à Nicosie à Chypre en 1917. Intégrant le Parti Nationaliste Républicain des Campagnes (CKMP) dans les années 1960 dans le but de le capter, il en devient en 1965 le président. En 1969, le CKMP devient le Milliyetçi Hareket Partisi (Parti du Mouvement Nationaliste) et adopte comme symbole un drapeau rouge avec trois croissants de lune, un ancien drapeau turc utilisé sous l’Empire ottoman.

Il devient adjoint du Premier ministre en 1975, en faisant partie du gouvernement de coalition. Türkeş brule de devenir le principal dirigeant turc mais les généraux le devancent en septembre 1980 et le général Kenan Evren devient président. Il est condamné à la peine de mort et son parti est interdit. Il est finalement acquitté après être resté en prison quatre ans et demi. En 1987, son interdiction de participer à la vie politique est levée, il entre au MÇP (Parti Travailliste Nationaliste) et en est élu président. Il revient au parlement en 1991 grâce à une coalition avec le Refah Partisi (Parti religieux islamique).

En 1992, grâce à un changement de la loi, le MÇP reprend le nom de Milliyetçi Hareket Partisi. Il aide cette même année les Loups Gris à s’infiltrer dans la politique azerbaïdjanaise en soutenant Aboulfaz Eltchibeï, qui sera élu président. Ce sera le début de l’implantation des Loups Gris dans la politique des ex-républiques soviétiques d’Asie Centrale. En 1995, il perd sa place au parlement.

Lui et les groupes nationalistes qu’il a dirigés ont pu acquérir beaucoup de pouvoir grâce à l’aide qu’ils pouvaient fournir dans la lutte contre les communistes et les rebelles Kurdes en Turquie. Türkeş a bien évidemment bénéficié, notamment, de l’aide efficace du chef du bureau de la CIA en Turquie sous la présidence de Jimmy Carter.

Parmi les modèles de Türkeş on peut noter l’écrivain d’extrême droite Nihal Atsiz, de la première moitié du XXe siècle, écrivant sur la vie des Turcs des steppes d’Asie Centrale il y a plusieurs siècles. Autre grand inspirateur du personnage : Adolf Hitler. Türkeş ne cache pas que, pour lui, juifs, arméniens et Kurdes doivent disparaître de la surface de la terre.

Son idéologie vise donc à glorifier le peuple turc, existant et resté pur depuis des siècles, niant les mélanges incontestables qu’a provoqué l’Empire ottoman. Comme son mentor Nihal Atsiz, Alpaslan Türkeş voit les Turcs comme un peuple directement issu des Huns.

La nuit tous les loups sont grisLa nuit tous les loups sont gris

Les Loups Gris, inspirés par Türkeş sont accusés d’actions violentes, notamment contre la Gauche, l’extrême Gauche et les minorités ethniques et religieuses dans les années 1970, avant le coup d’État de 1980. En effet la Turquie a joué le rôle d’avant-garde du camp occidental durant la guerre froide ; des luttes d’influences se sont ainsi essentiellement manifestés à l’intérieur du pays durant les trois dernières décennies de la guerre froide. Ils ont eu beaucoup de liens avec la mafia turque connue pour son engagement politique en leur faveur. C’est que, pour se financer, les Loups Gris ont pratiquent le trafic de drogue ce qui crée bien des relations !!

Il y a eu dans les années 1990 une scission majeure dans le mouvement, les ultranationalistes religieux créant leur propre mouvement Alperen Ocakları sous la houlette de leur nouveau parti de tendance plutôt islamo-nationaliste Büyük Birlik Partisi ou BBP (« Parti de la grande unité »), affirmant que le mouvement d’Alpaslan Türkeş était bien trop laïc, loin des préoccupations des gens de la mosquée et qu’il s’était écarté de son idéologie originelle. Cette scission corrobore ainsi le glissement vers le centre droit du MHP qui essaie de s’adapter d’une manière pragmatique au nouvel environnement socio-politique turc.

Les Loups Gris auraient également des liens dans des pays et des régions turcophones, surtout en Azerbaïdjan, dans les pays d’Asie Centrale, et aussi avec les Turcs des Balkans et du Caucase  afin de faire la propagande de l’idéologie panturque, mais aussi afin de montrer leur solidarité avec les mouvements nationalistes d’autres peuples qu’ils considèrent comme frères (Tchétchènes, Bosniaques, Albanais).

La politique des Loups gris a certainement connu, au fil du temps, des accointances avec des organisations italiennes des années de plomb ; Ils sont aussi présents en Belgique ou un élu socialiste bruxellois est considéré comme leur membre. Toujours en Belgique où l’on trouve une forte immigration turque, certains pensent qu’ils ont joué un rôle dans la tentative de déstabilisation de la Belgique que fut l’affaire dite « des tueurs du Brabant »[5], peut-être pour le compte de la CIA.

La Belgique terrain de chasse des Loups Gris :

Le célèbre maffieux Yalçin Özbey membre du mouvement fasciste turc des Loups Gris résidant en Belgique de longue date, vient de bénéficier de l’impunité dans le meurtre d’Ipekçi conformément à l’article 104/2 du Code pénal turc qui fixe la prescription maximale à 30 ans

Murat Denizli, élu sur la liste socialiste lors des élections du 8 octobre 2006 à Schaerbeek, a annoncé jeudi qu’il ne siégera pas dans le conseil communal. L’intéressé avait été mis en cause en raison de son passé d’administrateur d’une association culturelle qui aurait des liens avec les Loups gris, organisation turque d’extrême droite.

Mme Neslihan Beklevic, élue Ecolo à Châtelet en 2000, passée en mai 2005 au PS et réélue le 8 octobre, qui est, selon une source locale, une des responsables du groupe des femmes dans l’association locale des “Loups Gris”. Son époux Bayram Beklevic est quant à lui un des responsables des groupes sportifs au sein de la même association, l’”Association culturelle belgo-turque de Châtelet”, ex-”Maison turque de Châtelet” fondée en 1986

Fehriye Erdal, menacée d’être enlevée ou abattue par des escadrons de la mort. Une meute de Loups Gris maffieux sur les trousses de Dursun Karatas. Les services secrets turcs actifs sur le sol belge. Une fiction ? Un délire paranoïaque ? Une intox semée par des provocateurs en quête de sensations fortes sinon par des ultragauchistes ? Pas du tout ! Si l’on en croit les très nombreux rapports de commissions d’enquêtes parlementaires turcs, les enquêtes judiciaires belges et les révélations des truands concernés. Autre témoin de cette effroyable réalité : le cadavre d’un barbouze abattu à Liège dans la nuit de Noël 1997 par l’un de ses pairs.

Dans la nuit du 24 au 25 décembre 1997, Osman Nuri Van est retrouvé mort d’une balle dans la tête en plein centre de Liège.

Ce membre actif des Loups Gris avait été recruté comme agent de la MIT (service d’intelligence turque) au département des opérations. Sa dernière mission fut de se rendre en Europe pour éliminer le secrétaire général du DHKP-C, Dursun Karatas.

En Belgique, le faste dans lequel vivait Osman Nuri Van pourtant sans emploi apparent, en particulier sa Mercedes flambant neuve payée cash, mais aussi sa discrétion et ses allers-retours répétés entre la Belgique et la Turquie , avaient pourtant attiré l’attention de la Sûreté belge qui le soupçonnait de se livrer à du trafic de drogue.

En 2004, Le nouveau Secrétaire d’Etat socialiste bruxellois Emir Kir perd sa licence en sciences politiques et relations internationales pourtant bel et bien inscrit sur le site du PS depuis des années !

Emir Kir à droite avec Elio di RupoEmir Kir (à droite !) avec Elio di Rupo (à gauche)

” Ah, c’est ma faute, il m’avait bien transmis les documents mais j’ai visiblement moi-même fait une erreur d’encodage… ” dit le webmaster socialiste !!! M’ouais ! Une ” erreur d’encodage ” qui traînerait depuis les campagnes électorales de 2000, 2003 et 2004. Et puis, si même la webmaster se fait duper…

Suite à cette nouvelle relance, abracadabra, le profil en ligne subit une deuxième modification qui cette fois sera, enfin!, la bonne. En effet, on voit alors apparaître dans la rubrique formation de Kir : Candidat en sciences politiques !!! Mais le pire n’est pas là ! Le  pire c’est sa participation, aux côtés d’autres candidats d’origine turque (PS, PRL, FDF, CDH, Ecolo), à une marche négationniste à propos du génocide arménien, sa participation (avec Pascal Smet, Brigitte Grouwels,…) à un dîner avec des membres du parti d’extrême-droite turc MHP (“Loups Gris”), le financement de sa campagne… Début difficile en politique pour Emir Kir !!!!!

Le dimanche 21 octobre 2007, lors d’une manifestation illégale de l’extrême droite turque dans les rues de Bruxelles, le journaliste belge Mehmet Koksal (collaborateur du ”Courrier international”, de ”La Libre Belgique”, du ”Journal du Mardi”, de ”Points Critiques”… et de RésistanceS) a été lâchement attaqué par des membres des loups gris.

TURKEY-KURDS-UNREST-PROTESTSigne de ralliement des Loups Gris

N’en jetons plus, la cour belge est pleine de Loups !!!

Le Réseau Ergenekon : le Gladio turc ?

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Aux racines d’Ergenekon

Ce pourrait être le titre d’un roman gothique du 19° siècle : Ergenekon ! Ce nom mystérieux recouvre une histoire aussi fantastique qu’inquiétante : un complot à l’échelle de tout un pays et dont on ne cesse depuis deux ans de démêler difficilement les fils tant les conspirateurs bénéficient de nombreuses complicités… Ce pays, c’est la Turquie où l’on découvre avec effarement que la pieuvre Ergenekon avait lancé ses tentacules au plus profond de l’Etat et des institutions.

Ergenekon, c’est le nom d’une vallée mythique des montagnes de l’Altaï, au fin fond de l’Asie centrale. Là d’où seraient originaires les tribus turques originelles… Selon la légende, une louve au pelage gris-bleu aurait incité ces féroces guerriers à quitter leurs montagnes pour se lancer à la conquête du vaste monde. Et c’est ainsi que, conduits par ce fauve, les Turcs auraient abandonné l’Asie centrale pour avancer vers la Méditerranée et se rendre d’abord maîtres de l’Anatolie… Avant de conquérir une grande partie du bassin méditerranéen et des Balkans.

Et ce n’est pas par hasard si, plus tard, au XX° siècle, une redoutable organisation turque nationaliste et terroriste a choisi de s’appeler “Les Loups gris”. Les Loups gris qui sont le bras armé et clandestin du complot Ergenekon ! Il faut rappeler que c’est à l’occasion de l’attentat contre Jean-Paul II, en 1981, que les Loups gris accèderont, si l’on ose dire, à une notoriété internationale car l’homme qui a tiré sur le chef de la catholicité, Ali Agça, était membre de cette organisation criminelle…

Mais au-delà de cette appellation folklorique ou légendaire, c’est donc la réalité d’une vaste opération conspirationniste qui est en train d’être mise au jour en Turquie. Une entreprise née au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, qui n’a cessé de peser sur les orientations politiques du pays et qui est responsable des épisodes les plus sanglants de l’histoire récente de la Turquie.

En janvier 2009, l’enquête sur le réseau Ergenekon  révéle son ampleur. Alors que plusieurs dizaines de personnes comparaissent déjà devant la justice, de nouvelles personnalités ont été interpellées. L’opposition accuse le pouvoir d’utiliser cette enquête pour « intimider l’opinion ».

Avec le placement en détention d’un universitaire et d’un colonel à la retraite cela portait à dix-sept le nombre de personnes incarcérées en quelques jours pour « appartenance à une organisation terroriste ». Parmi elles, quatre officiers de l’armée. La semaine précedente, trente-trois personnes avaient été interpellées. L’enquête prenait un nouveau tour avec l’inculpation d’Ibrahim Sahin, ex-chef de la police proche des milieux ultranationalistes qui, dans les années 1990, avait fait les gros titres d’un scandale politico-mafieux. L’affaire Susurluk, révélée à l’occasion d’un accident de la route, avait mis au jour des projets d’attentats et d’assassinats.

Un Etat dans l’Etat

Selon l’accusation, le réseau s’est donné pour but de combattre les « ennemis de l’intérieur », principalement les islamistes modérés de l’AKP, au pouvoir depuis 2002. Les membres de ce réseau, des laïcs, entendraient ainsi défendre l’héritage de Mustapha Kemal, fondateur de la Turquie moderne et laïque. Le rapport du procureur affirme que les membres d’Ergenekon sont responsables de deux attentats à la bombe, l’un contre le Conseil d’Etat, l’autre au journal Cumhuriyet.

Déstabiliser l’AKP

Toujours selon la justice, cet « Etat profond » (derin devlet), terme qui désigne la politique en réseau, s’est donné pour objectif de semer le trouble, de déstabiliser l’AKP avec pour postulat que la fin justifie les moyens. Ainsi Ergenekon n’aurait pas craint d’assassiner des personnalités de son propre camp afin de faire croire à des attentats islamistes (vous voyez, on y vient) et préparer ainsi l’opinion à souhaiter l’intervention des militaires. En Turquie, l’armée est responsable de plusieurs coups d’Etat (1960, 1971, 1980), elle se présente comme la garante de l’ordre constitutionnel laïc et du kémalisme.

Un procès fleuve

Depuis le mois d’octobre 2008, quatre-vingt-six personnes comparaissent devant la justice. Militaires à la retraite, journalistes, hommes politiques sont accusés d’appartenir à ce réseau secret qui n’est pas sans rappeler le Gladio italien (armée secrète d’après guerre, destinée à parer une invasion soviétique). Et l’affaire divise la société turque. L’opposition accuse le Premier ministre de mener une « dictature péroniste », et soupçonne le gouvernement de s’en servir comme d’un instrument pour bâillonner la société civile et discréditer l’armée. Pour leur part les militaires démentent tout lien avec ce réseau. Il n’empêche, les interpellations de janvier 2009 ont provoqué des rencontres imprévues entre le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan et le chef d’état-major, un signe de regain de tension qui a entraîné, à l’époque, une brusque chute de la bourse.

Un nouveau  procès a commencé le 20 juillet 2009

Le procès  de 56 personnes, dont deux généraux en retraite, accusées de complot contre le gouvernement turc, issu de la mouvance islamiste, dans l’affaire Ergenekon, a commencé au tribunal de la prison de Silivri, près d’Istanbul.

Environ 200 manifestants pro-laïques et favorables aux inculpés se sont rassemblés lundi matin non loin du tribunal, une salle multisports aménagée à cet effet, qui fait partie de la prison de Silivri, à environ 50 km du centre d’Istanbul.

La plupart des manifestants étaient venus soutenir le journaliste pro-laïque Tuncay Özkan, opposant virulent au gouvernement, qui fait partie des inculpés.

“Ne te tais pas, n’abandonne pas ! Le soleil se lèvera sur l’obscurité !” scandaient les manifestants devant des gendarmes en tenue anti-émeute.

Des manifestants brandissaient des drapeaux turcs, d’autres portaient des badges à l’effigie d’Atatürk.

La comparution de ces suspects devrait relancer le procès controversé de ce réseau putschiste présumé. Le même tribunal juge déjà depuis octobre 86 accusés dans l’affaire Ergenekon. Les 56 nouveaux prévenus font l’objet d’un deuxième acte d’accusation publié en mars.

Parmi ces nouveaux venus, dont 21 sont en détention, figurent plusieurs ex-généraux, dont l’ancien chef de la gendarmerie Sener Eruygur, l’ex-général d’armée Hürsit Tolon et l’ex-général de brigade Levent Ersöz, désignés par l’acte d’accusation comme les dirigeants de la conspiration.

On y retrouve aussi des journalistes célèbres –Mustafa Balbay, une des grandes signatures du quotidien pro-laïcité Cumhuriyet, le polémiste Tuncay Özkan, des hommes d’affaires, des politiciens et même l’épouse d’un juge de la Cour constitutionnelle.

Sener Eruygur, qui avait été libéré pour raisons de santé, n’était pas présent à l’ouverture du procès, de même que l’ex-général Ersöz, malade et en détention.

L’ex-général Tolon était présent, de même que MM. Balbay et Özkan.

Ce nouveau procès est très attendu en Turquie pour éclaircir cette affaire de complot présumé, qui visait selon l’accusation à semer le chaos dans le pays par des attentats.

Le réseau Ergenekon, d’inspiration nationaliste et laïque, aurait projeté de provoquer des troubles et de commettre des assassinats afin d’amener l’armée à intervenir par un coup d’Etat contre le gouvernement, soupçonné d’avoir le projet inavoué d’islamiser la société turque.

Cette affaire a créé des tensions entre le gouvernement et l’armée qui se considère comme la garante du régime laïque.

L’enquête Ergenekon avait débuté en juin 2007 avec la découverte à Istanbul d’une cache d’armes.

Parmi les 56 prévenus, neuf sont accusés d’être les “dirigeants d’une organisation terroriste armée”, crime passible de la prison à vie.

La cour a lu l’acte d’accusation, un document de près de 2.000 pages. Elle devrait ensuite décider de joindre le dossier Ergenekon II au procès principal.

L’enquête Ergenekon est toujours en cours et plusieurs dizaines de suspects sont détenus. Ces derniers mois, elle s’est orientée vers des militaires d’active, dont plusieurs ont été arrêtés.

Même si cette affaire fait peu de bruit en France, il est important d’en suivre les développements et nous le ferons.



[1] Le traité de Sèvres est conclu le 10 août 1920, peu après la Première Guerre mondiale. C’est un traité de paix entre les Alliés et l’Empire ottoman, qui ne fut jamais ratifié par l’ensemble de ses signataires

[2] Par l’armistice de Moudros, l’Empire ottoman (représenté par son ministre de la Marine, Rauf Orbay ) et son sous-secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, Reşat Hikmet Bey) capitule devant les alliés (représentés par l’amiral britannique Arthur Calthorpe) dans le port de Moudros  sur l’île de Lemnos le 30 octobre  1918.

[3] Gladio (Glaive en italien) désigne le réseau italien des stay-behind, cette structure clandestine de l’OTAN créée après la Seconde Guerre mondiale pour parer à la menace d’invasion soviétique. On désigne couramment par ce nom l’ensemble des armées secrètes européennes, dont l’existence a été révélée publiquement le 24 octobre 1990 par le Premier ministre italien Giulio Andreotti.

[4] L’alévisme regroupe des membres de l’Islam hétérodoxes et revendique en son sein la tradition universelle et originelle de l’Islam et de toutes les religions monothéistes. Il se classe dans les traditions soufiques ; ses croyances sont assimilables au panenthéisme… Il se distingue par sa non soumission aux dogmes religieux dits « orthodoxes » tels le sunnisme, le chiisme. Certains voient en l’alévisme une tradition musulmane moderne. L’alévisme considère que « la femme est égale à l’homme, et en tant que telle. Elle est une composante essentielle de la société ». L’alévisme constitue la seconde religion en Turquie.

[5] Les tueries du Brabant sont une série de faits qui ont eu lieu en Belgique et en France, en deux vagues, dans la première moitié des années 1980 et dont les auteurs n’ont jamais été identifiés. La dénomination tueries du Brabant est due à ce que, parmi ces faits, plusieurs attaques à main armée se sont déroulées dans la province belge du Brabant.

Plusieurs pistes ont été suivies sans grands succès publics jusqu’à présent, entre autres celles du groupe néo-nazi Westland New Post (alias W.N.P.), infiltré par un inspecteur de la Sûreté de l’État (ou manipulant des services de sécurité officiels belges ou étant manipulé par ces derniers selon les versions) et d’autre part, les Cellules Communistes Combattantes ont été soupçonnées, donnant lieu à la création d’un Comité parlementaire de surveillance des services secret. La thèse de l’existence d’un complot visant à déstabiliser l’État belge, (qui aurait impliqué l’organisation Gladio), ou à créer un climat de peur dans la population a souvent été émise par certaines personnes dans les médias et la politique mais n’a jamais été démontrée. La CIA n’a pas l’habitude de passer au confessionnal !!

Féminisme : Olympe de Gouges féministe et universaliste jusqu’à l’échafaud

septembre 8, 2009 at 12:51 | In Altermondialisme, Citoyenneté, Culture - Livres, Féminisme, Mémoire et histoire, Politique, Société, social | 1 Comment

Féminisme : Olympe de Gouges féministe et universaliste jusqu’à l’échafaud

Marie-Olympe-de-Gouges

Marie Gouze, dite Marie-Olympe de Gouges, est née à Montauban le 7 mai 1748 elle est morte guillotinée à Paris le 3 novembre 1793. Femme de lettres française, devenue femme politique et polémiste, elle a longtemps figuré parmi les oubliées de l’Histoire. Elle est maintenant connue et reconnue grâce au mouvement des femmes.

Auteur de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, elle a laissé de nombreux écrits en faveur des droits civils et politiques des femmes et de l’abolition de l’esclavage des Noirs[1].

En 1765, à l’âge de dix-sept ans, Marie Gouze est mariée à un traiteur parisien, Louis-Yves Aubry, officier de bouche de l’Intendant, et probablement un important client de la boucherie familiale des Gouze. Quelques mois plus tard, la jeune femme donne naissance à un fils, Pierre. Son mari décède peu de temps après. Déçue par une expérience conjugale qui ne lui a pas apporté de bonheur, elle ne se remarie pas, qualifiant le mariage religieux de « tombeau de la confiance et de l’amour ». Elle porte couramment les prénoms de « Marie-Olympe » (signant plusieurs textes ainsi) ou plus simplement d’« Olympe », ajoutant une particule à son patronyme officiel « Gouze » que l’on trouve parfois écrit « Gouges », graphie adoptée par certains membres de sa famille dont sa sœur aînée Mme Reynard, née « Jeanne Gouges », épouse d’un médecin.

Elle rencontre un haut fonctionnaire de la marine, Jacques Biétrix de Rozières, alors directeur d’une puissante compagnie de transports militaires en contrat avec l’État. Lorsqu’il lui propose de l’épouser, elle refuse et leur liaison dure jusqu’à la Révolution. Grâce au soutien financier de son compagnon, elle peut mener un train de vie bourgeois, figurant dès 1774 dans l’Almanach de Paris ou annuaire des personnes de condition.

Le théâtre est, à cette époque, sous le contrôle serré du pouvoir royal. Olympe de Gouges monte sa propre troupe, avec décors et costumes. Un théâtre itinérant qui se produit à Paris et sa région. Le marquis de La Maisonfort raconte dans ses Mémoires comment, en 1787, il rachète le « petit théâtre » de Mme de Gouges, conservant une partie de la troupe dont le jeune Pierre Aubry.

L’anti esclavagiste :

Indépendamment de son théâtre politique qui est joué à Paris et en province pendant la Révolution, la pièce qui rend célèbre Olympe de Gouges est l’Esclavage des Noirs, publié sous ce titre en 1792 mais inscrite au répertoire de la Comédie-Française le 30 juin 1785 sous le titre de Zamore et Mirza, ou l’heureux naufrage. Cette pièce courageuse dans le contexte de l’Ancien régime, avait été acceptée avec réticence par les comédiens du Théâtre français qui dépendaient financièrement des protections des gentilshommes de la chambre du roi.

La pièce de Mme de Gouges, dont le but avoué était d’attirer l’attention publique sur le sort des Noirs esclaves des colonies, mêlait modération et subversion dans le contexte de la monarchie absolue. Le Code Noir édicté sous Louis XIV était alors en vigueur et de nombreuses familles présentes à la cour tiraient une grande partie de leurs revenus des denrées coloniales et représentait la moitié du commerce extérieur français à la veille de la Révolution.

En septembre 1785, Olympe de Gouges qui s’était plainte de passe-droits et craignait de voir sa pièce reléguée aux oubliettes, se plaignit des comédiens. L’un d’eux, Florence, se sentit insulté et s’en plaignit à son entourage. Le baron de Breteuil et le maréchal de Duras, gentilshommes de la Chambre et ministres se saisirent de cette opportunité et s’accordèrent pour envoyer Mme de Gouges à la Bastille, et de retirer la pièce anti-esclavagiste du répertoire de la Comédie. Grâce à diverses protections, notamment le chevalier Michel de Cubières dont le marquis son frère était un favori de Louis XVI, la lettre de cachet fut révoquée.

Avec la Révolution française, la Comédie devient plus autonome grâce notamment à Talma et Mme Vestris, et la pièce sur l’esclavage, inscrite quatre ans plus tôt au répertoire, est enfin représentée. Malgré les changements politiques, le lobby colonial reste très actif, et Olympe de Gouges, soutenue par ses amis du Club des Amis des Noirs, continua à faire face aux harcèlements, aux pressions et même aux menaces. En 1790, elle compose une autre pièce sur le même thème, intitulée le Marché des Noirs.

Elle avait par ailleurs publié en 1788 des Réflexions sur les hommes nègres , qui lui avaient ouvert la porte de la Société des amis des Noirs dont elle fut membre. Au titre d’abolitionniste, elle est également citée par l’abbé Grégoire, dans la « Liste des Hommes courageux qui ont plaidé la cause des malheureux Noirs ».. Dès avant la Révolution, elle écrit : « L’espèce d’hommes nègres, m’a toujours intéressée à son déplorable sort. Ceux que je pus interroger ne satisfirent jamais ma curiosité et mon raisonnement. Ils traitaient ces gens-là de brutes, d’êtres que le Ciel avait maudits; mais en avançant en âge, je vis clairement que c’était la force et le préjugé qui les avaient condamnés à cet horrible esclavage, que la Nature n’y avait aucune part et que l’injuste et puissant intérêt des Blancs avait tout fait »

La FEMINISTE :

Elle considère que les femmes sont capables d’assumer des tâches traditionnellement confiées aux hommes et, dans pratiquement tous ses écrits, elle demande qu’elles soient associées aux débats politiques et aux débats de société. S’étant adressée à Marie-Antoinette pour protéger « son sexe » qu’elle dit malheureux, elle rédigea  Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne dans laquelle elle affirme l’égalité des droits civils et politiques des deux sexes. Elle insiste pour qu’on rende à la femme des droits naturels que la force du préjugé lui ont retiré. Elle écrit : « La femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune. » La première, elle obtient que les femmes soient admises dans une cérémonie à caractère national, « la fête de la loi » du 3 juin 1792 puis à la commémoration de la prise de la Bastille le 14 juillet 1792.

Parmi les premiers, elle demande l’instauration du divorce – le premier et seul droit conféré aux femmes par la Révolution – qui est adopté à l’instigation des Girondins quelques mois plus tard. Elle demande également la suppression du mariage religieux, et son remplacement par une sorte de contrat civil signé entre concubins et qui prenait en compte les enfants nés de liaisons nées d’une « inclination particulière ». C’était véritablement révolutionnaire pour l’époque, de même lorsqu’elle milite pour la libre recherche de la paternité et la reconnaissance d’enfants nés hors mariage. Elle est aussi une des premières à théoriser, dans ses grandes lignes, le système de protection maternelle et infantile que nous connaissons aujourd’hui. Elle s’indigne de voir les femmes accoucher dans des hôpitaux ordinaires, elle demande la création de maternités. Face à la pauvreté endémique, elle recommande enfin la création d’ateliers nationaux pour les chômeurs et de foyers pour mendiants. Toutes ces mesures préconisées à l’entrée du grand hiver  1788-1789 sont considérées par Olympe de Gouges comme essentielles, ainsi qu’elle l’explique dans Une patriote persécutée, son dernier écrit avant sa mort.

LA FIN :

Dans ses écrits du printemps 1793, elle dénonce la montée en puissance de la dictature montagnarde, partageant l’analyse de Vergniaud sur les dangers de dictature qui se profilait, avec la mise en place d’un Comité de salut public, le 6 avril 1793, qui s’arroge le pouvoir d’envoyer les députés en prison.

Après la mise en accusation du parti girondin tout entier à la convention, le 2 juin 1793, elle adressa au président de la Convention une lettre où elle s’indigne de cette mesure attentatoire aux principes démocratiques (9 juin 1793), mais ce courrier est censuré en cours de lecture. Elle se met en contravention avec la loi de mars 1793 sur la répression des écrits remettant en cause le principe républicain en composant une affiche à caractère fédéraliste et girondin intitulée Les Trois urnes ou le Salut de la patrie, par un voyageur aérien. Elle est arrêtée et déférée le 6 août 1793 devant le tribunal révolutionnaire qui l’inculpa.

Malade des suites d’une blessure infectée à la prison de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, réclamant des soins, elle est envoyée à l’infirmerie de la petite Force, rue Pavée dans le Marais, et partage la cellule d’une condamnée à mort en sursis, Mme de Kolly, qui se prétendait enceinte. En octobre suivant, elle met ses bijoux en gage au Mont-de-piété et obtient son transfert dans la maison de santé de Marie-Catherine Mahay, sorte de prison pour riches où, le régime est plus libéral et où elle a, semble-t-il, une liaison avec un des prisonniers.

Désirant se justifier des accusations pesant contre elle, elle réclame sa mise en jugement dans deux affiches qu’elle avait réussi à faire sortir clandestinement de prison et à faire imprimer. Ces affiches – « Olympe de Gouges au Tribunal révolutionnaire » et « Une patriote persécutée », (son dernier texte) furent largement diffusées et remarquées par les inspecteurs de police en civil qui les signalent dans leurs rapports.

Traduite au Tribunal au matin du 2 novembre  soit quarante-huit heures après l’exécution de ses amis Girondins, elle est interrogée sommairement. Privée d’avocat elle se défend avec adresse et intelligence. Condamnée à la peine de mort pour avoir tenté de rétablir un gouvernement autre que « un et indivisible », elle se déclara enceinte. Les médecins consultés se montrent dans l’incapacité de se prononcer et Fouquier-Tinville décide qu’il n’y avait pas grossesse[2]. Le jugement est exécutoire et la condamnée profite des quelques instants qui lui restaient pour écrire une ultime lettre à son fils. La lettre est interceptée. D’après un inspecteur de police en civil, le citoyen Prévost, présent à l’exécution, et d’après le Journal de Perlet ainsi que d’autres témoignages[3], elle monte sur l’échafaud avec courage et dignité, contrairement à ce qu’en dit au XIXe siècle l’auteur des mémoires apocryphes de Sanson et quelques historiens dont Jules Michelet lequel a pris bien d’autres libertés avec la      vérité historique !!!

OLYMPE AUJOURD’HUI :

Depuis octobre 1989, à l’initiative de l’historienne Catherine Marand-Fouquet, plusieurs pétitions ont été adressées à la présidence de la République demandant la panthéonisation d’Olympe de Gouges. Jacques Chirac, conseillé par Alain Decaux, n’a pas donné suite. En novembre 1993. Une manifestation a été organisée devant le Panthéon pour commémorer le bicentenaire de l’exécution d’Olympe. Cette manifestation s’inscrit dans la revendication de la parité. Plusieurs municipalités françaises ont voulu rendre hommage à Olympe de Gouges en baptisant de son nom des établissement scolaires ou des voies publiques.

La promotion 2010 de Sciences Po Rennes porte le nom de celle qui inventa rien moins que le PACS, les maternités, la protection maternelle et infantile et participa à la lutte contre l’esclavage sur des bases non pas de charité mais bien d’anti racisme et d’universalisme

LA DECLARATION DES DROITS DES FEMMES ET DE LA CITOYENNE :

Préambule Ddroits De Femme et de la Citoyenne

Fac-similé du Préambule

La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne est un texte juridique français, exigeant la pleine assimilation légale, politique et sociale des femmes, rédigé en septembre 1791, par Olympe de Gouges sur le modèle de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen proclamée le 26 août 1789, et publié dans la brochure les Droits de la femme, adressée à la reine. Premier document à évoquer l’égalité juridique et légale des femmes par rapport aux hommes, la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne a été rédigée afin d’être présentée à l’Assemblée nationale le 28 octobre 1791 pour y être adoptée.

La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne constitue une copie critique de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, qui énumère des droits ne s’appliquant qu’aux hommes, alors les femmes ne disposaient pas du droit de vote, de l’accès aux institutions publiques, aux libertés professionnelles, aux droits de propriété, etc. L’auteure y défend, non sans ironie à l’égard des préjugés masculins, la cause des femmes, écrivant ainsi que « la femme naît libre et demeure égale en droits à l’homme ». Ainsi se voyait dénoncé le fait que la Révolution oubliait les femmes dans son projet de liberté et d’égalité.

Voici le texte intégral de la Déclaration :

par Marie Gouze, dite Olympe de Gouges Olympe de gouges gravure

A décréter par l’assemblée nationale dans ses dernières séances ou dans celle de la prochaine législature.

Préambule

Les mères, les filles, les sœurs, représentantes de la nation, demandent d’être constituées en assemblée nationale. Considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de la femme, sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements, ont résolu d’exposer dans une déclaration solennelle, les droits naturels inaliénables et sacrés de la femme, afin que cette déclaration, constamment présente à tous les membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs devoirs, afin que les actes du pouvoir des femmes, et ceux du pouvoir des hommes pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique, en soient plus respectés, afin que les réclamations des citoyennes, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la constitution, des bonnes mœurs, et au bonheur de tous.

En conséquence, le sexe supérieur en beauté comme en courage, dans les souffrances maternelles, reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l’Etre suprême, les Droits suivants de la Femme et de la Citoyenne.

Article I

La Femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.

Article II

Le but de toute association politique est le droit imprescriptible de la Femme et de l’Homme : ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et surtout la résistance à l’oppression.

Article III

Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation, qui n’est que la réunion de la Femme et de l’Homme : nul corps, nul individu, ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément.

Article IV

La liberté et la justice consistent à rendre tout ce qui appartient à autrui ; ainsi l’exercice des droits naturels de la femme n’a de bornes que la tyrannie perpétuelle que l’homme lui oppose ; ces bornes doivent être réformées par les lois de la nature et de la raison.

Article V

Les lois de la nature et de la raison défendent toutes actions nuisibles à la société : tout ce qui n’est pas défendu pas ces lois, sages et divines, ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu’elles n’ordonnent pas.

Article VI

La Loi doit être l’expression de la volonté générale ; toutes les Citoyennes et Citoyens doivent concourir personnellement ou par leurs représentants, à sa formation ; elle doit être la même pour tous : toutes les Citoyennes et tous les Citoyens, étant égaux à ses yeux, doivent être également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leurs capacités, et sans autres distinctions que celles de leurs vertus et de leurs talents.

Article VII

Nulle femme n’est exceptée ; elle est accusée, arrêtée, et détenue dans les cas déterminés par la Loi. Les femmes obéissent comme les hommes à cette Loi rigoureuse.

Article VIII

La Loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nul ne peut être puni qu’en vertu d’une Loi établie et promulguée antérieurement au délit et légalement appliquée aux femmes.

Article IX

Toute femme étant déclarée coupable ; toute rigueur est exercée par la Loi.

Article X

Nul ne doit être inquiété pour ses opinions mêmes fondamentales, la femme a le droit de monter sur l ’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune ; pourvu que ses manifestations ne troublent pas l’ordre public établi par la Loi.

Article XI

La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de la femme, puisque cette liberté assure la légitimité des pères envers les enfants. Toute Citoyenne peut donc dire librement, je suis mère d’un enfant qui vous appartient, sans qu’un préjugé barbare la force à dissimuler la vérité ; sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi.

Article XII

La garantie des droits de la femme et de la Citoyenne nécessite une utilité majeure ; cette garantie doit être instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de celles à qui elle est confiée.

Article XIII

Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses d’administration, les contributions de la femme et de l’homme sont égales ; elle a part à toutes les corvées, à toutes les tâches pénibles ; elle doit donc avoir de même part à la distribution des places, des emplois, des charges, des dignités et de l’industrie.

Article XIV

Les Citoyennes et Citoyens ont le droit de constater par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique. Les Citoyennes ne peuvent y adhérer que par l’admission d’un partage égal, non seulement dans la fortune, mais encore dans l’administration publique, et de déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée de l’impôts.

Article XV

La masse des femmes, coalisée pour la contribution à celle des hommes, a le droit de demander compte, à tout agent public, de son administration.

Article XVI

Toute société, dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de constitution ; la constitution est nulle, si la majorité des individus qui composent la Nation, n’a pas coopéré à sa rédaction.

Article XVII

Les propriétés sont à tous les sexes réunis ou séparés ; elles ont pour chacun un droit lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l’exige évidemment, et sous la condition d’une juste et préalable indemnité.

Post ambule

Femme, réveille-toi ; le tocsin de la raison se fait entendre dans tout l’univers ; reconnais tes droits. Le puissant empire de la nature n’est plus environné de préjugés, de fanatisme, de superstition et de mensonges.

Le flambeau de la vérité a dissipé tous les nuages de la sottise et de l’usurpation. L’homme esclave a multiplié ses forces, a eu besoin de recourir aux tiennes pour briser ses fers. Devenu libre, il est devenu injuste envers sa compagne.

O femmes ! Femmes, quand cesserez-vous d’être aveugles ? Quels sont les avantages que vous recueillis dans la révolution ? Un mépris plus marqué, un dédain plus signalé. Dans les siècles de corruption vous n’avez régné que sur la faiblesse des hommes. Votre empire est détruit ; que vous reste t-il donc ?

La conviction des injustices de l’homme. La réclamation de votre patrimoine, fondée sur les sages décrets de la nature ; qu’auriez-vous à redouter pour une si belle entreprise ? Le bon mot du Législateur des noces de Cana ? Craignez-vous que nos Législateurs français, correcteurs de cette morale, longtemps accrochée aux branches de la politique, mais qui n’est plus de saison, ne vous répètent : femmes, qu’y a-t-il de commun entre vous et nous ?

Tout, auriez vous à répondre. S’ils s’obstinent, dans leur faiblesse, à mettre cette inconséquence en contradiction avec leurs principes ; opposez courageusement la force de la raison aux vaines prétentions de supériorité ; réunissez-vous sous les étendards de la philosophie ; déployez toute l’énergie de votre caractère, et vous verrez bientôt ces orgueilleux, non serviles adorateurs rampants à vos pieds, mais fiers de partager avec vous les trésors de l’Etre Suprême.

Quelles que soient les barrières que l’on vous oppose, il est en votre pouvoir de les affranchir ; vous n’avez qu’à le vouloir. Passons maintenant à l’effroyable tableau de ce que vous avez été dans la société ; et puisqu’il est question, en ce moment, d’une éducation nationale, voyons si nos sages Législateurs penseront sainement sur l’éducation des femmes.

Les femmes ont fait plus de mal que de bien. La contrainte et la dissimulation ont été leur partage. Ce que la force leur avait ravi, la ruse leur a rendu ; elles ont eu recours à toutes les ressources de leurs charmes, et le plus irréprochable ne leur résistait pas. Le poison, le fer, tout leur était soumis ; elles commandaient au crime comme à la vertu. Le gouvernement français, surtout, a dépendu, pendant des siècles, de l’administration nocturne des femmes ; le cabinet n’avait point de secret pour leur indiscrétion ; ambassade, commandement, ministère, présidence, pontificat, cardinalat ; enfin tout ce qui caractérise la sottise des hommes, profane et sacré, tout a été soumis à la cupidité et à l’ambition de ce sexe autrefois méprisable et respecté, et depuis la révolution, respectable et méprisé.


[1] Olympe de Gouges, L’Esclavage des Nègres : version inédite du 28 décembre 1789 suivi de Réflexions sur les hommes nègres, étude et présentation de Sylvie Chalaye et Jacqueline Razgonnikoff, éd. l’Harmattan, coll. Autrement Même, 2006.

[2] Fouquier-Tinville a été condamné à mort pour avoir, entre autres choses, envoyé des femmes enceintes à l’échafaud (voir acte d’accusation de Fouquier-Tinville en l’an III).

[3] Olivier Blanc, La Dernière Lettre, prisons et condamnés de la révolution, Paris, R. Laffont, 1985.

Attac Nikonoff & Co Epilogue de la fraude aux élections internes de 2006

septembre 7, 2009 at 10:35 | In Altermondialisme, Caisse des dépots, Citoyenneté, Mémoire et histoire, Politique, Société | Leave a Comment
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Attac Nikonoff & Co Epilogue de la fraude aux élections internes de 2006

Nous publions sur notre blog le communiqué d’Attac de ce jour et l’assortissons de quelques commentaires.

Fraude, plainte contre X, non-lieu : épilogue


L’association Attac a reçu à la fin du mois d’août 2009 l’ordonnance de non-lieu relative à la plainte contre X déposée à la suite de la fraude ayant marqué l’élection du conseil d’administration de juin 2006. Le Conseil d’administration du 12 septembre prochain devait arrêter une courte déclaration annonçant le non-lieu et informant les adhérents des résultats de l’enquête judiciaire. En effet, nous avons pris connaissance du réquisitoire du Parquet de la République ayant précédé l’ordonnance de non-lieu dans lequel sont établis les faits suivants.

Une personne, à l’époque salariée de l’association, Christophe Ventura, a reconnu, après l’avoir nié, avoir pénétré dans les locaux d’Attac, dans la nuit du 13 au 14 juin 2006 (celle après laquelle la tendance des résultats de l’élection a brutalement basculé), après minuit, donc hors des heures d’ouverture des locaux, dans lesquels tous les bulletins de vote en cours de dépouillement étaient entreposés, et pour un motif déclaré totalement étranger à l’activité de l’association. Cette personne a été, pendant cette intrusion, en communication téléphonique avec Jacques Nikonoff, Bernard Cassen et Michèle Dessenne, qui se trouvaient à proximité.

Ces faits sont authentifiés. Cependant, les règles de preuve du droit français exigeraient de relier directement et formellement cette intrusion nocturne et la fraude, ce qui est impossible matériellement. Le juge d’instruction ne pouvait donc que statuer qu’il n’y avait pas lieu de poursuivre quiconque. Attac prend acte de cette décision.

Mais un non-lieu ne signifie pas que rien ne se soit passé. La commission d’enquête interne avait mis au jour les faux bulletins de vote et ses conclusions avaient été admises par Jacques Nikonoff et Bernard Cassen.

Malheureusement, en assumant le risque de relancer des querelles mortifères, Jacques Nikonoff et Bernard Cassen, ont publié vendredi 4 septembre un communiqué qui ignore ou qui cache les faits aujourd’hui établis par l’enquête judiciaire.

Nous avions fait le choix, au vu du réquisitoire, de ne pas poursuivre la procédure juridique, considérant qu’Attac avait tourné la page et que les résultats de l’enquête suffisaient à apporter la clarification indispensable qu’attendaient les adhérents qui avaient tant souffert de voir leur association aussi malmenée et déconsidérée.

Plus de trois ans après cet épisode douloureux, nous restons persuadés que le mieux était et reste de veiller à la préservation de l’outil que représente Attac, tout en informant sobrement les adhérents des faits dont nous avons connaissance. Aujourd’hui, la dissimulation de la violation nocturne des locaux de l’association nous oblige à rendre public le contenu du réquisitoire et de l’ordonnance de non-lieu, sans autre commentaire. Les adhérents sont en mesure d’apprécier ces évènements passés, sereinement et sans esprit de revanche. Et nous aurons à cœur de continuer avec eux à promouvoir les analyses et les propositions d’Attac.

Montreuil, le 7 septembre 2009

Pour le Bureau d’Attac France,

Jean-Marie Harribey et Aurélie Trouvé, co-présidents

Le réquisitoire et l’ordonnance de non lieu sont téléchargeables sur : http://www.france.attac.org/spip.php?article10266

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Extrait des trois derniers paragraphes de la page 7 du réquisitoire

Christophe VENTURA, salarié de l’association, indiquait ne pas avoir les clefs de la salle de réunion où se trouvaient les bulletins, mais avoir les clefs du local lui-même (D155).

Il disait ne pas être allé au restaurant avec Jacques NIKONOFF et Michèle DESSENNE le soir du 13 juin. Il reconnaissait – après l’avoir nié dans un premier temps – s’être rendu après minuit de sa propre initiative dans les locaux de l’association pour imprimer un document pour sa compagne. Celle-ci avait rédigé un document qu’elle devait utiliser le lendemain matin dans le cadre de son travail.

Il disait n’avoir vu personne sur place, être resté un quart d’heure dans les locaux, et être allé directement à son bureau, sans essayer d’accéder à la salle des urnes. Il niait toute falsification des bulletins et disait avoir été en contact téléphonique avec Jacques NIKONOFF, Bernard CASSEN et Michèle DESSENNE pour un autre motif que de s’assurer que les locaux étaient vides. Il ne sait pas où ils étaient quand ils l’avaient appelé.

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Extrait des deux derniers paragraphes de la page 8 du réquisitoire

L’exploitation des facturations détaillées et géo-localisations des téléphones portables laisse apparaître que Jacques NIKONOFF se trouvait sur la commune de MONTREUIL de 19h06 le 13 juin 2006 à 01h26 le lendemain, et à proximité immédiate du siège d’ATTAC à partir de 23h10, qu’il a, à ce moment-là, été en contact téléphonique avec Christophe VENTURA et Michèle DESSENNE (D43).

Quant à Bernard CASSEN, il est établi qu’il se trouvait également sur la commune de MONTREUIL le 13 juin 2006, jusqu’à 23h20, et avait eu un entretien téléphonique avec Christophe VENTURA.

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Commentaire de notre blog :

Merci, tout d’abord, à Jean-Marie Harribey et Aurélie Trouvé de faire cette nécessaire clarté.

Aujourd’hui, celui qui fut l’un des principaux artisans de cette fraude tente de se refaire la cerise en lançant un mouvement dit d’éducation populaire baptisé M’Pep. Son nom : Jacques Nikonoff.

On le connaît le gaillard ! A la Caisse des dépôts, d’abord : viré ici, inexistant ailleurs, il n’y a pas laissé un souvenir impérissable !

Aujourd’hui, avec son M’Pep, il essaie attirer de braves militants qu’il tentera encore de manipuler. Il ne mérite pas un long commentaire ; disons, comme nous le relevons parfois sur nos lisières ardennaises : IL Y A PARFOIS DES GLANDS QUI SE PRENNENT POUR DES CHÊNES

Homme gland

Signé : Guy Dutron – spécialiste comme son nom l’indique -  en troncs, en chênes et en glands !!

L’Histoire en Chansons

août 16, 2009 at 9:14 | In Altermondialisme, Citoyenneté, Culture - Livres, Europe, Le coin des ziques qu'on aime bien, Mai 68, Mémoire et histoire, Politique, Société, Solidarité, sarkosy | 14 Comments

L’ Histoire en Chansons

De tout temps, l’Histoire a été marquée par des chansons qui contribuent ainsi à notre connaissance. Impossible d’être exhaustif, évidemment mais voici un florilège. Certaines chansons sont à vomir, d’autres émouvantes …que nous le voulions ou non, elles sont l’Histoire ! Peu de textes beaucoup de liens pour vous en offrir un maximum.

L’épopée biblique :

Josué à la bataille de Jéricho par la grande Mahalia Jackson

http://www.youtube.com/watch?v=fY0G_S6ZrtE&feature=related

Un vieux spiritual par Louis Armstrong : Sometimes I feel like a motherless Child

http://www.youtube.com/watch?v=894v6kNSYu8&feature=PlayList&p=9813F4FC363157CB&playnext=1&playnext_from=PL&index=1

On avance un peu …beaucoup même …l’an Mil et un peu après …l’épopée Cathare ….On n’est pas obligé d’aimer les phallus qui bordent l’autoroute…

chevaliers cathares2

Francis Cabrel, lui, n’aime pas trop !!

Les chevaliers cathares :

http://www.youtube.com/watch?v=fktY0ptO5mw

Encore un peu …Jeanne d’Arc ; une excellente interprétation de la Jeanne de Léonard Cohen :

http://www.youtube.com/watch?v=vmAIp4vsitc

Avançons encore …Madame de Pompadour ne plait pas à tout le monde ….

Pompadour

Gabriel Yacoub chante : Comprenez-vous ?

http://ticou.vox.com/library/audio/6a00f48cea66d4000200fa96881bbe0002.html

Et ça continue ….Contre La Poisson !! La Pompadour, favorite de Louis XV, était née Jeanne Antoinette Poisson

http://www.youtube.com/watch?v=-MoY5BhKy-8&feature=related

Sautons un roi….., la révolution, les révoltes, la chouannerie, la question sociale, la Commune de Paris

Qu’est-il ? Rien …Que veut-il ? Devenir quelque chose !! Le Tiers-Etat

http://www.youtube.com/watch?v=7dTC2rONNtM&feature=related

La Fête de la Fédération …14 juillet 1790 ….La bonne aventure oh gué

http://www.youtube.com/watch?v=7wki8_GhGck&feature=related

La Chouannerie : Le chant de l’armée de Charrette 1793

Médaille de Chouan

http://www.youtube.com/watch?v=yIg0xFy2TWQ&feature=related

L’épopée Napoléonienne…..Le rêve passe ….Une chanson créée par Bérard en 1907 à la gloire des armées napoléoniennes

http://www.youtube.com/watch?v=2yr5R4qAB2g&feature=related

Mais, les soldats, eux, pensent à autre chose : Ils demandent à boire à « l’aimable Fanchon »

http://www.youtube.com/watch?v=7W13psu5s00&feature=related

Ou bien préfèreraient être  ….Après de leur blonde..

http://www.youtube.com/watch?v=C9xCSI26DVc&feature=related

Tout ceci se termine…..La Marche de la Garde Impériale à Waterloo

http://www.youtube.com/watch?v=FZ_SFLzt-n4&feature=related

Les journées de 1848 : Le chant des Girondins ; Chanson écrite à l’occasion de la représentation d’un drame  “Le Chevalier de Maison-Rouge”, d’Alexandre Dumas et Auguste Maquet. La chanson fut un immense succès ….en 1847 …on pense déjà à 48 !

http://www.youtube.com/watch?v=O7ZE7kzcOj8&feature=related

Napoléon le Petit …tiens ? Déjà !! Le sire de fiche ton camp ….écrite sous La Commune …

http://www.youtube.com/watch?v=H2vDuCezDvo&feature=related

La Guerre de 70 …Sedan …La Commune ….Le massacre …La Semaine sanglante ..C’est François Béranger qui la chante …Nous le retrouverons.

http://www.youtube.com/watch?v=djuLvrGSFiI

Déroulède caricature

Caricature de Déroulède

Mais les va-t-en-guerre sont à l’œuvre dont ce crétin de Déroulède en 1875 !!

http://www.youtube.com/watch?v=yUvMSrcreQY&feature=related

On la rechantera avant 14…Pour mobiliser les gogos !!

Mais, dès 1885 – 86… les luttes reprennent…l’espoir renaît ….Finalement, malgré « La tourbe des bourreaux gras » ….Elle n’est pas morte !!

Chantée ici par la grande Germaine Montero sur des paroles d’Eugène Pottier, l’auteur de l’Internationale.

http://www.youtube.com/watch?v=WUUC7Z3aaqo

Début du siècle les impérialismes s’affrontent ….encore un p’tit coup de Clairon, façon Botrel cette fois !!! On glorifie Rosalie, notre si bonne baïonnette cruciforme interdite par la convention de Genève …on s’en fout…ça rentre !!!! Allons ! Verse à boire, bourré, on monte mieux en ligne !!

http://www.youtube.com/watch?v=LkjEtFMmWdY&feature=related

Mais tout le monde n’est pas d’accord …1917 …Les mutineries…Craonne …Là, vous avez un article entier sur notre blog : LA CHANSON DE CRAONNE

Avec des photos et des images terribles.

Et les joyeusetés continuent…..L’intelligence militaire avance à grands pas, même quand on en a jusqu’à la ceinture …Graeme Alwright l’a écrite …l’anonyme de tout à l’heure nous le chante ; il s’appelle Michel !

http://www.youtube.com/watch?v=V5-rr4Aeuqc

La montée des périls …La Guerre d’Espagne : Chante Paco ! A galopar ! Avec la surprise d’un grand poète espagnol qui nous a quittés en 1999….

http://www.youtube.com/watch?v=15JfnrqBqSI

munich caricature

Munich

Encore une « bonne guerre » ….39-45 : The Kinks – Mr Churchill Says

http://www.youtube.com/watch?v=Fk24stOBie4

L'affiche rouge

Mais ça résiste …pas autant qu’on nous l’a dit mais ça résiste ! Le Chant des Partisans…

http://www.youtube.com/watch?v=15JfnrqBqSI

Double lynchage à Marion Indiana 1930

Double lynchage à Marion Indiana 1930

En 1939, on applique toujours la loi de Lynch aux USA …d’étranges fruits pendent aux arbres. Billie Holliday chante l’une des premières chansons antiracistes : Strange Fruit !!!!!

http://www.youtube.com/watch?v=h4ZyuULy9zs

Toute la désespérance de l’occupation dans cette chanson de Léo Marjane : Seule ce soir ….

http://www.youtube.com/watch?v=via0kHcEV1A

Marlène Dietrich aussi résiste à sa manière : Lily Marlène dans un camp US en Alaska …

http://www.youtube.com/watch?v=oRxR7e2c2L0

La libération de Paris ..St Germain des Près …Les Zazous !! Une reprise de l’inoxydable Brigitte Fontaine ….

http://www.dailymotion.com/relevance/search/Zazous/video/x1539u_brigitte-fontaine-m-ya-des-zazous_music

Ensuite …les trente glorieuses …Le progrès …. Soit pas cruelle … passe-moi un coup de fil !!!!

http://www.dailymotion.com/relevance/search/don%27t+be+cruel/video/x345o4_elvis-presley-dont-be-cruel

Mai 68 …Français-Immigrés Tous unis !!! Ouais …Pas tant que ça …n’est-ce pas François Béranger ?

http://www.dailymotion.com/relevance/search/Fran%C3%A7ois+B%C3%A9ranger+Mamadou+m%27a+dit/video/x6tke8_mamadoumadit-francois-beranger_music

Et ça continue ….Le chili …Pinochet …Rafles ..Stade de Santiago du Chili ….La junte assassine Victor Jara ..Julos Beaucarne écrit une Lettre à Kissinger : ici par Chanson Rebelle …

http://www.dailymotion.com/relevance/search/Lettre+%C3%A0+Kissinger/video/x83ekr_lettre-a-kissinger_music

François Béranger avait raison …ça continue …Heureusement la jeune génération prend la relève ! Thomas Pitiot – Mamadou l’Etranger

http://www.youtube.com/watch?v=q0nMpiGZ1xc

Mais la génération d’avant est encore là ! Francesca Solleville nous résume tout ça façon Ferrat à la fête de l’Huma 2008 : Ma France…

http://www.dailymotion.com/relevance/search/Francesca+solleville/video/x6rqdu_fete-de-lhuma-2008-f-solleville-ma_music

Guy Dutron 16 08 2009

Le Maréchal Ney est-il bien mort fusillé à Paris ?

août 11, 2009 at 11:58 | In Culture - Livres, Mémoire et histoire, Politique | 7 Comments
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Le Maréchal Ney est-il bien mort fusillé à Paris ?

Un drôle de parcours que celui de Michel Ney[1] !

Michel_ney. par Charles Meynier Musée national du château de VersaillesjpgMichel Ney par Charles Meynier – Musée national du Château de Versailles

Il est le fils d’un modeste ouvrier tonnelier qui avait fait la guerre de sept ans.

Il sera : duc d’Elchingen, prince de la Moskova, maréchal d’Empire. Il était  né le 10 janvier 1769 à Sarrelouis en Lorraine, département de la Moselle en 1790 aujourd’hui en Allemagne, Land de la Sarre. Il est supposé être mort le 7 décembre 1815 à Paris, place de l’Observatoire.

Aujourd’hui, un de ses descendants nous a alertés ; Jean-Paul Ney est journaliste d’investigation : Michel Ney n’est peut-être pas mort fusillé comme le prétend l’Histoire de notre pays.

L’arrestation :

À la seconde Restauration, le maréchal Ney est détesté par tous les partis, sauf par les Républicains très minoritaires.

Il est décidé que ceux qui s’étaient mis au service de l’Empereur avant le 20 mars 1815, date à laquelle Louis XVIII avait quitté la capitale, étaient des traîtres. Fouché établit la liste, avec un seul maréchal sur cette liste (ordonnance du 24 juillet 1815) et tout en haut : le maréchal Ney.

Selon d’autres sources, Fouché, alors ministre de la Police, lui donne deux passeports pour fuir en Suisse ou aux États-Unis. Cependant, le maréchal Ney, reste en France, chez une cousine de sa femme. Il est arrêté au château de la Bessonie, près d’Aurillac.

Le maréchal arrive à Paris sous escorte le 19 août  Il est aussitôt incarcéré à la Conciergerie et transféré à la prison du Luxembourg en traversant des villes où l’on souhaite soit le lyncher, soit le délivrer. En chemin, le général Exelmans, lui propose de le délivrer et de l’escorter où il le souhaite, mais il refuse. On dit que des officiers vinrent le libérer à la prison du Luxembourg, mais qu’il refusa aussi.

Le conseil de la Guerre devait juger le maréchal Ney. Mais il devait comprendre des maréchaux de France et la présidence en revenait de droit à leur doyen, le maréchal Moncey, duc de Conegliano. Celui-ci se récusa dans une lettre adressée au roi.

Mécontent, le roi destitue Moncey et lui inflige trois mois de prison. Le maréchal Jourdan est alors désigné pour présider le Conseil de guerre.

Le maréchal Ney ne souhaite pas être jugé par ses anciens camarades dont il craint la rancune à la suite d’incidents passés. Ney a été élevé à la pairie par Louis XVIII ; il peut donc exiger d’être jugé par la Chambre des pairs, pourtant majoritairement composée de royalistes convaincus. Ainsi, devant le parterre de maréchaux et de généraux qui composent le conseil de guerre, l’accusé dédaigne-t-il de répondre à l’interrogatoire d’identité et déclare, à la stupéfaction générale, décliner la compétence du tribunal. Pair de France au moment où se sont déroulés les faits dont il est accusé, il demande, en se fondant sur les articles 33 et 34 de la Charte, son renvoi devant la Chambre des pairs.

Le conseil se retire et par 5 voix contre 2 se prononce pour l’incompétence, le 10 novembre. Ney sera jugé par la Chambre des pairs.

Michel Ney tombe actuelle au PereLachaise_Michel_NeyMichel Ney Tombe actuelle au Père Lachaise

Le Jugement

Plusieurs éminents personnages se font dispenser, dont Talleyrand, qui dit ne vouloir participer à un tel crime. Le débat est à sens unique, la Chambre des pairs étant à forte majorité monarchiste.

La défense aborde peu la discussion des faits, et fait porter son effort sur un moyen de droit. Le maréchal Davout avait signé avec les Alliés le 3 juillet une convention dont l’article 12 spécifiait qu’aucune poursuite ne pourrait être exercée contre les officiers et soldats pour leur conduite pendant les Cent-Jours. Condamner le maréchal Ney revenait à violer cette convention. La Chambre des pairs décide d’interdire à la défense de développer ce moyen, car «il aurait dû être plaidé avant tout débat sur le fond».

Un ultime rebondissement survient le 6 décembre. La ville de naissance de Ney, Sarrelouis, vient de devenir prussienne depuis le traité de Paris du 20 novembre. Dupin déclare donc que Ney ne peut être jugé, car il est maintenant prussien. Évidemment, le maréchal Ney, se lève, interrompt son avocat, et dit : « Je suis français et je resterai français ! ».

Trois questions de fait sont donc d’abord posées :

  1. 1. « le maréchal Ney a-t-il reçu des émissaires dans la nuit du 13 au 14 mars ? » : l’appel nominal donne les résultats suivants : 111 voix pour, 47 contre. Le comte Lanjuinais, le marquis d’Aligre et le comte de Nicolaï s’abstinrent, protestant qu’ils ne pouvaient juger en conscience, attendu qu’on avait refusé à l’accusé le droit de se faire entendre sur la convention de Paris ;
  2. 2. « le maréchal Ney a-t-il lu, le 14 mars, une proclamation invitant les troupes à la défection ? » : trois pairs, ceux qui venaient de protester, votent contre, et 158 votent pour ;

  1. 3. « le maréchal Ney a-t-il commis un attentat contre la sûreté de l’État ? » : le vote donne 157 voix pour, 3 voix pour avec atténuation et 1 voix contre. Lanjuinais a répondu « oui » mais en ajoutant « couvert par la capitulation de Paris » ; d’Aligre et de Richebourg « oui » mais en faisant appel à la générosité de la Chambre. Le vote négatif est celui du duc de Broglie, le plus jeune des pairs de France qui déclare : « Je ne vois dans les faits justement reprochés au maréchal Ney ni préméditation ni dessein de trahir. Il est parti très sincèrement résolu de rester fidèle. Il a persisté jusqu’au dernier moment. »

La dernière question porte sur la peine à appliquer. Lanjuinais, soutenu par Malville, Lemercier, Lenoir-Laroche et Cholet, tente de faire adopter la peine de déportation que 17 pairs votent. Parmi eux, le duc de Broglie. Cinq pairs, le comte de Nicolaï, le marquis d’Aligre, le comte de Brigode, le comte de Sainte-Suzanne et le duc de Choiseul-Stainville, tout en s’abstenant, proposent de recommander le maréchal à la clémence du roi.

Finalement, 139 voix, réduites à 128, à cause d’avis semblables entre parents, réclament la peine de mort. Parmi ceux qui ont voté la mort : 5 maréchaux d’Empire : Sérurier, Kellermann, Pérignon, Victor et Marmont. Le maréchal Davout est venu le défendre, et le maréchal Laurent de Gouvion Saint-Cyr a voté la déportation. D’autres se signalent pas leur veulerie :  le vicomte de Chateaubriand, le comte Ferrand surnommé « le Marat blanc » et le comte Lynch nommé par Napoléon maire de Bordeaux, comte de l’Empire et chevalier de la Légion d’honneur, qui va jusqu’à réclamer la guillotine.

En outre, non content d’avoir obtenu la condamnation du maréchal, Bellart requiert qu’il soit rayé des cadres de la Légion d’honneur. Une petite phrase circule sur l’avocat Bellart à l’époque : « Si l’éloquence est un bel art, Bellart n’est point l’éloquence. »

La sentence est rendue à onze heures et demie du soir. Les pairs appliquent la règle du conseil de guerre et la lisent en l’absence de l’accusé.

Les défenseurs ayant compris que tout espoir est perdu n’assistent pas à la lecture de l’arrêt et se rendent dans la cellule qu’occupe depuis deux jours le maréchal, au Palais du Luxembourg. C’est une petite pièce située au troisième étage sous les combles, à l’extrémité ouest de la galerie où le Sénat conservateur avait installé ses archives, au-dessus de l’actuelle salle des conférences. Une plaque de marbre y a été apposée en 1935.

L’exécution

Pendant la lecture de la sentence, les défenseurs du maréchal vont le voir dans sa cellule. Après leur départ, il se met à rédiger ses dernières dispositions et dort tout habillé.

À 3 heures du matin, le secrétaire-archiviste de la Chambre des pairs, Cauchy, le réveille pour lui communiquer la sentence. Le général de Rochechouart, qui commande la place de Paris, l’informe qu’il peut recevoir trois visites : sa femme, son notaire et son confesseur. La maréchale vient rendre visite à son mari dans la cellule avec leurs quatre enfants. Elle s’évanouit en apprenant la sentence. C’est en vain qu’elle implore sa grâce auprès de Louis XVIII. Celui-ci aurait dit qu’il était favorable à cette requête, mais que seuls Wellington ou la duchesse d’Angoulême (fille de Louis XVI), pouvaient en prendre la décision.

La maréchale alla alors, demander grâce à Wellington qui accepta tout d’abord, puis renonça devant les difficultés et les obstacles. Puis, elle alla voir la duchesse d’Angoulême qui refusa sèchement. Cette dernière dit plus tard, après avoir lu les témoignages du comte de Ségur, regretter son geste et que s’il elle avait su qui était réellement le maréchal Ney, elle aurait demandé sa grâce.

On proposa un confesseur à Ney qui répliqua, « Vous m’ennuyez avec votre prêtraille ! ». Puis il accepta finalement, convaincu par un ancien soldat de la campagne de Russie, devenu croyant à cette occasion.

Ney écrit une dernière fois à son beau-frère. Puis il s’entretient avec le curé de Saint-Sulpice.

À 8 h 30 une voiture vient chercher Ney. Il porte un simple costume bourgeois. Le cortège s’arrête avenue de l’Observatoire. Le maréchal refuse qu’on lui bande les yeux et, s’adressant aux soldats : « Camarades, tirez sur moi et visez juste ! ». Rochechouart rapporte qu’il prononça également les paroles suivantes : « Français, je proteste devant Dieu et la patrie contre le jugement qui me condamne. J’en appelle aux hommes, à la postérité, à Dieu. Vive la France ! ». Puis il s’écroule sous les balles. La phrase qu’on lui prête « Soldats, visez droit au cœur ! » semble plus romanesque que véridique.

Il tombe face contre terre. Conformément à la coutume, la dépouille reste quinze minutes seule. Un cavalier britannique fit bondir son cheval par-dessus le cadavre. Un officier russe, qui avait exprimé ostensiblement sa joie, fut rayé des listes de l’armée russe par Alexandre Ier qui appréciait beaucoup le maréchal Ney.

L’affaire Peter Stuart Ney

Tombeau Peter Stuart Ney Third Creek ChurchTombeau de Peter Stuart Ney à Third Creek Church Caroline du Nord

Un homme se réclamant de son identité est mort à Brownsville en Caroline du Nord en 1846. Il s’appelait Peter Stuart Ney. Curieusement, Pierre était le prénom du père du maréchal Ney, et l’on dit que sa mère descendait de la dynastie des Stuart écossais. Ce Peter Stuart Ney enseignait le français, l’allemand, l’hébreu et les mathématiques.

Il affirma être le maréchal Ney à deux reprises : tout d’abord, lorsqu’un élève lui apporte un journal français annonçant la mort de Napoléon. Il s’évanouit et est transporté chez lui. Quelques heures plus tard, l’élève vient lui rendre visite, pour prendre de ses nouvelles. Il découvre un Peter Stuart Ney ensanglanté dans son lit, avec les veines tranchées. Peter Stuart Ney survit. La seconde révélation eut lieu sur son lit de mort. Il dit en anglais : “By all that is holy, I am Marshal Ney of France!”.

Plusieurs soldats vinrent identifier ce mystérieux personnage, et furent catégoriques, il s’agissait bien pour eux du maréchal qui les avait menés au combat. Deux expertises graphologiques eurent lieu. Elles donnèrent des résultats contradictoires.

La tombe de Peter Stuart Ney arbore un petit drapeau français et l’inscription : “In memory of Peter Stuart Ney, a native of France and soldier of the French Revolution under Napoleon Bonaparte, who departed this life November 15, 1846, aged 77 years.” (En mémoire de Peter Stuart Ney, originaire de France et soldat de la Révolution française, servit Napoléon Bonaparte, il quitta ce monde le 15 novembre 1846, à 77 ans}.

Cette histoire est accréditée par le fait qu’en 1903, lorsque la Troisième République française décide de donner au maréchal Ney une sépulture digne, le fossoyeur qui ouvre le cercueil constate et témoigne à qui veut bien l’écouter, que le cercueil est vide. Ney était depuis 1815 enterré sous une simple dalle. On construit donc l’actuelle tombe, massive et digne. Des auteurs ont accrédité cette thèse, par exemple Michel Dansel. Selon lui, son exfiltration a été organisée par la franc-maçonnerie dont il était membre

Nos lecteurs pourront visiter avec intérêt les sites suivants :

http://www.napoleonicsociety.com/french/neycazottes.htm

http://blog.france3.fr/cabinet-de-curiosites/index.php/2009/08/04/134713-vive-le-marechal-ney

http://www.countrymusicattitude.com/articles/ney.html

http://equentric.numeriblog.fr/ney/2006/02/les_deux_tombea.html

Tombeau de Ney aux USAInscription sur le tombeau de Peter Stuart Ney


[1] Source wikipédia et divers sites qui seront indiqués dans le corps de l’article

De Baudouin l’Empereur à Baudouin le « Prot » du Fric !

août 6, 2009 at 4:25 | In Altermondialisme, Belgique, Citoyenneté, Economie, Europe, Mémoire et histoire, Politique, Société, sarkosy, social | 1 Comment
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De Baudouin l’Empereur à Baudouin le « Prot » du Fric !

Pour nos lecteurs qui l’ignoreraient, Baudouin est un très vieux prénom du Hainaut. Tout une série de « Baudouin » furent Comtes de Hainaut de l’an mil à 1205 – 1206.

Le dernier, Baudouin de Flandre et de Hainaut aussi nommé Baudouin de Constantinople (° 1171 – † 1205 ou 1206) fut à la fois : comte de Flandre (Baudouin IX) de 1194 à 1205,  comte de Hainaut (Baudouin VI) de 1195 à 1205 et  empereur de Constantinople (Baudouin Ier) de 1204 à 1205. Il était fils de Baudouin V, comte de Hainaut, et de Marguerite d’Alsace, comtesse de Flandre.

, Baudouin IX de Flandre  et de Hainaut, dit de Constantinople,   dirigea la quatrième croisade avec Boniface de Montferrat, et Goeffroi de Villhardouin

De nos jours, sa statue équestre orne toujours la ville de Mons.

Baudouin_de_Constantinople

Aujourd’hui toujours, la Belgique a appris à connaître un autre Baudouin : Baudouin Prot, patron de BNP PARIBAS qui racheta Fortis dans des conditions que nous avons narrées sur ce blog dans de nombreux articles dont :

http://dutron.wordpress.com/2009/06/06/fortis-c%E2%80%99est-fortiche-une-fois-%E2%80%A6et-meme-plusieurs/

Ce dernier Baudouin s’illustre d’une autre manière. Sa croisade à lui est financière !!

baudoin-prot.liquidité assurée jpgBaudouin Prot vu par le Journal du Net

BNP Paribas a annoncé des résultats trimestriels en hausse mardi 4 août, a confirmé avoir passé environ un milliard d’euros de provisions au titre des bonus des salariés de sa division de banque de financement et d’investissement.

On a le droit de penser qu’annoncer cette nouvelle le jour anniversaire de l’abolition des privilèges (La nuit du 4 août) tient à la fois de la provoc et du foutage de gueule !

Car en fait, PARIBAS reproduit ainsi l’une des causes qui ont conduit à la crise financière puis à la crise économique : la spéculation financière mondiale et débridée.

La provocation s’amplifie lorsque notre Baudouin s’abrite derrière les décisions du G20 de Londres !

En matière de bonus, BNP Paribas est l’une des seules banques du monde à s’être engagée à respecter les recommandations du G20″, ajoute BNP PARIBAS, qui rappelle que sa banque de financement et d’investissement (BFI), concernée par cette provision, emploie 17 000 collaborateurs. BNP Paribas a annoncé mardi avoir dégagé un bénéfice net en hausse de 6,6 % à 1,604 milliard d’euros au deuxième trimestre, notamment grâce à des résultats meilleurs qu’attendu dans ses activités de marché. “La crise nous a changés”, a déclaré Baudouin Prot, le directeur général de BNP Paribas dans un entretien accordé à La Tribune.

http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/08/04/bnp-paribas-aurait-prevu-un-milliard-d-euros-de-bonus-pour-ses-traders_1225767_3234.html#xtor=RSS-3208

En fait, les résultats de BNP Paribas tiennent aussi à l’acquisition du belge Fortis. Avec cette opération le montant de ses dépôts est passé de 400 à 540 milliards d’euros. BNP Paribas est passé de la cinquième à la première place dans la zone euro. Le nombre de ses clients particuliers dans la zone euro a sauté de 9 à 13 millions, dont la moitié hors de France.

Quoi qu’il en soit, les heureux traders de la banque vont se partager un milliard d’Euros !

Ainsi, si les résultats actuels de BNP PARIBAS doivent beaucoup au rachat d’une partie de la banque belge Fortis, rebaptisée BNP Paribas Fortis, ce qu’oublie de dire Baudouin le pro du fric, c’est que sa banque française a reçu 5,1 milliards d’euros d’aide de l’Etat dans le cadre du plan français de soutien au secteur bancaire. On attend toujours, d’ailleurs la nomination d’un représentant de l’Etat dans les instances dirigeantes des heureux bénéficiaires de l’opération pour s’assurer du bon emploi de ces fonds.

Mais le Petit qui avait promis de révolutionner le capitalisme est au Cap Nègre et on ne va tout de même pas nommer ces gens « au noir » !!

Aux dernières nouvelles, pas question non plus de rembourser cette obole !

Entre statue équestre et cheval de retour, y’a pas photo !!

lagarde-bnp-paribas

Wanted : alive but silent Anders Fogh Rasmussen chef artilleur à l’OTAN

août 4, 2009 at 2:42 | In Altermondialisme, Citoyenneté, Economie, Environnement OGM, Europe, Mémoire et histoire, Politique, Société, sarkosy, social | 1 Comment
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Wanted : alive but silent Anders Fogh Rasmussen chef artilleur à l’OTAN


C’est qui donc ce danois ? Pas un gros chien noir et blanc, rassurez-vous ! Juste un petit roquet !

Le gus est devenu le secrétaire général d’un l’OTAN qui ne sert plus à grand chose lors de dernier sommet de Strasbourg-Kiel.

Précédemment, l’homme qui s’intitule « économiste » – décidément on fait des économistes avec n’importe qui par ces temps de crise – l’homme donc c’était surtout illustré par son intransigeance sur l’affaire des caricatures de Mahomet et pas sa propension à gouverner son pays avec l’extrême droite !! Il était de surcroît néolibéral en diable ce mécréant !

Normal diront les connaisseurs dont nous sommes ! Ce roquet est un bébé-Bush ! D’où notre titre en anglais ! On a bien le droit, nous aussi de rejouer « Règlement de comptes à Roquet Corral » !

Bush à cheval sur une fusée

Après plus de sept ans à la tête du gouvernement danois, ce fidèle du bushisme a été désigné en avril secrétaire général de l’OTAN pour quatre ans. Il en prend la tête alors que l’alliance est confrontée à une recrudescence de la violence en Afghanistan : « Au cours de mon mandat, j’espère que nous parviendrons à aider les Afghans à prendre en charge leur sécurité (…), mais que cela soit clair pour les talibans, cela n’est en rien une stratégie de sortie…l’OTAN ne se prépare pas à partir. Nous resterons en soutien aussi longtemps que cela sera nécessaire. » dit-il en guise d’intronisation ! Ce connaisseur ignore sans doute qu’aujourd’hui encore les talibans recrutent grâce, notamment, à l’affaire des caricatures !

Manif Islamiste danois brûléManifestation musulmane anti – danoise

Mais malheureux, révise ton Histoire !! L’Afghanistan tous les militaires du monde s’y sont essayés ! Alexandre le Grand, Gengis Kahn, l’URSS …. Tous s’y sont cassés les dents ! T’as intérêt a bien amarrer ton dentier Anders ! ça va chier pour ton matricule et tu vas en ramasser pas mal sur les plaques de nos troufions !

Mais, bien sûr, minus, tu étais un va-t-en guerre, comme Little Tony of England !! Pourquoi, comme chez les chiens c’est toujours les plus petits les plus agressifs ??? Phénomène de compensation, sans doute ! Bref, à part Kouchner l’africain, il ne reste guère de dirigeants qui veuillent encore s’y risquer.

kouchner-iran french doctor folamour

L’OTAN, récemment renforcé d’un petit avec des talonnettes vaguement vagal va donc continuer « sa » guerre …parce que ce n’est pas la nôtre. T’as vu les résultats à l’Europe, Anders ??? 57% des citoyens européens t’ont fait un bras d’honneur monumental, cher néolibéral ! On en rigole encore, nous les tenants du boycott de ton jeu pipé.

Mais il faut que tu en remettes une couche, hein !! Tu as appelé la Russie à respecter ses obligations internationales et “l’intégrité territoriale et la liberté politique de ses voisins”, avant d’assurer que “l’OTAN n’était pas un ennemi de la Russie”.

Comme si, dans l’affaire de Géorgie ce n’était pas un autre bébé-Bush, un certain Mikhaïl Saakashvili qui a mis le bazar !!

Tiens, pas plus tard que le 30 juillet, il s’illustrait encore ton pote (nous traduisons mais librement tout de même ! ) :

http://www.president.gov.ge/?l=E&id=2998

« Le Président de la Géorgie Mikhaïl Saakashvili a assisté à la cérémonie de clôture de la formation militaire “Pari 2009″ lors de son dernier raout militaire :  11e bataillon de la première brigade d’infanterie, blindés de la III brigade d’infanterie, artillerie de la brigade des pelotons, artilleurs de la première et la deuxième brigade, aviation et  forces spéciales ont participé à la formation. »

L’histoire ne dit pas s’il a reçu l’état complet des lance-boulettes et des peignes à cheveux de son armée d’opérette ; pas d’avantage s’il a repris le célèbre chant Messin : « Vivent les artilleurs ma mère, ils tirent un coup tous les quarts d’heure » !!!

Massacre calderons

Dois-je te rappeler, Anders que, durant tes sept ans de pouvoir, tu toléras au Royaume de Danemark, où il y a bien quelque chose de pourri quelque part, une « tradition » bien saignante, comme il sied aux fachos qui te soutenaient : Le massacre des Calderons ! Tiens, j’ai même envoyé un mail à ton ambassade rouge sang ! Et on s’est fendus (c’est le cas de le dire) d’un article sur notre blog :

HONTE SUR LE DANEMARK ! LA PIRE DES BETES SUR LA PLANETE EST BIEN L’ETRE HUMAIN !!!

Massacre Calderons

Ecoute, Anders, si tu veux vraiment la faire, ta saloperie de guerre, rien de plus simple, tu prends un flingue et t’y vas !!

Tiens, puisqu’on nage à la fois dans le sang et dans Shakespeare, je vais t’en dire une bien bonne : il existe une expression anglaise qui se dit : « to beat about the Bush » – littéralement : frapper sur le buisson !!! En français, ça se traduit par : « Tourner autour du pot » !! Et, du pot, il va t’en falloir !

Bref, chers Européens, m’est avis qu’on en a encore touché un bon à l’Otan ! Touché et, espérons-le, bientôt coulé !

Il y a 95 ans Jean Jaurès assassiné

juillet 30, 2009 at 7:49 | In Altermondialisme, Citoyenneté, Culture - Livres, Europe, Mémoire et histoire, Politique, Société, social | 8 Comments
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Il y a 95 ans Jean Jaurès assassiné

Jean_Jaurès_03

Auguste Marie Joseph Jean Léon Jaurès, est né à Castres en 1859 dans une famille de la petite bourgeoisie du Tarn.

Brillant élève, Jean Jaurès fait ses études au lycée Louis-le-Grand. En 1878, il est reçu premier à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm en philosophie, devant Henri Bergson. En 1881, il termine troisième à l’agrégation de philosophie.

Jaurès enseigne tout d’abord au lycée Lapérouse d’Albi, puis à Toulouse en 1882 comme maître de conférences à la faculté des Lettres. Il donne également un cours de psychologie au lycée de jeunes filles de cette même ville.

Il se marie en 1886 avec Louise Bois

Formé intellectuellement durant la difficile naissance de la Troisième République, il entre en politique à 25 ans comme candidat républicain aux élections législatives de 1885. Élu, il siège à l’assemblée nationale parmi les républicains « opportunistes » où il soutient souvent Jules Ferry. En 1889, Jean Jaurès n’est pas réélu.

La découverte du socialisme :

Privé de son mandat de député en 1889, Jean Jaurès reprend son enseignement à Toulouse. Il est reçu docteur en philosophie en 1892 avec sa thèse principale De la réalité du monde sensible et sa thèse secondaire en latin, « Des origines du socialisme allemand chez Luther, Kant, Fichte, et Hegel ». Jean Jaurès continue son activité politique. À partir de 1887, il collabore au journal Dépêche du Midi de tendance radicale. Il devient conseiller municipal sur les listes radicales-socialistes, puis maire adjoint à l’instruction publique de Toulouse (1890-1893). Ses travaux d’élu local, sa découverte des milieux ouvriers et des militants socialistes, l’orientent vers le socialisme. Cette évolution s’achève avec la grève des mineurs de Carmaux.

Jaures statue de Carmaux par Gabriel Pech jpg

Monument à Jaurès à Carmaux par Gabriel Pech

La grève des mineurs de Carmaux : l’adhésion définitive au socialisme (1892)

En 1892, quand éclate la grande grève des mineurs de Carmaux, Jean Jaurès est à l’écart de la vie politique nationale. L’origine du conflit est le licenciement par “La compagnie des mines”, dirigée par le baron Reille, (l’homme fort de la droite tarnaise), et par son gendre le marquis de Solages (député de la circonscription) d’un de ses ouvriers, le leader syndical et socialiste, ouvrier mineur, Jean-Baptiste Calvignac qui venait d’être élu maire de Carmaux le 15 mai 1892. Le prétexte du licenciement sont les absences de Jean-Baptiste Calvignac provoquées par ses obligations d’élu municipal. Ce licenciement est considéré par les mineurs comme une remise en cause du suffrage universel et des droits réels de la classe ouvrière à s’exprimer en politique.

Les ouvriers se mettent en grève pour défendre « leur » maire. Les autorités républicaines envoient l’armée (1500 soldats) au nom de la « liberté du travail ». En plein scandale de Panamá, la République semble ainsi prendre le parti du patronat monarchiste contre les grévistes.

Dans ses articles à la Dépêche, Jean Jaurès soutient cette grève. Il accuse la République d’être aux mains de députés et ministres capitalistes favorisant la finance et l’industrie aux dépens du respect des personnes. Durant cette grève, il fait l’apprentissage de la lutte des classes et du socialisme. Arrivé intellectuel bourgeois, républicain social, Jean Jaurès sort de la grève de Carmaux acquis au socialisme.

Sous la pression de la grève et de Jaurès, le gouvernement arbitre le différend marquis de Solages-Calvignac au profit de l’ouvrier Calvignac. Solages démissionne de son siège de député. Jaurès est alors désigné par les ouvriers du bassin pour les représenter à la Chambre. Il est élu le 8 janvier 1893 comme socialiste indépendant malgré les votes ruraux de la circonscription.

Le premier mandat comme député socialiste de Jaurès (1893-1898)

Désormais, Jean Jaurès représente à la chambre des députés les mineurs de Carmaux. Il milite avec ardeur contre les lois scélérates[1]. Jaurès se lance dans une incessante et résolue défense des ouvriers en lutte. Il défend les verriers de Carmaux, renvoyés par leur patron Rességuier. Il participe à la fondation de la Verrerie ouvrière d’Albi, premier grand exemple d’entreprise coopérative. Dans le Languedoc viticole, il visite les « vignerons libres de Maraussan » qui créent la première cave coopérative. En 1898, il est battu par le marquis de Solages et perd son mandat de député

1898-1914 : Jaurès, le leader socialiste français

L’affaire Dreyfus

Au début de l’affaire Dreyfus, Jaurès est convaincu de la culpabilité du capitaine Dreyfus. Jaurès utilise même la sentence de déportation, qu’il juge clémente, pour dénoncer l’incohérence de la justice militaire dans un discours à l’assemblée. Face à la campagne de révision, Jaurès reste en retrait. Mais, en 1898, Jean Jaurès est convaincu de l’innocence de Dreyfus par le J’accuse de Zola et par ses conversations avec la jeune promotion normalienne (en particulier Lucien Herr) et avec des militants allemanistes (socialistes révolutionnaires) qu’il estime.

Jean Jaurès s’engage avec passion dans la défense de Dreyfus. Pour lui, l’affaire est non seulement un problème de justice individuelle, mais surtout de respect de l’humanité elle-même. En effet, elle pose le problème du mensonge et de l’arbitraire des grandes institutions, notamment de l’armée qui entend avoir une “justice” séparée. En outre, elle est utilisée par les droites catholique et nationaliste pour renverser la République. Il s’oppose alors à certains autres socialistes, dont Jules Guesde pour qui Dreyfus est un officier bourgeois dont la défense ne serait pas prioritaire. Guesde est marqué par le souvenir de la répression sanglante de la Commune de Paris, et d’autres révoltes ouvrières, est pour beaucoup dans la défiance de militants ouvriers envers la cause d’un officier, notamment le 1er Mai de Fourmies initié par des militants guesdistes.

Mais pour Jaurès, l’accablement de malheurs et d’injustices dont Dreyfus est victime font de lui un homme qui souffre des persécutions de la caste militaire, qui est le « gardien armé du Capital », et donc l’ennemi du prolétariat.

Avec l’affaire Dreyfus, Jaurès devient un homme politique à l’influence nationale.

Le socialiste, soutien de la République (1898-1904)

Battu aux élections de 1898 (l’installation de la Verrerie ouvrière à Albi et son ardente défense de Dreyfus ont provoqué sa défaite), Jaurès se consacre au journalisme et devient co-directeur de La petite république un journal socialiste républicain. C’est dans les colonnes de ce journal qu’il publie Les preuves relatives à l’affaire Dreyfus. Par ses articles, il soutient le gouvernement Waldeck Rousseau de Défense républicaine, qui associe à son action, pour la première fois dans l’histoire de la République, un socialiste, Alexandre Millerand, nommé au commerce et à l’industrie.

Ce soutien ouvre un nouvel affrontement avec Jules Guesde qui se termine par le débat public de l’Hippodrome de Lille et les écrits de Guesde sur « Les deux méthodes » voir sur ce point : http://dutron.wordpress.com/2009/07/28/il-y-a-87-ans-mourait-jules-guesde/

En 1902, Jean Jaurès participe à la fondation du Parti socialiste français. La même année, il parvient à reconquérir le siège de député de Carmaux (siège qu’il conserve jusqu’à sa mort ; réélection en 1906, 1910 et 1914). Le talent d’orateur de Jaurès lui permet de devenir le porte-parole du petit groupe socialiste de l’Assemblée nationale.

Jaurès et son Parti socialiste français s’engagent nettement en faveur du Bloc des gauches et du gouvernement Combes (1902-1905). Jaurès participe à la rédaction de la loi de séparation des Églises et de l’État (décembre 1905).

Cependant, Jaurès et les socialistes sont déçus par la lenteur des réformes sociales. La dynamique du Bloc des gauches s’épuise. Jaurès, vice-président de la chambre en 1902, n’est pas réélu à cette fonction en 1904. Le rapprochement politique avec un gouvernement “bourgeois” allant jusqu’à la participation gouvernementale est, de plus, condamné par l’Internationale Socialiste.

La création de l’Humanité et l’unification du mouvement socialiste

En 1904, Jaurès fonde le quotidien L’Humanité qu’il dirige jusqu’à sa mort. Jaurès sous-titre son journal “quotidien socialiste” et l’utilise pour accélérer l’unité socialiste. Celle-ci est réalisée sous pression de la Deuxième Internationale au Congrès du Globe (avril 1905) avec la création de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO), unifiant les différentes sensibilités socialistes de France.

Jaurès partage la direction de la SFIO avec le marxiste Jules Guesde. La SFIO fait sienne le constat de la lutte des classes et s’affirme clairement internationaliste. Pour l’unité, Jaurès a accepté l’abandon du soutien au gouvernement. Mais, il a obtenu des guesdistes l’insertion de la SFIO dans la démocratie représentative. Dirigeant politique important, il engage le dialogue avec les syndicalistes révolutionnaires de la CGT. En 1914, la SFIO rassemble 17% des voix et obtient 101 sièges de députés.

Le pacifisme

Jaurès lutte contre la venue de la guerre les dix dernières années de sa vie. Il est très préoccupé et inquiet face à la montée des nationalismes et par les rivalités entre les grandes puissances (surtout pendant les guerres balkaniques en 1912-1913). En 1910, il rédige une proposition de loi consacrée à l’armée nouvelle dans laquelle il préconise une organisation de la Défense nationale fondée sur la préparation militaire de l’ensemble de la Nation. Il mène une vigoureuse campagne contre la Loi des trois ans de service militaire. La loi est votée en 1913 malgré le rassemblement du Pré-Saint-Gervais le 25 mai 1913 où Jaurès prononce un discours devant 150 000 personnes.

Manifestation Lois scélérates Pré St Gervais et Discours Jaurès

Manifestation contre les Lois scélérates au Pré St Gervais et discours de jaurès

L’année 1914 semble relancer les espoirs de paix : la guerre dans les Balkans est finie, les élections en France sont un succès pour les socialistes. Mais l’attentat de Sarajevo le 28 juin 1914 et l’ultimatum autrichien à la Serbie du 23 juillet 1914 relance les tensions entre les grandes puissances. L’inexorable affrontement des impérialismes est en marche.

Jaurès tente d’infléchir dans un sens favorable à la paix la politique gouvernementale. Il rappelle le mot d’ordre de grève générale décidé par l’Internationale ouvrière en cas de déclenchement de la guerre.

Assassinat du 31 juillet 1914

Lorsqu’il rentre à Paris, le 30 juillet dans l’après-midi, Jaurès apprend que la Russie mobilise. À la tête d’une délégation socialiste, il obtient vers 20 heures une audience avec Viviani qui lui révèle l’état d’avancement de la préparation des troupes aux frontières. Jaurès l’implore d’éviter tout incident avec l’Allemagne.

Viviani lui répond qu’il a ordonné aux troupes françaises de reculer de dix kilomètres par rapport à la frontière afin d’éviter tout risque d’incident avec l’Allemagne.

Le 31 juillet au matin, la presse parisienne unanime voit l’Europe « au bord du gouffre ». Après avoir consulté ses proches comme Charles Rappoport ou Lucien Lévy-Bruhl, Jaurès se rend à la Chambre où il prend connaissance de la mobilisation autrichienne et de la déclaration de l’état de menace de guerre en Allemagne.

Il décide de rencontrer à nouveau le président du Conseil, par ailleurs ministre des Affaires étrangères, mais ne voit que le sous-secrétaire d’État aux Affaires étrangères, Abel Ferry, neveu de Jules Ferry.

Au même moment Viviani n’est pas disponible, car il reçoit l’ambassadeur allemand, le comte von Schoen, venu communiquer l’ultimatum de son gouvernement à la France : dire avant le 1er août à 13 heures si elle se solidarisait avec la Russie. Il comprend que le conflit ne peut plus être évité. Au même moment, tous les maires de France sont avertis par les préfets de tenir prêts les chevaux et les voitures pour les ordres de réquisition. Jaurès aurait, selon Pierre Renaudel, témoin de son entrevue avec Abel Ferry, déclaré que si le gouvernement persistait à aller vers la guerre , il « dénoncerait les ministres à tête folle ». Abel Ferry, sur un ton navré – et nullement menaçant – se serait contenté de répondre « Mais mon pauvre Jaurès, on vous tuera au premier coin de rue ! … ».

Abel Ferry sera tué au front, blessé mortellement par un éclat d’obus en 1918.

En fin de journée, il se rend au siège de son journal pour préparer un article de mobilisation anti-guerre pour l’édition du 1er août. Auparavant, il sort dîner au café du Croissant, rue Montmartre, avec ses collaborateurs du journal dont Renaudel, Jean Longuet (gendre de Karl Marx) , Landrieu, Ernest Poisson. Il est assis dos à la fenêtre ouverte, séparé de la rue par un simple rideau. Observant depuis la rue la salle du café où il avait repéré que Jaurès dînait habituellement, caché par le rideau, l’assassin tire. Jaurès est tué sur le coup.

Assassinat de Jaurès DessinJean Jaures Plaque commémorative au Café_Croissant

Assassinats de Jaurès – Dessin

L’assassin et ceux qui ont armé son bras :

L’assassin est Raoul Villain, un Rémois de 29 ans, étudiant en archéologie à l’École du Louvre, et surtout adhérent de la Ligue des jeunes amis de l’Alsace-Lorraine, groupement d’étudiants nationalistes, partisans de la guerre et proche de l’Action française.

Il est arrêté et déclare avoir agi en solitaire pour « supprimer un ennemi de son pays ». Cette thèse de l’acte isolé est honteusement reprise telle quelle dans l’acte d’accusation dressé le 22 octobre 1915.

Villain y est décrit comme un personnage falot, calme et pieux, blond, les yeux bleus, d’apparence juvénile. Sans avoir jamais vu Jaurès, il s’est peu à peu mis en tête de tuer le traître,  « l’Allemand » !!!

Sans doute convaincu de la nécessité de son geste depuis le mois de décembre précédent, il mûrit son acte tout au long du mois de juillet, achète un revolver Smith & Wesson, s’exerce au tir, écrit quelques lettres incohérentes, repérant le domicile du leader socialiste, son journal, le café où il avait ses habitudes

Mais, depuis de longs mois, voire des années, la presse nationaliste que Villain ne pouvait ignorer et les représentants des Ligues « patriotes » (comme Léon Daudet ou Charles Maurras) s’étaient déchaînés contre les déclarations pacifistes de Jaurès, son internationalisme, et le désignaient comme l’homme à abattre. Les déclarations de ce genre sont légion dans les semaines qui précédent l’assassinat.

« Dites-moi, à la veille d’une guerre, le général qui commanderait […] de coller au mur le citoyen Jaurès et de lui mettre à bout portant le plomb qui lui manque dans la cervelle, pensez-vous que ce général n’aurait pas fait son plus élémentaire devoir ? »
— Maurice de Waleffre dans L’Echo de Paris du 17 juillet 1914.

Jaurès Allemand caricature par orens pgJaurès “Allemand” caricature par Orens

Mais les outrances écrites ne font que dissimuler une montée progressive du nationalisme dans l’opinion, ce que Jaurès et les socialistes semblent n’avoir pas voulu reconnaître. Depuis les crises au Maroc ou dans les Balkans des années récentes, l’affrontement avec l’Allemagne devenait inéluctable, comme le sentait Clemenceau.

Cet assassinat a lieu trois jours avant le début de la Première Guerre mondiale, et en précipite le déclenchement des hostilités, notamment en facilitant le ralliement de la gauche, y compris beaucoup de socialistes qui hésitaient, à l’« Union sacrée ».

Villain est incarcéré en attente de son procès durant toute la Première Guerre mondiale et, après cinquante-six mois de détention préventive, il est acquitté lors de son procès devant la cour d’assises de la Seine, le 29 mars 1919. La veuve de Jaurès doit même payer les frais du procès. En réaction, Anatole France écrit : « Travailleurs, Jaurès a vécu pour vous, il est mort pour vous. Un verdict monstrueux proclame que son assassinat n’est pas un crime. Ce verdict vous met hors la loi, vous et tous ceux qui défendent votre cause. Travailleurs, veillez ! », et une manifestation est organisée le 6 avril suivant.

Raoul Villain s’exile alors à Santa Eulalia sur l’île d’Ibiza dans les Baléares. Peu après le début de la guerre d’Espagne, les républicains l’exécutent pour espionnage au profit de l’armée franquiste le 17 septembre 1936.

Autre revanche de l’Histoire : c’est un jeune journaliste de l’Humanité de Jaurès ; Paul Vaillant-Couturier qui recueillera sur le front de l’Aisne et popularisera, en 1917, le chant collectif des mutineries de 1917 : La Chanson de Craonne.

Voir sur ce sujet sur ce blog deux articles publiés le 20 mai 2008 pour le 91 ème anniversaire du début des mutineries de 1917 : http://dutron.wordpress.com/2008/05/20/tous-mutins/

Et : http://dutron.wordpress.com/2008/05/20/la-chanson-de-craonne/

Guy Dutron

30 juillet 2009

Tombe_Jean_Jaurès.au Panthéon jpgTombeau de Jean Jaurès au Panthéon


[1] Le terme « lois scélérates » désigne une série de lois votées en France sous la Troisième République. Elles visaient à réprimer le mouvement anarchiste, responsable de nombreux attentats dans les années précédentes. L’expression fut notamment popularisée par Francis de Pressensé et Emile Pouget dans un pamphlet publié en 1899, Les lois scélérates de 1893-1894. Aujourd’hui l’expression « loi scélérate » désigne l’ensemble des lois qui présentent l’une des caractéristiques suivantes : recours à des procédures expéditives, répression disproportionnée par rapport aux actes commis, sanctions lourdes uniquement conçues pour dissuader un individu de commettre un acte proscrit

Notre ami Patrice nous a transmis ce texte qui a du être lu aujourd’hui à Castres – ville natale de Jaurès – nous le publions bien volontiers à la suite de notre article

À l’aube de la 1ère Guerre Mondiale, le 31 juillet 1914, le militant nationaliste Raoul Villain assassine Jean Jaurès. La Guerre peut donc débuter.

Les Alternatifs du Tarn s’associent pleinement à la commémoration de l’anniversaire de l’assassinat de Jean Jaurès.

Mais par cette participation, nous ne voudrions pas récupérer l’image de Jean Jaurès comme certains de nos adversaires politiques s’ingénient à le faire de façon honteuse et maladroite.

Utiliser la prestance de Jaurès afin de tenter de s’identifier comme ses descendants politiques et idéologiques est malhonnête et indigne.

Nous devons donc nous démarquer de celles et ceux qui citent Jaurès à des fins démagogiques.

Lorsque Jaurès dit que « Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée l’orage », il nous encourage à chercher et trouver une sortie de ce système économique injuste, inégalitaire et dont la justesse du propos est illustrée chaque jour par son lot de souffrances, d’injustices et de vrais guerres.

Que des politiciens partisans du capitalisme accommodent leurs discours élyséens de citations de Jaurès prouvent bien le peu de considération qu’ils portent à l’idéologie de Jean Jaurès.

Quand Jaurès dit :

« Le courage, cest dagir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort lunivers profond, ni sil lui réserve une récompense ». Il nous encourage à l’action politique désintéressée. Au soutien dans les luttes sociales. Et non pas aux volontés carriéristes.

« Cest quau fond, il ny a quune seule race : lhumanité ». Il nous encourage à nous mobiliser pour soutenir nos frères et sœurs victimes de la politique du chiffre sarkozyste de reconduite à la frontière, de fermer les Centres de rétention, de faire cesser les arrestations au faciès. D’ouvrir nos yeux aux luttes à travers le monde.

« Il ne peut y avoir de révolution que il y a conscience. »

« C’est en allant à la mer que le fleuve reste fidèle à sa source »

Nombreux sont les propos de jean Jaurès qui résonnent encore de par leur actualité et nous donnent matière à réflexion.

Pour conclure, lorsque Jaurès dit : « N’ayant pas la force d’agir, ils dissertent », nous espérons que ce propos ne nous est pas destiné à toutes et tous ici présent-es !

Les Alternatifs 81

Il y a 87 ans mourait Jules Guesde

juillet 28, 2009 at 2:57 | In Altermondialisme, Citoyenneté, Culture - Livres, Economie, Mémoire et histoire, Politique, Refonder la Gauche, Société, social | 6 Comments
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Il y a 87 ans mourait Jules Guesde

Jules_Guesde_02

Difficile d’être du Nord, de Gauche, internationaliste et d’oublier Jules Guesde !

Jules Bazile dit Jules Guesde, né à Paris le 11 novembre 1845, fut un grand dirigeant socialiste français. À un journaliste du Matin venu l’interviewer sur son itinéraire politique en 1893, il répond qu’il est devenu républicain sous l’Empire en lisant en cachette les « Châtiments » de Victor Hugo et athée en lisant la Critique de la raison pure de Kant et, enfin, socialiste « par la Commune ». Toute sa vie, il cherchera une synthèse de ces apports et de bien d’autres.

De fait, c’est de Toulouse puis Montpellier que le jeune Guesde critique l’entrée en guerre de la France en 1870. Il défend l’opinion républicaine dans « le Progrès libéral » de Toulouse en 1868, puis, l’année suivante, jusqu’en 1871, dans « la Liberté » de Montpellier puis dans « les Droits de l’Homme » où il est alors secrétaire de rédaction. Après le 4 septembre, il soutient la nouvelle République et surtout, à partir de mars 1871, l’insurrection de la Commune. Ses articles virulents lui valent diverses condamnations à l’emprisonnement qui le poussent à l’exil au mois de juin.

Réfugié en Suisse puis en Italie, à Milan, où il survit en donnant des leçons de littérature, il entre alors en contact avec l’Association internationale des travailleurs  et Karl Marx en 1864. D’abord hostile au philosophe, Guesde se rapproche peu à peu de ce dernier. Sans pour autant adopter toutes les idées de Marx. Mais il défend résolument le concept de prise de pouvoir par le prolétariat.

De retour en France en 1876, Guesde vise deux objectifs. D’abord reconstituer le mouvement ouvrier décapité après les événements de la Commune de Paris, et ensuite convaincre l’élite de la classe ouvrière française du bien-fondé des doctrines du socialisme scientifique issues de la pensée marxiste.

À cette fin, il lance avec Paul Lafargue le journal L’Égalité (qui parait avec quelques interruptions de 1877 à 1883), qui diffuse en France des idées certes marxistes mais à l’évidence traversées par diverses influences françaises, de Blanqui à Rousseau. Engels rapporte un jour que « Ce que l’on appelle « marxisme » en France est certes un article tout spécial, au point que Marx a dit à Lafargue : « Ce qu’il y a de certain, c’est que moi je ne suis pas marxiste  ». Guesde ne conteste pas.

Le groupe « collectiviste » dirigé par Guesde réussit à obtenir la majorité au congrès ouvrier de Marseille de 1879, prélude à la fondation en 1882 du Parti Ouvrier. Le PO est ensuite dénommé Parti ouvrier français en 1893 pour éviter les calomnies de la propagande nationaliste et revancharde. Le POF reste et restera jusqu’au bout dans la vision internationaliste, le terme « français » n’ayant été ajouté que pour des raisons tactiques.

Les succès du Parti Ouvrier sont rapides. Comptant à peine 2 000 membres en 1889, il gagne en audience – 20 000 militants en 1902 – et conquiert ensuite plusieurs grandes municipalités, notamment Roubaix qui reste le fief du guesdisme – la « Rome du Socialisme » – jusqu’en 1914. Le PO atteint son point haut électoral aux législatives de 1893. Très populaire dans le Nord, bastion d’un POF soutenu par les ouvriers du textile et de l’industrie, profitant d’une influence moins forte et moins durable dans le « Midi rouge », Guesde entre à la chambre des députés une première fois en 1893 pour la circonscription de Roubaix en s’affirmant « collectiviste, internationaliste et révolutionnaire ». Battu en 1898 et 1902, il est réélu en 1906. Il conserve son siège jusqu’à sa mort en 1922.

Jaurès et GuesdeJules Guesde et Jean Jaurès

  • Les deux méthodes

Sous l’impulsion de Guesde, le PO est un des fondateurs en France des journées du 1er Mai, dites « fêtes du travail », à partir de 1889 qui vise à obtenir pour les ouvriers des avantages précis, concrets et immédiats, comme la réduction de la journée de travail. C’est au cours de l’un de ces Premier Mai, en 1891, qu’aura lieu, à Fourmies, chez nous en Avesnois, le massacre des manifestants ; voir sur ce point : http://dutron.wordpress.com/2008/07/07/sarko-la-greve-le-tolle-et-apres/

Et aussi : http://dutron.wordpress.com/2009/04/01/ce-premier-mai-aux-origines-franco-%E2%80%93-americaines/

Ce sont, en effet, les sections de Fourmies et de Wignehies du Parti Ouvrier Français qui ont été à l’origine de la mobilisation de Fourmies sous l’impulsion de Culine.

En 1900, Guesde s’oppose à Jean Jaurès quant à la participation d’Alexandre Millerand au ministère « bourgeois » de Waldeck-Rousseau. Lors d’une conférence contradictoire avec Jaurès, le 26 novembre 1900, il lui répond sur « la vérité, au point de vue historique de leurs divergences », ce grand débat est connu sous ce nom :  Les deux méthodes. Cette confrontation se passait à l’hippodrome de Lille devant 8000 personnes !

En 1902, son parti fusionne avec le Parti socialiste révolutionnaire d’Edouard Vaillant (blanquiste) pour former le Parti socialiste de France. La revendication de Guesde, que cette unité se fasse sur la base de la condamnation de toute tactique « participationniste », est adoptée puis confortée en 1904, lors du Congrès socialiste international d’Amsterdam

Guesde devient ministre d’État de 1914 à 1916 (cabinets Viviani et Briand). Il adopte des positions patriotiques comme le firent les Jacobins à leurs époques : « Je n’ai pas la même crainte de l’avenir. La guerre est mère de révolution ». dit-il en 1914.

Jules Guesde pensait en effet que la guerre serait créatrice d’une révolution sociale en France comme sous la révolution française et serait ainsi le point le départ d’une révolution internationale. Et, « pour cette renaissance sociale, il faut vaincre, si lente qu’elle puisse être à venir et quelque sang qu’elle doive couler » (novembre 1915). A ce prix, il y eut effectivement des révolutions de par le monde notamment en Russie (Révolution de Février et d’Octobre 1917) et en Allemagne (révolution Spartakiste en 1919).

Guesde et Sembat vont également s’opposer en conseils des ministres à l’arrestation des “défaitistes” que demande les autorités civiles ou militaires

  • La vieille maison

Après l’armistice, le Congrès de Tours le voit choisir la « vieille maison » à la suite de Léon Blum contre la majorité qui adopte les principes communistes. Pourtant, ses dernières réflexions politiques s’adressent à la révolution bolchévique alors encore incertaine en Russie, pour laquelle il est en désaccord contrairement à celle de Février. Il dira tout de même : « Veillez sur la révolution russe. ».

Malade, Guesde meurt à Saint-Mandé le 28 juillet 1922. Ses cendres reposent au Père Lachaise.

De nos jours, si la Fédération du Nord du Parti Socialiste reste une « grosse » fédération. Le souvenir de Jules Guesde n’y est plus rappelé que sur le mode incantatoire dans lequel « Gros Quinquin », Pierre Mauroy est devenu un orfèvre.

Il n’a pas son pareil à la tribune, des trémolos dans la voix, pour bavasser sur cette époque durant laquelle l’ouvrier Pierre Degeyter composait, au fond d’une courée de Lille, à la lueur vacillante d’une chandelle, la musique de l’Internationale.

Cela tient du grand guignol, du vieux mélo, de la Porteuse de pain et des Mystères de Paris et Gros Quinquin, y sue encore plus qu’Eugène !!

C’est, comme l’a décrit un très bon bouquin : Le Petit Théâtre de Pierre Mauroy !!!

http://dutron.wordpress.com/2008/05/28/le-coin-des-bons-bouquins-le-petit-theatre-de-pierre-mauroy/

Triste succession !!! Guesde doit de retourner dans sa tombe du Père Lachaise !

Pour notre part, Guesde nous inspire encore à travers sa vision d’une utopie réaliste, de la conquête ou la défense d’acquis pour les travailleurs, pour la refondation d’une Gauche de Transformation sociale, écologique et politique : d’une Gauche Altermondialiste.

Notre Réseau Euro méditerranéen Social Ecologique Démocratique et Altermondialiste (RESEDA) n’est pas autre chose que l’outil (avec d’autres) de cette ambition.

Guy Dutron 28 juillet 2009

Val Joly stop ou encore ? Naturiste ou à poil ????

juillet 24, 2009 at 7:19 | In Belgique, Citoyenneté, Economie, Environnement OGM, Europe, Mémoire et histoire, Politique, Société, social | 5 Comments
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Val Joly stop ou encore ? Naturiste ou à poil ????

Le Val Joly en Travaux source PS Avesnois On bétonne

Le Val Joly en travaux – source PS Avesnois – On bétonne “socialiste” !!!

Il y a quelques années, l’auteur de cet article publiait des journaux mensuels dans le cadre d’une association dénommée « Liessies-Willies avant tout ». En association avec l’association de défense des riverains du Val Joly et son président Roger Renard, nous y critiquions ce qui n’était encore qu’un projet. Quelles étaient alors nos principales critiques ?

-   Un projet économiquement non viable car se plaçant sur le même terrain que les projets voisins des Lacs de l’Eau d’Heure (Belgique) et le projet de Centers Parcs au Lac de l’Ailette, dans l’Aisne voisine ; or, ces projets étaient bien plus avancés que celui du Val Joly

-  Un projet d’exclusion sociale des plus modestes de nos concitoyens de l’Avesnois par des tarifs prohibitifs. Car le projet était clair selon les termes mêmes du directeur du Val Joly, l’ineffable Robert Goldin : « Faire venir de riches allemands et hollandais en costard et Mercédès » !!!! Hou le mauvais !!!!

-  Des investissements très risqués pour un résultat aléatoire c’est çà dire environ 40 millions d’euros composés d’argent public – Européen, départemental, régional et de fonds privés ….

A l’époque, la réponse du boss, en l’occurrence Bernard Derosier – Président du Conseil Général du Nord – fut claire ! « ON CONTINUE » !!! Nous, on a pensé très fort : « Poils au cul » !! Et vous verrez bientôt qu’il en sera questions, en tous cas de fesses et de poils !!

Il y a un mois environ, nous fumes consultés par une jeune journaliste : Gaëtane Deljurie, qui travaillait sur un dossier destiné à la revue « Entreprises & Management » peu suspecte de nous être outrageusement favorable. Mais Gaëtane est une bonne journaliste ; elle avait creusé son sujet et entendu parler de nos critiques de l’époques. Nous lui avons donc communiqué ce que nous pensions.

Son article, maintenant paru est très clair, c’est la voix du bon sens même !! Vous le trouverez ci-dessous en lien et en photo :

http://www.entreprises-et-management.com/dossierbis.php?idArtDoc=19

Val joly Entreprises & Management page 22Le dossier de la revue “Entreprises & Management” page 22

«  Le lac Val Joly : chronique d’un flop annoncé

« Ras-le-bol des potages, rendez nous nos frites-mayo ! ». Au Val Joly, joli petit écrin de verdure niché au fin fond de l’Avesnois, en bordure d’un lac, les baraques à frites n’auront décidément pas longtemps souffert de la concurrence de la Soupe Sauvage. Censé contribuer à la métamorphose de  cette « station touristique », comme disent les prospectus, ce sympathique bar à soupes devait célébrer l’arrivée d’une clientèle un peu plus select que les habitués des lieux, ouverts au public depuis 1975.  « Un bar à soupe aux pays des frites-saucisses, c’était bien une idée de bureaucrate, ça », fulmine, un brin caricatural, un bon connaisseur du dossier. Evidemment, ça n’a pas marché et au bout de quelques mois, il a fallu fermer la boutique ».

L’anecdote est révélatrice du décalage entre les ambitions des promoteurs du parc et les réalités économiques du secteur. Un peu plus d’un an après son ouverture officielle, en juin 2008, la station du Val Joly est toujours à la recherche de son identité… et de ses clients. L’installation de commerces, brasseries  (marquant le grand retour du cornet de frites !) et crêperie, d’un centre aquatique de 3000 mètres carrés, de parcours de randonnées dans les arbres, d’un centre équestre, d’une maison des enfants et surtout de 180 cottages ultra-design proposés à la location n’ont en tout cas pas suffi à déplacer les foules.

Il est certes un peu tôt pour enterrer le concept, mais les premiers résultats ne sont guère encourageants au vu des objectifs. 160 000 entrées enregistrées par an (500 000 attendues d’ici 2013), 40 % de taux de remplissage dans les cottages alors qu’on table sur un remplissage de 80 % à l’année. Et la salle de conférences, réservée aux séminaires d’entreprises qui reste vide les trois quarts du temps…

Centers Parcs, un sérieux rival.

Du coup, certains se demandent déjà si cette opération, d’un coût total de 60 millions d’euros, dont 36 millions de fonds publics, a encore une chance d’être rentabilisée. Dans les années 90, déjà, les riverains eux-mêmes s’interrogeaient sur ce projet « démesuré ». « Si on devait totaliser l’ensemble du fric englouti dans cette affaire depuis une vingtaine d’année, ce serait effrayant », note Guy Dutron, un ancien membre de l’association « Liessies-Willies avant tout ». Ce citoyen écolo qui militait pour un projet de tourisme vert autour de ce site habité par une biodiversité exceptionnelle, n’était pas le seul à fustiger ce projet. « Nous étions favorable à l’évolution du site mais pas dans ces proportions », se souvient Roger Renard, alors à la tête de l’association pour la préservation du Val Joly.

Le Conseil général du Nord, qui a investi à lui seul 22 millions d’euros : « le prix d’un collège », compare Bernard Derosier, son président, dont l’obsession, depuis quinze ans, est de « faire une station digne de ce nom, destinée à devenir la turbine économique de l’Avesnois ». Center Parcs, la filiale du groupe Pierre & Vacances, lui avait proposé de bâtir l’un de ces domaines, protégé par des intempéries par un toit en forme de bulle, au cœur de la forêt de Trélon, non loin du Val Joly, mais il n’en a pas voulu. «  J’ai repris le même concept, mais sans la cloche de verre », justifie Bernard Derosier. Center Parcs a donc bâti son domaine au Parc de l’Ailette, dans l’Aisne pour 220 millions d’euros, dont 32 millions de fonds publics. Situé à environ 1 h 40 de Lille, tout comme le Val Joly, il est devenu un sérieux concurrent. La différence, c’est que ça marche. D’abord, les 800 cottages sont occupés à 80 %. Ensuite, les retombées économiques sont bien au rendez-vous, avec notamment 650 emplois créés.

Un trois étoiles dans les cartons.

Ce bilan contraste avec celui du Val Joly, qui totalise à peine 50 postes, directs et indirects. Mais sur ce point Bernard Derosier, et Robert Goldin, le directeur du Syndicat Mixte qui gère la station, ont du mal à accorder leurs violons. « Les 500 emplois annoncés restent toujours l’objectif à cinq ans », estime le président du Conseil général. Tandis que Robert Goldin affirme que seuls 150 emplois ont été annoncés.

Mais avant même d’envisager de nouvelles embauches, il faudra bien faire décoller la machine. Car la station ne sera rentable que si la moitié des lits est occupée tout au long de l’année. Aujourd’hui, on en est si loin que ça paraît peu réaliste. D’autant que le Val Joly part avec un gros handicap : à la différence de son rival Center Parcs protégé par sa bulle de verre, le Val Joly reste tributaire du temps. Son parc aquatique est aussi challengé par les lacs de l’Eau d’Heure, le plus grand ensemble nautique de Belgique, situés de l’autre côté de la frontière. Voilà sans doute pourquoi, au bout d’un an, le Val Joly n’a fait le plein qu’une dizaine de week-ends.

En dépit de ce démarrage laborieux, le Conseil général paraît pourtant bien décidé à poursuivre ses plans.. Il prévoit même  d’agrandir à ses frais le camping , d’y faire construire 60 nouveaux chalets et de confier à un promoteur la construction d’un hôtel trois étoiles….. Mais quels investisseurs seront prêts à prendre ce risque ??? Car, pour l’instant, le chiffre d’affaires du Val Joly suffit tout juste à équilibrer la subvention annuelle de 2,2 millions d’euros octroyée par le Département.

Il y a déjà urgence à faire entrer de l’argent dans les caisses. Sinon, il risque bien d’y avoir le feu au lac.

Gaëtane Deljurie

Dans un encadré intitulé «  Les commerçants font grise mine », on peut lire ceci :

Le premier hiver a été particulièrement rude pour les commerçants du Val Joly. A tel point que le Syndicat Mixte leur a fait deux cadeaux, en leur offrant d’abord les loyers des mois de janvier, février et mars (loué 86 euros le mètre carré) et en injectant ensuite 10 000 euros dans la toute nouvelle association des commerçants. « Nous n’avons pu démarrer que fin juin, nous avons donc perdu une partie de la saison, explique-t-on à la pizzeria Côté Sud. Et c’est sans compter les soucis techniques que nous rencontrons quotidiennement : les travaux ont apparemment été terminés à la va-vite. » D’ores et déjà, deux commerçants ont baissé le rideau : « Ces départs vont permettre des extensions », note Robert Goldin, directeur du Syndicat Mixte, qui rappelle d’ailleurs que deux emplacements restent à pourvoir, pour des activités de traiteur et d’estaminet : « Nous avons reçu plusieurs candidatures mais nous n’acceptons pas n’importe quel projet », poursuit Robert Goldin, certainement échaudé par quelques mauvaises expériences. Avis aux professionnels, donc !

Val joly Entreprises & Management page 23Le dossier de la revue “Entreprises & Management” page 23

Fermez le ban, pourrait-on dire !! Hé bien non, nous ne le fermons pas et ne LA fermons pas !!

-        1) Nous redemandons ici à la fois à Philippe Lety conseiller général-Maire de Solre-le-Château-Président du syndicat mixte du Val Joly et à Derosier de publier le montant total des dépenses – notamment d’argent public – engagées depuis 40 ans dans le « gouffre du Val Joly

-        2) Nous nous étonnons du silence de La Voix du Nord, jadis critique, sur cette affaire. Si nous ne mettons pas en doute l’honnêteté professionnelle des journalistes locaux, nous savons que le Val Joly a publié force publicités dans « La Voix » !! Quelle est donc la liberté laissée aux journalistes ???

-        3) Nous proposerons un « courrier des lecteurs » en ce sens à Entreprise & Management ».

Pour rire un peu alors qu’il faudrait en pleurer : Récemment, une information est sortie en Belgique sur l’évolution des Lacs de l’Eau d’Heure. Ces heureux wallons disposent de cinq lacs et de 70 km de berges. Il est donc prévu, à terme, d’ouvrir un camp naturiste fort prisé justement par ces hollandais et allemands si recherchés par le triste Goldin !!!

Hé bien, Goldin, je vais te dire : « A L’EAU D’HEURE  ON FERA DU NATURISME ET TON VAL JOLY VA SE RETROUVER A POIL !!!!

Guy Dutron

Pour RESEDA -  Coordination Gauche Alternative du Hainaut

et l’association Hainaut Avenir Environnement

24 juillet 2009

ValJoly source Nord-NatureUn plan du Val Joly – source Nord- Nature

Les écrivains du RESEDA

juillet 14, 2009 at 3:10 | In Altermondialisme, Citoyenneté, Culture - Livres, Europe, Le coin des bons bouquins, Le coin des poèmes qu'on y tient, Mémoire et histoire, Politique, Société, Solidarité, social | 1 Comment

Les écrivains du RESEDA

Commençons par une femme : Geneviève Confort-Sabathé

Elle nous vient de l’Hérault ; elle est docteure en sciences de l’Education.

Voyez son site : L’Hétérodoxe, ça s’appelle !! http://www.genevievesabathe.fr/

Moi, je ne suis qu’hétéro, tout court, mais je peux vous dire qu’elle en publie des textes la camarade !! En plus de sa thèse de doctorat que vous trouverez sur son site mais que je vous donne tout de même en lien :    L’idianthropologie politique ou comment interpréter le fait …

En plus donc, elle publie régulièrement sur ce blog, sur notre site national : http://reseda.ouvaton.org/ et sur le site Netoyens ; à titre d’exemple dans l’ordre, de Décembre dernier à nos jours, sur ce blog :

http://dutron.wordpress.com/2008/12/15/total-respect-aux-lyceens-par-genevieve-sabathe/

http://dutron.wordpress.com/2009/03/09/cour-de-justice-exces-de-pouvoir-parlement-europeen-exces-d%E2%80%99impuissance-par-genevieve-confort-sabathe/

http://dutron.wordpress.com/2009/03/21/le-pion-de-fer-singe-la-dame-de-fer-par-genevieve-confort-sabathe/

Celui-ci, c’était notre appel au boycott des Européennes qui était sorti de sa plume :

http://dutron.wordpress.com/2009/04/02/appel-europeennes-le-boycott-est-l%E2%80%99arme-de-la-democratie-directe/

Et, pour finir, mais il y en a pas mal d’autres ….cette mine posée dans les pattes d’un paysan de Bordères (64) :

http://dutron.wordpress.com/2009/06/02/%C2%AB-bayrou-le-plouc-de-l%E2%80%99arene-%C2%BB/

Et, enfin : http://dutron.wordpress.com/2009/06/08/europeennes-vers-des-lendemains-qui-cognent/

Je sais pas si vous avez remarqué …mais ça cogne déjà !!

En ce moment, Geneviève bosse sur une saga : « Les Mange-Tripes » ; la saga des tripiers de chez elle, de sa jeunesse dans le Gard,  dont elle peaufine le premier tome : L’abattoir !  L’abattoir des tripiers mais aussi celui de 14-18 !!

mangetripes

Les lecteurs de ce blog ne seront pas dépaysés vu qu’on en a pas mal parlé à commencer par moi avec quelques articles sur cette boucherie qui toucha notre Nord de si près. Après la boucherie de Geneviève, allez-y voir ci-dessous, vous y trouverez des reproductions d’un journal de l’époque et les décorations de mon grand-père Georges !!!!

http://dutron.wordpress.com/2008/11/09/11-novembre-2008-quatre-vingt-dixieme-anniversaire-de-la-fin-de-la-grande-boucherie/

Ben oui, parmi les écrivains du RESEDA, y’a aussi moi !! Guy Dutron.

Comme des malfaisants m’ont reproché d’utiliser ce blog pour faire ma pub….s’ils savaient, les imbéciles …enfin, comme disait Brassens, « il y a peu de chances qu’on détrône le roi des cons ! » donc …j’en ai enlevé l’article sur mon premier bouquin ; il ne subsiste que le lien vers mon site personnel : http://chezguydutronlecrivain.ouvaton.org/Bienvenue.html

J’ai publié, au printemps 2008 : « Un jour je mangerai du pain blanc » aux éditions Le Lectambule : http://www.le-lectambule.fr/

J’ai auto produit un pamphlet politique intitulé « A mort l’Europe ? » qui explique en quoi les politiques menées en Europe et leur soumission à la Mondialisation conduisent à la mort de l’Idée Européenne , je publierai, à la rentrée « Mémoires de connard » aux éditions du Bout de la rue :

http://www.editionduboutdelarue.fr/

Juste un mot : « Un jour je mangerai du pain blanc », c’était l’histoire (de 1914 à 1938) des fermes pauvres mais heureuses et solidaires dans notre région, entre France et Belgique. On m’a dit qu’il n’y avait pas de méchants dans ce roman …ben non, y’en avait pas !  On y braconnait, on faisait la fraude à la frontière parce qu’on pensait d’abord à survivre et le reste du temps, on bossait comme des damnés …Dans « Mémoires de connard », il va y avoir des méchants !! C’est le revers de la médaille du « Pain blanc » en quelque sorte ! C’est notre bonne vieille mentalité rurale d’Avesnois ou d’ailleurs où l’on marrie filles et garçons pour regrouper des hectares et où on colle des hormones dans le cul des bœufs !!! Toujours 80 kg de « bonne barbaque » de vendue en plus !!!

Si vous préférez, c’est l’Evangile selon la FNSEA !! Je sens que je vais encore me faire plein de copains, tiens !!! Ce roman très noir sortira à la rentrée.

En ce moment, je travaille à la suite du « Pain blanc » qui est le premier d’une trilogie qui couvrira tout le XXème siècle ; cette première suite s’appelle « La valse du Grand Tournant ». Devrait aussi sortir, en 2010, mon roman sur l’effet de serre et la mort de la liberté qui s’appelle « 2064 » en hommage au 1984 de Monsieur Orwell, le papa de Bigbrother qui ne s’appelait pas encore Edwige !!

Et puis, y’a un petit jeune au RESEDA : Franck Pizzinato qui nous vient de Bretagne.

Ecoutons-le un instant quand je lui parle de regrouper les « écrivains » du RESEDA en une « école altermondialiste » : «pourquoi “école” ? L’école induit un « Maître »… et moi, j’ai plus à apprendre qu’à transmettre de mes concitoyens Mondiaux… si l’idée est de créer un groupe de véritable « tribuns » dans le sens de « Magistrats » du peuple ou plus exactement des Peuples…. Oui, oui, oui et, commençons tous par prôner le fait que sur Terre il n’existe qu’une « Race » d’êtres humains… et que ces humains n’ont qu’un devoir… celui d’assurer l’avenir de nos Enfants… Tous nos ENFANTS !!!
Ce mouvement ne dois pas chercher de « boucs émissaires » et les « sectes » en tous genres doivent être considérées pour ce qu’elles sont et non pas de se focaliser sur l’une ou l’autre à défaut d’avoir un autre adversaire… Ce mouvement ne doit faire d’aucun homme et d’aucune Femme une victime………. De plus et je n’en doute pas dans ta pensée ; il ne peut être que Laïque… acceptant toutes Religions, mais interdisant tous prosélytismes… faisant qu’une femme en burqa a tout autant le droit de s’exprimer qu’une prostituée bien vêtue…

Donc, ce mouvement se devra d’accepter toutes les vérités, y compris celles qui dérangent… »

Franck a publié « Sein Kampf » (« Son combat ») aux Editions Baudelaire.

Sein kampf Franck Pizzinatto

De quoi ça parle ? De ceci : « « Avec ma machine, je vous fais sauter la tête en un clin d’œil et vous ne souffrez pas. ».Par cette phrase, le 1er décembre 1789, le Dr Joseph Guillotin présentait son instrument de mort.
Cet ouvrage ne fait pas tomber les têtes, il les redresse. Une révolution n’est pas une évolution. Elle ne résout rien, elle n’est que l’expression d’une exacerbation majoritaire.
Ce récit n’est autre que l’aboutissement de 10 000 ans d’esclavagisme.
Voici donc ce qu’il est advenu, de notre monde de capons. D’une société qui marchait sur la tête et à tâtons.
Entre Seth et Maât, il nous a mis échec et mat ».

Sein Kampf est en vente chez FNAC.com : http://livre.fnac.com/a2622075/Franck-Pizzinato-Sein-kampf

Pour la modique somme de 19 €

Hélène Lacheret, pour sa part, est à Nyons, dans la Drôme.

Elle a déjà publié, chez L’Harmattan, sous le pseudonyme de Maria Ivik : « Aide sociale à l’enfance, la redoutable sollicitude »

Aide sociale Maria Ivik  Hélène Lacheret

Chems, un enfant en grande souffrance, est confié au nom de la société, l’Aide Sociale à l’Enfance, à une famille d’accueil. A travers ce témoignage à la fois vivant, touchant, mais toujours mesuré, on a là, au plus près de l’humain, une illustration concrète de ce qu’est ce beau et “impossible” métier de famille d’accueil. Impossible car le service de placement a bien mis en garde. “Aimez cet enfant comme les vôtres mais ne vous y attachez pas”. Comment vit-on au quotidien cette injonction paradoxale ? Quel effet a-t-elle sur l’enfant, sur la famille qui l’accueille, sur sa propre famille, sur les membres de l’institution.

Chez L’Harmattan – Février 1998 – 270 pages – 20 €

Ce soir Hélène m’a écrit ce qui suit :

« En attendant, il existe des lieux de résistance, heureusement ! Merci d’animer avec tant de pugnacité et de constance le site du Hainaut, “rallié” au RESEDA. En hommage à ton travail, à cette région du Nord de la France si souvent meurtrie, je suis heureuse -et fière- d’offrir à tous les lecteurs de ce site le feuilleton de l’été : “Les récoltes du siècle futur…” une des dernières phrases de Germinal, épopée écrite par Emile Zola à qui je rends aussi hommage. Notre siècle manque d’une plume de cette envergure et de ce courage (attention, je n’ai pas prétendu l’être !!!).

Alors, beaucoup plus modestement, j’ai essayé d’imaginer ce que pourrait être la vie des descendants de la famille Maheu qui est au centre du récit de Zola, au siècle de la mondialisation capitaliste. En France, on n’envoie plus les enfants à la mine mais ailleurs ? En France, pourtant, le dogme économique dévore toujours la vie des “meurt-la-faim”.

Le feuilleton respecte la structure du roman-source : sept parties, comme autant de choix de civilisations potentiels. J’ai eu pitié des lecteurs pressés de notre époque, les chapitres sont plus courts. Je n’ai rien fermé, comme Zola l’avait fait : la suite reste à écrire. Mes personnages sont optimistes, je le suis moins, mais je ne désespère pas de l’humanité, malgré tout.

J’espère que ce feuilleton sera lu, commenté, critiqué et diffusé : si les lecteurs proposent des suites possibles, notre histoire peut devenir passionnante… »

A bientôt, donc, sur ce blog, pour notre feuilleton de l’été : « Les récoltes du siècle futur … » en sept épisodes, comme il se doit, par Hélène Lacheret !! Notre cadeau du 14 juillet !!

Guy Dutron 14 juillet 2009

Il y a 90 ans Le Traité de Versailles

juillet 5, 2009 at 12:50 | In Altermondialisme, Culture - Livres, Economie, Mémoire et histoire, Politique | 1 Comment
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Il y a 90 ans Le Traité de Versailles

Préparé au cours de la conférence de Paris, le traité est signé le 28 juin 1919 entre l’Allemagne et les Alliés de la Première Guerre mondiale dans la galerie des Glaces du château de Versailles. Il sera promulgué le 10 janvier 1920. Ce traité contient les prémices de la création de la Société des Nations (SDN) , l’ancêtre de l’ONU. Il fixe les sanctions prises contre l’Allemagne. L’Allemagne, qui n’était pas représentée au cours de la conférence, se voit privée de ses colonies et d’une partie de ses droits militaires, diminuée de certains territoires et astreinte à de lourdes réparations économiques.

Des conditions particulières de « négociation » :

On invite des représentants du monde entier à la conférence de paix mais aucun responsable des États vaincus et de la Russie, qui avait quitté la guerre en 1917. Des personnalités y ont une influence déterminante : Lloyd George, Premier ministre britannique Vittorio Orlando, président du Conseil italien, Georges Clemenceau, son homologue français et Woodrow Wilson le président des États-Unis.

Georges_Clemenceau_1

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Georges Clemenceau et David  Lloyd George

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Le Président Woodrow Wilson en 1912

Chaque représentant est libre de travailler à la rédaction du traité, mais les positions divergent. Le président américain veut mettre en place sa nouvelle politique internationale dont il a exposé les principes directeurs dans ses « Quatorze points ». Pour lui, la nouvelle diplomatie doit être fondée sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et sur la collaboration entre États. Il dispose d’un grand prestige et d’un poids politique considérable car ses troupes ont abondamment contribué à la victoire finale des alliés. Il veut ménager l’Allemagne pour éviter la naissance d’un esprit revanchard. Les anglais veulent aussi à laisser une certaine puissance à l’Allemagne, l’Angleterre ne mettant jamais tous ses œufs dans le même panier !!Fidèles à leur théorie d’équilibre entre les puissances, ils tiennent à empêcher la France d’avoir une position hégémonique en Europe continentale. Clemenceau, au contraire, tient essentiellement à imposer de lourdes indemnités pour limiter la puissance économique et politique de l’Allemagne, et pour financer la reconstruction de la France.


Un compromis boiteux

Les compromis trouvés à Versailles ne pouvaient  satisfaire personne.

– Trois critiques majeures :

1)  – De cette paix imposée de fait aux conditions de Clémenceau grandira une nouvelle haine en Allemagne humiliée et fera plus tard le lit d’Hitler.

2)  – Le traité de Versailles ne prévoit aucune rénovation économique ni même une voie à suivre  pour l’Europe.

3) – Le traité donnera naissance à une SDN boiteuse dès l’origine

I : L’Allemagne humiliée :

Les principales transformations territoriales imposées à l’Allemagne sont :

  • la récupération par la France de l’Alsace-Lorraine (art. 27) ;
  • l’intégration à la Belgique des cantons d’Eupen et de Malmedy, dont la Vennbahn (art. 27) ;
  • la possibilité pour le Danemark de récupérer certains territoires du Nord de l’Allemagne où se trouvent des populations danoises. La décision doit être soumise à un vote de la population locale. (art. 109 à 111). Le référendum est mené en 1920. Les villes d’Aabenraa, Sønderborg et Tønder, et leurs environs passent au Danemark
  • Le Territoire du Bassin de la Sarre est placée sous administration internationale pour 15 ans. Son statut définitif doit être soumis à référendum.
  • D’importants territoires qui se trouvaient dans l’est de l’Allemagne sont attribués au nouvel État polonais (art.28). Dans certaines régions, le statut définitif n’est pas décidé. Il doit être déterminé par une commission ou par un référendum dans la zone concernée (art 87 à 93). Dantzig (Gdansk) devient une ville libre, ce qui garantit l’accès de la Pologne à la mer mais a aussi pour effet de séparer la Prusse orientale, restée allemande, du reste de l’Allemagne.

Les clauses militaires forment la cinquième partie du traité :

  • L’Allemagne doit livrer 5 000 canons, 25 000 avions, ses quelques blindés et toute sa flotte (qui se sabordera dans la baie écossaise de Scapa Flow).
  • Son réarmement est strictement limité. Elle n’a plus droit aux chars, à l’artillerie et à l’aviation militaire.
  • Son armée sera limitée à un effectif de 100 000 hommes et le service militaire aboli.
  • La rive gauche du Rhin, ( plus Coblence, Mayence et Cologne) , est démilitarisée

Des dispositions économiques et financières draconiennes :

  • Suite aux dommages de guerre causés pendant toute la durée de la guerre dans le Nord de la France et en Belgique, l’Allemagne – considérée comme seule responsable de la guerre -, devra payer de fortes réparations à ces deux pays. Le montant à payer est fixé par une commission en 1921. Il s’élève à 132 milliards de marks-or, une somme très élevée. Le montant total des dommages causés par la guerre aux alliés était  estimé à 150 milliards de marks-or.
  • Des sanctions commerciales et des livraisons en nature complètent ce plan économique : l’Allemagne perd la propriété de tous ses brevets (l’aspirine de Bayer tombe dans le domaine public). Les fleuves Rhin, Oder et Elbe sont internationalisés. L’Allemagne doit accepter les marchandises en provenance d’Alsace-Lorraine et de Posnanie sans droits de douane.

Enfin, l’Allemagne doit renoncer à son empire colonial :

Les puissances coloniales riveraines des possessions allemandes en Afrique (Grande-Bretagne, France, Belgique et Union sud-africaine) se partageront ces dépouilles !

-         le Cameroun, l’Afrique-Orientale allemande (actuels Tanzanie, Rwanda et Burundi) et le Sud-ouest africain (actuelle Namibie). Cette dernière colonie allemande avait déjà été conquise militairement en 1914-1915 par l’Union sud-africaine, qui la recevra en mandat par la SDN en 1920.

-         L’Allemagne devra également renoncer à ses intérêts commerciaux (ses comptoirs et ses conventions douanières) de par le monde (Chine, Siam (Actuel Cambodge), Maroc, Égypte, Turquie …….

II Aucune organisation européenne :

Comment en aurait-il été autrement puisque France et Angleterre s’opposent sur le fond et que les Etats-Unis ont déjà une vision mondiale de leur rôle.

III Naissance d’une SDN boiteuse et de ressentiments :

Ce traité étant par trop éloigné du « rêve américain » de Woodrow Wilson, le Sénat des États-Unis refuse de le ratifier et empêche, de fait, les États-Unis d’entrer à la Société des Nations, ce qui immédiatement réduit la portée de l’organisation.

Ce vote aura une autre conséquence : en 1939, rien n’obligera les Etats-Unis de se joindre aux alliés contre Hitler ; il faudra Pearl Harbour (1941) pour que les U.S.A changent de position.

Le ressentiment sera particulièrement puissant en Italie. On y parle de « victoire mutilée » ;  les Alliés ne respectent pas les promesses faites durant le conflit portant attribution des provinces d’Istrie, de  Dalmatie et du Trentin.

Les fascistes italiens  exploiteront plus tard cette trahison et y trouveront un terrain propice à leur délire  nationaliste et agressif.

Ainsi donc, on peut dire que ce traité de Versailles, grande victoire française…et présentée comme telle à l’époque, contenait en germe des ferments d’un nouveau déséquilibre mondial et le terreau des fascismes Allemands et Italiens. Les forces du capitalisme allemand surent d’ailleurs fort bien exploiter les dispositions de ce traité car, par exemple, si les « réparations » étaient fortes, elles ne représentaient que 7 % du PNB annuel allemand (Produit National Brut) de l’époque

Pourtant un grand économiste, John Maynard Keynes, écrira un livre en 1919, peut-être partiellement intoxiqué par le patronat allemand : “Les Conséquences économiques de la paix”.

Keynes livre Conséquences économiques de la PaixConséquences économiques de la Paix – J.M. Keynes – 1919

Si les conséquences politiques que tire Keynes de l’exclusion de l’Allemagne et de la Russie du concert des nations sont exactes, son estimation des conséquences économiques est certainement surévaluée.

Enfin, il est intéressant se savoir que l’original du traité a disparu à la suite de son enlèvement des archives du ministère des affaires étrangères sur ordre d’Hitler.

Europe en 1923-L’Europe en 1923

Dresde Hambourg Hiroshima Nagasaki La crise et les leçons

mai 9, 2009 at 12:08 | In Altermondialisme, Europe, Mémoire et histoire, Politique | 3 Comments
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Dresde Hambourg Hiroshima Nagasaki La crise et les leçons

Champignon atomique Hiroshima 6 aout 1945Hiroshima 6 août 1945

Dans un mois, le Président américain sera sur les plages de Normandie ; nos radios, nos télévisions nous bassinent avec cette information relayant ainsi complaisamment la communication d’un Petit avec des talonnettes. Ce n’est pourtant pas le plus important. L’important, c’est la veille.

La veille, Obama sera à Dresde ! Lors du bombardement de Dresde, qui eut lieu du 13 au 15 février 1945, la ville allemande de Dresde fut, tout comme Hambourg,  entièrement détruite par la Royal Air Force britannique (RAF) et l’United States Army Air Forces (USAAF). Les Alliés utilisèrent principalement des bombes à fragmentation et des bombes incendiaires. On espère que les 6 et 9 août 2009, Obama sera aussi à Hiroshima et Nagasaki.

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Les ruines de Dresde

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Forteresses volantes B.17 U.S.A.F                                                                                                                                     Avro Lancaster de la R.A.F

Selon les chiffres les plus couramment admis, les deux bombes atomiques américaines sur le Japon firent 70.000 et 40.000 morts Les chiffres avancés pour Dresde et Hambourg s’échelonnent de 60.000 à 300.000 morts. Ces morts sont dus aux bombardements en tapis utilisant des bombes incendiaires et à fragmentation : la période récente n’a donc rien inventé, elle n’est qu’un peu plus technologique.

Peut-on mettre ces deux événements sur le même plan ? Ne serait-ce qu’au nombre des victimes, assurément oui : pourquoi ?

Parce que, Dresde et Hambourg, avec des moyens conventionnels mais démesurés et les deux villes martyres du Japon marquent le début d’une chose fondamentale : La capacité de l’Humanité à s’autodétruire.

Dans ce domaine aussi, on se trompe souvent en parlant de la mort de notre planète ! Quelle erreur ! Notre planète survivra.

La seule chose qui la menace de manière certaine, c’est la transformation de notre soleil en super nova et ce n’est pas pour tout de suite. Selon certains spécialistes, notre soleil est une étoile âgée d’environ 5 milliards d’années et il n’est qu’au milieu de sa vie.

Nous, les humains, nous sommes au milieu du gué !!! Nous sommes menacés de la septième grande extinction.

Avant nous, il y eût six grandes extinctions :

Dans l’ordre chronologique :

  • Fin du Cambrien : -500 Millions d’années (Ma)

  • Fin de l’Ordovicien :  -440 Ma

  • Fin du Dévonien  -365 Ma

  • Fin du Permien : -250 Ma

  • Fin du Trias : -200 Ma

  • Fin du Crétacé : -65 Ma ; extinction des dinosaures, à l’exception des oiseaux.

Ce qui est en jeu, aujourd’hui, c’est la possible extinction de l’espèce humaine, pas celle de la planète. Quel lien, alors, avec les bombardements conventionnels ou atomiques ?

Le lien est simple et il est double :

-         l’humanité possède les moyens techniques de son autodestruction,

-         l’humanité ne fait pas la preuve qu’elle a la capacité morale de s’y opposer.

En effet, ce qui relie les bombardements de 1945 et notre crise actuelle, c’est un lien moral.

C’est le crédo néolibéral qui veut qu’il n ‘y aurait pas d’autre alternative : c’est le « TINA » de la vieille Margareth Thatcher ;

C’est la croyance concomitante en « la main invisible du marché ».

Au total, cela revient à croire que la bonne organisation spontanée des égoïsmes de chacun peut faire le bonheur de tous.

La leçon fondamentale de la crise d’aujourd’hui, c’est que cette croyance est fausse !

Il y a une ou même des tas d’alternatives.

C’est notre génération – celle des baby boomers -  qui à lancé la période actuelle ; elle devrait au moins avoir la décence de montrer la voie nouvelle !

Un autre monde est possible ! A nous, à vous de le construire !

Guy Dutron pour la coordination gauche alternative du Hainaut

9 mai 2009

7 Mai 1954 DIÊN BIÊN PHU EST VAINCU

mai 7, 2009 at 3:43 | In Altermondialisme, Mémoire et histoire, Politique, Solidarité | 2 Comments
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7 Mai 1954 DIÊN BIÊN PHU EST VAINCU

Un portrait signé Pierre Schoendoerffer : 3’33’’ mn

http://www.dailymotion.com/video/x25k8j_dien-bien-phu-un-portrait-signe-sch_news

55.000 parachutes utilisés ; 30 % tombés en territoire Viêt ; Le 7 mai le général De Castries téléphone à son chef, à Hanoï, plus rien à faire.

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Paras sautant d’un Flying Boxcar fourni par l’armée américaine

Juste une consigne : « Ne levez pas le drapeau blanc » !! Dixit Général Cogny ! La cuvette est prise, le silence se fait ! Les vietnamiens sont eux-mêmes surpris de leur succès.

Plus de 11.000 prisonniers et un retentissement considérable dans le monde entier.

Le colonisé a vaincu militairement le colonisateur. Certains officiers devenus supérieurs s’en souviendront …en Algérie, leur pensée sera : « Plus jamais ça » !! Certains soutiendront ouvertement l’OAS, d’autres le feront sans le dire

Cette défaite française, c’est d’abord celle du mépris total du colonisateur pour le colonisé. On n’allait pas se faire emmerder par ces Niakoués, tout de même !! Un officier répondra un jour à une question inquiète d’une dame sur le sort des armes et évoquant une possible défaite : « Vous n’y pensez pas, Madame ! Monsieur Giap n’a pas fait l’Ecole de Guerre » !!

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Général Vo Nguyen Giap

Bande de vieilles culottes de peau, rien compris, rien analysé, toujours en retard d’une guerre !!

L’opération castor : 20 novembre 1953 : Objectif ; conquête de la plaine de DIÊN BIÊN PHU

1re vague

  • 6e BPC du chef de Bataillon Bigeard ;
  • 2/1er RCP du commandant Brechignac ;
  • 17e compagnie du génie parachutiste ;
  • éléments du groupe de marche du 35e régiment d’artillerie parachutiste du chef d’escadron Millot.

2e vague

  • 1er bataillon parachutistes de choc du chef de bataillon Souquet ;
  • Antenne chirurgicale parachutiste n°1
  • reliquat du groupe de marche du 35e régiment d’artillerie parachutiste

GAP n° 2 du lieutenant colonel Langlais

  • 1er bataillon étranger de parachutistes chef de bataillon Guiraud;
  • 8e bataillon de parachutistes coloniaux  du capitaine Tourret ;
  • 5e bataillon de parachutistes vietnamiens chef de bataillon Bouvery ;

Forces Viet Minh

  • PC du régiment 148 et compagnie de commandement
  • bataillon 910

Pour plus d’informations, voir :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_%C4%90i%E1%BB%87n_Bi%C3%AAn_Ph%E1%BB%A7

Le Vietminh fait acheminer en secret des canons et du matériel lourd en pièces détachées, transportées à dos d’homme sur une route tracée par l’armée Vietminh à travers la jungle et les flancs des montagnes qui entourent Ðiện Biên Phủ, positionnant des pièces d’artillerie en vue d’un pilonnage des positions Françaises.

Le Vietminh fréquemment des patrouilles pour tester les défenses françaises. Les Français tenteront quelques sorties hors du camp. Ils s’apercevront qu’ils ne peuvent  avancer au delà d’un périmètre d’encerclement.

L’assaut est déclenché le 13 mars contre le point d’appui « Béatrice » tenu par le 3/13 DBLE (3e bataillon de la 13e demi-brigade de Légion étrangère) Le point d’appui est écrasé par les obus de canons et de mortiers lourds. En quelques heures il reçoit des milliers d’obus. Les abris, ne sont pas conçus pour résister à des projectiles de gros calibre, ils sont pulvérisés. La surprise est totale dans le camp français.

Les Américains ont proposé aux Français dès le début de la bataille un soutien aérien par des bombardiers lourds. Cette option est rejetée par l’état major français qui estime maîtriser la situation.

Le bilan

C’est la bataille la plus longue, la plus forcenée, la plus meurtrière de l’après Seconde Guerre Mondiale, et l’un des point culminants de la Guerre Froide. On estime à  25 000 le nombre des vietnamiens tués pendant la bataille.

L’armée française compte 2 293 morts dans ses rangs mais, sur les 11 721 prisonniers de l’Union Française, valides ou blessés faits par le Vietminh,  71% décèdent en captivité. L’ensemble des prisonniers devra en effet, marcher à travers jungle et montagne sur 700 km, et de nuit pour échapper aux avions français. Ceux qui étaient trop faibles mourraient ou étaient achevés. Puis ils ont été installés dans des villages sanctuaires, au confins de la frontière chinoise, hors d’atteinte du Corps Expéditionnaire Français.

Pierre Mendes France est investi président du Conseil a une forte majorité le 18 juin 1954, quelques semaines après la défaite française à la Bataille de Dien Bien Phu, il fera la paix en Indochine. Mendes avait connu « Oncle HÔ » lors du Congrès de Tours, en 1920.

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Giap et Ho Chi Minh

Ensuite, sous responsabilité américaine, Indochine se dira Vietnam ; aujourd’hui, on pourrait dire : Afghanistan !!

Bongo Nguesso Obiang Quand une juge française commence à reconnaître l’existence de la France à fric !

mai 6, 2009 at 1:47 | In Mémoire et histoire, Politique, Société, Solidarité | Leave a Comment
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Bongo Nguesso Obiang Quand une juge française commence à reconnaître l’existence de la France à fric !

Enfin !!

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2009/05/05/une-juge-francaise-ouvre-une-enquete-sur-trois-chefs-d-etat-africains_1189362_3212.html#xtor=RSS-3208

C’est une femme qui l’a fait !

La doyenne des juges du pôle financier de Paris a jugé recevable, mardi 5 mai, une plainte visant trois chefs d’Etat africains soupçonnés de posséder en France des biens immobiliers financés par de l’argent public détourné. Le parquet de Paris avait déjà classé sans suite, en novembre 2007 et septembre 2008, des plaintes visant  trois chefs d’Etat africains !

Circulez, y’a rien à voir qu’il avait dit, le parquet !!

Cette fois encore, le parquet aux ordres, comme chacun devrait le savoir, du pouvoir politique, avait encore demandé de constater l’irrecevabilité de la plainte.

Paf ! La baffe ! La mornifle juridique pour connaisseur est venue de Madame Desset.

Déposée le 2 décembre, cette plainte avec constitution de partie civile concerne les chefs de recel de détournement de fonds publics, blanchiment, abus de bien social, abus de confiance et complicités. Elle vise “les conditions dans lesquelles un très important patrimoine immobilier et mobilier a été acquis en France par Denis Sassou Nguesso (Congo), Omar Bongo Ondimba (Gabon) et Teodoro Obiang (Guinée-Equatoriale) ainsi que des membres de leur entourage”.

Dans une ordonnance de recevabilité partielle, la juge Françoise Desset a estimé que la plainte avec constitution de partie civile déposée par l’association Transparency International, spécialisée dans la lutte contre la corruption, était recevable, l’association ayant, selon son analyse, juridiquement un intérêt à agir.

Hoooooooo, rien n’est fini ni réglé !! Le parquet de Paris, qui s’était prononcé contre l’ouverture d’une information judiciaire, a désormais cinq jours pour faire appel.

Quoiqu’il en soit, tout le monde en parle et même Le Monde …c’est dire !!

On a l’occasion de dire que M. Bongo, au pouvoir depuis quarante ans, et M. Sassou Nguesso, ainsi que leurs familles, seraient propriétaires de nombreux biens immobiliers de luxe, selon les plaignants. Concernant M. Bongo et sa famille, la plainte évoque la propriété d’un hôtel particulier et de quatre appartements, tous situés dans le 16e arrondissement de Paris.

M. Sassou Nguesso posséderait un hôtel particulier de 700 m2, estimé entre 5 et 10 millions d’euros, dans les Yvelines, et un appartement dans le 7e arrondissement de Paris. Plusieurs biens en région parisienne sont attribués à ses proches.

Leur entourage respectif disposerait également de nombreuses voitures de luxe.

Sur ce blog, on en avait déjà parlé mais ça n’avait pas soulevé un tonnerre d’applaudissements ! On avait même publié un chèque de la pairie du Gabon de 390795 € complaisamment mis en ligne par Bakchich Info …encore des impertinents : http://dutron.wordpress.com/2009/02/12/au-gabon-les-etudiants-de-l%E2%80%99universite-omar-bongo-se-revoltent/

Cela fera bientôt trois mois aux prochaines cerises qu’on avait évoqué ces quelques possibles turpitudes suite aux mouvements de grève des étudiants de Libreville mais….à part un surcroît de sollicitude de la part de ceux qui nous lisent et nous écoutent « pour notre bien », évidemment…. rien de nouveau sous le soleil équatorial.

Bah ! On verra bien jusqu’où nous mèneront ces délicieuses révélations sucrées comme la canne du même nom !

Puisqu’on y est, rappelons aussi un vieil article toujours très lu sur notre brûlot mal pensant :

http://dutron.wordpress.com/2008/08/10/pour-defendre-les-droits-de-l%E2%80%99homme-partout-dans-le-monde-en-chine-en-russie-et-ailleurs-balayons-devant-notre-porte-en-occident-en-belgique-et-en-france/

Un article publié le 10 août 2008, en pleines vacances et toujours lu …ça fait plaisir …sauf peut-être au roi des Belges !! Parce que là, on cause de nos turpitudes bien à nous ! Anciens et toujours colonialistes !

M’enfin !! Comme dirait Gaston, c’est qui qu’a gaffé ???? C’est personne, M’sieur !! Juste une juge qui a encore une certaine idée de la justice !! Hé oui, ça existe encore et Rachida n’y peut rien …pour le moment … On verra.

Et puis, un malheur n’arrivant jamais seul, voilà-t-il pas que la justice Monégasque – rigolez pas ! ça existe ! – voilà-t-il pas, donc que le parquet de Monaco a de son côté ordonné le 30 mars l’ouverture d’une enquête sur des comptes qui auraient été ouverts dans la principauté au nom d’Edith Bongo, l’épouse défunte du chef d’État gabonais.

Faut dire que celle-là, on l’avait un peu perdue dans nos tablettes !! Edith de Nantes, ça oui, on s’en souvient ! Même que le Roi Soleil l’avait révoquée pour cause de mal pensance !!

Mais cette pauvre Edith Bongo, nous l’avions ratée. C’était pourtant la fille du chef de l’Etat congolais Denis Sassou Nguesso précité … elle nous a pourtant quittés ce 14 mars à juste 45 ans et ces sans cœur Monégasques vont remuer tout ça.

Voulez qu’on vous dise ….on se demande ce que fait la police !! A part taper sur les matons ….Si maintenant les juges ont tous les droits …On attend avec impatience la réaction de Kouchner !! A moins qu’il ne la sous-traite à la reine Christine …à R.F.I, c’est bien le moins !!!

En attendant, affichons les deux duettistes :

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Photo odieusement piquée sur : http://www.visionafricaine.fr.gd/

Allez-y voir; c’est parfois bien  intéressant ….

Sarkozy Louis XVIII portraits croisés

mai 3, 2009 at 12:00 | In Mémoire et histoire, Politique, sarkosy | Leave a Comment
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Sarkozy Louis XVIII portraits croisés

Le 3 mai 1814 ; il y a 195 ans,  Louis XVIII fait son entrée dans Paris

Ces derniers temps, Sarkozy n’a fait que quelques « sorties » …clin-doeil

Obèse, avec un défaut des hanches, Louis XVIII se déplace dans un fauteuil roulant.

Petit, Sarkozy porte des talonnettesalbert-1er-se-marre

Stoïque, Louis XVIII transforme son immobilité physique en forme de majesté. Il se fait respecter si non aimer

Pour Sarkozy et le respect, notamment de la France, il suffit de lire la presse internationale, la nôtre étant aux ordres : « Sarkozy : une si désastreuse image de la France »… Le très sérieux Financial Times titre sur l’aspect bling-bling de Nicolas Sarkozy et n’hésite pas à parler de traits de caractère ternissant l’image de la fonction présidentielle. Pour El Pais, Nicolas Sarkozy est malade. Son ego souffrirait d’une “hypertrophie probablement irréversible”…..

Louis XVIII est fin, spirituel et particulièrement cultivé.

Sur la culture de Sarkozy, les pov’cons ne savent rien ; un doute plane sur ses diplômes

Louis XVII a, derrière une façade de bonté “paternelle”, de l’arrogance, un profond égoïsme, une certaine sournoiserie et de l’ingratitude. Il n’a aucun scrupule à se débarrasser, quand il estime ne plus en avoir besoin, de ceux qui l’ont le mieux servi comme Fouché ou Talleyrand.

Sarkozy ne manque pas d’arrogance ni de sournoiserie mais il ne vire pas, il racole !betty-boop

Louis XVIII, même après les Cent Jours, mène une politique de compromis et se comporte en roi parlementaire.

Sarkozy, en monocrate, a mis le Parlement à sa botte

Louis XVII épouse, en 1771, Marie-Joséphine de Savoie, la « reine velue » (1753–1810) connue pour ses amours lesbiennes

Pareil pour Sarkozy qui épouse Carla Bruni, une fille au (à) poil !

Louis XVIII vient au pouvoir parce qu’au Congrès de Vienne, Talleyrand, fin politique emporte l’adhésion des Alliés en sa faveur.

Pour le ministre des affaires étrangères de Sarkozy, Vienne n’est peut-être qu’une « affaire africaine ».

Louis XVIII apparaît comme un roi modéré, menant une vie bourgeoise, sans fastes excessifs.

Sarkozy emprunte le Falcon de Bolloré, le Yacht de Bolloré quand au Mexique, ce n’est pas la grippe qu’il a emprunté !!

Nos monarques diffèrent et se ressemblent à la fois ; à vous de chercher les erreurs.

Sic transit Gloria Mundisinge-clin-doeil

Deux documents exceptionnels La vidéo qui mouille la police anglaise et celle qui mouille Benoit XVI

avril 9, 2009 at 4:21 | In Citoyenneté, Mémoire et histoire, Politique, Société | Leave a Comment
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Vous vous souvenez ! Ce n’est pas si vieux ! Un homme est mort pendant le G.20 à Londres.

De sa « belle mort » selon la thèse officielle !!

Tiens, mon œil !! Un document vidéo montre que l’homme à été violemment heurté volontairement dans le dos par un policier anglais, s’est écroulé par terre peu avant de décéder.

L’homme est mort mais la police court toujours !! Les images ci-dessous.

http://www.zoomin.tv/videoplayer/index.cfm?id=312731&mode=normal&pid=lalibre&quality=2&ftvplayer=yes

Une autre vidéo, pour sa part nous parle de Ratzinger, encore Cardinal, lorsqu’il soutenait les dérives antidémocratiques d’une certaine église.

- Après son passé de jeune nazi, jamais démenti, regretté et encore moins condamné et son ballon d’essai avec la béatification possible de Pie XII :

http://dutron.wordpress.com/2008/10/10/benoit-xvi-veut-beatifier-pie-xii-une-inquietante-derive-de-l%E2%80%99eglise-catholique-officielle-se-poursuit/

- Après le scandale de la réintégration des intégristes et des négationnistes

http://dutron.wordpress.com/2009/01/28/3095/

- Après les propos scandaleux sur le préservatif !!

http://dutron.wordpress.com/2009/03/18/preservatif-et-autres-conneries-il-va-pas-fermer-sa-gueule-ratzinger/

- Après l’affaire d’un avortement brésilien bien peu marqué par la charité chrétienne :

http://dutron.wordpress.com/2009/03/28/benoit-xvi-le-sida-williamson-le-bresil-on-fait-fort-ca-suffit/

- Voici que le journal belge « La Libre.be » nous livre une vidéo qui relance l’affaire autrichienne : http://www.zoomin.tv/videoplayer/index.cfm?id=312774&mode=normal&quality=2&pid=lalibre

« La revue autrichienne Die Aula est connue en Autriche pour avoir apporté son soutien aux propos négationnistes de Walter Lüftl. Un mini-scandale qui avait obligé le parti d’extrême droite autrichienne FPÖ de Jörg Haider à prendre ses distances par rapport au magazine, qu’il subsidiait jusque-là.

Le 16 mars dernier, l’hebdomadaire Der Spiegel publie cette information, passée jusqu’ici plus ou moins inaperçue au-delà des frontières allemande et autrichienne. L’Eglise y a cependant déjà réagi par l’intermédiaire du diocèse de Vienne qui a affirmé que le Cardinal, entre-temps devenu Pape, n’avait pas donné son accord à la publication de son texte, paru dans un premier temps dans la revue Communio.(……) Der Spiegel publie un morceau de ce courrier à l’en-tête du secrétariat de Joseph Ratzinger. “Le 18 septembre 1997, écrit l’hebdo allemand, Reisegger a demandé à son Eminence Joseph Cardinal Ratzinger la ‘permission de reproduire’ un article qui avait été publié dans la revue Communio en 1995 [...] Douze jours plus tard, le secrétaire de Ratzinger, Mgr Joseph Clemens, a donné à Reisegger le feu vert: ‘En réponse à votre courrier amical [...] je peux vous informer, au nom du Cardinal Ratzinger, qu’il a approuvé la publication de son essai [...] dans le mensuel Aula. Essai intitulé: Critique de la démocratie. » (n.d.l.r. : souligné par nous)

Deux choses qui n’ont rien à voir entre-elles, direz-vous ???

Ho, que si !! Elles montrent, toutes deux, une inquiétantes dérive droitière très dangereuse en ces temps de dépression mondiale propice à tous les extrémismes !!

Nous avions bien raison d’écrire, dès le 18 septembre dernier :

Vade retro papanas !!

http://dutron.wordpress.com/2008/09/18/le-pape-en-france-vade-retro-papanas/

Coordination Gauche Alternative du Hainaut

8 avril 2009

Ce premier Mai aux origines Franco – Américaines

avril 1, 2009 at 4:02 | In Citoyenneté, Mémoire et histoire, Politique, social | 1 Comment
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Ce premier Mai aux origines Franco – Américaines

Le Président des Etats – Unis est maintenant sur le territoire Européen. Notre devoir d’hospitalité nous conduit à lui souhaiter la bienvenue ; notre devoir de mémoire nous conduit à lui en rappeler d’autres.

Il nous a semblé que notre coordination du Hainaut, où se trouve Fourmies, avait vocation à appeler notre Histoire.

Un peu d’histoire, donc.

1889 ! L’Exposition Universelle de Paris, l’inauguration de la Tour Eiffel , deux symboles de la puissance de la bourgeoisie française.

Le 14 juillet 1889, centième anniversaire de la Révolution bourgeoise de 1789, un Congrès socialiste international se tient à Paris sur proposition d’Engels. Ce Congrès est organisé par les deux fractions socialistes révolutionnaires : Les Guesdistes (Marxistes) et les Blanquistes (nuance Vaillant) auxquelles se joint la Fédération nationale des syndicats, très influencée par le Guesdisme.

Ce Congrès est très important.

A l’heure où le chauvinisme triomphe des deux côtés du Rhin.

- En France, avec le Boulangisme,

- En Allemagne, avec Bismarck.

En Allemagne, 80 délégués dirigés par deux vieux lutteurs, Bebel et Liebknecht, fraternisent avec les délégués français. Ainsi, 28 ans après la guerre franco-prussienne, 28 ans après l’entente Thiers-Bismarck pour écraser la Commune, est fondée dans ce même Paris, la Deuxième Internationale.

D’autre part, le Congrès décide :

« Il sera organisé une grande manifestation internationale, à date fixe, de manière que, dans tous les pays et dans toutes les villes à la fois, le même jour convenu, les travailleurs mettent leurs pouvoirs publics en demeure de réduire légalement à huit heures la journée de travail et d’appliquer les autres résolutions du Congrès International de Paris. »

Ce projet est déposé par Raymond Lavigne, dirigeant Guesdiste de la région bordelaise, vraisemblablement influencé par Paul Lafargue, lui-même en accord avec Engels.

Précédemment, une proposition similaire avait été faite au Congrès de Bordeaux de la Fédération nationale des syndicats, en novembre 1888 par Jean Dormoy, dirigeant Guesdiste de l’Allier.

La proposition est adoptée et la date du 10 février 1889 est fixée pour la remise des cahiers de revendications. Le succès dépasse toutes les espérances, surtout en Province. La « Revue des Deux Mondes » en parle. Jamais résolution d’un Congrès ouvrier n’avait connu un tel succès.

Ce succès a certainement inspiré la décision du Congrès international de Paris.

Cependant, si l’idée d’une manifestation internationale est française, la date choisie est d’origine américaine.

En effet le Congrès syndical de Chicago avait, en novembre 1884, décidé qu’à partir du 1er MAI 1886, la journée normale de travail serait de huit heures.

Le 1er MAI 1886, 5000 grèves éclatent ; on compte 340.000 grévistes.

La combattivité ouvrière est particulièrement grande à Chicago. En face, un patronat de combat et un journal : le « Chicago Times » qui n’hésite pas à écrire : « La prison et les travaux forcés sont la seule solution possible de la question sociale. Il faut espérer que l’usage en deviendra général ».

Les industriels usent de la force et de la provocation, ils lock-outent des centaines de travailleurs grévistes ; McCormick renvoie, à lui seul, 1.200 ouvriers.

Le trois mai, 8.000 grévistes venus conspuer « les jaunes » sont accueillis à coups de feu : 6 morts, 50 blessés.

Un grand meeting de protestation est organisé ; nouvelle provocation : une bombe est lancée sur la police qui dispersait 15.000 manifestants. La police ouvre le feu faisant de très nombreuses victimes dont on ignore toujours le nombre.

Les dirigeant ouvriers locaux sont arrêtés et on organise un simulacre de procès après « écrémage » de 979 jurés ; des faux témoignages ; l’affaire est entendue ! 8 accusés sont pendus.

Ainsi, des morts de Chicago au Congrès international de Paris, le premier MAI était né : américano-français.

Monsieur le Président Obama, vous fûtes Sénateur de l’Illinois – Capitale Springfield ; ville principale Chicago – et vous, Madame née Michelle Robinson, vous êtes née à Chicago.

L’autre pays du 1er MAI vous souhaite la bienvenue.

Coordination Gauche Alternative du Hainaut

Le 31 mars 2009

illinoiscapitol-a-springfieldLe Capitole de l’Illinois à Springfield

Commune de Kronstadt le 7 mars 1921 la répression commence

mars 6, 2009 at 11:15 | In Culture - Livres, Mémoire et histoire | Leave a Comment
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Commune de Kronstadt le 7 mars 1921 la répression commence

Le nom de la ville russe de Kronstadt est associé à la révolte de la population de Kronstadt contre le pouvoir bolchevique en mars 1921 et à la répression de ce mouvement.

Les révoltés étaient notamment des marins révolutionnaires qui revendiquaient un pouvoir à des conseils libres de déterminer le déroulement de la révolution, et non plus au parti bolchevique. La révolte fut écrasée par une intervention militaire décidée par le pouvoir bolchevique, qui fut suivie d’une répression des insurgés. Il s’agit d’une opposition entre socialistes-révolutionnaires, anarchistes et bolcheviques, les premiers considéraient la révolte de Kronstadt comme légitime émanant du peuple, pouvant déboucher sur une démocratie directe, fédérale, réelle et les derniers la présentaient comme « bourgeoise » et risquant de déboucher sur une invasion des armées blanches.

Kronstadt est une ville de garnison, sur l’île de Kotline, dans le golfe de Finlande, à 20 km de Petrograd dont elle constitue un poste de défense avancé.

Les marins de Kronstadt avaient été dans l’avant-garde des révolutions de 1905 et 1917.

meeting-a-kronstadt-en-1917Meeting à Kronstadt en 1917

En 1917, Trotski appelait ces marins « la valeur et la gloire de la Russie révolutionnaire ». De par leur histoire révolutionnaire, les habitants de Kronstadt furent très tôt partisans et praticiens du « pouvoir aux conseils » : formant dès 1917 une commune libre relativement indépendante de l’autorité centrale, ils pratiquaient une forme de démocratie directe à base d’assemblées ou de comités réunis dans le centre de la forteresse, dans un espace public énorme servant de forum populaire pouvant contenir plus de 30 000 personnes.

Au début de l’année 1921, le pays est ruiné par sept ans de guerre. Dans les campagnes comme dans les villes, éclatent des protestations populaires contre le pouvoir du parti bolchevique. Dans certaines villes, des vagues de grèves éclatent, notamment à Petrograd, qui connaît régulièrement la famine du fait de la guerre et des destructions, et où les ouvriers des principales usines se mettent en grève en février 1921.

Le Soutien de Kronstadt aux ouvriers de Petrograd

Le 26 février, informés des événements de Petrograd, les équipages des navires de la marine soviétique « Petropavlovsk » et « Sébastopol » tiennent en urgence une réunion et se mettent d’accord pour envoyer une délégation chargée de se renseigner et de faire un rapport à propos de la situation sur le continent. À leur retour deux jours plus tard, les délégués informent leurs camarades marins des grèves et de la répression que le gouvernement bolchevique exerçe contre elle.

Les Revendications de Kronstadt

Les participants de la réunion du Petropavlovsk approuvent alors une résolution et 15 revendications :

· I. Organiser immédiatement des réélections aux soviets avec vote secret et en ayant soin d’organiser une libre propagande électorale pour tous les ouvriers et paysans, vu que les soviets actuels n’expriment pas la volonté des ouvriers et des paysans ;

· II. Accorder la liberté de la parole et de la presse pour les ouvriers et les paysans, pour les anarchistes et les partis socialistes de gauche ;

· III. Donner la liberté de réunion et la liberté d’association aux organisations syndicales et paysannes ;

· IV. Organiser, pour le 10 mars 1921 au plus tard, une conférence sans-parti des ouvriers, soldats rouges et matelots de Petrograd, de Cronstadt et du district de Petrograd ;

· V. Libérer tous les prisonniers politiques appartenant aux partis socialistes, ainsi que tous les ouvriers et paysans, soldats rouges et marins emprisonnés pour des faits en rapport avec des mouvements ouvriers et paysans ;

· VI. Élire une commission pour la révision des cas de ceux qui sont détenus dans les prisons ou les camps de concentration ;

· VII. Supprimer tous les «politotdiel» (Sections politiques du parti communiste existant dans la plupart des institutions d’État), car aucun parti ne peut avoir de privilèges pour la propagande de ses idées ni recevoir de l’État des ressources dans ce but. A leur place, il doit être créé des commissions culturelles élues, auxquelles les ressources doivent être fournies par l’État ;

· VIII. Supprimer immédiatement tous les «zagraditelnyé otriady» ; ces détachements policiers créés officiellement pour lutter contre l’agiotage, mais qui en fin de compte confisquaient tout ce que la population affamée et les ouvriers, amenaient des campagnes pour leur consommation personnelle;

· IX. Fournir, à tous les travailleurs une ration égale, à l’exception de ceux des métiers insalubres qui pourront avoir une ration supérieure ;

· X. Supprimer les détachements de combat communistes dans toutes les unités militaires, et faire disparaître dans les usines et fabriques le service de garde effectué par les communistes. Si on a besoin de détachements de combat, les désigner par compagnie dans chaque unité militaire ; dans les usines et fabriques les services de garde doivent être établis conformément à l’avis des ouvriers ;

· XI. Donner aux paysans le droit de travailler leurs terres comme ils le désirent, ainsi que celui d’avoir du bétail, mais tout cela par leur propre travail, sans aucun emploi de travail salarié ;

· XII. Demander à toutes les unités militaires ainsi qu’aux camarades «koursanty» (Élèves-officiers) de s’associer à cette résolution ;

· XIII. Exiger qu’on donne dans la presse une large publicité à toutes les résolutions ;

· XIV. Désigner un bureau mobile de contrôle ;

· XV. Autoriser la production artisanale libre, sans emploi de travail salarié.

La répression par l’armée rouge

Face à la révolte armée de Kronstadt, dès le début, les autorités refusent la négociation. En effet, les bolcheviks annoncent qu’ils tireront les rebelles « comme des perdrix » et prendront les familles des marins en otage dans Petrograd. Vers la fin de la révolte, Trotski refuse l’utilisation d’armes chimiques, mais cette option avait été évoquée dans le cas d’une résistance plus acharnée. Tandis que le 2 mars marque le début « officiel » de la révolte, les bolcheviks commencent les opérations militaires dès la soirée du 7 mars.

Refus de négociations de la part des bolcheviks

Pour les bolcheviks, la victoire de l’insurrection de Kronstadt ne pouvait que conduire à brève échéance à la victoire de la contre révolution, indépendamment des idées qui pouvaient être présentes dans la tête des marins révoltés. Le même jour, agissant en tant que Président du Conseil militaire révolutionnaire de l’armée et de la marine de la République (RVSR), Trotski commande la réforme et la mobilisation de la VIIe Armée « pour supprimer le soulèvement dans Kronstadt, le plus rapidement possible. »

Mais si pour Lénine et les bolcheviks, l’insurrection risque de conduire à la contre-révolution, elle est aussi le signe que le pays est épuisé par 8 années de guerre et de guerre civile. Il déclare le 8 mars : « tant que la révolution n’a pas éclaté dans d’autres pays, il nous faudra des dizaines d’années pour nous en sortir. » Maintenant que les armées blanches sont défaites, il estime qu’il faut en finir avec le « communisme de guerre ». Le 15 mars, il propose au congrès de remplacer la réquisition par un impôt en nature, laissant libre le paysan de vendre le reste de la récolte : « il faut accorder la liberté d’échange sous peine de voir le pouvoir soviétique renversé, puisque la révolution mondiale tarde. » C’est le premier pas de la NEP.

Alexandre Berkman (un écrivain et activiste russe qui vécut de nombreuses années aux États-Unis, où il fut un membre important du mouvement anarchiste) estima dans La Tragédie russe (p. 62), que le gouvernement communiste « ne faisait aucune concession au prolétariat, alors qu’en même temps ces mêmes autorités offraient de se compromettre avec les capitalistes de l’Europe et de l’Amérique. » (à travers notamment la mise en place de la NEP, associé au capitalisme d’État).

Attaque de Kronstadt par l’armée rouge

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Attaque de Kronstadt par l’Armée rouge.

Le premier assaut, le 7 mars, fut un échec. Les soldats de l’armée rouge doivent attaquer sur plusieurs kilomètres de glace, sous les obus et la mitraille de Kronstadt. Des grappes entières de soldats périssent noyés dans l’eau glacée, percée par les obus, des régiments s’affolent et se débandent. « Après que le Golfe eut avalé ses premières victimes, » l’historien Paul Avrich releva que « certains des soldats rouges, y compris un corps de Peterhof Kursanty, commencèrent à passer aux insurgés. D’autres refusèrent d’avancer, malgré les menaces des canonnières à l’arrière qui eurent ordre de tirer sur les hésitants. Le commissaire du groupe nord signala que ses troupes voulurent envoyer une délégation à Kronstadt pour connaître les demandes des insurgés. »

La nuit du 16 au 17 mars, « la troïka extraordinaire d’Aleksei Nikolaev» arrête plus de 100 meneurs de l’insurrection, dont 74 seront publiquement abattus. L’assaut final a lieu le 17 et, une fois les forces bolcheviques entrées finalement dans la place, « les troupes attaquantes prendront vengeance pour leurs camarades tombés dans une orgie de sang. » (Paul Avrich, La Tragédie de Cronstadt, p. 211). Après 10 jours de constantes attaques, la révolte de Kronstadt est finalement écrasée par l’Armée rouge.

La répression ne se termine pas encore. Des prisonniers emmenés à Petrograd sont exécutés au long des mois qui suivirent. « Ce massacre prolongé fut dirigé ou autorisé par Dzerjinski. (…) La responsabilité du Comité central bolchevique aura été simplement énorme [et] la répression qui s’ensuivit… inutilement barbare. » ( dira Victor Serge, dans Mémoires d’un révolutionnaire, page 131 et suivantes).

Les pertes bolcheviques sont estimées à plus de 10 000 morts.

Aucun chiffre fiable sur les rebelles tués, exécutés par la Tcheka plus tard ou déportés dans des camps de prisonniers n’est disponible

Après l’écrasement de la révolte, 4836 marins de Kronstadt sont arrêtés et transférés en Crimée ou dans le Caucase. Lénine ordonne le 19 avril qu’ils soient finalement envoyés aux camps de travail obligatoires (appelés plus tard goulags) des régions d’Arkhangelsk, de Vologda et de Mourmansk. Huit mille marins, soldats et civils s’échapperont vers la Finlande en marchant sur la glace.

Les équipages du Petropavlovsk et du Sébastopol combattent jusqu’au dernier, de même que les cadets de l’école de mécanique, du détachement de torpilles et de l’unité des communications.

Un communiqué statistique de la section spéciale de la Troïka extraordinaire du 1er mai déclare que 6528 rebelles furent arrêtés, 2168 exécutés (33%), 1955 condamnés au travail obligatoire (dont 1486 pour cinq années), et 1272 libérés. Les familles des rebelles furent déportées en Sibérie, considérée comme « seule région appropriée » pour eux.

Après que la révolte eut été anéantie, le gouvernement bolchevique réorganisa la forteresse. Alors qu’il avait maté la révolte au nom du « pouvoir aux soviets », le commandant militaire nouvellement désigné pour Kronstadt abolit complètement le Soviet local et réorganisa la forteresse « avec l’aide d’une troïka révolutionnaire » (c’est-à-dire un comité de trois hommes spécialement désignés). Le journal de Kronstadt fut renommé « Krasnyi Kronshtadt » (Kronstadt Rouge) et déclara dans son éditorial que « les dispositifs fondamentaux » de Kronstadt étaient ramenés à la « dictature du prolétariat » alors que leurs « phases initiales » avaient été simplement faites de « restrictions à la liberté politique, de terreur, centralisme, discipline militaire et direction de tous des moyens et des ressources vers la création d’un appareillage offensif et défensif d’État. » . Les vainqueurs commencèrent à éliminer toutes traces de la révolte, la place d’ancre devenant « Place révolutionnaire » et les cuirassés rebelles Petropavlovsk et Sébastopol étant rebaptisés respectivement Marat et Commune de Paris !!!!

Trotski est fortement critiqué pour son rôle dans la répression de Kronstadt, mais s’en défend dans un article de 1938

Dans sa version des faits, Trotski aurait donc choisi une bataille sanglante plutôt que de voir s’étendre « l’ennemi » ou « l’ennemi intérieur » dans le Nord du pays et risquer encore plus de dégâts. Selon lui, l’intérêt de la bourgeoisie russe était de faire entrer les armées « alliées » et blanches pour reprendre le pouvoir d’où elle avait été chassée 4 ans plus tôt par la Révolution

Les versions des historiens anarchistes russes ( dont Voline) ou des opposants de gauche (tels qu’ Ante Ciliga) sont fort différentes. Selon eux, le rôle de Trotski assurait la défense du monopole du parti bolchevik, écrasant toute opposition de gauche ou anarchiste par désir d’hégémonie. L’alliance entre anarchistes et monarchistes relevant, selon leurs versions, de la « mauvaise foi » de Trotski.

Aujourd’hui, la ville de Kronstadt est jumelée avec Toulon

Coordination Gauche Alternative du Hainaut

6 mars 2009

L’INDECENCE DU BEKE ALAIN HUYGHES-DESPOINTES

février 19, 2009 at 5:32 | In Altermondialisme, Mémoire et histoire, Politique, Solidarité | 4 Comments
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L’INDÉCENCE DU BÉKÉ ALAIN HUYGHES-DESPOINTES

mardi 3 février 2009 par la rédaction de Montray Kreyol

Les propos tenus dans l’émission de « Canal + » intitulée « Les derniers maîtres de la Martinique » consacrée à la caste békée, propos tenus par le Béké Alain Huyghes-Despointes, en ont choqué plus d’un. L’homme, titulaire de la légion d’honneur a, entre autres, condamné le métissage parce que, dit-il, « dans les familles métissées les enfants sont de plusieurs couleur et il n’y a donc pas d’harmonie ». On a aussi retenu ses propos sur l’esclavage qui aurait été moins mauvais qu’on ne le décrit généralement et diverses autres insanités du même type.
En fait, à bien y regarder, le plus scandaleux dans tout cela, c’est que ce sont les Békés les responsables du métissage. Ce sont eux qui, trois siècles durant, ont abusé des esclaves noires, puis après l’abolition, des travailleuses noires, semant des petits mulâtres, chabins et consorts à tout va. Jamais en trois siècles, il n’y a eu à la Martinique un seul Yannick Noah, un seul Harlem Désir ou un seul Barack Obama ! C’est-à-dire le rejeton d’un homme noir et d’une femme blanche.


Jamais.


Il suffisait à un esclave noir de simplement jeter les yeux sur une Blanche pour qu’il soit immédiatement fouetté et si, par extraordinaire, il osait aller plus loin, il risquait le cachot à vie, voire la peine de mort. A l’inverse, les Békés se servaient sans vergogne dans leur cheptel féminin noir et cela jusqu’à une date récente. En effet, l’ethnologue français Michel Leiris, venu enquêter pour le compte de l’UNESCO aux Antilles françaises, publia un livre intitulé « Contacts de civilisations en Martinique et en Guadeloupe » (1956) dans lequel il rapporte le propos d’un grand béké de l’époque, Gabriel Hayot, qui se vantait d’avoir 40 petits mulâtres.


Donc monsieur Huyghes-Despointes fait preuve d’une indécence à nulle autre pareille lorsqu’il s’en prend au métissage puisque c’est sa propre caste qui en est l’auteur, les unions entre femme blanche et homme noir ne datant que des années 60 du XXe siècle, c’est-à-dire de l’autre jour. Si les parents et arrière-grands-parents de M. Huyghes-Despointes n’avaient pas violé les négresses pendant des siècles, sans doute que dans ce pays, il n’y aurait eu que deux couleurs : la noire et la blanche.
Alors, face à la levée de boucliers suscitée par ses propos, notre homme s’est fendu d’un communiqué disant que ces derniers avaient été déformés par le journaliste de « Canal + » et qu’il était pour la concorde des races en Martinique puisqu’il fut l’un des 200 signataires békés du texte qui, en 1992, dénonça l’esclavage comme un crime contre l’humanité. Ajoutant qu’il participe aux cérémonies du 22 mai chaque année, à Fort-de-France.


On mesure mieux maintenant la duplicité qui se cachait derrière ce fameux texte. En fait, les Békés l’ont publié uniquement pour faire croire aux autres groupes ethniques martiniquais qu’ils avaient cessé d’être racistes et qu’ils étaient désormais près à s’allier à ces derniers pour construire la Martinique nouvelle. C’est le discours de l’association « Tous Créoles ! » du Béké Roger de Jaham et de ses comparses nègres et mulâtres dont la veulerie et le larbinisme nous ramènent purement et simplement à l’époque de « Oui, bwana ». De la manipulation à l’état pur ! Du mensonge coulé dans le bronze !
Nous mettons ces messieurs-dames au défi de rédiger un texte condamnant les propos d’Alain Huyghes-Despointes !

mercredi 4 février 2009 par la rédaction de Montray Kreyol

M. Alain Huyghes-Despointes, industriel béké martiniquais, propriétaire de diverses entreprises en Martinique, en Guadeloupe et en Guyane (Danone, Coca-Cola, etc.), a donc tenu des propos anti-métis et anti-nègres sur CANAL + à une heure de grande écoute en France.
Il ne s’est pas exprimé sur une petite chaîne locale comme RFO. Non ! Sur l’une des plus grandes chaînes françaises. Une chaîne qui est regardée chaque soir par plusieurs dizaines de millions de téléspectateurs français. Une chaîne réputée pour passer des films de valeur et des documentaires de haut niveau. Ce qui veut dire que tout le monde en France a entendu M. Huyghes-Despointes mépriser les métis antillais et déclarer que l’esclavage n’était pas aussi féroce qu’on le dit généralement.


Or, aucun média hexagonal, aucun grand journal, aucun intellectuel droit-de-l’hommiste du Quartier Latin n’a encore réagi. Comme pour les massacres de Gaza le mois dernier, les Bernard-Henri Lévy, André Glucksman ou encore Alain Finkielkraut sont aux abonnés absents !
Mais, imaginez un seul instant que de tels propos aient été tenus sur la même chaîne par quelqu’un qui n’aime pas les Fils de Sion. Dans la minute qui aurait suivi, on aurait assisté à un véritable tollé médiatique. La personne aurait été dénoncée, vilipendée, clouée au pilori, mise au ban de la société. On lui aurait jeté au visage l’insulte suprême : ANTISÉMITE.


Mais, nous exagérons : cette personne n’aurait pas besoin de tenir des propos aussi odieux que celui du Béké martiniquais. Il lui aurait suffit de dire le dixième de ce que ce dernier a déclaré pour se voir aussitôt publiquement exécuté.


Oui, le dixième !


Mieux : cette personne aurait simplement critiqué Israël et le sionisme, cette idéologie impérialiste, qu’elle aurait été aussi qualifiée d’antisémite et descendue en flammes non seulement par l’intelligentsia germanopratine, mais aussi par leurs boys, leurs négro-larbins et bougnoulos-larbins qui, au nom de la diversité, jouent des coudes, lèchent des bottes et mangent à tous les râteliers dans l’espoir qu’un strapontin pseudo-républicain leur sera attribué.
Cela s’appelle du deux poids deux mesures. Les intellos germanopratins et leurs boys appellent ça du terme pompeux et vaguement méprisant de « concurrence des victimes ».


Or, il n’en est rien. Ce que nous demandons est très simple : que les insultes, attaques et autres agressions à l’encontre des nègres et des arabes soient dénoncées et punies avec exactement la même vigueur que ceux adressés aux Fils de Sion. Il n’y a là aucune concurrence. Juste une exigence d’égalité de traitement. Point à la ligne.
Alors bien sûr, on verra dans quelques jours un articulet dans MARIANNE ou le NOUVEL OBSERVATEUR. SOS-RACISME, s’il n’est pas trop occupé à maquiller les transferts de fonds destinés à acheter des montres à 20.000 euros pour tel leader socialiste, se fendra d’un petit communiqué.


Et puis, tout rentrera dans l’ordre. M. Alain Huyghes-Despointes ne sera en tout cas pas diabolisé comme Dieudonné et personne ne lui demanda de rendre sa médaille de la Légion d’honneur.


Raphaël Confiant

Relayé du site Montray Kreyol

Coordination Gauche Alternative du Hainaut

19 Février 2009

GERBOISE BLEUE Le premier film sur l’histoire secrète des essais atomiques français en Algérie

février 13, 2009 at 12:17 | In Altermondialisme, Citoyenneté, Mémoire et histoire, Politique | 4 Comments
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GERBOISE BLEUE

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Le premier film sur l’histoire secrète des essais atomiques français en Algérie

Un film de Djamel Ouahab

sortie nationale le 11 février 2009

Gerboise Bleue raconte l’histoire des vétérans français et des Touaregs algériens victimes des premiers essais atomiques français dans le Sahara de 1960 à 1966.
Pour la première fois, les derniers survivants témoignent de leurs combats pour la reconnaissance de leurs maladies, et révèlent dans quelles conditions les tirs se sont véritablement déroulés.
Pour la première fois, je me rends sur le point zéro de « Gerboise Bleue », premier essai atomique français en atmosphère quatre fois supérieur à Hiroshima, interdit d’accès depuis 47 ans par les autorités algériennes.

Auteur, réalisateur……………………Djamel Ouahab
1er assistant réalisateur…………….Marie Emery
Directeur de production…………….Sadek Djermoune
Image et Montage…………………….Djamel Ouahab
Monteur son……………………………Marc Nouyrigat
Mixage…………………………………..Frédéric Théry
Compositeur de musique………….Hugues Tabar-Nouval
Producteur délégué………………….Kalame films
Coproducteur………………………….Bladi films

Le témoignage «vivant» de Gaston Morisot, qui a accompagné le cinéaste algérien sur les lieux du premier essai, est sans équivoque et sans appel. «Nous étions 18 personnes. On nous a ordonné de rester sur place et de tourner le dos à l’explosion. Nos supérieurs ont pris la fuite bien avant l’explosion. Ils nous ont abandonnés une semaine sur place, avant qu’ils ne fassent leur réapparition», a déclaré le soldat Morisot avant de conclure: «Nous avons servi de cobayes humains.» Lucien Parfait, un autre militaire contaminé, a été chargé de récupérer un compresseur exposé aux radiations sur le site d’In Ecker, dans la région de Tamanrasset. Il est aujourd’hui complètement défiguré. Sous l’œil de la caméra, il ôte le pansement qui lui couvre une partie du visage devenu celui d’un «monstre».

Un énorme trou à la place de l’œil gauche à travers lequel on peut voir sa gorge, un nez complètement détruit et d’énormes ecchymoses sur le visage et sur le cou…

cobayes-de-la-republique http://www.lescobayesdelarepublique.org/

Djamel Ouahab s’est également intéressé aux populations autochtones. Il montre ainsi de vieux Adraris (habitants d’Adrar) qui ont perdu la vue à cause de l’intense lumière dégagée par l’explosion et deux fillettes souffrant de malformations congénitales.

Un médecin du secteur sanitaire d’Adrar confirme la «fréquence anormale» de naissances de bébés malformés dans la région. Le réalisateur montre également les dégâts occasionnés à l’environnement de la région.


Tout au long de ce film, Djamel Ouahab, caméra au poing, donne la parole aux deux vétérans français, tantôt à la population d’Adrar, tout en étayant ses argumentaires avec des déclarations d’un médecin, d’un juriste, de membres de l’Association des vétérans victimes des essais nucléaires (Aven).

La plus surprenante déclaration reste incontestablement celle du porte-parole du ministère français de la Défense, qui a affirmé que «toutes les dispositions de sécurité ont été prises avant l’essai atomique» qui s’est déroulé selon lui «dans une région inhabitée». Il pousse l’indécence jusqu’à «expliquer» que les essais étaient «sans danger» et qu’il n’y avait «aucun cas de personnes irradiées» et que toute la zone a été «nettoyée»!! «Nous ne voulons pas d’indemnisation mais d’une reconnaissance». «C’est pour notre honneur», a déclaré fièrement Gaston Morisot dans le film. 8000 soldats étaient mobilisés, dont 195 ont été irradiés parmi lesquels 12 sont morts suite à des contaminations. 6500 Français entre chercheurs, ingénieurs, savants…,3500 ouvriers essentiellement algériens, dont la majorité était formée de détenus, étaient également présents.

Cet essai nucléaire, «La Gerboise Bleue», a été suivi de trois autres du même nom. «Blanche» et «Rouge» la même année et «Verte», en avril 1961. Treize autres explosions souterraines ont eu lieu entre le 07/11/1961 et le 16/02/1966 à In Ecker, dans le Hoggar.

En tout, la France a effectué 17 essais nucléaires dans le Sud algérien entre le 13 février 1960 et le 27 janvier 1966.

Bande annonce :

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18856420&cfilm=141578.html

Où voir le film :

Espace Saint-Michel

7, place Saint-Michel

75005 Paris – Metro Saint-Michel

CNP Terreaux

40, rue du Président-Edouard-Herriot

69001 Lyon – Metro Hôtel-de-ville

Variétés

37, rue Vincent-Scotto (angle Canebière)

13001 Marseille

Magic Cinéma

Centre commercial Bobigny II, Rue du Chemin-Vert

93000 Bobigny – Metro Bobigny-Pablo-Picasso


Les Studios

136, rue Jean-Jaurès 29200 Brest

Coordination Gauche Alternative du Hainaut

12 février 2009

Il y a 204 ans le 8 février 1805: naissait de Louis-Auguste Blanqui

février 8, 2009 at 10:47 | In Mémoire et histoire, Politique | Leave a Comment
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Il y a 204 ans le 8 février 1805: naissait de Louis-Auguste Blanqui

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Louis-Auguste Blanqui – l’insurgé permanent

Né à Puget-Théniers (Alpes-Maritimes) le 8 février 1805, Louis-Auguste Blanqui étudie le droit et la médecine, mais son tempérament le porte très tôt à l’action révolutionnaire.

En juillet 1830, il est présent sur les barricades mais, vite déçu par Louis-Philippe, il se met à comploter contre lui avec ardeur.

Arrêté en 1832 puis en 1836, il fonde avec Barbès la société secrète dite “des Saisons” qui organise, le 12 mai 1839, une émeute vite réprimée autour de l’Hôtel de Ville.

Condamné cette fois à la détention perpétuelle, Blanqui séjourne au Mont-Saint-michel dans des conditions très dures qui altèrent sa santé au point qu’il est gracié en 1844. La révolution de 1848 le retrouve plein d’ardeur mais il effraie. Ses ennemis produisent un document qui l’accuse de délation dans l’affaire du 12 mai 1839.

Meurtri, Blanqui organise, le 15 mai 1848, une manifestation contre l’Assemblée qui échoue et il est condamné à dix ans de détention. Libéré en 1859, il s’agite de nouveau et exerce une forte influence sur les milieux révolutionnaires.

Arrêté en 1861, il s’évade au bout de quatre ans, vit à Genève, à Bruxelles… L’amnistie de 1869 le ramène en France où après avoir essayé, le 14 août 1870, de faire proclamer la République, il applaudit au 4 septembre. Mais vite insatisfait de l’action du gouvernement provisoire, Blanqui rassemble une petite armée révolutionnaire avec laquelle il tente, en vain, un coup de force à l’Hôtel de Ville (31 octobre).

Il s’enfuit mais Thiers le fait arrêter. Condamné à la détention perpétuelle, Blanqui est gracié en 1879.

Le 20 avril 1879 il est élu député de Bordeaux mais son élection sera invalidée le 1er juin. Bénéficiant d’une amnistie générale, Blanqui est libéré le 11 et gracié.

Il parcourt alors la France et diffuse ses idées dans son journal « Ni Dieu ni maître ». Après avoir prononcé un discours au cours d’un meeting révolutionnaire à Paris, fin 1880, il meurt d’une crise d’apoplexie le 1er janvier 1881.

Ses obsèques sont suivies par cent mille personnes. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris.

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Tombe de Louis Auguste Blanqui, cimetière du Père Lachaise (91e division) à Paris (gisant œuvre d’Aimé-Jules Dalou).

On publiera en 1885 “La critique sociale”, l’ouvrage le plus important de celui en qui Marx voyait “la tête et le cœur du parti prolétaire en France”.

Coordination Gauche Alternative du Hainaut

8 février 2009

Il y a 75 ans Le 6 février 1934

février 6, 2009 at 8:18 | In Culture - Livres, Mémoire et histoire, Politique | 2 Comments
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Il y a 75 ans Le 6 février 1934

De la crise des années 1930 à l’Affaire Stavisky

La France a été touchée à partir de 1931 par la Grande dépression, née (comme aujourd’hui) en 1929 aux États-Unis. La crise économique et sociale frappe durement les classes moyennes, soutien traditionnel de la République. Or, le pouvoir se révèle incapable d’apporter des solutions, ce qui se traduit par une très forte instabilité ministérielle (six gouvernements de mai 1932 à février 1934).


L’anti parlementarisme se développe.

L’antiparlementarisme a également été alimenté par une succession de scandales politico-financiers : affaire Hanau.

Marthe Hanau avait utilisé ses appuis politiques pour attirer, grâce à son journal La Gazette du franc, les économies des petits épargnants.

L’affaire Oustric : la faillite frauduleuse du banquier Oustric précipite en 1930 la chute du gouvernement d’André Tardieu, dont le Garde des Sceaux était mêlé à l’affaire.

Mais, la cause directe des événements du 6 février, c’est l’ affaire Stavisky.

Ce nouveau scandale, impliquant le Crédit municipal de Bayonne, éclate en décembre 1933. Apparaît alors le personnage d’Alexandre Stavisky, escroc lié à plusieurs parlementaires radicaux. La presse révèle ensuite qu’Alexandre Stavisky a bénéficié de dix-neuf remises de son procès, alors que le Parquet est dirigé par le beau-frère de Camille Chautemps. Le 8 janvier 1934, Alexandre Stavisky est retrouvé mort. Selon la version policière, il se serait suicidé, ce qui suscite l’incrédulité générale. Pour la droite, il a été assassiné sur l’ordre de Chautemps, afin d’éviter des révélations.

Dès lors, la presse se déchaîne, l’extrême droite manifeste et, à la fin du mois, après la révélation d’un nouveau scandale, Camille Chautemps démissionne. C’est un autre radical, Édouard Daladier, qui lui succède le 27 janvier.

Depuis le 9 janvier, treize manifestations ont eu lieu à Paris. Tandis que la droite tente d’utiliser l’Affaire Stavisky pour remplacer la majorité issue des élections de 1932, remportées par le Cartel des gauches, l’extrême droite exploite ses thèmes traditionnels : antisémitisme, xénophobie (Alexandre Stavisky est un Juif ukrainien naturalisé), hostilité à la franc-maçonnerie (dont Chautemps est un dignitaire), antiparlementarisme.

C’est toutefois le limogeage du préfet de police Jean Chiappe qui provoque les manifestations massives du 6 février. Homme de droite, Chiappe manifestait en effet une grande indulgence à l’égard de l’extrême droite. Pour la gauche, son déplacement est lié à son implication dans l’affaire Stavisky, tandis que la droite dénonce le résultat d’un marchandage avec les socialistes : départ de Chiappe contre soutien au nouveau gouvernement.

Le soir du 6 février 1934

Les forces en présence

Au cœur des manifestations de janvier, les ligues d’extrême droite. Phénomène ancien (la Ligue des patriotes a été fondée par Paul Déroulède dès 1882), les ligues jouent un rôle très important dans l’entre-deux-guerres, notamment lorsque la gauche est au pouvoir, ce qui est le cas depuis les élections législatives de 1932.

Parmi les principales ligues d’extrême droite présentes le 6 février, il faut d’abord mentionner la plus ancienne :

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Charles Maurras

- l’Action française de Charles Maurras (60 000 membres) qui a pour but de renverser « la gueuse » (la République) afin de restaurer la monarchie. Elle s’appuie sur les Camelots du Roi, qui, malgré des effectifs assez limités, sont très actifs dans la rue.

- Plus récente (1924), les Jeunesses patriotes, qui revendiquent l’héritage de la Ligue des patriotes, comptent 90 000 membres dont 500 font partie des « groupes mobiles ». Créées par Pierre Taittinger, député de Paris, elles entretiennent des rapports étroits avec des hommes politiques de droite, et comptent dans leurs rangs plusieurs conseillers municipaux de la capitale.

- La Solidarité française, fondée en 1933 par le richissime parfumeur François Coty, elle est dépourvue d’objectif politique précis et ses effectifs sont moins élevés.

- Enfin, bien que ses effectifs soient insignifiants, le francisme de Marcel Bucard.

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Le symbole du Francisme

Parmi les principaux protagonistes, il faut aussi citer :

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Le Colonel de la Rocque

- Les Croix-de-feu. Créées en 1926 sous la forme d’une association d’anciens combattants, leur recrutement s’est élargi à d’autres catégories sous l’impulsion de leur chef depuis 1931, le colonel de la Rocque, et elles s’apparentent désormais à une ligue, la première en nombre d’adhérents. Elles aussi sont dotées de groupes de combat et de défense, les « dispos ».

- Appelle enfin à manifester dès le mois de janvier la Fédération des contribuables, dont les dirigeants ont des objectifs politiques proches de ceux des ligues.

- En plus des manifestants de janvier, les très puissantes associations d’anciens combattants appellent aussi à la mobilisation le 6 février. La plus importante d’entre elles, l’Union nationale des combattants (UNC), dont les idées sont proches de la droite et qui est présidée par un conseiller municipal de Paris, compte pas moins de 900 000 membres.

- L’Association républicaine des anciens combattants (ARAC), satellite officieux du Parti communiste français, appelle également ses troupes à défiler le 6 février, bien que sur des mots d’ordre différents.

L’émeute

Les ligues appellent donc à manifester le jour même de l’investiture de Daladier, à Paris, place de la Concorde, en face de la Chambre des députés (le Palais-Bourbon).

Au total 30 000 manifestants dont une bonne majorité d’anciens combattants. Tous se mobilisent sur le thème : « À bas les voleurs ! » et réclament davantage de civisme, d’honnêteté.

À l’appel du lieutenant-colonel de La Roque, les Croix-de-feu se dispersent rapidement. Bien que proches du Palais-Bourbon, siège de la Chambre des députés, ils se refusent à occuper celui-ci. Leur dispersion rend vaine toute possibilité de renverser le régime par la force.

Mais autour de la place de la Concorde, la manifestation dégénère.

Des milliers de militants en armes tentent de marcher sur le Palais Bourbon. La Garde mobile tire. Les affrontements se prolongent pendant la nuit. Seize manifestants et un policier sont tués. On compte un millier de blessés.

La gauche parlementaire dénonce dans la manifestation du 6 février une tentative de coup d’État fasciste. Elle appelle au rassemblement des forces progressistes. Trois jours plus tard, une contre-manifestation à laquelle participent les socialistes et les communistes dégénère à son tour et fait 15 morts et 1500 blessés.

Le président du Conseil Édouard Daladier, qui a été porté au pouvoir par la majorité socialiste et radicale élue en 1932, doit céder la place à l’ancien président de la République Gaston Doumergue (71 ans). Dans le nouveau gouvernement entrent Édouard Herriot et les chefs de la droite battus deux ans plus tôt, dont André Tardieu.

Mobilisation à gauche. Les militants socialistes et communistes croient voir dans les émeutes du 6 février et le changement de gouvernement une tentative de coup d’État d’extrême-droite. Ces militants poussent leurs chefs à s’unir pour faire front à la droite et gagner les prochaines élections législatives.

Leurs aspirations rejoignent le calcul de Staline.

Staline s’inquiète de l’accession au pouvoir de Hitler en Allemagne l’année précédente. Il craint une contagion des régimes fascistes antisocialistes en Europe. Pour la prévenir, il demande aux chefs des partis communistes réunis au sein de l’Internationale communiste, le Komintern, de faire alliance avec les autres partis de gauche, y compris les partis sociaux-démocrates ou socialistes jusque là détestés.

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Journal “Le Populaire” (socialiste) du 7 février 1934

Coordination Gauche Alternative du Hainaut

6 février 2009

Après avoir voulu béatifier Pie XII Le pape réintègre intégristes et négationniste !!

janvier 28, 2009 at 2:58 | In Mémoire et histoire, Politique | 1 Comment
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Après avoir voulu béatifier Pie XII Le pape réintègre intégristes et négationniste !!

Celui-là, c’est un cureton comme on ne les aime pas !

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Benoit XVI qu’il s’appelle, un pape dans le vent, si on en croit la photo ci-dessus !

Allemand d’origine et ancien des Jeunesses Hitlériennes, à son corps défendant, sûrement, mais n’ayant jamais rien dit du sujet ce qui est tout de même un brin gênant !!

Il a déjà lancé un pavé dans la mare de la place Saint Marc avec la possible béatification de Pie XII et nous en avons parlé en temps utile ; voir ci-dessous :

Benoît XVI veut béatifier Pie XII une inquiétante dérive de l’église catholique officielle se poursuit.

Hé bien, chers culs bénis du monde entier, la dérive continue !!

Maintenant, on ratisse large et les anciens partisans de Monseigneur Lefebvre sont de nouveau les bienvenus !!

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Sonnez Hautbois, résonnez musettes !! Oyez nonnettes et moinillons !! La grande réconciliation est en marche et, comme disait Ferrat : “Le sang sèche vite en entrant dans l’Histoire” !!

Ce bon Lefebvre !!! Ce cher Marcel !! L’homme qui déconne à Econe !!

Ce même Lefebvre qui, sur le plan politique, accorda sa bénédiction aux mouvements les plus conservateurs, voire à des régimes dictatoriaux.

Ainsi en 1976, il exprima un soutien indirect au régime du général Videla, en Argentine.

De même, en 1985, il déclara admirer les régimes mis en place par Franco et Salazar, salua notamment le fait que ces deux pays avaient su rester neutres pendant la Seconde Guerre mondiale, épargnant non seulement leur population, mais aussi les nombreux juifs qui y résidaient.

Enfin, la même année, il accorde son soutien, dans le quotidien Présent, à Jean-Marie Le Pen, en tant que seul homme politique clairement opposé à l’avortement. Il sera d’ailleurs admiré par différentes personnalités classées à l’extrême droite comme François Brigneau et Roland Gaucher.

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Voilà qui on réintègre !!

La réintégration samedi par le pape Benoît XVI de quatre évêques intégristes excommuniés il y a vingt ans, parmi lesquels un négationniste, a provoqué des remous ce mardi dans l’Eglise catholique tandis que les critiques des représentants juifs se renforcent..

Face à ce tollé, le supérieur général de la communauté intégriste de la Fraternité Saint Pie X, Mgr Bernard Fellay, a cru devoir demander un diplomatique pardon au pape, ce mardi soir après les propos négationnistes de Mgr Richard Williamson.

“Nous demandons pardon au Souverain Pontife et à tous les hommes de bonne volonté, pour les conséquences dramatiques d’un tel acte”, a-t-il osé susurrer !

Hé bien, Fellay, ton pardon, tu peux te le mettre où on pense !! Cela te fera une présence au fondement !! Et le fondement, c’est fondamental, n’est-ce pas ??

Hé bien, Fellay, on ne pardonne pas aux fachos, on leur colle un bon coup de pompe dans le train, l’arrière, évidemment, par mesure prophylactique !! Parce que, par devant, on ne sait jamais ….

Si nous osions une expression purement curetonne, nous pourrions aussi bien dire : « On s’en branle » de ton « pardon » tout plein de larmes de crocodile !!

La dérive de l’Eglise se poursuit !

Les fidèles, comme d’autres citoyens vont voter avec leurs pieds !!

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Les églises, déjà vides, vont devenir désertes, un nouveau schisme rampant est en marche, les juifs vont gueuler et ils auront raison mais, aux plus intégristes, car ils ont les leurs aussi, nous ne répondrons qu’un mot : GAZA !!

En pensant à ce pape et à ce Droit Canon qui fait tant de bruit, il nous revient à la mémoire une vielle chanson de ce cher Henri Nadot, ce vieil anar qui écrivit justement : Les Canons !!


Nous en dédions les deux derniers couplets au Ratzinger qui trône au Vatican avec l’expression de notre profond mépris  :

Vous êtes l’instrument brutal

Imitant la voix du tonnerre;

Instrument comme lui fatal,

Tendant à dépeupler la terre.

Qu’on vous encloue, et que la nuit

Sur tous vos désastres s’étende…

Canons, qui faites tant de bruit,

Taisez vos gueules qu’on s’entende !

Qu’on vous fonde et vous change enfin,

En une pyramide immense

Qu’on y lise sous le burin,

« Universelle Indépendance » !

Vers la paix le monde est conduit

Bien qu’encor au sceptre on prétende

Canons, qui faites tant de bruit,

Taisez vos gueules qu’on s’entende !


Coordination Gauche Alternative du Hainaut

27 janvier 2009

Il y a 90 ans le 11 novembre 1914 à 11 h on sonnait l’armistice à Haudroy ici chez nous

novembre 11, 2008 at 5:15 | In Mémoire et histoire | 1 Comment
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Il y a 90 ans le 11 novembre 1914 à 11 h

on sonnait l’armistice

à Haudroy ici chez nous

La guerre de 14 se terminait : « Le 9 novembre, il avait appris qu’à l’ouest, les alliés avaient dépassé la route La Capelle – Avesnes, et se battaient sur les bords du Thon.

Le 10, il se battait sur la Sormonne en bordure de la route d’Hirson à Mézières ; il savait que non loin de là, au Nord, c’était la forêt de Signy le Petit et, plus haut, la forêt de Chimay ; un peu plus haut encore, c’était chez lui.

S’il avait pu les voir ces belles forêts, il n’aurait rien retrouvé des très vieux chênes et des hêtres anciens. Les Allemands avaient installé une scierie à côté de la gare de Rance et, avec une main-d’œuvre de prisonniers russes, ils avaient pillé la quasi-totalité de la vieille futaie et une part importante du taillis. La vieille forêt avait disparu ; elle était devenue bois de mine, étais de tranchées.

Le 11, après 11 heures, les clairons sonnèrent et le silence se fit ; il était lourd ce silence après la bataille »  ….

extrait de « Un jour je mangerai du Pain Blanc » - Roman – par Guy Dutron

C’est en effet, ici, chez nous que tout c’est terminé.

A Haudroy, hameau de la commune de La Flamengrie (02), juste à la sortie de la Capelle en allant vers Avesnes sur Helpe

pierre-dhaudroy

Sur cette carte obtenue grâce à Google Earth, vous voyez la ville de La Capelle ; au nord, sur la RN 2, vous tournez à droite, là où vous voyez D 285,  vers Rocquigny, Wignehies et Fourmies, un autre lieu où l’on assassina ! Voir sur ce sujet cet article qui parle aussi du premier Mai de Fourmies et de ces fleurs d’ églantier que l’on appelait chez nous LE MAI

SARKO, LA GREVE, LE TOLLE ET APRES ??

juillet 7, 2008 at 2:10 | In Mémoire et histoire, Politique, sarkosy | | Edit this post
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qui parle aussi du premier Mai de Fourmies


Dans la courbe, à quelques centaines de mètres, un monument rappelle que c’est ici que cela c’est passé le 11 novembre 1918, à 11 h du matin.

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Le caporal-clairon Sellier sonna d’abord le premier “cessez le feu” le 7 novembre puis ce fut l’armistice, le 11 à 11H

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Le Caporal Clairon Pierre Sellier

la_pierre_d_haudroy-hommage-au-clairon-sellier

la_pierre_d_haudroy_plaque-commemorative-plenipotenciaires

Notre belle mais malheureuse région du Nord aura connu 300 ans de guerres, sans remonter à César, aux Francs, à Charlemagne dont nous étions le fief, aux Vikings, aux « Hongrois », à Charles le Téméraire et Louis XI.

Il y eut les guerres entre Louis XIII, Louis XIV et Charles Quint - Malplaquet 11 septembre 1709 – puis les guerres révolutionnaires avec Jemappes 6 novembre 1792 Wattignies La Victoire 16 Octobre 1793 – , Fleurus – 8 messidor an II (26 juin 1794).

A cette époque, on s’étripait tous les ans dans notre région !!

Il y eut encore le fleuron de Waterloo, à 80 bornes d’ici où l’aigle courba définitivement la tête


Puis 1870, qui se termina tout près d’ici, à Sedan, dans les Ardennes !

14-18, en plein chez nous !

39-45, rebelote !

Comment voulez-vous qu’on ne soit pas copains avec les allemands , ils venaient nous visiter tous les 30 ans !!

C’est pourquoi, nous, gens de l’Avesnois et plus largement du Hainaut, français ou belge, avons un devoir particulier.Peut-être de “mémoire”, en tout cas, d’éducation !

Parce que, comme l’écrivit Montéhus, « c’qu ‘elle en a vu du beau sang cette terre, sang d’ouvriers et sang de paysans, car les bandits qui sont cause des guerres ne meurent jamais, on n’tue qu’les innocents ! »

Ecoutez la, cette « Butte rouge » de Montéhus chantée par les Motivés !

http://www.dailymotion.com/relevance/search/La%2Bbutte%2Brouge/video/x51vj0_la-butte-rouge_music

La Butte Rouge

Paroles de Montéhus et musique de Georges Krier.

Sur c’te butt’là y’avait pas d’gigolettes
Pas de marlous ni de beaux muscadins.
Ah ! C’était loin du Moulin d’la Galette,
Et de Panam’ qu’est le roi des pat’lins.
C’qu’elle en a bu du beau sang cette terre,
Sang d’ouvriers et sang de paysans,
Car les bandits qui sont cause des guerres
N’en meurent jamais, on n’tue qu’les innocents !

Refrain
La Butt’ Rouge, c’est son nom, l’baptême s’fit un matin
Où tous ceux qui montaient roulaient dans le ravin.
Aujourd’hui y’a des vignes, il y pousse du raisin.
Qui boira ce vin là, boira l’sang des copains.

Sur c’te butt’là on n’y f’sait pas la noce
Comme à Montmartr’ où l’champagne coul’ à flots;
Mais les pauvr’s gars qu’avaient laissé des gosses
Y f’saient entendre de terribles sanglots !
C’qu’elle en a bu des larmes cette terre,
Larm’s d’ouvriers, larmes de paysans,
Car les bandits qui sont cause des guerres
Ne pleurent jamais, car ce sont des tyrans !

Refrain
La Butt’ Rouge, c’est son nom, l’baptême s’fit un matin
Où tous ceux qui montaient roulaient dans le ravin.
Aujourd’hui y’a des vignes, il y pousse du raisin.
Qui boit de ce vin là, boit les larmes des copains

Sur c’te butt’là, on y r’fait des vendanges,
On y entend des cris et des chansons ;
Filles et gars doucement y échangent
Des mots d’amour qui donnent le frisson.
Peuvent-ils songer, dans leurs folles étreintes,
Qu’à cet endroit où s’échangent leurs baisers,
J’ai entendu la nuit monter des plaintes
Et j’y ai vu des gars au crâne brisé !

Refrain
La Butt’ Rouge, c’est son nom, l’baptême s’fit un matin
Où tous ceux qui montaient roulaient dans le ravin.
Aujourd’hui y’a des vignes, il y pousse du raisin.
Mais moi j’y vois des croix portant l’nom des copains !

Coordination Gauche Alternative du Hainaut

11 – 11 – 2008

Allemagne commémoration de la Nuit de Cristal

novembre 9, 2008 at 6:40 | In Mémoire et histoire, Politique | 1 Comment
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Allemagne commémoration de la Nuit de Cristal

synagogue-francforten-feuSynagogue de Francfort en feu

Il y a 70 ans, le 9 novembre 1938, un pogrom a marqué une nouvelle étape dans la politique anti-juive du régime nazi, avec l’arrestation de milliers de Juifs. Des centaines de synagogues étaient incendiées, tandis que les vitrines des magasins juifs étaient brisées, les commerces et les maisons pillées.

nuit-de-cristal-vitrines-briseesVitrines brisées

Le nom “la Nuit de Cristal” s’explique par les dizaines de milliers de vitrines brisées cette nuit là. Des évènements longtemps occultés dans la mémoire collective allemande.

La nuit de Cristal (en allemand Reichskristallnacht ) est le nom donné au pogrom contre les Juifs du Troisième Reich qui se déroula dans la nuit du 9 novembre 1938 au 10 novembre 1938. Présenté par les responsables nazis comme une réaction spontanée de la population suite à l’assassinat d’un conseiller de l’ambassade allemande à Paris par un jeune Juif, Herschel Grynszpan,

herschel-grynszpan-emmene-par-la-police-francaise-il-sera-livre-aux-nazis-par-la-france

Herschel Grynszpan emmené par la police Française sera livré aux nazis

le pogrom est « mis en œuvre par le ministre de la Propagande du Reich, Joseph Goebbels, ordonné par le chancelier du Reich, Adolf Hitler, perpétré par des bandes composées de SA, de SS, de membres du la Jeunesse hitlérienne et d’autres organisations du parti national-socialiste, surveillé et soutenu par le SD, la Gestapo et d’autres forces de police. Ecoutez, sur France Inter :

http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/2000ansdhistoire/


enrst-rohm

Ernst Rohm Patron des SA

Par un joli mais cruel retour de l’Histoire, les SA seront éliminés au cours d’une autre nuit : La nuit des longs couteaux , la nuit du 29 au 30 juin 1934.

Sur tout le territoire du Reich, plus de 250 synagogues furent détruites, 7 500 commerces et entreprises exploités par des Juifs saccagés; 91 Juifs furent assassinés, des centaines d’autres se suicidèrent ou moururent suite à leurs blessures et près de 30 000 furent déportés en camp de concentration. Point culminant de la vague antisémite qui submergea l’Allemagne dès l’arrivée des nazis au pouvoir en janvier 1933, la « nuit de cristal » est l’une des prémices de la Shoah.

Rapport d’une brigade S.A. de Darmstadt

11 novembre 1938

Le 10.11.1938, à 3 heures, je reçus l’ordre suivant :
« Sur ordre du chef de groupe, il faut faire sauter ou incendier immédiatement dans la brigade 50 l’ensemble des synagogues juives.
Les maisons voisines qui sont habitées par une population aryenne ne doivent pas être endommagées. L’action doit être menée en civil. Les mutineries et les pillages sont proscrits.
La notification d’exécution doit parvenir pour 8 heures 30 au chef de brigade ou à ses services. »
(Suit un rapport circonstancié où sont répertoriées les synagogues ayant été incendiées ou détruites)

Hitler et Goering profitent de l’occasion pour lancer une nouvelle série de mesures antijuives. Tout d’abord, une amende d’un milliard de marks est imposée aux Juifs « pour payer les dégâts » !
Ensuite, commence un vaste plan d’aryanisation de toutes les entreprises appartenant à des Juifs en Allemagne. Le 12 novembre 1938, tous les commerces de détail reçurent l’ordre de fermer avant le 31 décembre. Puis le 23 novembre, une circulaire signée Brinkmann, secrétaire d’Etat à l’Economie, ordonne la liquidation de tous le commerce de détail juif : les entreprises sont dissoutes, leurs stocks doivent être remis au groupement professionnel de leur branche d’activité. Les artisans sont rayés des registres professionnels et n’ont plus le droit d’exercer.
Le 3 décembre 1938, Funk et Frick étendent par décret l’aryanisation aux entreprises industrielles et aux possessions immobilières. Les Juifs sont alors totalement dépossédés.
Certains Juifs peuvent encore fuir l’Allemagne. Le but avoué des nazis est de vider l’Allemagne de ses Juifs.

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Carte des incendies, assassinats et destructions de la Nuit de Cristal

Au même titre que nous nous souvenions ce matin de l’armistice de 14-18, nous devons nous souvenir d’autant que nous sommes entrés dans une « grande dépression » comparable à celle des années 30 qui permit l’avènement du nazisme !

Nous sommes anti sionistes, nous condamnons la politique d’Israël à l’égard du Peuple Palestinien.

Mais nous ne serons jamais antisémites !

Guy Dutron

9 – 11 -2008

11 Novembre 2008 quatre-vingt dixième anniversaire de la fin de la grande boucherie

novembre 9, 2008 at 9:12 | In Mémoire et histoire, Politique | Leave a Comment
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11 Novembre 2008 quatre-vingt dixième

anniversaire de la fin

de la grande boucherie

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Cadavres à Jonville (Meuse)

Chers lecteurs de plus en plus nombreux, cet article, pour une fois, sera un peu plus personnel. J’espère que vous en comprendrez les raisons en le lisant.

Il sera également très long ; pas en textes mais en photos et illustrations.

La raison en est simple : il se trouve que, passionné d’histoire, je détiens la collection complète du journal Le Miroir du 9 Août 1914 jusqu’à ce qu’il devienne « Le Miroir des Sports » en 1920.

mirroir-carte-detaillee-des-hostilites8-1914

Le Miroir

Le Miroir voit le jour en 1910. Jusqu’en 1912 il est imprimé sur du papier journal. Puis sa nouvelle formule est publiée le 4 avril 1912 sous la forme d’un « hebdomadaire entièrement illustré par la photographie » ; il prend alors la succession du supplément littéraire illustré du Petit Parisien. En 1917, un million d’exemplaires se vend chaque semaine. En 1920, Le Miroir devient Le Miroir des Sports.

mirroir-joffee-9-8-1914

La Une du Miroir le 9 Août 14 – Joffre


La particularité de ce périodique est de mettre en place une politique iconographique novatrice pour laquelle le contexte de la guerre 1914-1918 est montré sous un angle particulièrement favorable. C’est même un euphémisme !! Il glorifie Généraux et têtes couronnées d’Europe , enfin, celles qui sont nos alliées, bien sûr, parce que pour les autres ….

mirroir-foule-2-8-1914

Le Miroir – le 2 août 14, on se presse pour partir ; c’est malheureusement vrai historiquement

Les photos d’allemands morts sont souvent prises dans des positions péjoratives ou dégradantes ;

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en revanche, les morts français sont présentés sous un angle favorable quand il ne s’agit pas de photomontages !!

mirroir-francais-tue-photomontage-26-1-1915Ceci est un photomontage – une photo posée

C’est qu’il faut, dans le contexte d’union sacrée que la guerre fut fraîche et joyeuse, voyons !!

La photographie semble, pour Le Mirroir, le seul support capable de restituer la réalité de la guerre. Techniquement, rien à dire ; non seulement la qualité des reproductions est excellente grâce au procédé de l’héliogravure rotative, mais les thèmes abordés et le choix des clichés sont inédits. Dès le numéro du 14 mars 1915, le miroir lance un appel aux amateurs sous la forme d’un concours photographique permettant aux soldats munis d’appareils photos de révéler leur vie quotidienne sur le front. Cette revue de facture luxueuse s’adresse tout comme L’Illustration à des lecteurs éduqués et de classes sociales élevées. Le papier est d’excellente qualité et 90 ans plus tard, il a juste un peu jauni, enfin, vous allez en juger par vous même.

mirroir-senlis-apres-loccupation-27-9-1914

Septembre 14 Senlis après l’occupation

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Panique à la Caisse d’épargne de Paris – encore un broker fou ???

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Petit clin d’œil aux colonies

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Le Matin du 3 12 1918 Hommage d’Anna de Noailles à Edmond Rostand – les poètes meurent aussi

mirroir-flegme-britanique-22-10-1916

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Dessin du wagon de Rethondes

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Douai après l’armistice

mirroir-roubaix-usines-saccagees-12-11-1918Même chose à Roubaix

mirroir-clemenceau-visite-les-douaisiens-10-11-1918Clemenceau à Douai

mirroir-journal-le-matin-du-12-11-1918Journal le Matin du 12 11 1918

mirroir-entree-triomphale-des-britaniques-dans-lille-12-11-1918Entrée triomphale des Britanniques à Lille

mirroir-reine-elisabeth-a-liege-12-1918Élisabeth reine des belges à Liège

mirroir-entree-triomphale-des-allies-a-spa-11-1918Entrée triomphale des alliés dans Spa

mirroir-guillaume-ii-statufie-a-metz-le-19-11-1918Guillaume II “statufié” à Metz

mirroir-poincare-et-clemenceau-a-metz-12-1918Poincaré et Clemenceau à Metz

mirroir-president-wilson-et-mme-en-france-12-1918Le Président américain Wilson et Madame en France

L’autre raison pour laquelle cet article sera un peu plus long, c’est mon grand père, Georges Dutron, qui passa quatre ans à Verdun quand il n’était ni blessé ni malade.

Je suis le seul de ma génération à l’avoir connu ; il est mort en 1950, j’allais avoir 5 ans et je me souviens de lui comme s’il était mort hier. C’est à ce titre d’ainé des petits enfants que je détiens ses papiers militaires, ses médailles …

medaille-de-verdun-georges-dutronMédaille de Verdun

croix-du-combattant-georges-dutronCroix du Combattant

C’est qu’il avait de quoi rester dans la mémoire enfant, mon grand père aveugle avec sa canne blanche.

« Sa » guerre, il me l’a racontée sous toutes les coutures, tellement que j’ai l’impression de l’avoir vécue.

Son histoire est édifiante !

En 1912, il avait été « ajourné » pour trop faible constitution ! Il n’était pas du tout faiblard, le papy, c’était même un paysan noueux mais il était tout petit, il ne mesurait que 1m, 52 !! Et le règlement stipulait 1m,53 !

Mais, au conseil de révision de 1913, on se doutait qu’il allait falloir de la chair à canon ; alors, il fut déclaré « Bon pour le service » et pour trois ans.

En Août 14, il était en perm’ pour la moisson ; le tocsin sonne, direction la gare d’Avesnes-sur-Helpe et le train pour Givet, le fort de Charlemont qui domine le goulet par lequel la Meuse entre en Belgique

fort-de-charlemontFort de Charlemont

La forteresse militaire de Charlemont fut construite en 1555 par Charles Quint – d’où son nom – et agrandie par Vauban en 1678.

Au début des hostilités, Georges monte en ligne vers Dinant pour soutenir les Belges qui craquent puis, c’est la retraite par Mouzon – Stenay – Montmédy pour arriver à Verdun !

Là, première galère : le Typhus , il sera soigné dans un hôpital à Beaumont du Périgord.

Sitôt remis, retour au front pour la bataille de Verdun ; je vous passe les détails, il sera blessé deux fois par éclats de grenade dans la poire et par balle dont il en avait gardé une en souvenir dans la carcasse.

Comme cela ne suffisait pas, il sera aussi gazé à l’Ypérite.

Il sera aussi cité trois fois : à l’ordre du régiment, et de l’armée comme ne témoignent les trois étoiles de sa croix de guerre.

croix-de-guerre-georges-dutron

Sa dernière citation est savoureuse ; il avait commencé la guerre comme mitrailleur aux manettes d’une hotchkiss ;

mitrailleuse-hotchkiss-1914

en 1916, le fusil mitrailleur fut introduit.

fusil-mitrailleur-1916

Un engin d’un poids du diable ! Hé bien, la citation du nabot de 1912, à la fin de la guerre, pendant l’offensive qui amènerait l’armistice fut la suivante : « Fusil mitrailleur d’élite ayant toujours donné à ses camarades d’admirables exemples de calme et de vigilance. Le 19 et 20 octobre 1918, devant Vouziers, a puissamment soutenu et protégé la progression de sa section ; a de nouveau montré le 21 octobre 1918, au cours de violentes contre-attaques allemandes, tirant en marchant, les plus belles qualités de discipline et de dévouement au feu. »

Tirer en marchant ! Avec l’engin de 1916 ! Il fallait avoir la rage au ventre ; et il l’avait le pépère ! Il s’était mis dans la tête de reculer le front car il avait une bonne raison dont on ne parle jamais.

Bien sûr, tous les poilus ont souffert le martyre mais il en est une partie pour qui c’était pire ! Ils étaient du Nord, du Pas-de-Calais, de l’Aisne, des Ardennes …et ils ont passé quatre ans du mauvais côté du front !!

Alors que les copains avaient quelques perm’ pour rentrer au pays, ils ont passé quatre ans avec leur famille de l’autre côté, sans même savoir si leurs proches étaient morts ou vivants ! De quoi avoir envie de le reculer, ce maudit Front !!

Il m’a raconté tout ça, et même pire : les cadavres qu’on écrabouillait en montant à l’attaque, les corps à corps, les gaz, les mutineries de 17 et les fusillés pour l’exemple, du coup, j’ai parlé d’eux !

TOUS MUTINS !!

mai 20, 2008 at 3:17 | In Le coin des poèmes qu’on y tient, Mémoire et histoire | | Edit this post
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Un jour, il m’a appris « La chanson de Craonne » et je la chante encore. Je la twisterais même s’il fallait la twister, comme chantait Ferrat !

C’est en pensant à lui que je l’ai mise sur ce blog !

LA CHANSON DE CRAONNE

mai 20, 2008 at 9:34 | In Le coin des poèmes qu’on y tient, Mémoire et histoire | | Edit this post
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Il m’a aussi parlé de Pétain que, contrairement à ce que voudrait la légende, il n’a jamais pu encadrer et surtout pas entre 39 et 45 ; il était gaulliste le Georges !

Au départ, c’était parce que Pétain avait inventé le « Tourniquet » !

Pas le joli manège qu’on voit sur nos ducasses du Nord, non ! Une technique qui consistait à ne pas laisser trop longtemps les régiments au front pour qu’il reste au moins 50 % de poilus valides qui pourraient apprendre l’art de massacrer au bleus qui arriveraient pour leur ration d’hémoglobine.

Georges, il appelait ça : L’égalité dans le massacre !

Alors, on va commémorer ! On va nous sortir de beaux cocoricos bien saignants ! On va nous recasser nos vieilles roubignoles avec nos hauts faits d’armes, ce sera sans moi !

Vous, mes beaux messieurs, vous les sabreurs, les bourgeois, les gavés, cette putain de guerre, parlez-en comme j’en parle ici ou alors, couvrez-vous la tête de cendres et taisez-vous par simple respect pour ceux dont je vous interdis de récupérer les os !

Parce que mon grand père est mort aveugle, les poumons bouffés par vos saloperies, détruit !

Messieurs les sabreurs, les tortionnaires, les docteur Folamour de tout poil, depuis 1950, depuis 58 ans, je vous hais !

Guy Dutron

10 – 11- 2008

IL Y A TRENTE ANS JACQUES BREL PARTAIT AUX FLEURS LA PAIX DANS L’AME .

octobre 8, 2008 at 3:40 | In Belgique, Culture - Livres, Mémoire et histoire | Leave a Comment
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IL Y A TRENTE ANS JACQUES BREL PARTAIT AUX FLEURS LA PAIX DANS L’AME .

UN vieux souvenir personnel, pour une fois ! Il y a trente ans, je militais déjà puisque cela dure depuis 47 ans, j’étais élu de Bagneux et je m’occupais alors, avec des copains d’Antony, d’un hebdomadaire aujourd’hui disparu : « Banlieue Sud L’Echo ».

Dans le numéro 24 du Vendredi 13 Octobre 1978, au lendemain de la mort de Brel, j’écrivis l’ édito du journal sur cet événement ! Brel n’était plus.

Tu reposes, vieux Don Quichotte, au cimetière d’ Atuona à Hiva Oa dans l’archipel des îles Marquises, à côté de Paul Gauguin.

Encore aujourd’hui, trente ans plus tard, de ce texte que j’écrivis à ton départ, je n’ai rien à en retirer. Le voici :

SALUT GRAND JACQUES « ON T’AIMAIT BIEN »

Toute la presse, tous les moyens d’information en ont parlé et reparlé alors pourquoi ces quelques lignes pour perler de toi ?

Sûrement parce que je suis triste et que j’ai besoin de le dire.

Sûrement aussi parce que j’ai la conviction qu’avec toi vient de disparaître un grand poète, une partie de la mémoire collective d’un peuple.

Feydeau disait que l’art de la comédie consiste à faire se rencontrer des gens qui, normalement, ne devraient pas se rencontrer.

Ton talent, c’était justement de nous faire rencontrer ce que trop souvent nous refusons de voir : NOTRE MONDE – NOUS-MÊMES :

NOTRE MONDE D’ABORD ;

Tout y passait en instantanés qui faisaient mouche.

L’église et ses bigotes, l’école avec ces Jules et ces Prosper qui seront pharmaciens parce que papa ne l’était pas, l’anonymat dans une société d’où disparaissent les rapports humains et « Au suivant » ! Ce conformisme dans lequel on s’installe parce que « des fenêtres nous guettent » et nous refusons de voir Amsterdam.

Vous refusez de voir tout cela, disais-tu ? Alors regardez ! L’armée et la guerre « aux ordres de quelques sabreurs qui exigent du bout des lèvres » !

NOUS-MÊMES, ENFIN :

Tu nous disais l’importance de nos racines car on a tous un « Plat Pays » mais tu nous disais aussi de prendre garde au chauvinisme et toi, Flamand du Royaume de Belgique, tu chantais « Vive la République et Merde aux Flamingants » !

Tu nous rappelais parfois notre révolte. C’est vrai tout de même « Pourquoi ont-ils tué Jaurès » ?

Tu nous parlais d’amour. Ah ! « Quand on n’a que l’amour » ! Mais soyez donc aussi un peu lucides de temps en temps, disais-tu car, par amour, un homme (ou une femme) peut aller jusqu’à abdiquer toute dignité et crier « Ne me quitte pas » !

Tu criais ton espoir dans l’homme même lorsqu’il a touché le fond et, soudain, tous les Jeff du monde se sentaient moins seuls.

Tu nous redisais sans cesse nos grandes interrogations : la peur de vieillir, la mort. Oui ! La mort que tu voulais tant nous faire regarder en face.

Pour toi qui l’as regardée le plus dur est fait. Hé oui, tu ne seras jamais ni à Knokke le Zout ni ailleurs ce « chanteur pour femmes vieillissantes » que tu redoutais d’être un jour.

Et puisque tu voulais qu’on rie et qu’on boive quand on te mettrait dans le trou, il faut rire car la vie continue.

Alors, la semaine prochaine, lorsque je passerai dans ton pays, j’irai dans ce bistrot qui sent la frite. Je sais que j’y rencontrerai ce garçon qui a ton accent et qui est là depuis si longtemps que tu pourrais croire qu’il attend encore Madeleine.

Alors, j’essaierai de rire en demandant une bière.

Mais je sais déjà qu’elle sera dure à avaler

Guy Dutron – 13 Octobre 1978

Après les obsèques de Georges Debunne La semaine précédente à Uccle : l’adieu de Jef à Georges

octobre 5, 2008 at 8:10 | In Belgique, Mémoire et histoire, Politique | Leave a Comment
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Après les obsèques de Georges Debunne La semaine précédente à Uccle : l’adieu de Jef à Georges

Vous pourrez lire cet adieu de Jef Sleecks , ancien député socialiste flamand et un des fondateurs du Comité pour une Autre Politique (CAP) sur le site de nos camarades de CAP

http://www.autrepolitique.be/site/modules/news/article.php?storyid=516

Tout notre respect à la mémoire de Georges Debunne et nos condoléances à ses proches

Coordination Gauche Alternative du Hainaut

5 – 10 – 2008

Libre-Esprit, es-tu là ?

octobre 1, 2008 at 8:16 | In Culture - Livres, Mémoire et histoire | 1 Comment
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Libre-Esprit, es-tu là ?

AU MOYEN-ÂGE, les hérésies incarnent le seul mode de négation de l’ordre
féodal. À partir du XIIIème siècle, le mouvement du Libre-Esprit s’étend
comme une lame de fond libertaire. Comme les austères Cathares, les Frères
du Libre-Esprit1 prêchent la pauvreté volontaire, le mépris des biens
terrestres et le refus d’obéissance à l’Église romaine. Mais, contrairement
à ces culs-serrés, ils refusent l’abnégation et le renoncement aux plaisirs
de la chair en prônant plutôt une émancipation totale des corps.

Joachim de Flore 1132 – 1202

En 1200, les prédications de Joachim de Flore prophétisent l’imminence
d’une nouvelle ère : « Le premier temps a été l’obéissance servile, le
second la servitude filiale, le troisième sera la liberté… Le premier a
été la crainte, le second la foi, le troisième l’amour. Le premier a été
l’âge des esclaves, le second celui des fils, le troisième sera celui des
amis. » Inspirés par cette bien belle promesse d’un âge d’or égalitaire,
Almauriciens, Bégards et Béguines, Lollards, Fraticelles, Picards et autres
Turlupins vont propager la doctrine du Libre-Esprit des Flandres à la
Rhénanie jusqu’en Italie du nord. Ces confréries remettent non seulement en
cause les dogmes de l’Église, mais, par une audacieuse équation,
s’affranchissent de la religion même. « Dieu est d’une manière formelle
tout ce qui est, disent-ils, l’âme parfaite est Dieu. »

C’est d’une simplicité biblique, Dieu est partout, et si je sens Dieu en moi, je suis
Dieu. Pour atteindre cette perfection mystique, les subtils en esprit
doivent passer par plusieurs épreuves initiatiques, de l’ascèse à
l’illumination. Une fois atteint une sorte d’extase – on ignore à quoi ils
se défonçaient – , le « parfait » réintègre l’âme dans « l’état d’innocence
originelle », celle du paradis avant qu’Adam et Ève en fussent bannis. Dans
Le Miroir des simples âmes, écrit par Marguerite Porète (qui fut brûlée en 1310 à Paris), on peut lire : « l’âme qui s’est anéantie dans l’amour de
Dieu, peut accorder à la nature tout ce qu’elle désire, sans éprouver aucun remords ». En clair : fait ce qu’il te plaît.

Béguine telle Marguerite Porète imprimée à Lübeck en 1489


Au terme de l’illumination, il n’était pas rare qu’un adepte du Libre-Esprit prétende ne plus du tout avoir besoin de Dieu.

« Ce que l’œil convoite, que la main s’en saisisse. »

En 1310, l’évêque de Strasbourg décrit leur doctrine afin de la dénoncer au pape : « L’état de perfection dispense de la prière et du jeûne ; toutes choses sont communes à tous et il leur est permis de voler ; personne ne sera damné, ni les Juifs, ni les Sarrazins. Ils disent qu’ici-bas, l’homme peut être aussi pleinement heureux qu’il le sera dans le ciel. » Foin du châtiment divin, donc. Plus de péché, plus d’enfer, ou mieux, le seul purgatoire serait de ne pas réaliser ses désirs sur terre, ici et maintenant. Ce qui offense également l’Église, c’est que les initiés revendiquent la liberté en amour et la mettent en pratique : « la fornication n’est pas un péché », pas plus que l’infidélité, le divorce, l’homosexualité ou la nudité. Faut pas se gêner…

Les adeptes du Libre-Esprit, plutôt que de s’enfermer dans des pratiques sectaires, propagent leur style de vie scandaleux chez le bas peuple en le persuadant de quitter son pénible labeur pour se livrer au vagabondage et à la mendicité. Les « saints mendiants » se répandent comme des poissons dans l’eau dans les villes de Rhénanie au cri de « Du pain, pour l’amour de Dieu », formule qui sera proscrite par l’Église en 1317. Bégards et Béguines – beaucoup de femmes adhèrent à ce mouvement égalitariste – habitent des maisons communautaires, fuient tout travail manuel, portent de longues tuniques rouges ornées de grands capuchons, se livrent à de joyeuses sarabandes érotiques, etc.

Dès le début du XIVème siècle, l’Inquisition pourchasse et brûle les initiés, mais le Libre-Esprit continue à déployer un empire invisible durant quatre siècles… En 1545, Calvin évalue leur nombre à 10 000 dans le Brabant et les dénonce dans son traité Contre la secte phantastique et furieuse des Libertins qui se nomment Spirituels.

CALVIN, JEAN [MIRJAM VAN VEEN - ED.]. Contre la secte phantastique et furieuse des libertins qui se nomment spirituelz. Response à un certain holandois. {Ioannis Calvivi. Opera omnia. Series IV. Volume I].
Genève. Librairie Droz. 2005. Org. blue cloth hardback, gilt title spine, tall 8vo: [ij], 286pp. very fine copy – as new. Series IV. Scripta didactica et polemica. Volume I: Contre la secte phantastique et furieuse.. ISBN: 2-600-00966-3. (ajouté par le blog)

En 1640, on retrouve encore leur influence parmi les courants égalitaires de la Révolution anglaise, chez les Ranters ou les Divagateurs. Avec la propagation du Libre-Esprit s’opère un renversement de perspective philosophique qui va contribuer à placer l’homme au-dessus de toute soumission, de toute force extérieure à lui-même. C’est aussi l’émergence d’un mouvement dont la formule magique de 68 « Vivre sans temps mort et jouir sans entrave » résonne comme l’écho le plus proche.

Ci-dessous Raoul Vaneigem notre voisin belge né à Lessines en 1934 et l’un des ses livres

Anatole Istria
CQFD  – N° 59 – septembre 2008

À lire aussi sur ce sujet :
Raoul Vaneigem, Le Mouvement du Libre-Esprit (1986), Éd. L’Or des Fous,
2005.
Yves Delhoisie, George Lapierre, L’incendie millénariste, Os Cangaceiros,
1987.

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