Le coin des ziques qu’on aime bien Django Reinhardt
novembre 14, 2009 at 6:23 | In Belgique, Culture - Livres, Europe, Le coin des ziques qu'on aime bien, Mémoire et histoire | 8 CommentsTags: Le coin des ziques qu’on aime bien Django Reinhardt
Le coin des ziques qu’on aime bien Django Reinhardt
C’est à un presque voisin que nous rendons hommage aujourd’hui. En effet Jean-Baptiste Reinhardt, plus connu sous le nom de Django Reinhardt est né dans une roulotte à Liberchies, entité de Pont-à-Celles, Belgique, le 23 janvier 1910.

Son style de jeu et de composition a ensuite été imité, donnant naissance à un style à part entière : le Jazz manouche. Issu d’une famille manouche, il est encore aujourd’hui l’un des guitaristes les plus respectés et influents de l’histoire du jazz. Trois de ses descendants sont devenus guitaristes : Lousson Reinhardt, son fils aîné issu d’un premier mariage, Babik Reinhardt, son second fils décédé en 2001, et David Reinhardt, fils de Babik, qui poursuit aujourd’hui la voie de son grand-père en tant que jazzman, en refusant de n’être qu’un imitateur.
La famille Reinhardt ne se fixe à Paris, d’abord sur les Fortif’, la « Zone » mal famée jouxtant la Porte de Choisy, puis à la Porte d’Italie. À l’âge de 13 ans, il court déjà le cachet dans les bars et bals de Paris. En 1928, l’accordéoniste Jean Vaissade aide Django à enregistrer son premier disque. Ne sachant ni lire ni écrire, même pas son propre nom, les étiquettes portent la mention « Jiango Renard, banjoïste ». La même année, le chef d’orchestre Jack Hylton, impressionné par la virtuosité de Django, lui propose de l’engager dans sa formation de musique populaire, qui doit partir se produire à Londres. Le destin s’y oppose : juste avant le départ du groupe, le 26 octobre 1928, un incendie se déclare dans la roulotte où il vit en compagnie de sa première femme, Bella Baumgartner. Les fleurs en celluloïd — matière très inflammable — que celle-ci vend s’enflamment au contact d’une bougie. La caravane est détruite. Les deux occupants sont gravement blessés. Django est sérieusement brûlé à la jambe droite et à la main gauche. Cette main cicatrise très difficilement. Django reste près de 18 mois à l’hôpital, où les médecins prédisent qu’il ne pourra plus jamais rejouer de musique. On doit finalement brûler sa main au nitrate d’argent pour provoquer la cicatrisation. Django a perdu l’usage de deux doigts, mais s’obstine, et après 6 mois de travail sans relâche il développe une technique nouvelle sur la guitare que son frère Joseph, alias « Nin-Nin », lui a apportée comme voie de rééducation.
À sa sortie d’hôpital en 1930, Il découvre que la guitare a gagné sa place au sein des orchestres de Jazz et les premiers contacts de Django avec la musique de Duke Ellington, Joe Venuti, Eddie Lang ou Louis Armstrong sont un choc. Le jeune guitariste décide de consacrer son existence à la pratique du Jazz.
En 1931, il joue dans l’orchestre du club la « Croix du Sud », dirigé par André Ekyan, au côté de Alix Combelle et Stéphane Grappelli.
Avec Stéphane Grappelli, ils fondent en 1934, grâce à Louis Vola, le Quintette du Hot Club de France. Le groupe comprend également le frère de Django, Joseph, alias « Nin-nin », ainsi que Roger Chaput à la guitare et Louis Vola à la contrebasse. Les cinq musiciens inventent une musique nouvelle qui remporte un grand succès.
- Quintette du Hot Club de France: Stephane Grappelly (Vin), Joseph Reinhardt, Pierre Ferret (G), Lucien Simoens(b), Freddy Taylor (Vcl) en 1936 : SHINE ! Un grand succès de Louis Armstrong : un dialogue au sommet entre Stéphane et Django :
- http://www.youtube.com/watch?v=1DcMHrKklZM
- Quintet of the Hot Club of France – Melancholy Baby 1938 : http://www.youtube.com/watch?v=4IBdmsHryP0
- Solitude – Quintette of the Hot Club of France – 78rpm : http://www.youtube.com/watch?v=uCmi4Uj1dzI
Une émouvante video de 11minutes qui retrace les débuts de Django et ce que nous venons d’écrire : Django Reinhardt Video Quintette du Hot Club de France : http://www.youtube.com/watch?v=LW7aVlPLZJQ&feature=PlayList&p=0FF4A5CE1B33D229&playnext=1&playnext_from=PL&index=7
- Quintet of the Hot Club of France – Swing 39 1939 : http://www.youtube.com/watch?v=JfAZ_7QEKVw&feature=PlayList&p=0FF4A5CE1B33D229&playnext=1&playnext_from=PL&index=1
Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate en 1939, le quintette est en tournée en Angleterre. Stéphane Grappelli choisit d’y rester, Django retourne en France, à Toulon, où il est mobilisable dans la Flotte mais est à nouveau réformé à cause de ses brûlures. Il passe la guerre en Zone Libre, jouant à Paris, voyageant et tentant même de gagner la Suisse après un passage à Thonon, sans succès.
En 1940, il enregistre le titre “Nuages” avec le clarinettiste et saxophoniste de jazz Hubert Rostaing. http://www.youtube.com/watch?v=DY0FF4iR9Cw
En 1943, il épouse, à Salbris, Sophie Ziegler, sa seconde femme, dont il aura l’année suivante un fils, Babik Reinhardt, qui deviendra à son tour un grand guitariste.
Ici, Bireli Lagrene & Babik Reinhardt jouent “Djangology” et y ajoutent quelques fleurs au Festival Django Reinhardt festival de Samois-sur-Seine in 1990. Samois est la commune ou Django est mort et repose : http://www.youtube.com/watch?v=gBT43C8vc3k
À la libération, Django retrouve Grappelli avec lequel il improvise sur une Marseillaise qui restera célèbre : un enregistrement du 31 janvier 1946 http://www.youtube.com/watch?v=ciJUJDWmjQs
En 1951, après un échec américain, il achète une maison et s’installe à Samois-sur-Seine en Seine-et-Marne, près de Fontainebleau. À ce moment commence pour lui un véritable renouveau : l’inspiration revient, son jeu est plus inspiré que jamais. Il joue avec un orchestre composé des meilleurs be-boppers français : Roger Guérin, Hubert et Raymond Fol, Pierre Michelot, Bernard Peiffer, Jean-Louis Viale. Il est toujours à l’avant-garde du jazz.
En 1953, Norman Granz fait part à Django de son désir de l’engager pour les légendaires tournées du Jazz at the Philharmonic. Le producteur français Eddie Barclay lui fait enregistrer 8 titres, en guise de « carte de visite » pour les amateurs américains. Ces 8 morceaux exceptionnels marqueront irrémédiablement les amateurs de Jazz et surtout les guitaristes du monde entier, qui s’inspireront des décennies durant du jeu d’un Django très en avance sur son époque.
Ici, en compagnie de Duke Ellington, une composition de Fats Waller : Honeysuckle Rose. Django a électrifié sa guitare ! http://www.youtube.com/watch?v=QATIHWbN-sM&feature=related
Django enregistre son dernier disque le 8 avril 1953, avec Martial Solal au piano (c’est un de ses premiers enregistrements), Pierre Michelot à la contrebasse, Fats Sadi Lallemant au vibraphone et Pierre Lemarchand à la batterie. Son interprétation vibrante de Nuages fera dire à certains que le guitariste s’attendait par prémonition à disparaître d’ici peu.
Il mourra un mois plus tard d’une hémorragie cérébrale. Django Reinhardt repose depuis à Samois sur Seine.
Depuis, d’autres continuent. Dont un jeune prodige de la même région de Belgique : Alexandre Cavalière qui est maintenant un jeune papa !

Ici, Alexandre Cavalière en concert à koekelberg avec Mario à la guitare solo, Walter à la rythmique, Renaud à la guitare solo 2 et Rodrique à la contrebasse. Dans un grand succès de Django Manoir de mes rêves : http://www.youtube.com/watch?v=X1bmoRImgqk
Les mêmes au même endroit : Dorado swing http://www.youtube.com/watch?v=G7t0tFqFhz8
Concluons avec la famille !
Revenons aux origines à Liberchies : Gipsy Jazz @ Django a Liberchies 2009 http://www.youtube.com/watch?v=U5UH0ZmATuI&feature=related
CHRISTIAN ESCOUDE NOUVEAU TRIO GITAN au festival de MARCIAC 2008
Christian ESCOUDE, David REINHART (petit fils de Django et JB LAYA dans un assortiment de leurs talents ! http://www.youtube.com/watch?v=daDr27ONOac&feature=related
David Reinhardt, Jean-Yves Dubanton le 01/06/2006 au Festival Jazz Musette de St Ouen
http://www.youtube.com/watch?v=9lGYi0hbxOI&feature=related
En 2010, à Liberchies comme à Samois, sera commémoré le 100ème anniversaire de la naissance de Django.

Guy Dutron 14 11 2009
Belgicismes, anglicismes et flaminganteries pour rire ou sourire un peu
novembre 5, 2009 at 3:02 | In Belgique, Citoyenneté, Culture - Livres, Europe, Mémoire et histoire, Politique, Société | 1 CommentTags: anglicismes et flaminganteries pour rire ou sourire un peu, Belgicismes
Belgicismes, anglicismes et flaminganteries pour rire ou sourire un peu
Petit extrait des Bijoux de la Castafiore traduits en parler Picard du Tournaisis
L’album devient “Les Pinderlots delle Castafiore”
Nos voisins belges ont un parler savoureux ! Il varie de ville en ville et de régions en régions ; il est le fruit des innombrables invasions, guerres et autres tueries qui ont été notre lot (des deux côtes de la frontière) depuis la nuit des temps. Le Plan Marshall en a remis une sérieuse couche.
Vous fâchez pas, les belges, on vous aime ! Voici un petit lexique pour avoir l’air moins fransquillon (français)
Ainsi : Comme cela, de cette manière.
Âne : si vous voyez un paysan flamingant promener sa vache à la longe ; dire : « Tiens ! Tu promènes ton âne ! » …à la vache, bien sûr.
Ardoise : Ne dites pas : un couvreur. Dites : un ardoisier.
Averse : Ne dites pas : « Quelle averse ! ». Dites : « Quelle drache » !
Beurre : Ne dites pas : « Il a beaucoup de chance ». Dites : « Il a le cul dans le beurre ».
BOILER : Le Belge est atteint d’une grave fracture : historique, culturelle, linguistique. Il vit dans un petit pays atteint par la tectonique des plaques. Entre les deux plaques principales : une faille, qu’il a nommée la frontière linguistique où se frictionnent les continents germains et latins. Parfois, ça chauffe, ça pète : à Louvain (Leuven), à Fourons, Bruxelles, Hal ou Vilvoorde.
Mais les plombiers ne comprennent pas la tectonique. De Poperinge à Huy-Waremme, ils ne connaissent pas le chauffe-eau mais le « boiler »[1]. A noter toutefois que cet anglicisme barbare est devenu un “boualère” à Flémalle, un “boualééééééér” à Lîdje (Liège) et un “boïleur” à Ixelles avec la bouche en cul de poule. L’essentiel, c’est qu’on continue à se comprendre, non !!!
Bonbon : Si un petit creux vous prends, ne dites pas : « T’aurais pas un bonbon ? ». Dites plutôt : « T’aurais pas une chique ? » ou, mieux encore : « T’aurais pas une babelutte ».
Café : une boisson nationale ! Ne dites pas : une tasse de café.
Dites : une jatte de bon café.
Cigare : Ne dites pas : « Prendre un savon ». Dites : « Se faire passer un cigare ».
Chimay : L’une de mes bières préférées quoique brassée par des pères Trappistes, putain de moine ! Il existe la rouge, la blanche et la bleue.
DOUF : Franchement, les météorologues nous font bien des chichis avec leur « pression atmosphérique réduite au préalable au niveau de la mer ». Ici, tout le monde s’en fout ! On y est « au niveau de la mer »..sauf dans la belle Ardenne.
En Belgique et pour les belges, il fait tantôt “caillant”, parfois “bon” où encore ”beau”. Non ! Pas « Corbeau » ignares !
C’est on ne peut plus simple. Et si le mercure dépasse les bornes (estivales), alors chez nous il fait “DOUF” = chaud, lourd.
Un grand classique machiste : « Chérie, il fait douf ici, ouvre-moi donc un peu la fenêtre et pendant que tu es debout, prends-moi encore une Chimay dans le frigo. »
Quand il fait douf, préférer la Chimay blanche ; la bleue, c’est pour quand il fait caillant.
Drache : voir averse
Drink ! Ne dites pas : « Je vais acheter ma bière au supermarché ».
Dites : « Je vais au Drink Market » …inutile de préciser le mot « bière », c’est évident pour tout le monde
Enervement : si vous êtes à cran, ne dites pas « Tu m’énerves » ; dites : « Tu m’énerfe, une fois » surtout si vous êtes à Bruxelles.
Essuie : Ne dites pas : « Où est la serviette de bains ? ». Dites : « Où est l’essuie ».

Frite : celle-là , vous ne pouvez pas y échapper que vous l’ayez ou non !!! Ne dites pas : « Je vais à la friterie ». Dites : « Je vais à la friture ».
Fortune : Ne dites pas « La roue de la fortune » ; dites : « les élections » !
Goinfre : Un goinfre n’existe pas en Belgique ; il n’y a que des « Goulafres ».
Graduat : Etudes supérieures ; en général trois ans
Guindaille : Grosse fête, beuverie, notamment de l’étudiant(e) qui a obtenu son graduat. S’il l’a raté, il fera guindaille tout de même.
Humanités : Etudes secondaires.
Impôts indirects : Dire « Accises »
Jobiste : Etudiant qui finance ses études en ayant…un job
Kicker[2] : Baby-Foot
Kot : chambre d’étudiant
Koter : habiter un Kot
Koteur : locataire ou co-locataire d’un Kot
Lard : C’est pas cochon ..c’est une friandise bourrée de colorants.
Latte : En prendre un coup n’est pas bien douloureux ; c’est une règle plate graduée.
Lavette : Mais non, ce n’est pas un ministre de Sarkozy !! C’est un carré de tissus éponge pour nettoyer la table, faire la vaisselle, etc.
Maire et Maires-adjoints : Bourgmestre et échevins
Manche (à balle) : Cire-pompes, lèche-cul, frotte-manche, fayot ; finit tout de même par être premier de la classe le salopard ! Y’a pas d’justice !
Maquée : Il ne s’agit aucunement d’une femme soumise à un gigolo ! C’est un excellent fromage blanc
Mitraillette : Pas de militarisme là-dedans. C’est une baguette garnie de frites et de viande
Navetteur : personne qui se déplace quotidiennement de son domicile à son lieu de travail en utilisant les moyens de transport en commun ….a tendance à s’étendre, hélas, aux automobilistes.
Nicnac : Petit biscuit sec. Exemple typique d’une marque qui devient un mot….comme frigidaire. Mais ne mettez pas les nic-nac au frigidaire, ils ramolliraient !
Nonante : Quatre-vingt dix.
Œuf : Quand on a un compte à régler avec quelqu’un, on dit qu’on a un « œuf à peler » avec ce quelqu’un.
Pecket : Eau de vie parfumée au genièvre ; le pecket coule à flots lors des fêtes de Wallonie et dans de nombreux carnavals et marches folkloriques.

Pinte : Bière de 25cl aussi appelée un « demi » malgré ses 25 cl, alors que pinte signifie aussi ½ litre…
Pistolet : petit pain rond, on dit aussi d’un sacré débrouillard hyperactif que « c’est un sacré pistolet »
Postposer : différer, reporter à plus tard
Prépension : préretraite.
Prester : fournir un service, un travail
Quatre-six-neuf (faire un travail à la) : six-quatre-deux
Raccuser : rapporter, moucharder
Raclette : ustensile servant à nettoyer (racler) les sols à l’eau
Ramassette : petite pelle pour les balayures
Rawette Petite quantité que l’on redemande par gourmandise ; elle est, bien sûr, excédentaire. En rajouter serait donc serait superfétatoire. Je vous en remets tout de même une ?
Rhéto : Abréviation de Rhétorique ; classe terminale des lycées.
Ring : Boulevard circulaire, rocade ; ce qui n’exclut pas de s’y empoigner !
Salade de blé : mâche
Septante : soixante-dix
S’il vous plaît ? pardon ? plaît-il ?
S’il vous plaît : voici (en donnant quelque chose à quelqun)
Slache : tong
Steak tartare : dire : filet américain
Subside : subvention, aide financière
Subsidier : accorder une subvention
Syllabus : texte photocopié reprenant un cours universitaire
Tirette : fermeture à glissière
Toquer (à la porte) : frapper
Tripartite : coalition gouvernementale formée de trois partis…extrêmement fréquente
Tuyau : Pour un wallon, un tuyau, c’est un tuyau.
Pour un flamingant un peu lourd qui est paysan,membre du Boerenbond, a son compte bancaire chez KBC et un frère archevêque, qui a toujours peur de n’être pas compris, ça devient : Un tuyau creux dedans avec du vide à l’intérieur !!!!!!!!!

Vidange : verre consigné
Waterzooï ou waterzoï : préparation de poisson ou de poulet en bouillon

Alleï, on va boire une pinte à la friture avec un filet américain ou des moules ; le patron, il a le cul dans le beurre ! C’est ainsi …..

[1] Boiler : de To boil = bouillir en anglais
[2] KIcker : le botteur en anglais
Il y a 50 ans discours de De Gaulle sur l’autodétermination en Algérie
septembre 16, 2009 at 3:32 | In Altermondialisme, Citoyenneté, Culture - Livres, Mémoire et histoire, Politique, Société | 1 CommentTags: Il y a 50 ans discours de De Gaulle sur l’autodétermination en Algérie
Il y a 50 ans discours de De Gaulle sur l’autodétermination en Algérie
De Gaulle pendant son discours à Valenciennes source INA
Depuis le début de l’année 1959, la pacification militaire s’est poursuivie en Algérie sous le commandement du général Challe. La mise en oeuvre du plan de développement économique et social, précisé le 3 octobre 1958 à Constantine par le général de Gaulle, s’opère sous l’impulsion de M. Paul Delouvrier, Délégué général du gouvernement en Algérie. Mais aucun progrès n’a lieu dans l’ordre politique, la majorité des Européens d’Algérie réclamant l’”intégration”, alors que les chefs de l’insurrection revendiquent l’indépendance. Le général de Gaulle prononce alors un discours radiotélévisé par lequel il énonce le principe fondamental de sa politique à l’égard de l’Algérie : celui de l’autodétermination.
Texte du discours :
« Notre redressement se poursuit. Certes, il ne faut pas nous vanter. Dans le domaine technique, par exemple, nous n’en sommes pas encore au point de lancer des fusées dans la lune. Cependant, depuis quinze mois, nos affaires ont avancé.
L’unité nationale est ressoudée. La République dispose d’institutions solides et stables. L’équilibre des finances, des échanges, de la monnaie, est fortement établi. Par là même, la condition des Français et, d’abord, celle des travailleurs industriels et agricoles, échappe au drame de l’inflation et à celui de la récession. Sur la base ainsi fixée et à mesure de l’expansion nouvelle, on peut bâtir le progrès social et organiser la coopération des diverses catégories dont l’économie dépend, poursuivre la tâche essentielle de formation de notre jeunesse, développer nos moyens de recherche scientifique et technique. D’autre part, la Communauté est fondée, entre la France, onze États d’Afrique et la République malgache. Enfin, au milieu d’un monde où il s’agit tout à la fois de sauvegarder la liberté et de maintenir la paix, notre voix est écoutée.
Pourtant, devant la France, un problème difficile et sanglant reste posé : celui de l’Algérie. Il nous faut le résoudre. Nous ne le ferons certainement pas en nous jetant les uns aux autres à la face les slogans stériles et simplistes de ceux-ci ou bien de ceux-là qu’obnubilent, en sens opposé, leurs intérêts, leurs passions, leurs chimères. Nous le ferons comme une grande nation et par la seule voie qui vaille, je veux dire par le libre choix que les Algériens eux-mêmes voudront faire de leur avenir.
A vrai dire, beaucoup a été fait déjà pour préparer cette issue. Par la pacification, d’abord. Car rien ne peut être réglé tant qu’on tire et qu’on égorge. A cet égard, je ne dis pas que nous en soyons au terme. Mais je dis qu’il n’y a aucune comparaison entre ce qu’était, voici deux ou trois ans, la sécurité des personnes et des biens et ce qu’elle est aujourd’hui. Notre armée accomplit sa mission courageusement et habilement, en combattant l’adversaire et en entretenant avec la population des contacts larges et profonds qui n’avaient jamais été pris. Que nos soldats, en particulier les 120 000 qui sont musulmans, aient fléchi devant leur devoir, ou bien que la masse algérienne se soit tournée contre la France, alors, c’était le désastre ! Mais, comme il n’en a rien été, le succès de l’ordre public, pour n’être pas encore imminent, se trouve désormais bien en vue.
La deuxième condition du règlement est que tous les Algériens aient le moyen de s’exprimer par le suffrage vraiment universel. Jusqu’à l’année dernière, ils ne l’avaient jamais eu. Ils l’ont, à présent, grâce à l’égalité des droits, au Collège unique, au fait que les communautés les plus nombreuses, celles des Musulmans, sont assurées d’obtenir dans tous les scrutins la grande majorité des élus. Ç’a été là un changement de la plus vaste portée ; littéralement une révolution.
Le 28 septembre dernier, les Algériens ont, par référendum, adopté la Constitution et marqué leur intention que leur avenir se fasse avec la France. Le 30 novembre, ils ont élu leurs députés ; le 19 avril, leurs Conseils municipaux ; le 31 mai, leurs sénateurs. Sans doute ne manque-t-il pas de gens pour prétendre que, dans la situation on se trouvaient les électeurs, pressés par les forces de l’ordre et menacés par les insurgés, ces consultations n’ont pu être sincères que dans une mesure limitée. Cependant, elles ont eu lieu, dans les villes et dans les campagnes, avec une grande masse de votants. Et même, lors du référendum, le concours fut général, spontané et enthousiaste. En tout cas, la voie est ouverte. Dès que viendra l’apaisement, elle pourra être utilisée encore plus librement et encore plus largement. L’an prochain, aura lieu l’élection des Conseils généraux, d’où seront tirés, par la suite, certains grands Conseils administratifs, économiques et sociaux, qui délibéreront, auprès du Délégué général, du développement de l’Algérie.
Car, résoudre la question algérienne, ce n’est pas seulement rétablir l’ordre ou donner aux gens le droit de disposer d’eux-mêmes. C’est aussi, c’est surtout traiter un problème humain. Là végètent des populations qui, doublant tous les 35 ans, sur une terre en grande partie inculte et dépourvue de mines, d’usines, de sources puissantes d’énergie, sont, pour les trois quarts, plongées dans une misère qui est comme leur nature. Il s’agit que les Algériens aient de quoi vivre en travaillant, que leurs élites se dégagent et se forment, que leur sol et leur sous-sol produisent bien plus et bien mieux. Cela implique un vaste effort de mise en valeur économique et de développement social. Or, cet effort est en cours.
En l959, la France aura dépensé en Algérie, pour ne parler que des investissements publics et des frais de gestion civile, environ 200 milliards. Elle en dépensera davantage durant chacune des prochaines années à mesure que se réalisera le plan de Constantine. Depuis dix mois, une centaine d’usines ont demandé à s’installer. 8000 hectares de bonnes terres sont en voie d’attribution à des cultivateurs musulmans. 50 000 Algériens de plus travaillent dans la métropole. Le nombre de Musulmans occupant des emplois publics s’est augmenté de 5 000. A l’actuelle rentrée, les écoles reçoivent 860 000 enfants, au lieu de 700 000 lors de la rentrée précédente et de 560 000 l’année d’avant. Dans six semaines, le pétrole d’Hassi-Messaoud arrivera sur la côte, à Bougie. Dans un an, celui d’Edjelé atteindra le golfe de Gabès. En 1960, le gaz d’Hassi R’Mel commencera d’être distribué à Alger et à Oran, en attendant de l’être à Bône. Que la France veuille et qu’elle puisse poursuivre avec les Algériens la tâche qu’elle a entreprise et dont elle seule est capable, l’Algérie sera dans quinze ans un pays prospère et productif.
Grâce au progrès de la pacification, au progrès démocratique, au progrès social, on peut maintenant envisager le jour où les hommes et les femmes qui habitent l’Algérie seront en mesure de décider de leur destin, une fois pour toutes, librement, en connaissance de cause. Compte tenu de toutes les données, algériennes, nationales et internationales, je considère comme nécessaire que ce recours à l’autodétermination soit, dès aujourd’hui, proclamé. Au nom de la France et de la République, en vertu du pouvoir que m’attribue la Constitution de consulter les citoyens, pourvu que Dieu me prête vie et que le peuple m’écoute, je m’engage à demander, d’une part aux Algériens, dans leurs douze départements, ce qu’ils veulent être en définitive et, d’autre part, à tous les Français d’entériner ce que sera ce choix.
Naturellement, la question sera posée aux Algériens en tant qu’individus. Car, depuis que le monde est le monde, il n’y a jamais eu d’unité, ni, à plus forte raison, de souveraineté algérienne. Carthaginois, Romains, Vandales, Byzantins, Arabes syriens, Arabes de Cordoue, Turcs, Français, ont tour à tour pénétré le pays, sans qu’il y ait eu, à aucun moment, sous aucune forme, un État algérien. Quant à la date du vote, je la fixerai le moment venu, au plus tard quatre années après le retour effectif de la paix ; c’est-à-dire, une fois acquise une situation telle qu’embuscades et attentats n’auront pas coûté la vie à 200 personnes en un an. Le délai qui suivra étant destiné, à reprendre la vie normale, à vider les camps et les prisons, à laisser revenir les exilés, à rétablir l’exercice des libertés individuelles et publiques et à permettre à la population de prendre conscience complète de l’enjeu. J’invite d’avance les informateurs du monde entier à assister, sans entraves, à cet aboutissement décisif.
Mais le destin politique, qu’Algériennes et Algériens auront à choisir dans la paix, quel peut-il être ? Chacun sait que, théoriquement, il est possible d’en imaginer trois. Comme l’intérêt de tout le monde, et d’abord celui de la France, est que l’affaire soit tranchée sans aucune ambiguïté, les trois solutions concevables feront l’objet de la consultation.
Ou bien : la sécession, où certains croient trouver l’indépendance. La France quitterait alors les Algériens qui exprimeraient la volonté, de se séparer d’elle. Ceux-ci organiseraient, sans elle, le territoire où ils vivent, les ressources dont ils peuvent disposer, le gouvernement qu’ils souhaitent. Je suis, pour ma part, convaincu qu’un tel aboutissement serait invraisemblable et désastreux. L’Algérie étant actuellement ce qu’elle est, et le monde ce que nous savons, la sécession entraînerait une misère épouvantable, un affreux chaos politique, l’égorgement généralisé et, bientôt, la dictature belliqueuse des communistes. Mais il faut que ce démon soit exorcisé et qu’il le soit par les Algériens. Car, s’il devait apparaître, par extraordinaire malheur, que telle est bien leur volonté, la France cesserait, à coup sur, de consacrer tant de valeurs et de milliards à servir une cause sans espérance. Il va de soi que, dans cette hypothèse, ceux des Algériens de toutes origines qui voudraient rester Français le resteraient de toute façon et que la France réaliserait, si cela était nécessaire, leur regroupement et leur établissement. D’autre part, toutes dispositions seraient prises, pour que l’exploitation, l’acheminement, l’embarquement du pétrole saharien, qui sont l’oeuvre de la France et intéressent tout l’Occident, soient assurés quoi qu’il arrive.
Ou bien : la francisation complète, telle qu’elle est impliquée dans l’égalité des droits ; les Algériens pouvant accéder à toutes les fonctions politiques, administratives et judiciaires de l’État et entrer dans tous les services publics, bénéficiant, en matière de traitements, de salaires, de sécurité sociale, d’instruction, de formation professionnelle, de toutes les dispositions prévues pour la métropole ; résidant et travaillant où bon leur semble sur toute l’étendue du territoire de la République ; bref, vivant à tous les égards, quelles que soient leur religion et leur communauté, en moyenne sur le même pied et au même niveau que les autres citoyens et devenant partie intégrante du peuple français, qui s’étendrait, dès lors, effectivement, de Dunkerque à Tamanrasset.
Ou bien : le gouvernement des Algériens par les Algériens, appuyé sur l’aide de la France et en union étroite avec elle, pour l’économie, l’enseignement, la défense, les relations extérieures. Dans ce cas, le régime intérieur de l’Algérie devrait être de type fédéral, afin que les communautés diverses, française, arabes, kabyle, mozabite, etc., qui cohabitent dans le pays, y trouvent des garanties quant à leur vie propre et un cadre pour leur coopération.
Mais, puisqu’il est acquis depuis un an, par l’institution du suffrage égal, du Collège unique, de la représentation musulmane majoritaire, que l’avenir politique des Algériens dépend des Algériens ; puisqu’il est précisé formellement et solennellement qu’une fois la paix revenue, les Algériens feront connaître le destin qu’ils veulent adopter, qu’ils n’en auront point d’autre et que tous, quel que soit leur programme, quoi qu’ils aient fait, d’où qu’ils viennent, prendront part, s’ils le veulent, à cette consultation, quel peut être le sens de l’insurrection ?
Si ceux qui la dirigent revendiquent pour les Algériens le droit de disposer d’eux-mêmes, eh bien ! Toutes les voies sont ouvertes. Si les insurgés craignent qu’en cessant la lutte ils soient livrés à la justice, il ne tient qu’à eux de régler avec les autorités les conditions de leur libre retour, comme je l’ai proposé en offrant la paix des braves. Si les hommes qui constituent l’organisation politique du soulèvement entendent n’être pas exclus des débats, puis des scrutins, enfin des institutions, qui régleront le sort de l’Algérie et assureront sa vie politique, j’affirme qu’ils auront, comme tous autres et ni plus ni moins, l’audience, la part, la place, que leur accorderont les suffrages des citoyens. Pourquoi donc les combats odieux et les attentats fratricides, qui ensanglantent encore l’Algérie, continueraient-ils désormais ?
A moins que ne soit à l’oeuvre un groupe de meneurs ambitieux, résolus à établir par la force et par la terreur leur dictature totalitaire et croyant pouvoir obtenir, qu’un jour, la République leur accorde le privilège de traiter avec eux du destin de l’Algérie, les bâtissant par là même comme gouvernement algérien. Il n’y a aucune chance que la France se prête à un pareil arbitraire. Le sort des Algériens appartient aux Algériens, non point comme le leur imposeraient le couteau et la mitraillette, mais suivant la volonté qu’ils exprimeront légitimement par le suffrage universel. Avec eux et pour eux, la France assurera la liberté de leur choix. Au cours des quelques années qui s’écouleront avant l’échéance, il y aura beaucoup à faire pour que l’Algérie pacifiée mesure ce que sont, au juste, les tenants et les aboutissants de sa propre détermination. Je compte moi-même m’y employer. D’autre part, les modalités de la future consultation devront être, en temps voulu, élaborées et précisées. Mais la route est tracée. La décision est prise. La partie est digne de la France. »
LA REPONSE DE FERHAT ABBAS – 28 Septembre 1959 -
Au seuil de la sixième année de guerre, alors que l’Assemblée générale des Nations unies s’apprête à discuter de nouveau de la question algérienne, et que de grandes confrontations internationales laissent entrevoir un espoir de paix dans le monde, les regards se tournent vers l’Algérie. Tous les peuples appellent de leurs vœux le retour à la paix dans cette terre africaine om se déroule encore une guerre qui a fait déjà près d’un million de victimes.
Le peuple algérien a été contraint par le colonialisme à prendre les armes. Tout en réaffirmant sa volonté de lutte jusqu’à la libération nationale, le gouvernement provisoire de la République algérienne déclare qu’il n’entend négliger aucune occasion pour donner toutes ses chances à la paix.
Le président de la République française a solennellement reconnu, au nom de la France, dans sa déclaration du 16 Septembre 1959 le droit des Algériens à l’autodétermination.
Le droit de disposer librement de son destin est enfin reconnu au peuple algérien. Cette évolution n’a été possible que parce que depuis cinq années le peuple algérien résiste victorieusement à l’une des plus sanglantes guerres de reconquête colonialiste.
Elle n’a été possible que parce que le Front de Libération Nationale et l’Armée de libération nationale poursuivent et poursuivront s’il était nécessaire le combat libérateur. Elle n’a été possible, enfin que grâce au soutien de tous les peuples frères et amis et à l’appui de l’opinion publique internationale.
Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, inscrit dans le proclamation du Front de Libération Nationale, a toujours été un objectif fondamental de la révolution algérienne. Il constitue un moyen démocratique et pacifique pour le peuple algérien d’aboutir à l’indépendance nationale.
Inscrite dans la charte des Nations unies, l’autodétermination, c’est-à-dire le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, restitue au peuple algérien l’exercice de la souveraineté nationale qu’une conquête militaire – d’où ne saurait découler aucune légitimité – lui a momentanément ravi.
L’entité nationale que constitue l’Algérie et l’unité sociologique de son peuple sont des éléments objectifs essentiels. Une application de l’autodétermination qui ne tiendrait pas compte de ces réalités et qui viserait à un éclatement de cette entité en communautés raciales ou religieuses est illusoire.
Le gouvernement provisoire de la République algérienne rappellent, en outre, le principe intangible de l’intégrité du territoire national et exprime la détermination inéluctable du peuple algérien de s’opposer à toute tentative de partition.
Il attire l’attention de l’opinion internationale sur le danger que constitue toute atteinte à cette unité et à cette intégrité. une tentative de cette nature, loin de contribuer à la solution, ne ferait que l’aggraver et constituerait une menace permanente à la paix et à la sécurité internationale.
Quant aux richesses du Sahara, leur prospection et leur exploitation ne sauraient en aucun cas se muer en droit de priorité. Source de progrès humain, d’abord pour l’Algérie et l’Afrique de Nord, ces richesses ne peuvent dans l’intérêt général que susciter une large et fructueuse coopération.
Sur un autre plan, subordonner le libre choix du peuple algérien à la consultation du peuple français serait la négation même de l’autodétermination et à la démocratie.
L’indépendance qui résultera d’une libre consultation du peuple algérien ne sera pas une source d’anarchie et de misère, bien au contraire, cette indépendance conditionne tout progrès réel. Elle garantira la liberté des individus et assurera la sécurité des personnes. Enfin, elle facilitera l’édification du Maghreb et la libre coopération avec tous les pays. Ce sont là les deux discours prononcés par le Général De Gaulle et Le Président du GPRA sur l’autodétermination de l’Algérie.
Un point d’histoire d’abord : ce discours fut prononcé ici, chez nous, en Hainaut : à Valenciennes.
De Gaulle arrive à pied. Au premier plan, des hommes portant des casques de mineurs. De Gaulle entre dans l’Hôtel de Ville. – De Gaulle à la tribune dit : “merci… merci.. .A Valenciennes, de tout mon cœur merci de l’accueil magnifique, preuve de l’unité française que vous offrez à tous. Je me permets également de dire merci de votre patience.. tout le long de la route j’ai rencontré beaucoup de témoignages émouvants et c’est pourquoi je suis un peu en retard… »
Les témoins de l’époque, ont tous ou presque témoigné : le Premier ministre Michel Debré, le président du Conseil constitutionnel Léon Noël, le gendre de De Gaulle Alain de Boissieu, le directeur de L’Écho d’Alger Alain de Serigny. Mais aussi les généraux Massu et Salan, …. du côté algérien, les leaders Ferhat Abbas, Saad Dahlab ou Ali Kafi, acteurs et témoins de la lutte fratricide au sein du FLN. Tous répondent de manière différente.
De Gaulle à choisi l’indépendance de l’Algérie, alors qu’il a été porté au pouvoir au mois de mai 1958 par les partisans de l’Algérie française. Certains opposants racontent une histoire de plan tenu secret et appliqué par de Gaulle une fois revenu aux affaires. C’est le conspirationnisme classique de l’extrême droite !
Comment comprendre la politique du général de Gaulle face à la guerre d’Algérie :
- A-t-il appliqué un programme conçu de longue date par lui seul ?
- A-t-il évolué au fil de l’eau, naviguant à vue, dans une eau tempétueuse et farcie de bombes bien réelles ?
- Voulait-il :
- Maintenir l’Algérie sous domination française ?
- S’en débarrasser ?
- S’en servir pour revenir au pouvoir et puis vogue la galère ? Quand on connaît ce retour de 1958, les 13 complots du 13 mai 1958, l’attitude de De Gaulle en pompier incendiaire pour être plus sûr d’être appelé à éteindre le feu !
Il est permis de se poser la question ! Ce qui est sûr, c’est que la « grand Charles » en a cocufié pas mal !!! Mais, selon lui, les français étaient « des veaux » !! Alors ….
Parmi les cocus citons : Léon Delbecque, Jacques Soustelle, Lagaillarde, Ortiz, Susini, les généraux Maurice Challe, Edmond Jouhaud, Raoul Salan et André Zeller aidés par les colonels Argoud et Gardes, le commandant Hélie Denoix de Saint-Marc commandant le 1er Régiment étranger de parachutistes (1er REP) , ils tenteront leur putsch le 21 avril 1961.
Le 23 avril 1961, De gaulle prononcera un autre discours célèbre :
« Un pouvoir insurrectionnel s’est établi en Algérie par un pronunciamiento militaire. […] Ce pouvoir a une apparence : un quarteron de généraux en retraite. Il a une réalité : un groupe d’officiers, partisans, ambitieux et fanatiques. Ce groupe et ce quarteron possèdent un savoir-faire expéditif et limité. Mais ils ne voient et ne comprennent la Nation et le monde que déformés à travers leur frénésie. Leur entreprise conduit tout droit à un désastre national…. Voici l’État bafoué, la Nation défiée, notre puissance ébranlée, notre prestige international abaissé, notre place et notre rôle en Afrique compromis. Et par qui ? Hélas ! hélas ! hélas ! par des hommes dont c’était le devoir, l’honneur, la raison d’être de servir et d’obéir.
Au nom de la France, j’ordonne que tous les moyens, je dis tous les moyens, soient employés pour barrer partout la route à ces hommes-là, en attendant de les réduire. J’interdis à tout Français et, d’abord, à tout soldat, d’exécuter aucun de leurs ordres…..
Devant le malheur qui plane sur la patrie et la menace qui pèse sur la République, ayant pris l’avis officiel du Conseil constitutionnel, du Premier ministre, du président du Sénat, du président de l’Assemblée nationale, j’ai décidé de mettre en cause l’article 16 de notre Constitution. À partir d’aujourd’hui, je prendrai, au besoin directement, les mesures qui me paraîtront exigées par les circonstances…
Françaises, Français ! Aidez-moi ! »
On peut penser, au total, que De Gaulle, qui avait toujours eu « une certaine idée de la France », qui voulait une grande politique mondiale comme le montrera le discours de Phnom-Penh le 1er septembre 1966, a délibérément sacrifié les sort de nombreux algériens et de certains des ses soutiens à sa vision politique. Après tout, il avait déjà couvert de son ombre tutélaire les massacres de Sétif en 1945 et ceux de Madagascar en 1947 !!
Voir sur ce point sur ce blog : http://dutron.wordpress.com/2008/08/10/pour-defendre-les-droits-de-l%E2%80%99homme-partout-dans-le-monde-en-chine-en-russie-et-ailleurs-balayons-devant-notre-porte-en-occident-en-belgique-et-en-france/
Ici, sur l’affaire algérienne, il couvrira ou laissera faire le massacre des Harkis par le nouveau pouvoir algérien.
Cela fait beaucoup de honte accumulée, mon Général !!
FÉMINISME Emilie du Châtelet
août 24, 2009 at 3:47 | In Citoyenneté, Culture - Livres, Europe, Féminisme, Politique, Société | 3 CommentsTags: FÉMINISME Emilie du Châtelet
FÉMINISME Émilie du Châtelet
Avec cet article, nous inaugurons une nouvelle rubrique de notre blog consacrée au Féminisme.
Ensuite, suivront des personnalités beaucoup plus connues telles Olympe de Gouges, Flora Tristan ou Louise Michel et celles que vous nous suggérerez y compris hors de nos frontières, bien sûr.
Nous vous remercions par avance de votre coopération.

Gabrielle Émilie Le Tonnelier de Breteuil, marquise du Châtelet, communément appelée Émilie du Châtelet est née à Paris le 17 décembre 1706 et morte à Lunéville le 10 septembre 1749. Elle fut mathématicienne et physicienne. Elle n’est certes pas une féministe au sens où nous l’entendons aujourd’hui mais elle fait partie d’une longue lignée qui, au cours de l’Histoire, y aboutira.
Fille de Louis Nicolas Le Tonnelier, baron de Breteuil, introducteur des Ambassadeurs de Louis XIV, Émilie a la chance de vivre dans un milieu ouvert ; ses parents reçoivent le poètes : Jean-Baptiste Rousseau, Fontenelle, par exemple, dans leur salon parisien.
Elle doit à son père une éducation qui d’ordinaire n’était que rarement dispensée aux filles. Lui-même lui enseigne le latin et est douée pour les études. Elle apprend également le grec et l’allemand, la musique et joue du clavecin, aime chanter l’opéra.
UNE LIBERTINE :
Présentée à seize ans à la Cour du régent par son père, elle est séduite par les plaisirs de la vie
Mariée au marquis Florent Claude du Châtelet qui a trente ans et elle dix-neuf, elle vit quelques temps à Semur-en-Auxois ; son mari en étant gouverneur. C’est là qu’elle rencontre le mathématicien Mézières. Son mari la laisse vivre librement ; se rendant compte de ses propres limites autant que des capacités intellectuelles de sa femme. De ses divers amants, c’est Voltaire qui aura sur elle le plus d’influence, l’encourageant à approfondir ses connaissances en physique et en mathématiques, la considérant supérieure à lui-même en ce domaine par ses connaissances.
UNE SCIENTIFIQUE :
Émilie du Châtelet devient alors une scientifique alors que ce terme n’existe pas encore. Il y avait eu d’esprits scientifiques féminins bien avant telle Hypatie d’Alexandrie[1] dans l’Antiquité.
Émilie étudie Leibniz, travaille avec Clairaut, Maupertuis, König, Bernoulli, Euler, Réaumur, autant de personnages auxquels on doit l’apparition des sciences exactes, concept inexistant à l’époque.
Elle entreprend la traduction des Principia Mathematica de Newton et travaille en liaison avec Buffon.
Elle fait la connaissance de Voltaire en 1734 alors qu’il est en disgrâce et l’accueille chez elle : il a trente-neuf ans et elle vingt-sept, leur liaison va durer quinze ans. C’est lui qui la pousse à traduire Newton et qui lui fait prendre conscience de sa liberté de penser par elle-même. Après avoir eu la chance, rare pour l’époque, d’avoir eu un père ne la considérant pas exclusivement comme une « fille à doter et à marier » pour nouer des relations intéressées, elle a celle d’avoir un compagnon la considérant son égale. Voltaire se montra du reste toujours admiratif envers elle, louant son intelligence et ses qualités.
Place Stanislas à Nancy
À son arrivée à Lunéville, à la cour de Stanislas Leszczynski[2], en 1746, elle s’éprend du poète Saint-Lambert et délaisse Voltaire avec lequel elle restera liée d’amitié. Elle meurt trois ans plus tard à la suite d’un accouchement, à l’âge tardif de quarante-trois ans, mettant au monde une petite fille qui ne lui survivra pas.
Saint-Lambert et Voltaire l’assistent jusqu’au bout. C’est Voltaire qui se charge de faire publier la fameuse traduction que son amie avait faite du traité de Newton et qu’elle avait envoyée à la bibliothèque du roi, comme si elle avait pressenti sa fin prochaine.
Le journal des savants[3] consacre deux grands articles à l’analyse de ses Institutions de Physique et écrit d’elle :
« Quel encouragement pour ceux qui les cultivent (les sciences), de voir une Dame qui, pouvant plaire dans le monde, a mieux aimé s’instruire dans sa retraite, qui dans un âge où les plaisirs s’offrent en foule, préfère à leur erreur malheureusement si douce, la recherche de la vérité toujours si pénible, qui alliant enfin la force aux grâces de l’esprit et de la figure, n’est point arrêtée par ce que les sciences ont de plus abstrait »
Élisabeth Badinter a publié une étude approfondie sur Émilie Du Châtelet, où elle met en lumière l’« ambition féminine » qui se fait jour au cours du XVIIIe siècle. Selon elle, Émilie avait quelque chose de viril, d’androgyne et c’est pourquoi elle en rajoutait sur l’apparence, fanfreluches et maquillage.
Œuvres d’Émilie du Châtelet
- Institutions de Physique, Paris, 1740, in-8°
- Analyse de la philosophie de Leibniz, 1740
- Réponse à la lettre de Mairan sur la question des forces vives, Bruxelles, 1741, in-8°
- Dissertation sur la nature et la propagation du feu, Paris, 1744, in-8°
- Trad. des Principes de Newton, publiée par Clairaut, 1756, avec son éloge par Voltaire.
- Principes mathématiques de la philosophie naturelle traduction de Newton, Paris, 1766
- Discours sur le bonheur 1779
- Doutes sur les religions révélées, adressés à Voltaire (Paris, 1792, in-8°)
- Opuscules philosophiques et littéraires, 1796
- De l’Existence de Dieu.
- Sur Émilie du Châtelet
- Élisabeth Badinter : Émilie, Émilie ou l’ambition féminine au XVIIIe siècle, Flammarion, Paris, 1983, réédition 2006.
[1] Hypatie d’Alexandrie née vers 370 – 415) mathématicienne et philosophe grecque. Son père Théon d’Alexandrie, dernier directeur du Musée d’Alexandrie, est éditeur éduque sa fille en l’initiant à la mathématique et à la philosophie. Elle a peut-être dirigé l’école néoplatonicienne d’Alexandrie. En mars 415, à 45 ans, elle meurt lapidée par des chrétiens fanatiques. Selon la thèse de Socrate le Scolastique (vers 440), les chrétiens lui reprochaient d’empêcher la réconciliation entre le patriarche Cyrille d’Alexandrie et le préfet romain Oreste à la suite de conflits sanglants entre diverses communautés religieuses d’Alexandrie.
[2] Stanislas Leszczyński est né à Lwów en Pologne et mort à Lunéville en 1766. Il fut roi de Pologne de 1704 à 1709 et de 1733 à 1736 sous le nom de Stanislas Ier. En 1737 il devient duc de Lorraine et de Bar jusqu’à sa mort.
[3] Le Journal des sçavans, devenu plus tard Journal des savants, est le plus ancien périodique littéraire et scientifique d’Europe. Le premier numéro parut à Paris le 5 janvier 1665 sous forme d’un bulletin de douze pages annonçant son objectif de faire connaître « ce qui se passe de nouveau dans la République des lettres »
L’Histoire en Chansons
août 16, 2009 at 9:14 | In Altermondialisme, Citoyenneté, Culture - Livres, Europe, Le coin des ziques qu'on aime bien, Mai 68, Mémoire et histoire, Politique, Société, Solidarité, sarkosy | 14 CommentsL’ Histoire en Chansons
De tout temps, l’Histoire a été marquée par des chansons qui contribuent ainsi à notre connaissance. Impossible d’être exhaustif, évidemment mais voici un florilège. Certaines chansons sont à vomir, d’autres émouvantes …que nous le voulions ou non, elles sont l’Histoire ! Peu de textes beaucoup de liens pour vous en offrir un maximum.
L’épopée biblique :
Josué à la bataille de Jéricho par la grande Mahalia Jackson
http://www.youtube.com/watch?v=fY0G_S6ZrtE&feature=related
Un vieux spiritual par Louis Armstrong : Sometimes I feel like a motherless Child
On avance un peu …beaucoup même …l’an Mil et un peu après …l’épopée Cathare ….On n’est pas obligé d’aimer les phallus qui bordent l’autoroute…

Francis Cabrel, lui, n’aime pas trop !!
Les chevaliers cathares :
http://www.youtube.com/watch?v=fktY0ptO5mw
Encore un peu …Jeanne d’Arc ; une excellente interprétation de la Jeanne de Léonard Cohen :
http://www.youtube.com/watch?v=vmAIp4vsitc
Avançons encore …Madame de Pompadour ne plait pas à tout le monde ….

Gabriel Yacoub chante : Comprenez-vous ?
http://ticou.vox.com/library/audio/6a00f48cea66d4000200fa96881bbe0002.html
Et ça continue ….Contre La Poisson !! La Pompadour, favorite de Louis XV, était née Jeanne Antoinette Poisson
http://www.youtube.com/watch?v=-MoY5BhKy-8&feature=related
Sautons un roi….., la révolution, les révoltes, la chouannerie, la question sociale, la Commune de Paris
Qu’est-il ? Rien …Que veut-il ? Devenir quelque chose !! Le Tiers-Etat
http://www.youtube.com/watch?v=7dTC2rONNtM&feature=related
La Fête de la Fédération …14 juillet 1790 ….La bonne aventure oh gué
http://www.youtube.com/watch?v=7wki8_GhGck&feature=related
La Chouannerie : Le chant de l’armée de Charrette 1793

http://www.youtube.com/watch?v=yIg0xFy2TWQ&feature=related
L’épopée Napoléonienne…..Le rêve passe ….Une chanson créée par Bérard en 1907 à la gloire des armées napoléoniennes
http://www.youtube.com/watch?v=2yr5R4qAB2g&feature=related
Mais, les soldats, eux, pensent à autre chose : Ils demandent à boire à « l’aimable Fanchon »
http://www.youtube.com/watch?v=7W13psu5s00&feature=related
Ou bien préfèreraient être ….Après de leur blonde..
http://www.youtube.com/watch?v=C9xCSI26DVc&feature=related
Tout ceci se termine…..La Marche de la Garde Impériale à Waterloo
http://www.youtube.com/watch?v=FZ_SFLzt-n4&feature=related
Les journées de 1848 : Le chant des Girondins ; Chanson écrite à l’occasion de la représentation d’un drame “Le Chevalier de Maison-Rouge”, d’Alexandre Dumas et Auguste Maquet. La chanson fut un immense succès ….en 1847 …on pense déjà à 48 !
http://www.youtube.com/watch?v=O7ZE7kzcOj8&feature=related
Napoléon le Petit …tiens ? Déjà !! Le sire de fiche ton camp ….écrite sous La Commune …
http://www.youtube.com/watch?v=H2vDuCezDvo&feature=related
La Guerre de 70 …Sedan …La Commune ….Le massacre …La Semaine sanglante ..C’est François Béranger qui la chante …Nous le retrouverons.
http://www.youtube.com/watch?v=djuLvrGSFiI

Caricature de Déroulède
Mais les va-t-en-guerre sont à l’œuvre dont ce crétin de Déroulède en 1875 !!
http://www.youtube.com/watch?v=yUvMSrcreQY&feature=related
On la rechantera avant 14…Pour mobiliser les gogos !!
Mais, dès 1885 – 86… les luttes reprennent…l’espoir renaît ….Finalement, malgré « La tourbe des bourreaux gras » ….Elle n’est pas morte !!
Chantée ici par la grande Germaine Montero sur des paroles d’Eugène Pottier, l’auteur de l’Internationale.
http://www.youtube.com/watch?v=WUUC7Z3aaqo
Début du siècle les impérialismes s’affrontent ….encore un p’tit coup de Clairon, façon Botrel cette fois !!! On glorifie Rosalie, notre si bonne baïonnette cruciforme interdite par la convention de Genève …on s’en fout…ça rentre !!!! Allons ! Verse à boire, bourré, on monte mieux en ligne !!
http://www.youtube.com/watch?v=LkjEtFMmWdY&feature=related
Mais tout le monde n’est pas d’accord …1917 …Les mutineries…Craonne …Là, vous avez un article entier sur notre blog : LA CHANSON DE CRAONNE
Avec des photos et des images terribles.
Et les joyeusetés continuent…..L’intelligence militaire avance à grands pas, même quand on en a jusqu’à la ceinture …Graeme Alwright l’a écrite …l’anonyme de tout à l’heure nous le chante ; il s’appelle Michel !
http://www.youtube.com/watch?v=V5-rr4Aeuqc
La montée des périls …La Guerre d’Espagne : Chante Paco ! A galopar ! Avec la surprise d’un grand poète espagnol qui nous a quittés en 1999….
http://www.youtube.com/watch?v=15JfnrqBqSI

Munich
Encore une « bonne guerre » ….39-45 : The Kinks – Mr Churchill Says
http://www.youtube.com/watch?v=Fk24stOBie4

Mais ça résiste …pas autant qu’on nous l’a dit mais ça résiste ! Le Chant des Partisans…
http://www.youtube.com/watch?v=15JfnrqBqSI

Double lynchage à Marion Indiana 1930
En 1939, on applique toujours la loi de Lynch aux USA …d’étranges fruits pendent aux arbres. Billie Holliday chante l’une des premières chansons antiracistes : Strange Fruit !!!!!
http://www.youtube.com/watch?v=h4ZyuULy9zs
Toute la désespérance de l’occupation dans cette chanson de Léo Marjane : Seule ce soir ….
http://www.youtube.com/watch?v=via0kHcEV1A
Marlène Dietrich aussi résiste à sa manière : Lily Marlène dans un camp US en Alaska …
http://www.youtube.com/watch?v=oRxR7e2c2L0
La libération de Paris ..St Germain des Près …Les Zazous !! Une reprise de l’inoxydable Brigitte Fontaine ….
Ensuite …les trente glorieuses …Le progrès …. Soit pas cruelle … passe-moi un coup de fil !!!!
Mai 68 …Français-Immigrés Tous unis !!! Ouais …Pas tant que ça …n’est-ce pas François Béranger ?
Et ça continue ….Le chili …Pinochet …Rafles ..Stade de Santiago du Chili ….La junte assassine Victor Jara ..Julos Beaucarne écrit une Lettre à Kissinger : ici par Chanson Rebelle …
François Béranger avait raison …ça continue …Heureusement la jeune génération prend la relève ! Thomas Pitiot – Mamadou l’Etranger
http://www.youtube.com/watch?v=q0nMpiGZ1xc
Mais la génération d’avant est encore là ! Francesca Solleville nous résume tout ça façon Ferrat à la fête de l’Huma 2008 : Ma France…
Guy Dutron 16 08 2009
Le coin des poèmes qu’on y tient Henry Longfellow
août 16, 2009 at 2:31 | In Altermondialisme, Citoyenneté, Culture - Livres, Environnement OGM, Le coin des poèmes qu'on y tient, Politique, Société | Leave a CommentTags: Le coin des poèmes qu’on y tient Henry Longfellow Henry_wasdworth_longfellow
Le coin des poèmes qu’on y tient Henry Longfellow

Henry Wadsworth Longfellow est né le 27 février 1807 à Portland, Maine Etats-Unis – il est décédé le 24 mars 1882 à Cambridge, Massachusetts, États-Unis. Poète américain, il est l’auteur de nombreux poèmes encore célèbres de nos jours aux États-Unis, tels que The Song of Hiawatha (Le Chant de Hiawatha). Il passa l’essentiel de son existence à Cambridge, près de l’université d’Harvard.
Il ne serait peut-être pas connu en France s’il n’avait été traduit voire imité (mais en le disant) par Charles Baudelaire.
Nous vous offrons deux poèmes de Longfellow : l’un ouvertement imité, l’autre traduit par Baudelaire….du grand art encore plein de signification de nos jours
En 1885, Longfellow écrit The Song of Hiawatha en vers trochaïques[1], ( de trochée[2] ), les mieux adaptés au rythme saccadé et répétitif des danses amérindiennes. Dans ce récit d’une cinquantaine de pages empreintes d’un grand lyrisme, l’auteur tente de mêler dans la trame du récit des thèmes américains et des légendes indiennes, en particulier celles de la tribu Onondaga, établie dans le nord-est du contient américain
Le Chant de Hiawatha (Titre original : The Song of Hiawatha) est un poème épique en vers libres. Il est symbolique de la littérature américaine d’inspiration indienne du XIXe siècle. Le poème, qui évoque la vie d’un Indien du nom de Hiawatha, puise ses références dans les légendes et les histoires des tribus indiennes nord-américaines, particulièrement celles des Ojibwés du Michigan du Nord, du Wisconsin, et du Minnesota
Nous vous offrons deux poèmes de Longfellow : l’un ouvertement imité, l’autre traduit par Baudelaire….du grand art encore plein de signification de nos jours
« Le calumet de la Paix » – imité par Baudelaire et il y a de la geste Rabelaisienne dans ce chant – tiré du Chant Hiawatha et un autre morceau de ce chant auquel je tiens tout particulièrement : « L’enfance d’Hiawatha » traduit par Baudelaire
Le Calumet de Paix
(Imité de Longfellow)
I
Or Gitche Manito, le Maître de la Vie,
Le Puissant, descendit dans la verte prairie,
Dans l’immense prairie aux coteaux montueux;
Et là, sur les rochers de la Rouge Carrière,
Dominant tout l’espace et baigné de lumière,
Il se tenait debout, vaste et majestueux.
Alors il convoqua les peuples innombrables,
Plus nombreux que ne sont les herbes et les sables.
Avec sa main terrible il rompit un morceau
Du rocher, dont il fit une pipe superbe,
Puis, au bord du ruisseau, dans une énorme gerbe,
Pour s’en faire un tuyau, choisit un long roseau.
Pour la bourrer il prit au saule son écorce;
Et lui, le Tout-Puissant, Créateur de la Force,
Debout, il alluma, comme un divin fanal,
La Pipe de la Paix. Debout sur la Carrière
Il fumait, droit, superbe et baigné de lumière.
Or pour les nations c’était le grand signal.
Et lentement montait la divine fumée
Dans l’air doux du matin, onduleuse, embaumée.
Et d’abord ce ne fut qu’un sillon ténébreux;
Puis la vapeur se fit plus bleue et plus épaisse,
Puis blanchit; et montant, et grossissant sans cesse,
Elle alla se briser au dur plafond des cieux.
Des plus lointains sommets des Montagnes Rocheuses,
Depuis les lacs du Nord aux ondes tapageuses,
Depuis Tawasentha, le vallon sans pareil,
Jusqu’à Tuscaloosa, la forêt parfumée,
Tous virent le signal et l’immense fumée
Montant paisiblement dans le matin vermeil.
Les Prophètes disaient: «Voyez-vous cette bande
De vapeur, qui, semblable à la main qui commande,
Oscille et se détache en noir sur le soleil?
C’est Gitche Manito, le Maître de la Vie,
Qui dit aux quatre coins de l’immense prairie:
‘Je vous convoque tous, guerriers, à mon conseil!’.»
Par le chemin des eaux, par la route des plaines,
Par les quatre côtés d’où soufflent les haleines
Du vent, tous les guerriers de chaque tribu, tous,
Comprenant le signal du nuage qui bouge,
Vinrent docilement à la Carrière Rouge
Où Gitche Manito leur donnait rendez-vous.
Les guerriers se tenaient sur la verte prairie,
Tous équipés en guerre, et la mine aguerrie,
Bariolés ainsi qu’un feuillage automnal ;
Et la haine qui fait combattre tous les êtres,
La haine qui brûlait les yeux de leurs ancêtres
Incendiait encor leurs yeux d’un feu fatal.
Et leurs yeux étaient pleins de haine héréditaire.
Or Gitche Manito, le Maître de la Terre,
Les considérait tous avec compassion,
Comme un père très-bon, ennemi du désordre,
Qui voit ses chers petits batailler et se mordre.
Tel Gitche Manito pour toute nation.
Il étendit sur eux sa puissante main droite
Pour subjuguer leur cœur et leur nature étroite,
Pour rafraîchir leur fièvre à l’ombre de sa main;
Puis il leur dit avec sa voix majestueuse,
Comparable à la voix d’une eau tumultueuse
Qui tombe et rend un son monstrueux, surhumain:
II
«O ma postérité, déplorable et chérie!
O mes fils! écoutez la divine raison.
C’est Gitche Manito, le Maître de la Vie,
Qui vous parle ! Celui qui dans votre patrie
A mis l’ours, le castor, le renne et le bison.
Je vous ai fait la chasse et la pêche faciles ;
Pourquoi donc le chasseur devient-il assassin ?
Le marais fut par moi peuplé de volatiles;
Pourquoi n’êtes-vous pas contents, fils indociles ?
Pourquoi l’homme fait-il la chasse à son voisin ?
Je suis vraiment bien las de vos horribles guerres.
Vos prières, vos vœux mêmes sont des forfaits!
Le péril est pour vous dans vos humeurs contraires,
Et c’est dans l’union qu’est votre force. En frères
Vivez donc, et sachez vous maintenir en paix.
Bientôt vous recevrez de ma main un Prophète
Qui viendra vous instruire et souffrir avec vous.
Sa parole fera de la vie une fête;
Mais si vous méprisez sa sagesse parfaite,
Pauvres enfants maudits, vous disparaîtrez tous!
Effacez dans les flots vos couleurs meurtrières.
Les roseaux sont nombreux et le roc est épais;
Chacun en peut tirer sa pipe. Plus de guerres,
Plus de sang ! Désormais vivez comme des frères,
Et tous, unis, fumez, le Calumet de Paix !»
L’enfance d’Hiawatha
La belle Wénonah, la douce et tendre mère
D’Hiawatha mourut dans une angoisse amère ;
Car Vent- d’Ouest, guerrier parjure, abandonna
Ta fille, Ô Nokomia ! La tendre Wénonah.
Sur les bords de Guitche Gumee, nappe vermeille :
S’élevait le Wigwam de Nokomia la vieille ;
La forêt de pins noirs, par derrière, ondulait,
Et la Grosse-Eau-de-Mer par-devant déferlait.
La vieille Nokomia, malgré tant de détresses,
A trouvé dans son cœur de nouvelles tendresses ;
C’est elle qui berçant le pauvre Hiawatha,
Dans son sein amaigri longtemps le dorlota.
La patiente aïeule, aux tempes racornies,
De l’enfant gémissant calmait les agonies
Disant, s’il criait trop : « Chut ! l’Ours-Nu t’entendra !
Sois bien sage ! Sinon l’Ours-Nu te mangera ! »
Dans un petit berceau fait de joncs et de mousses
Elle amusait son âme avec des chansons douces
La vieille, deux fois mère, ainsi parfois chantait.
Guy Dutron 16 – 08 – 2009
Pour ceux qui voudraient retrouver ces poèmes et les oeuvres complètes de Baudelaire, il se trouvent notamment dans :
Charles Baudelaire Œuvres complètes – Tome I – collection de la Pléiade – Papier bible – 1606 pages – 52 €
[1] Trochaïque adjectif (latin trochaicus, du grec trokhaikos)
-
Se dit d’un rythme, d’un vers où le pied fondamental est le trochée.
-
Se dit d’une coupe de l’hexamètre placée au troisième dactyle, après les deux premières syllabes de ce pied, qui forment un trochée.
[2] Trochée nom masculin (latin trochaeus, du grec trokhaîos, de trekhein, courir, parce qu’il communique au vers une allure rapide)
-
Pied composé de deux syllabes, une longue et une brève, le temps marqué portant sur la longue.
Festival d’Avignon De l’encens, il « soufre » ! par Geneviève Confort-Sabathé
août 12, 2009 at 5:37 | In Belgique, Culture - Livres, Europe, Politique, Société | Leave a CommentTags: Festival d’Avignon De l’encens, il « soufre » ! par Geneviève Confort-Sabathé
Festival d’Avignon
De l’encens, il « soufre » !
par Geneviève Confort-Sabathé
Est-ce un signe avant-coureur de tristes topiques ? André Benedetto, le père du festival OFF d’Avignon vient de casser sa pipe en pleine édition 2009. Un malaise vagal sans rémission.
Personne ne peut dire ce qu’il adviendra de cette machine infernale sans celui qui lui a toujours servi de gouvernail. Même si parfois, André le Magnifique naviguait à vue, il ne trahissait jamais sa trajectoire d’artiste engagé.
Depuis trente ans que j’arpente ce festival, j’y ai connu le meilleur et le pire du IN et du OFF.
Le IN, je ne fréquente plus. Trop cher, trop branché, trop policé sous ses allures amphigouriques, prétentiardes et académiques en diable, ma chère !
Le OFF, j’aime encore y traîner mes tongs et mon éventail, vieux de dix ans.
Cette année, nous avons eu bien du mal, mon mari et moi, à trouver des spectacles à notre convenance. Engagés, intelligents, bien interprétés et savamment mis en scène. Heureusement, il y le théâtre des Doms où s’exprime l’avant-garde belge. Cette année, leur logo était un chou de Bruxelles en forme de grenade à dégoupiller. Tout un programme ! Hamelin, Sans racines et sans ailes, deux beaux spectacles qui sentent bon la Flandre.
L’affiche de “Nom des Doms”(1)
Comme d’habitude, certaines troupes et théâtres du OFF veulent jouer dans la cour des grands. Le théâtre Notre-Dame aimerait bien avoir l’air… En programmant Marie Stuart, sans décor mais avec costumes, il jouait sur le velours sans risquer de se prendre une planche. A peine distrayant malgré le striptease de la Reine Rouge juste avant sa décapitation.
A la Caserne des Pompiers, le haut-lieu du théâtre de Champagne-Ardenne, la programmation sent le soufre. Chaque année, un peu plus.
Cette fois, un auteur inconnu et qui gagne à le rester s’est illustré en offrant à l’acteur Fabien Joubert un texte d’incitation à la haine raciale (contre les musulmans) et à la violence sexiste (contre les femmes jeunes et vieilles). On se demande comment il se fait que ce spectacle n’ait pas subi les foudres de nos intellectuels, habituellement si prompts à fustiger le racisme ? Un spectacle sale et dérangeant !
A l’opposé, la superbe performance de l’acteur Marc-Henri Lamande mérite d’être encensée. D’autant plus que le théâtre de la Manutention n’en est pas à son coup d’essai. Louis-Ferdinand Céline est un génie, c’est entendu mais encore fallait-il faire briller ce diamant brut si facilement réfractaire. Ici, on parie sur l’intelligence des spectateurs. On peut rire de tout mais…
L’étonnant travail de mimétisme de l’acteur avec l’auteur est si remarquable qu’on a bien l’impression d’avoir vu le vrai. Mais le plus important est ailleurs, le texte est fort, violent, sans concession sur la création artistique, la politique, la guerre, la mort et surtout ce style qui bouleversa la littérature, la renversa cul par-dessus tête pour la rendre si vivante.
« Dieu, qu’ils étaient lourds… » C’est le titre ! Allez-y s’il passe par chez vous.
J’ai quitté Avignon un peu triste, Benedetto est mort et le OFF… A protéger d’urgence !
(1) “Nom des Doms” est un belgicisme qui pourrait se traduire par “Nom de d’là” !!!
Un choux de Bruxelles à dégoupiller Nom des Doms !!!
Le coin des bons bouquins Les pères fondateurs de la nation corse par Evelyne Luciani et Dominique Taddei.
août 12, 2009 at 5:24 | In Altermondialisme, Citoyenneté, Culture - Livres, Europe, Le coin des bons bouquins | Leave a CommentTags: Le coin des bons bouquins Les pères fondateurs de la nation corse par Evelyne Luciani et Dominique Taddei.
Le coin des bons bouquins Les pères fondateurs de la nation corse par Evelyne Luciani et Dominique Taddei.

Evelyne Luciani remercie le jury pour avoir reçu le prix 2007 du livre Corse en langue française 2007 – à sa gauche sur la photo – Dominique Taddei
Je vous dois un aveu, je n’ai pas encore lu ce livre !! Il vient de sortir. Mais, Dominique est un ami. Ce qu’en dit l’interview ci-dessous de son éditeur est passionnant. Et puis, nous en avons tellement parlé !!
Un vrai travail historique et d’érudition, aussi !

Nous reproduisons ci-dessous les explications tirées du site d’Albiana :
Albiana : Vous publiez Les pères fondateurs de la nation corse (1729 – 1733), une véritable chronique exhaustive au jour le jour. Tout n’avait pas encore été dit sur cette période riche en événements pour la Corse ?
Evelyne Luciani, Dominique Taddei : Autant les périodes paoline et pré-paoline ont été explorées par les historiens corses, autant la période que nous étudions ici a été laissée en friches. Ainsi, la découverte des textes laissés pour compte dans les bibliothèques et les archives nous a permis d’élaborer la chronique dont vous parlez et d’en tirer une thèse sur le déroulement de la révolution corse qui s’écarte de celle de l’historiographie classique. Quant à dire que la recherche que nous avons faite concernant les textes est exhaustive, loin s’en faut. A travers eux, nous présentons essentiellement le point de vue génois qui nous permet, comme d’un négatif photographique, de faire surgir le positif, à savoir l’aspect corse des choses. En effet, les documents corses sont rares, d’une part, parce que les insurgés corses agissaient dans l’ombre, dans la crainte de se faire prendre par les génois qui ne tergiversaient pas quant à leur destin, lorsqu’ils se saisissaient de l’un d’entre eux. Ils laissaient donc peu de traces derrière eux. D’autre part, les bibliothèques des particuliers, si elles recèlent encore quelques-uns de ces passionnants grimoires, n’ont pas encore livrés tous leurs secrets. Néanmoins, nous produisons des textes d’origine corse absolument essentiels : leur contenu en lui-même est de premier ordre pour la compréhension des faits et des mentalités des acteurs de cette première insurrection. Leur style atteste du haut niveau culturel de ces hommes qui se sont jetés dans la première bataille révolutionnaire contre la tyrannie d’un Prince, au XVIIIème siècle.
Albiana : Le livre débute par un état des lieux de la Corse au début du 18ème siècle. Quelles en sont les grandes lignes ?
Evelyne Luciani, Dominique Taddei : La Corse, à cette époque, est liée à la Sérénissime République de Gênes, depuis le XIVème siècle, par des contrats ou conventions enregistrés sous forme de statuts. Ce lien contractuel avec Gênes est à la fois d’ordre commercial et politique : le politique, c’est-à-dire la stabilité de l’île et donc l’organisation politique du pays, garantit la sécurité des échanges commerciaux. A l’origine de ce lien, l’histoire retient que des notables bonifaciens étaient allés demander l’aide de la Sérénissime pour se protéger des féodaux locaux qui semaient la terreur et la misère parmi les populations, en raison de leurs guerres intestines. Ainsi Gênes prit pied sur l’île dans ce qu’on nommera son premier préside, Bonifacio. D’autres postes avancés du pouvoir génois, des présides, suivront : Calvi, Saint Florent, Bastia, Ajaccio. Gênes a très tôt envoyé des gouverneurs génois installer son pouvoir dans l’île. Nommés pour deux ans, ils résidaient à Bastia et à Ajaccio. Ils avaient la délégation du pouvoir absolu de la Sérénissime sur la Corse.
Albiana : Ce qui frappe tout au long de Les pères fondateurs de la nation corse (1729 – 1733), c’est l’importance majeure du contexte international sur les événements en Corse. On pense être en face d’un conflit d’un peuple contre son oppresseur, mais pas seulement, pas aussi simplement. Vous dites d’ailleurs que Pour les sceptiques, on rappellera que chacune des quatre insurrections corses se termine par une intervention militaire extérieure, une autrichienne et trois françaises. Quels sont les éléments déclencheurs des premières insoumissions ? La question des armes et celle des taxes ?
Evelyne Luciani, Dominique Taddei : Il est clair que la question des armes et la question des taxes sont intimement liées et constituent l’élément déclencheur majeur des premières insoumissions.
En raison des nombreuses vendettas, les Nobles XII, en 1715, avaient accepté une loi que souhaitait leur imposer la Sérénissime. Elle consistait à retirer les armes des foyers corses qui en étaient largement pourvus, définitivement et légalement. Mais comme il résultait pour le Prince, de ce retrait, un manque à gagner consécutif à la non-perception du permis de port d’armes, la République imposa un impôt compensatoire, appelé des deux seini ou treize sous quatre deniers. C’était un impôt particulièrement injuste qui consistait à faire payer les populations pour quelque chose qu’elles n’avaient plus, sans pour autant que la mesure ait eu une grande influence sur la diminution des meurtres.
Très vite, les corses redemandèrent le port d’armes, ne fut-ce que pour se protéger de certaines communautés particulièrement belliqueuses, mais rien n’y fit jusqu’à ce qu’en 1728, les Nobles XII, après en avoir d’abord parlé au gouverneur Pinelli et avoir essuyé son refus, en réfèrent directement à Gênes.
On note qu’à partir de ce moment, les percepteurs génois se heurtent au refus de certaines communautés, particulièrement celles du Bozio, à payer la taxe des deux seini. Or, si le percepteur ne percevait pas la totalité des tailles, il était obligé de mettre la différence de sa poche. Il est clair que le percepteur ne pouvait accepter cette situation qui engendra la violence, puisque les percepteurs durent se faire accompagner d’un bras de justice c’est-à-dire une petite troupe, pour exiger les impôts dans chaque village. Il s’ensuivit des séquestrations, des pillages d’armes, etc… bref, le signal de la révolte armée était donné.
Albiana : Apparaît tôt dans votre étude Luigi Giafferi. Est-ce la figure tutélaire ?
Evelyne Luciani, Dominique Taddei : Incontestablement, Luigi Giafferi a joué un rôle fondamental dans cette première révolution. C’était un notable respecté dans sa piève et par ses pairs car élu plusieurs fois Noble XII. Il avait, par sa famille : un frère colonel dans l’armée vénitienne, des liens en Terraferma qui lui assurèrent des soutiens logistiques et des relais diplomatiques. Il était intelligent, courageux, rusé et fort. Il n’a pas craint de mettre son prestige et ses biens au service d’une lutte ô combien hasardeuse, en ce début de XVIIIème siècle : renverser le pouvoir absolu d’un Prince n’était pas une mince affaire, à ce moment là ! C’était un péché mortel.
Il est de toute evidence la figure laïque la plus marquante de ce premier épisode.
Albiana : Il y a aussi le rôle du clergé et cette fameuse assemblée des théologiens d’Orezza de mars 1731.
Evelyne Luciani, Dominique Taddei : Dans un monde chrétien où les rois exerçaient un pouvoir de droit divin, changer la nature de ce pouvoir pour le transférer dans le peuple demandait réflexion, ce que firent des théologiens corses comme Salvini et Natali à Rome. Ils utilisèrent saint Thomas et ses exégètes les jésuites espagnols pour démontrer que le droit était du côté des peuples tyrannisés et que, par conséquent, ces peuples avaient le droit de disposer d’eux-mêmes.
C’est cette réflexion qui sous-tend les réponses des théologiens rassemblés à Orezza.
Cette assemblée a été voulue par les généraux de la nation, Giafferi et Ceccaldi, qui ont demandé au chanoine Orticoni de l’organiser afin de montrer au monde la justesse de l’insurrection corse.
Le clergé affirme et fonde la légitimité de la révolution lors de cette assemblée.
Albiana : Qu’est-ce que la réunion des Nobles XII ?
Evelyne Luciani, Dominique Taddei : Les Nobles XII et VI étaient les représentants des corses auprès de Gênes. Ils étaient au nombre de douze pour le Deçà des monts et de six pour le Delà. Etant donné les difficultés de communication entre le nord et le sud de l’île, lorsque le gouverneur décidait de réunir à Bastia les deux « chambres », il était plus facile aux Nobles de la Terra di u cumune de venir à lui qu’aux Nobles de la Terre des seigneurs. Aussi, les Nobles XII étaient-ils plus actifs que ceux du sud.
Ces Nobles avaient un pouvoir consultatif et servaient de relais au gouverneur dans les pièves. Ils étaient élus pour deux ans et, chaque mois, un Noble venait à Bastia auprès du gouverneur pour représenter les corses. Néanmoins, le gouverneur les réunissait rarement tous ensemble.
Au moment où débute l’insurrection, c’est au tour de Luigi Giafferi à être Noble XII, c’est lui qui va être l’interlocuteur de Felice Pinelli, le gouverneur génois qui va rapidement soupçonner son implication dans le mouvement.
Albiana : Et le Ristretto ?
Evelyne Luciani, Dominique Taddei : Le Ristretto est le texte incontournable de cette première insurrection.
A l’occasion de la consulte de Vescovato du 8 avril 1731, les chefs font adopter un Ristretto, littéralement « un résumé », composé d’un long préambule et d’une reprise, en 29 articles ou capitoli, des revendications des patriotes. De fait, ce texte fournit l’explicitation fondamentale de la politique avancée par la nation corse et ses chefs, durant cette première insurrection. En raison de son importance, quantitative et qualitative, il est exclu qu’il ait été rédigé, discuté et débattu durant la consulte et encore moins improvisé. En réalité, la correspondance du chanoine Orticoni tend à démontrer qu’il en est, dès son retour d’Orezza à Campoloro, le 12 mars précédent, le rédacteur en chef qui intègre au texte des amendements demandés par les généraux, lors d’échanges de correspondances dont nous n’avons que des preuves indirectes.
Albiana : Vous citez de nombreux documents parmi lesquels des revendications de communautés. Comment et par qui étaient-elles rédigées ?
Evelyne Luciani, Dominique Taddei: Nous savons que le gouverneur a envoyé, dès le début de 1730, le chanoine Orticoni et des Nobles XII dans leurs pièves pour recevoir les doléances, autrement dit les revendications des populations. La rédaction en fut vraisemblablement faite par eux ou par des gens des villages qui savaient écrire. Comme toujours, les personnes impliquées directement dans les troubles devaient se cacher. A plus forte raison, ne devaient-elles pas apposer leur signature à des documents que le gouverneur génois pouvait juger suspect.
Albiana : Et les célèbres Raisons alléguées par les peuples de Corse pour leur soulèvement qui est un manifeste dont on ignore toujours le ou les rédacteurs ?
Evelyne Luciani, Dominique Taddei : Ce texte soulève la polémique dès sa diffusion avant le 12 juin 1730. C’est un manifeste, resté anonyme, dénonçant la politique génoise dans l’île comme systématiquement et délibérément mauvaise. Les Génois se procurent rapidement ce texte dont le but est de faire connaître aux cours européennes les raisons du soulèvement corse selon les Corses eux-mêmes, après que Gênes ait demandé à ces mêmes cours de ne pas aider les « rebelles ». L’objectif des rédacteurs est rapidement atteint car la gazette de Berne le publiera, dès le mois suivant. Ce texte est capital pour l’interprétation des premiers mois de l’insurrection. En effet, par sa qualité d’argumentation et son degré d’information, on ne peut douter que ce texte, parfois attribué à Luigi Giafferi, émane effectivement de ce personnage et d’autres, impliqués dans les tractations bastiaises avec Veneroso à propos des Requêtes et particulièrement attentives à l’évolution de l’opinion dans les grandes capitales européennes.
Albiana : Quels sont les hauts faits d’armes de cette période d’insurrection ?
Evelyne Luciani, Dominique Taddei : On ne peut pas dire que cette période soit marquée par des hauts faits d’armes car la guerre qui se déroule en Corse est une guérilla. Il y a eu cependant des épisodes intéressants.
Pour trouver ce livre :
Les pères fondateurs de la nation corse (1729-1733)
Lorsque la Corse s’est éveillée…
Evelyne Luciani – Dominique Taddei
25.00 € TTC
Albiana 2009
584 pages
Format : 16 x 24 cm,
ISBN : 978-2-84698-295-5
Les auteurs :
Dominique Taddéi : s’est spécialisé dans le passé dans les questions portant sur le temps de travail, tant sur les questions de réduction des horaires hebdomadaires que sur le problème des retraites.
- Comme économiste, il a enseigné à l’université d’Amiens où il a été doyen et dans les universités d’Aix-Marseille et de Paris-13.
- Il a été également président de la Caisse des dépôts et consignations, de 1981 à 1984,
- expert auprès la Commission européenne,
- membre du Conseil d’analyse économique sous Lionel Jospin, ainsi que membre du Conseil économique et social.
En tant qu’homme politique, il a été :
- président de la séance de clôture du congrès socialiste d’Epinay,
- secrétaire national du Parti socialiste,
- adjoint à la mairie d’Avignon, député socialiste du Vaucluse (1978-1981 et 1981-1985).
Erudit et historien engagé :
- Passionné par l’histoire de la Corse et de la Provence dont il est originaire, et sur laquelle il écrit régulièrement, il est aussi visionnaire avec son livre coécrit avec Jean-Pierre Séréni « Votez-y ».
Dominique Taddei a aussi précédemment , en association avec Toni Casalonga : « Erasmo Orticoni le chanoine révolutionnaire »
http://www.albiana.fr/livre-erasmo-orticoni_778.html
Une histoire de ce chanoine qui inspira le concept de nation Corse ….en bande dessinée.
- Il a soutenu José Bové à l’élection présidentielle de 2007.
Evelyne Luciani : est Docteur ès lettres.
Sa thèse de doctorat portait sur les « Influences augustiniennes dans l’œuvre de Pétrarque ».
Italianiste et latiniste, elle est également agrégée d’Italien.
Elle a coécrit une biographie de Don Gregorio Salvini – Protégé d’Erasmo Orticoni et inspirateur de Pascal Paoli. Salvini publia en 1758 et 1764 : « Giustificazione della rivoluzione di Corsica e della ferma risoluzione presa da’ Corsi di non sottomettersi mai piú al dominio di Genova »
http://www.amazon.fr/exec/obidos/search-handle-url?_encoding=UTF8&search-type=ss&index=books-fr&field-author=Gregorio%20Salvini
http://fr.wikipedia.org/wiki/Don-Gregorio_Salvini
Guy Dutron 12 08 2009
Le Maréchal Ney est-il bien mort fusillé à Paris ?
août 11, 2009 at 11:58 | In Culture - Livres, Mémoire et histoire, Politique | 7 CommentsTags: Le Maréchal Ney est-il bien mort fusillé à Paris ?
Le Maréchal Ney est-il bien mort fusillé à Paris ?
Un drôle de parcours que celui de Michel Ney[1] !
Michel Ney par Charles Meynier – Musée national du Château de Versailles
Il est le fils d’un modeste ouvrier tonnelier qui avait fait la guerre de sept ans.
Il sera : duc d’Elchingen, prince de la Moskova, maréchal d’Empire. Il était né le 10 janvier 1769 à Sarrelouis en Lorraine, département de la Moselle en 1790 aujourd’hui en Allemagne, Land de la Sarre. Il est supposé être mort le 7 décembre 1815 à Paris, place de l’Observatoire.
Aujourd’hui, un de ses descendants nous a alertés ; Jean-Paul Ney est journaliste d’investigation : Michel Ney n’est peut-être pas mort fusillé comme le prétend l’Histoire de notre pays.
L’arrestation :
À la seconde Restauration, le maréchal Ney est détesté par tous les partis, sauf par les Républicains très minoritaires.
Il est décidé que ceux qui s’étaient mis au service de l’Empereur avant le 20 mars 1815, date à laquelle Louis XVIII avait quitté la capitale, étaient des traîtres. Fouché établit la liste, avec un seul maréchal sur cette liste (ordonnance du 24 juillet 1815) et tout en haut : le maréchal Ney.
Selon d’autres sources, Fouché, alors ministre de la Police, lui donne deux passeports pour fuir en Suisse ou aux États-Unis. Cependant, le maréchal Ney, reste en France, chez une cousine de sa femme. Il est arrêté au château de la Bessonie, près d’Aurillac.
Le maréchal arrive à Paris sous escorte le 19 août Il est aussitôt incarcéré à la Conciergerie et transféré à la prison du Luxembourg en traversant des villes où l’on souhaite soit le lyncher, soit le délivrer. En chemin, le général Exelmans, lui propose de le délivrer et de l’escorter où il le souhaite, mais il refuse. On dit que des officiers vinrent le libérer à la prison du Luxembourg, mais qu’il refusa aussi.
Le conseil de la Guerre devait juger le maréchal Ney. Mais il devait comprendre des maréchaux de France et la présidence en revenait de droit à leur doyen, le maréchal Moncey, duc de Conegliano. Celui-ci se récusa dans une lettre adressée au roi.
Mécontent, le roi destitue Moncey et lui inflige trois mois de prison. Le maréchal Jourdan est alors désigné pour présider le Conseil de guerre.
Le maréchal Ney ne souhaite pas être jugé par ses anciens camarades dont il craint la rancune à la suite d’incidents passés. Ney a été élevé à la pairie par Louis XVIII ; il peut donc exiger d’être jugé par la Chambre des pairs, pourtant majoritairement composée de royalistes convaincus. Ainsi, devant le parterre de maréchaux et de généraux qui composent le conseil de guerre, l’accusé dédaigne-t-il de répondre à l’interrogatoire d’identité et déclare, à la stupéfaction générale, décliner la compétence du tribunal. Pair de France au moment où se sont déroulés les faits dont il est accusé, il demande, en se fondant sur les articles 33 et 34 de la Charte, son renvoi devant la Chambre des pairs.
Le conseil se retire et par 5 voix contre 2 se prononce pour l’incompétence, le 10 novembre. Ney sera jugé par la Chambre des pairs.
Michel Ney Tombe actuelle au Père Lachaise
Le Jugement
Plusieurs éminents personnages se font dispenser, dont Talleyrand, qui dit ne vouloir participer à un tel crime. Le débat est à sens unique, la Chambre des pairs étant à forte majorité monarchiste.
La défense aborde peu la discussion des faits, et fait porter son effort sur un moyen de droit. Le maréchal Davout avait signé avec les Alliés le 3 juillet une convention dont l’article 12 spécifiait qu’aucune poursuite ne pourrait être exercée contre les officiers et soldats pour leur conduite pendant les Cent-Jours. Condamner le maréchal Ney revenait à violer cette convention. La Chambre des pairs décide d’interdire à la défense de développer ce moyen, car «il aurait dû être plaidé avant tout débat sur le fond».
Un ultime rebondissement survient le 6 décembre. La ville de naissance de Ney, Sarrelouis, vient de devenir prussienne depuis le traité de Paris du 20 novembre. Dupin déclare donc que Ney ne peut être jugé, car il est maintenant prussien. Évidemment, le maréchal Ney, se lève, interrompt son avocat, et dit : « Je suis français et je resterai français ! ».
Trois questions de fait sont donc d’abord posées :
- 1. « le maréchal Ney a-t-il reçu des émissaires dans la nuit du 13 au 14 mars ? » : l’appel nominal donne les résultats suivants : 111 voix pour, 47 contre. Le comte Lanjuinais, le marquis d’Aligre et le comte de Nicolaï s’abstinrent, protestant qu’ils ne pouvaient juger en conscience, attendu qu’on avait refusé à l’accusé le droit de se faire entendre sur la convention de Paris ;
- 2. « le maréchal Ney a-t-il lu, le 14 mars, une proclamation invitant les troupes à la défection ? » : trois pairs, ceux qui venaient de protester, votent contre, et 158 votent pour ;
- 3. « le maréchal Ney a-t-il commis un attentat contre la sûreté de l’État ? » : le vote donne 157 voix pour, 3 voix pour avec atténuation et 1 voix contre. Lanjuinais a répondu « oui » mais en ajoutant « couvert par la capitulation de Paris » ; d’Aligre et de Richebourg « oui » mais en faisant appel à la générosité de la Chambre. Le vote négatif est celui du duc de Broglie, le plus jeune des pairs de France qui déclare : « Je ne vois dans les faits justement reprochés au maréchal Ney ni préméditation ni dessein de trahir. Il est parti très sincèrement résolu de rester fidèle. Il a persisté jusqu’au dernier moment. »
La dernière question porte sur la peine à appliquer. Lanjuinais, soutenu par Malville, Lemercier, Lenoir-Laroche et Cholet, tente de faire adopter la peine de déportation que 17 pairs votent. Parmi eux, le duc de Broglie. Cinq pairs, le comte de Nicolaï, le marquis d’Aligre, le comte de Brigode, le comte de Sainte-Suzanne et le duc de Choiseul-Stainville, tout en s’abstenant, proposent de recommander le maréchal à la clémence du roi.
Finalement, 139 voix, réduites à 128, à cause d’avis semblables entre parents, réclament la peine de mort. Parmi ceux qui ont voté la mort : 5 maréchaux d’Empire : Sérurier, Kellermann, Pérignon, Victor et Marmont. Le maréchal Davout est venu le défendre, et le maréchal Laurent de Gouvion Saint-Cyr a voté la déportation. D’autres se signalent pas leur veulerie : le vicomte de Chateaubriand, le comte Ferrand surnommé « le Marat blanc » et le comte Lynch nommé par Napoléon maire de Bordeaux, comte de l’Empire et chevalier de la Légion d’honneur, qui va jusqu’à réclamer la guillotine.
En outre, non content d’avoir obtenu la condamnation du maréchal, Bellart requiert qu’il soit rayé des cadres de la Légion d’honneur. Une petite phrase circule sur l’avocat Bellart à l’époque : « Si l’éloquence est un bel art, Bellart n’est point l’éloquence. »
La sentence est rendue à onze heures et demie du soir. Les pairs appliquent la règle du conseil de guerre et la lisent en l’absence de l’accusé.
Les défenseurs ayant compris que tout espoir est perdu n’assistent pas à la lecture de l’arrêt et se rendent dans la cellule qu’occupe depuis deux jours le maréchal, au Palais du Luxembourg. C’est une petite pièce située au troisième étage sous les combles, à l’extrémité ouest de la galerie où le Sénat conservateur avait installé ses archives, au-dessus de l’actuelle salle des conférences. Une plaque de marbre y a été apposée en 1935.
L’exécution
Pendant la lecture de la sentence, les défenseurs du maréchal vont le voir dans sa cellule. Après leur départ, il se met à rédiger ses dernières dispositions et dort tout habillé.
À 3 heures du matin, le secrétaire-archiviste de la Chambre des pairs, Cauchy, le réveille pour lui communiquer la sentence. Le général de Rochechouart, qui commande la place de Paris, l’informe qu’il peut recevoir trois visites : sa femme, son notaire et son confesseur. La maréchale vient rendre visite à son mari dans la cellule avec leurs quatre enfants. Elle s’évanouit en apprenant la sentence. C’est en vain qu’elle implore sa grâce auprès de Louis XVIII. Celui-ci aurait dit qu’il était favorable à cette requête, mais que seuls Wellington ou la duchesse d’Angoulême (fille de Louis XVI), pouvaient en prendre la décision.
La maréchale alla alors, demander grâce à Wellington qui accepta tout d’abord, puis renonça devant les difficultés et les obstacles. Puis, elle alla voir la duchesse d’Angoulême qui refusa sèchement. Cette dernière dit plus tard, après avoir lu les témoignages du comte de Ségur, regretter son geste et que s’il elle avait su qui était réellement le maréchal Ney, elle aurait demandé sa grâce.
On proposa un confesseur à Ney qui répliqua, « Vous m’ennuyez avec votre prêtraille ! ». Puis il accepta finalement, convaincu par un ancien soldat de la campagne de Russie, devenu croyant à cette occasion.
Ney écrit une dernière fois à son beau-frère. Puis il s’entretient avec le curé de Saint-Sulpice.
À 8 h 30 une voiture vient chercher Ney. Il porte un simple costume bourgeois. Le cortège s’arrête avenue de l’Observatoire. Le maréchal refuse qu’on lui bande les yeux et, s’adressant aux soldats : « Camarades, tirez sur moi et visez juste ! ». Rochechouart rapporte qu’il prononça également les paroles suivantes : « Français, je proteste devant Dieu et la patrie contre le jugement qui me condamne. J’en appelle aux hommes, à la postérité, à Dieu. Vive la France ! ». Puis il s’écroule sous les balles. La phrase qu’on lui prête « Soldats, visez droit au cœur ! » semble plus romanesque que véridique.
Il tombe face contre terre. Conformément à la coutume, la dépouille reste quinze minutes seule. Un cavalier britannique fit bondir son cheval par-dessus le cadavre. Un officier russe, qui avait exprimé ostensiblement sa joie, fut rayé des listes de l’armée russe par Alexandre Ier qui appréciait beaucoup le maréchal Ney.
L’affaire Peter Stuart Ney
Tombeau de Peter Stuart Ney à Third Creek Church Caroline du Nord
Un homme se réclamant de son identité est mort à Brownsville en Caroline du Nord en 1846. Il s’appelait Peter Stuart Ney. Curieusement, Pierre était le prénom du père du maréchal Ney, et l’on dit que sa mère descendait de la dynastie des Stuart écossais. Ce Peter Stuart Ney enseignait le français, l’allemand, l’hébreu et les mathématiques.
Il affirma être le maréchal Ney à deux reprises : tout d’abord, lorsqu’un élève lui apporte un journal français annonçant la mort de Napoléon. Il s’évanouit et est transporté chez lui. Quelques heures plus tard, l’élève vient lui rendre visite, pour prendre de ses nouvelles. Il découvre un Peter Stuart Ney ensanglanté dans son lit, avec les veines tranchées. Peter Stuart Ney survit. La seconde révélation eut lieu sur son lit de mort. Il dit en anglais : “By all that is holy, I am Marshal Ney of France!”.
Plusieurs soldats vinrent identifier ce mystérieux personnage, et furent catégoriques, il s’agissait bien pour eux du maréchal qui les avait menés au combat. Deux expertises graphologiques eurent lieu. Elles donnèrent des résultats contradictoires.
La tombe de Peter Stuart Ney arbore un petit drapeau français et l’inscription : “In memory of Peter Stuart Ney, a native of France and soldier of the French Revolution under Napoleon Bonaparte, who departed this life November 15, 1846, aged 77 years.” (En mémoire de Peter Stuart Ney, originaire de France et soldat de la Révolution française, servit Napoléon Bonaparte, il quitta ce monde le 15 novembre 1846, à 77 ans}.
Cette histoire est accréditée par le fait qu’en 1903, lorsque la Troisième République française décide de donner au maréchal Ney une sépulture digne, le fossoyeur qui ouvre le cercueil constate et témoigne à qui veut bien l’écouter, que le cercueil est vide. Ney était depuis 1815 enterré sous une simple dalle. On construit donc l’actuelle tombe, massive et digne. Des auteurs ont accrédité cette thèse, par exemple Michel Dansel. Selon lui, son exfiltration a été organisée par la franc-maçonnerie dont il était membre
Nos lecteurs pourront visiter avec intérêt les sites suivants :
http://www.napoleonicsociety.com/french/neycazottes.htm
http://blog.france3.fr/cabinet-de-curiosites/index.php/2009/08/04/134713-vive-le-marechal-ney
http://www.countrymusicattitude.com/articles/ney.html
http://equentric.numeriblog.fr/ney/2006/02/les_deux_tombea.html
Inscription sur le tombeau de Peter Stuart Ney
[1] Source wikipédia et divers sites qui seront indiqués dans le corps de l’article
COMITE DE SOUTIEN « VERITE ET JUSTICE POUR GUY PEIFFER »
juillet 20, 2009 at 12:50 | In Altermondialisme, Citoyenneté, Culture - Livres, Europe, Politique, Société, Solidarité | 52 CommentsTags: COMITE DE SOUTIEN « VERITE ET JUSTICE POUR GUY PEIFFER »
COMITE DE SOUTIEN « VÉRITÉ ET JUSTICE POUR GUY PEIFFER »
Un homme innocent au Centre Pénitentiaire de Schrassig au Grand-Duché du Luxembourg ?
Présentation :
- Nom – Prénom : Peiffer Guy
- Date de naissance : 14.10.1949
- Lieu de naissance : Esch sur Alzette – Luxembourg
Né de père inconnu. Mère inconnue ; je suis élevé par mes grands parents. Je dis père et mère à mes grand parents.
A 18 ans j’apprends que j’ai été adopté par mes grand parents. J’apprends aussi que ma mère à fait la pute à la gare de Luxembourg, Elle à mis quatorze enfants au monde, dont un chinois et je suis le premier.
Des enfants ont été adoptés en Amérique, d’autres sont mentalement malades. Aujourd’hui, avec le recul, je peux résumer ma jeunesse ainsi : pas d’éducation, pas de culture, toujours dans une situation précaire.
Aujourd’hui, je purge une peine à perpétuité pour des crimes que j’ai toujours niés et que je n’ai pas commis : j’ai choisi de me battre.
La situation :
Face aux moyens colossaux de ses adversaires : un Ministre de la Justice , un juge ancien juge d’instruction aujourd’hui président de Tribunal, deux avocats généraux dont un aujourd’hui à la retraite, une présidente de tribunal, une autre ancienne présidente à la Cour d’appel à la retraite, des policiers et tous ceux qui évoluent dans l’ombre de cette affaire…..Face à tous ces « gens importants », Guy Peiffer ne peut opposer que son énergie et sa bonne foi mais cela risque de ne pas suffire. Il a déjà vécu près de 19 ans de détention et d’enfermement au Centre Pénitentiaire de Schrassig au Luxembourg.
Mais Guy Peiffer pense que quand on veut agir, on le peut toujours.
Il tient d’abord à remercier : merci à Maitre Thierry Lévy et Maitre Roby Schons ses avocats ; tous ceux qui le soutiennent. Il tient à leur dire qu’en le soutenant, ils combattent pour la justice et les droits de l’homme. Nous ne sommes plus au Moyen âge ni au temps des lettres de cachet, ni au Grand Duché de Luxembourg ni ailleurs en Europe, on a pourtant l’impression d’un retour au moyen âge. Il est très difficile d’alerter l’opinion contre l’enfermement que subit Guy Peiffer depuis 19 ans.
Que dit Guy Peiffer ? Que notre grille de lecture est mauvaise si nous croyons qu’il y a d’un côté un criminel, et de l’autre les Chevaliers blancs de la justice Luxembourgeoise, qui le combattent, veulent le stopper et protéger le peuple et la société des dangers qu’il est supposé représenter. Là est l’erreur !
La justice n’est pas la Grande Vertueuse qui nettoie les écuries d’Augias. Elle étouffe parfois des affaires, elle en atténue d’autres : DANS LE CAS DE GUY PEIFFER, CONTRE TOUTE LOGIQUE, ELLE REFUSE DEPUIS 2 ANS DE COMMUNIQUER SON DOSSIER A SES AVOCATS !!!
POURQUOI ?
- Y-A-T-IL DES CHOSES A CACHER ??
- OU, PLUS SIMPLEMENT LA JUSTICE « QUI NE SE TROMPE JAMAIS » VEUT-ELLE CACHER SES PROPRES ERREURS ???
Et puis, il y a le système pénitentiaire au Luxembourg qui ressemble assez à la jungle y compris à Schrassig :
- Une prison qui connaît 5 directeurs en cinq ans et dont l’un d’eux démissionne :
http://www.land.lu/html/dossiers/dossier_justice/dossier_prison/depotoir_070700.html
- Une prison déjà « au bord de l’explosion » en 2007 http://prison.eu.org/breve2069.html
- Une prison qui …..il y aurait tant à dire !!!
Guy Peiffer incarne une résistance au pouvoir répressif. Il n’est pas seulement un détenu innocent il est devenu un détenu politique, il est devenu un symbole de l’indifférence de la société envers l’individu.
Il a choisi de rester debout de lutter pour sa dignité. On sous-estime le personnage et l’importance qu’il peut avoir pour nos droits civiques.
Guy Peiffer n’est certainement pas tout blanc…quand on connaît son enfance et sa jeunesse, comment pouvait-il en être autrement ? Mais après avoir purgé deux décennies, il à évolué, il a pris conscience de ce que signifient l’oppression et la servitude. Il est également devenu artiste, il produit des pièces de céramique. Or, son oeuvre ne lui appartient pas !! Elle appartiendrait, soi-disant, à la prison de Schrassig !! Sous prétexte qu’il est emprisonné, Guy Peiffer a-t-il perdu son droit à la propriété artistique ? A notre connaissance, ce droit de propriété est insaisissable !!

Tout ceci constitue plus de raisons qu’il n’en faut pour que nous le soutenions.
Guy Dutron 19 07 2009
Pour soutenir notre comité et surtout Guy Peiffer lui même merci d’envoyer vos : NOM – PRÉNOM – VILLE – PAYS de résidence à g.dutron@yahoo.fr
Vous pouvez aussi obtenir des informations complémentaires en téléphonant à Guy Dutron 00 – 33 – (0)9 – 65 – 35 – 56 – 45
MISE A JOUR AU 10 – 10 – 2009
Article du Journal Le Quotidien de Luxembourg du 8 octobre 2009
Premières signatures :
– Guy Peiffer Prison de Schrassig Luxembourg – Naïké Peiffer-Provost Niederkorn Luxembourg – Benali Anouar Mertert Luxembourg – Guy Dutron Ecrivain Digny Eure et Loir France – Jean Dubosclard Villeurbanne Rhône France – Jacques Lainet Sémeries Nord France – Pierre Dutron Cavnic Roumanie – Hélène Lacheret Nyons Drôme France – Patrick Le Goas Morlaix Finistère France – Patrice Kappel Aussillon Tarn France - Christine Dardalhon Portes Gard France -Raymond Vandormael Liège Belgique – Murielle Peter Esch sur Alzette Luxembourg – Kim Closener Esch sur Alzette Luxembourg – Kyran Closener Esch sur Alzette Luxembourg – Viviane Lecocq Herstal Belgique – Ghyslaine Manesse Bazuel Nord France – Joëlle Manesse Bazuel Nord France – Nadine Cesari (coordonnées en attente) – Catherine Charles Présidente de l’Association pour le respect des proches de personnes incarcérées (ARPPI) – Saint Maurice Val de Marne France – Sarah Domingos Bertrange Luxembourg – Mathy Vundji Khinshasa République Démocratique du Congo – Audrey Noirot Liège Belgique – Colette Ducamp Nimes France – Sylvie Decleir Le Maisnil Nord France – Alain Spor Ugine Savoie France – Martine Dieu Tertre Belgique – Nagkela Fouquet Charenton le Pont Val de Marne – France – Micheline Claes Agde Hérault France – Papa Gueye-Elhadji Dakar Sénégal – Gwénaëlle Racine Candé Maine et Loire France – Anouk Kremer Deau Villeneuve lès Maguelone Hérault France – Danièle Sudan Genève Suisse – Anna Pascucci Momalle Remicourt Belgique – Ricardo Carvalho Differdange Luxembourg – Georges Vercoutre Vias Hérault France – Dept Myriam Orp-Jauche Belgique – Pierre Rose – Dal Nord Pas-de-Calais – Quiéry France – Christiane et Daniel Noisette Fontaine les Dijon Côte d’Or France – Esther Journo Sarcelles Val d’Oise France – Martine Hennecart Laurent Cousolre Nord France – Nathalie Bognini Rodange Luxembourg – Bruno Mesrine Artiste Vevey Suisse – Alain Rocher Bordeaux Gironde France – Guy Schwickerath Niederkorn Luxembourg -Christian Mordacq Brebières Pas-de-Calais France – Colette Meurant Mons Belgique – Philippe Zalcberg Paris France – Bechir Chabbouh Paris France – Marylise Bellio Jamioulx Belgique – Eléna Peiffer Toulouse France – Ndoja Xhiljona Esch sur Alzette Luxembourg – Claude Peiffer Holland – ARPPI Association pour le Respect des Proches des Personnes Incarcérées – Marie Christine Rigal Gros Guillaume 35650 Le Rheu – Sandrine Ageorges 92600 Asnières – Michel Vilhes Les Lilas France –
Sydney Bechet irascible et puissant né avec le jazz en 1897
juillet 19, 2009 at 4:25 | In Altermondialisme, Belgique, Culture - Livres, Le coin des ziques qu'on aime bien | 4 CommentsTags: Sydney Bechet irascible et puissant né avec le jazz en 1897
Sydney Bechet irascible et puissant né avec le jazz en 1897
Sydney Bechet jeune – source Jazz History
Décidément, vous en redemandez !! Après Satchmo et Kid Ory, après Boris Vian que vous avez plébiscités (100 à 200 lectures par jour), je vous présente une nouvelle tête de l’art et y’a pas de fote !!! SYDNEY BECHET
Sidney Bechet est né le 14 mai 1897 à La Nouvelle-Orléans mais ce n’est pas certain ; d’autres sources parlent de 1891 …Il est clarinettiste, saxophoniste et compositeur, chanteur. Il jouait également d’a peu près tous les instruments. Il existe un enregistrement de lui dans lequel il joue « Polka dot stomp » et intitulé « Bechet one man band » qui doit bien être le premier disque enregistré avec la technique de re-recording ou de mixage d’enregistrements séparés. Dans cet enregistrement, Sydney joue du soprano, de la clarinette, du piano, la batterie et même du sarrussophone, un monstrueux saxo-basse à deux anches et il faudrait entendre comme il swingue avec cet engin !!
Musicien universel dès sa jeunesse, Sidney Bechet est à l’origine de la première critique de jazz de qualité. En 1919, il joue la clarinettiste solo du Southern Syncopated Orchestra dirigé par le compositeur Will Marion Cook. Le chef d’orchestre suisse Ernest Ansermet l’écoute à Londres, et écrit « Il ne peut rien dire de son art, sauf qu’il suit sa propre voie… et c’est peut-être la route sur laquelle le monde entier swinguera demain.
Prodige musical, né d’une famille créole, il étudie avec Louis dit “Papa” Tio et Lorenzo Tio fils à la Nouvelle-Orléans. Il participe, en 1917, à l’exode vers Chicago. Il y rencontre le trompettiste Freddie Keppard et le pianiste Tony Jackson. Puis il part pour Londres et découvre le saxophone soprano, plus puissant que la clarinette et qui lui permet de sortir son célèbre vibrato qui est sa marque de fabrique.
En juin 1924, Sidney Bechet rejoint le groupe de Duke Ellington et commence la deuxième tournée en Nouvelle-Angleterre. Moins de trois mois plus tard, Duke le renvoie après qu’il ne se soit pas présenté à trois concerts. Il faut dire que ce bougre de Sydney est un indiscipliné notoire et volontiers bagarreur.
Expulsé de Grande-Bretagne pour cause de bagarre dans un hôtel, Bechet s’installe à New York où le pianiste Clarence Williams tient le faire enregistrer, en particulier avec de Louis Armstrong. C’est ainsi qu’a lieu une première rencontre entre ces géants du jazz : Ici Texas Moaner Blues par le « Clarence Williams Blue Five » avec Bechet et Armstrong : http://www.youtube.com/watch?v=861QLDJag5M et le superbe Mean Blues par les mêmes avec une merveille de contre chant très doux de Satchmo : http://www.youtube.com/watch?v=UlnfC-fxECc
Sydney revient en Europe où il joue quatre ans dans la Revue Nègre dont Joséphine Baker est la vedette : un tout petit extrait de 18 secondes !! http://www.youtube.com/watch?v=QPCYYdECJIs&feature=related
et ici, un peu plus tard dans « Haiti mon pays » http://www.dailymotion.com/relevance/search/jos%C3%A9phine+baker/video/xx1u0_josephine-baker-haiti-mon-pays-damo_music?hmz=746162736561726368
Bechet connait un retour triomphal au Festival de jazz de Paris en 1949, il s’établit en France. Bechet y devient une super vedette française avec une épouse à la campagne et une maîtresse à Paris !! Mais il n’est pas le seul dans ce cas, n’est-ce pas mes loulous !!!!!
Il est adulé par ses accompagnateurs et attire les foules. Petite Fleur est un succès mondial, Il est de ceux qui feront le succès du Festival de Jazz d’Antibes et écrira « Dans les rues d’Antibes » : http://www.youtube.com/watch?v=5Tg7sNqgYAI
Pour définir la musique de Bechet on dit souvent « autoritaire ». Ses nombreux ennuis en disent long sur son caractère irascible qui se manifeste dans des soli souvent exaltés et enthousiastes, directs, dépouillés. Dans le genre, il ne ressemble à aucun autre musicien..
Ce serait une erreur de ne voir dans l’œuvre de Bechet qu’un simple étalage d’autocratie musicale ou de pure virtuosité. Si on considère la période précédant son installation en France et singulièrement son travail à la clarinette, comme Muggsy Spanier, trompettiste sensible et puissant, c’est un modèle de sobriété et d’orchestrations proches de l’idéal du contrepoint détendu et décontracté typiquement Nouvelle-Orléans.
Parmi ses plus célèbres enregistrements il faut faire figurer :
- le remarquable trio Blues in Thirds, avec Earl Hines et Baby Dodds, un enregistrement de 1940 http://www.youtube.com/watch?v=5-nl63zYOac
- Blue Horizon, un des plus beaux morceaux de clarinette de l’histoire du Jazz : enregistré ici en 1944 par Sidney de Paris, trompette - Vic Dickenson, trombone
Sidney Bechet, clarinette - Art Hodes, piano – Pops Foster, basse – Manzie Johnson, drums : http://www.youtube.com/watch?v=QBoO0GMadAg
- Un enregistrement de 1947 : Kanzas City man blues à deux clarinettes avec Bob Wilber et son orchestre : http://www.youtube.com/watch?gl=FR&hl=fr&v=-ai8Go9aqvw
- Petite fleur : ici en concert à l’Olympia en 1954 accompagné au trombone par ce cher Benny Vasseur natif de Neuville Saint Rémy en Cambrésis : http://www.youtube.com/watch?v=J7u9×50GGGs
- et toutes ses versions de Summertime http://www.youtube.com/watch?v=IG4nPM9uxwg&feature=PlayList&p=9E92B907E11D69C3&playnext=1&playnext_from=PL&index=24
ou de Weary Blues. Ici une interprététion « swing » par un autre grand clarinettiste de la même époque : Albert Nicholas en 1954 http://www.youtube.com/watch?v=Ih3oymfSwkY
Puisque nous sommes un blog du Hainaut rappelons deux choses :
En 1956, Sydney entame une grande tournée en Belgique. Albert Langue, jazzman de Mons et initiateur du Festival Mondial des Musiques Militaires de Mons, l’accompagne dans ses concerts, à la trompette. Sidney Bechet lui demande s’il n’a pas une musique locale qu’il pourrait jouer en Belgique pour faire plaisir à son public et personnaliser la tournée belge.
Sydney Bechet sur le site Doudou.be
http://doudou.be/media/doudou/sidney_bechet.htm
Albert Langue joue alors, sur un piano, Le Doudou, musique rengaine de la Ducasse de Mons qu’il adapte aussitôt. C’est succès tel qu’il l’enregistre chez Vogue. Ce disque est l’une des meilleures ventes de 1956 et a permet au Doudou d’être connu partout dans le monde. Pour la petite histoire, Albert Langue a été nommé citoyen d’honneur de la Nouvelle-Orléans. Ici, le Doudou, joué par le Tijuana Dixie Dan – Dany Trento (leader, trompette, vocal), Rudy Dieu (sax tenor), Noël Brohée (clarinette), Laurent Carlier (trombone), Do Cole (banjo), Jean-Pierre “Pro” Marcon (bombardon), Claudy Trento (drums).
sur le site de la Ducasse de Mons en version 2004
http://ducassedemons.info/media/son/NewOrleansDoudou.mp3
et, pour vous faire plaisir, la version 2008 !!! http://ducassedemons.info/media/son/doudou_jazz_2008.mp3
D’autre part, lors de son séjour en France, Sydney joue avec l’orchestre de Claude Luter., évidemment, mais aussi avec celui d’un grand clarinettiste trop tôt disparu accidentellement. Ce clarinettiste virtuose s’appelait André Reweliotti et il était natif d’Hautmont en Val de Sambre. Lors de ma candidature aux municipales, j’avais proposé de créer, à Hautmont, un festival de Jazz « André Reweliotti – Hautmont sur Mississipi ». Je n’ai pas été élu et André attendra, hélas !! Monsieur Wilmotte, maire d’Hautmont, deux fois condamné pour discrimination, pense peut-être comme jadis les vieux fachos, que ce jazz est toujours « une musique de sauvages » ; il y préfère les « thés dansants » qui soignent son électorat du troisième voire du quatrième âge !!!
Lors du célèbre concert gratuit organisé par Vogue pour son disque d’or (un million d’exemplaires à l’époque) en 1952, on cassa l’Olympia pour la première fois ! Ce jour là, Sydney était accompagné de deux orchestres : ceux de Claude Luter et d’André Reweliotti : ici deux morceaux pour le prix d’un seul ! Par Sydney et l’orchestre d’André Réweliotti : «Soprano Blues » et « Rose de Picardie »
http://www.youtube.com/watch?v=UMeEMlNus04
Pour l’anecdote, toujours :
Sidney Bechet est le parrain d’Olivier Franc, né le 30 Octobre 1953, fils de René Franc. Olivier Franc est un saxophoniste reconnu mondialement, il joue avec un saxophone qui a appartenu à Sidney Bechet. Grace à Olivier et maintenant son fils (ici au piano), le soprano de Sydney joue encore ….ici, une composition de Sydney au festival de Montauban « Song of songs »
http://www.youtube.com/watch?v=ldNPf01MP-E
Allons, un dernier rassemblement de fous de jazz autour du même Olivier Franc « Si tu vois ma mère » avec : Saxophone soprano : Olivier FRANC
Trompette : Marcel BORNSTEIN qui a traîné son embouchure partout
Clarinette : Alain MARQUET du Paris-Washboard avec Daniel Barda
Trombone : Daniel BARDA chef d’Orchestre classique et grand tromboniste de Jazz
Piano : Christian AZZI ancien piano de l’orchestre de Claude Luter
Contrebasse : Alfonse “Totol” MASSELIER alias « Alf Totol » qui a 84 balais !
Batterie : Poumy ARNAUD ancien batteur d’André Reweliotti et 74 ans au compteur
Sydney est décédé le 14 mai 1959 à Garches – 92 - ; Depuis sa mort, une statue de son buste se dresse dans un parc d’Antibes. On lui en fait une en musique !
Ho, did’n’t he Ramble ????
Guy Dutron 15 juillet 2009
Il y a 38 ans Louis Armstrong nous quittait.
juillet 6, 2009 at 9:42 | In Culture - Livres, Le coin des ziques qu'on aime bien | 3 CommentsTags: Il y a 38 ans Louis Armstrong nous quittait.
Il y a 38 ans Louis Armstrong nous quittait.

Louis Armstrong est mort le 6 juillet 1971 : aussi connu sous les surnoms de Satchmo (pour satchel-mouth, littéralement bouche-sacoche) ou Pops, était un génie du jazz. Réputé, charismatique, innovant et possédant un talent musical exceptionnel, il a transformé le jazz. D’une musique régionale peu connue, il a fait un courant culturel populaire. Le musicien de jazz le plus célèbre du XXe siècle fut d’abord reconnu pour ses qualités de cornettiste puis de trompettiste avant de développer une carrière de chanteur : l’un des plus influents de son époque.
Né dans une famille pauvre de la Nouvelle Orléans, Louis Armstrong voit son enfance marquée par l’absence de son père. Il grandit dans un quartier difficile, il est plusieurs fois envoyé, en raison « d’actes de délinquance », dans un foyer pour enfants de couleur abandonnés : le Home for Colored Waifs. Il y fait un long séjour suite (selon les fichiers de la police) à un coup de feu tiré en l’air avec un pistolet, tout simplement pour fêter la nouvelle année. Il apprend à jouer du cornet à pistons dans l’orchestre de ce centre pour délinquants et achete son premier instrument avec de l’argent prêté par les Karnofsky, une famille juive d’origine russe.
Il écoute les vieux musiciens, apprend de Bunk Johnson, Buddy Petit et par dessus tout de Joe « King » Oliver. Ce dernier sera son mentor et joue presque le rôle du père.
Un vieil enegistrement de 1923 : « Just Gone » par avec King Oliver et Louis Armstrong : 2’37
http://www.youtube.com/watch?v=efaTlg2XsTI
Autre enregistrement de 1923 avec Satchmo au second cornet
« Canal Street Blues » : 2’29” avec une excellente intervention de Johnny Dodds à la clarinette
http://www.youtube.com/watch?v=T2QEBshAQ68&feature=related
Quand Joe Oliver quitta la ville en 1919, Louis Armstrong prit sa place dans l’orchestre de Kid Ory, considéré cependant comme le meilleur orchestre de hot jazz de La Nouvelle-Orléans.
En 1922, Armstrong prend part à l’exode vers Chicago, où il est invité par Joe « King » Oliver à se joindre à son Créole Jazz Band.
Un enregistrement d’’Oliver au cornet, avec Louis Armstrong, second cornet, Baby Dodds, drums, Johnny Dodds, clarinette, Lil Hardin, au piano, Honore Dutrey au trombone et Bill Johnson, basse et banjo. Dippermouth Blues (Sugarfoot Stomp) 1923 2’55”
http://www.youtube.com/watch?v=J-HJI464CVs
Sa femme, la pianiste Lil Hardin Armstrong, lui conseille de chercher à travailler avec des artistes plus connus pour de lancer sa carrière. Il se sépare amicalement d’Oliver en 1924 et part pour New York pour jouer avec l’orchestre de Fletcher Henderson,
Le “Hot Five” dans les années 20
Il revient à Chicago en 1925 et commença à enregistrer sous son propre nom avec les célèbres Hot Five et Hot Seven, des succès comme Potato Head Blues, Muggles (sur le sujet de la marijuana, pour laquelle Armstrong eut un penchant toute sa vie), West End Blues etc. Ces morceaux seront une nouvelle référence dans le domaine du jazz pour de nombreuses années.
Louis Armstrong Hot Five – Potato Head Blues avec Louis au Cornet –Johnny Dodds Clarinette – Johnny Saint Cyr au banjo – Lil Hardin Armstrong au piano et Kid Ory au trombone
http://www.youtube.com/watch?v=EfGZB78R7uw
Ecoutez l’intro de Louis sur cet original de « West End Blues » malheureusement tronqué : le trombone de Kid Ory « est » le blues et Johnny Dodds exprime toute sa nostalgie dans les graves de sa clarinette
http://www.youtube.com/watch?v=KBGZ934–AQ
Le « Wild Man Blues » enregistré par le Hot Seven en 1927. Une composition de Louis Armstrong et jelly Roll Morton !
Un extraordinaire solo d’Armstrong dont nous reparlerons en fin d’article. Peut-être le plus grand solo de trompette de l’histoire du jazz. Citons ces brillants sujets : Louis Armstrong – cornet
John Thomas – trombone
Johnny Dodds – clarinet
Lil Hardin-Armstrong – piano
Johnny St. Cyr – guitar, banjo
Pete Briggs – tuba – Baby Dodds – drums
http://www.youtube.com/watch?v=QdLQkNhTkQQ
L’introduction d’Armstrong à la trompette dans West End Blues et le solo de Wild Man Blues restent parmi les plus célèbres improvisations de l’histoire du jazz.
Pendant les trente années qui suivirent, Louis Armstrong a joué en moyenne plus de 300 concerts par an. Au cours des années 1940, les réservations pour les orchestres ont progressivement diminué à cause des changements de goût du public : les salles de bal se sont fermées, et la concurrence de la télévision et des autres genres de musique qui sont devenues plus populaires que la musique d’orchestre se sont faites de plus en plus fortes. Il est devenu impossible de soutenir et de financer un orchestre de tournée de 16 musiciens.
Vers 1950, Louis Armstrong réduit son groupe à six membres, revenant au style Dixieland qui l’avait rendu célèbre à ses débuts. Ce groupe compta des musiciens tels que Barney Bigard, Jack Teagarden, Trummy Young, Arvell Shaw, Marty Napoleon, Big Sid Catlett ou Barrett Deems. En 1964, il enregistre son titre le plus célèbre et le plus vendu : Hello, Dolly : 2’29’’
http://www.youtube.com/watch?v=kmfeKUNDDYs
Louis Armstrong continua ses tournées sur un rythme déchaîné et ne s’arrête que quelques années avant sa mort.
Dans ses dernières années, il jouait l’un de ses nombreux concerts par cœur, mais, soudain, il enflammait le concert le plus mondain de son jeu vigoureux, souvent à l’étonnement de son propre groupe.
Il donne des tournées à succès en Afrique, en Europe et en Asie avec le soutien du Département d’État américain et il est surnommé « Ambassador Satch ». Malgré une santé devenue fragile durant les dernières années de sa vie, il continue à jouer jusqu’à sa mort.
Louis Armstrong meurt d’une attaque en 1971 à l’âge de 69 ans. Il est enterré au Flushing Cemetery, à Flushing dans l’État de New York.
Deux anecdotes pour situer le talent et l’aura du bonhomme : dans les années 50, Roy Eldridge, vedette mondiale essaya de rejouer à l’identique le célèbre solo de Louis dans le Wild Man Blues ; après une dizaine de prises de son, Eldridge dut renoncer et se contenter de paraphraser.
Dans les années 60-70, alors que l’on interrogeait Miles Davis sur Satchmo, Miles déclara : « Vous pouvez sortir n’importe quel son d’une trompette, Louis l’a joué avant vous » !
Terminons ce petit hommage par un classique de sa ville natale : L’Enterrement à la Nouvelle Orléans : « Ho, did’n’t he ramble » !! On commence par une marche funèbre pour aller au cimetière et, au retour …la vie continue
http://www.youtube.com/watch?v=0yueotDgmgw
Tu vadrouilles toujours, Louis !! Pour tes amis, par ta musique !
Avec tes copains, partis aussi, comme Jelly Roll Morton et Sydney Bechet : un enregistrement des New Orleans Jazzmen en 1939. Ils vadrouillent, ils vadrouillent …..
La même « Marche Funèbre de W.C Handy :
http://www.youtube.com/watch?v=FEX2z-ZGMUw&feature=related
Il y a 90 ans Le Traité de Versailles
juillet 5, 2009 at 12:50 | In Altermondialisme, Culture - Livres, Economie, Mémoire et histoire, Politique | 1 CommentTags: Il y a 90 ans Le Traité de Versailles
Il y a 90 ans Le Traité de Versailles
Préparé au cours de la conférence de Paris, le traité est signé le 28 juin 1919 entre l’Allemagne et les Alliés de la Première Guerre mondiale dans la galerie des Glaces du château de Versailles. Il sera promulgué le 10 janvier 1920. Ce traité contient les prémices de la création de la Société des Nations (SDN) , l’ancêtre de l’ONU. Il fixe les sanctions prises contre l’Allemagne. L’Allemagne, qui n’était pas représentée au cours de la conférence, se voit privée de ses colonies et d’une partie de ses droits militaires, diminuée de certains territoires et astreinte à de lourdes réparations économiques.
Des conditions particulières de « négociation » :
On invite des représentants du monde entier à la conférence de paix mais aucun responsable des États vaincus et de la Russie, qui avait quitté la guerre en 1917. Des personnalités y ont une influence déterminante : Lloyd George, Premier ministre britannique Vittorio Orlando, président du Conseil italien, Georges Clemenceau, son homologue français et Woodrow Wilson le président des États-Unis.


Georges Clemenceau et David Lloyd George

Le Président Woodrow Wilson en 1912
Chaque représentant est libre de travailler à la rédaction du traité, mais les positions divergent. Le président américain veut mettre en place sa nouvelle politique internationale dont il a exposé les principes directeurs dans ses « Quatorze points ». Pour lui, la nouvelle diplomatie doit être fondée sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et sur la collaboration entre États. Il dispose d’un grand prestige et d’un poids politique considérable car ses troupes ont abondamment contribué à la victoire finale des alliés. Il veut ménager l’Allemagne pour éviter la naissance d’un esprit revanchard. Les anglais veulent aussi à laisser une certaine puissance à l’Allemagne, l’Angleterre ne mettant jamais tous ses œufs dans le même panier !!Fidèles à leur théorie d’équilibre entre les puissances, ils tiennent à empêcher la France d’avoir une position hégémonique en Europe continentale. Clemenceau, au contraire, tient essentiellement à imposer de lourdes indemnités pour limiter la puissance économique et politique de l’Allemagne, et pour financer la reconstruction de la France.
Un compromis boiteux
Les compromis trouvés à Versailles ne pouvaient satisfaire personne.
– Trois critiques majeures :
1) – De cette paix imposée de fait aux conditions de Clémenceau grandira une nouvelle haine en Allemagne humiliée et fera plus tard le lit d’Hitler.
2) – Le traité de Versailles ne prévoit aucune rénovation économique ni même une voie à suivre pour l’Europe.
3) – Le traité donnera naissance à une SDN boiteuse dès l’origine
I : L’Allemagne humiliée :
Les principales transformations territoriales imposées à l’Allemagne sont :
- la récupération par la France de l’Alsace-Lorraine (art. 27) ;
- l’intégration à la Belgique des cantons d’Eupen et de Malmedy, dont la Vennbahn (art. 27) ;
- la possibilité pour le Danemark de récupérer certains territoires du Nord de l’Allemagne où se trouvent des populations danoises. La décision doit être soumise à un vote de la population locale. (art. 109 à 111). Le référendum est mené en 1920. Les villes d’Aabenraa, Sønderborg et Tønder, et leurs environs passent au Danemark
- Le Territoire du Bassin de la Sarre est placée sous administration internationale pour 15 ans. Son statut définitif doit être soumis à référendum.
- D’importants territoires qui se trouvaient dans l’est de l’Allemagne sont attribués au nouvel État polonais (art.28). Dans certaines régions, le statut définitif n’est pas décidé. Il doit être déterminé par une commission ou par un référendum dans la zone concernée (art 87 à 93). Dantzig (Gdansk) devient une ville libre, ce qui garantit l’accès de la Pologne à la mer mais a aussi pour effet de séparer la Prusse orientale, restée allemande, du reste de l’Allemagne.
Les clauses militaires forment la cinquième partie du traité :
- L’Allemagne doit livrer 5 000 canons, 25 000 avions, ses quelques blindés et toute sa flotte (qui se sabordera dans la baie écossaise de Scapa Flow).
- Son réarmement est strictement limité. Elle n’a plus droit aux chars, à l’artillerie et à l’aviation militaire.
- Son armée sera limitée à un effectif de 100 000 hommes et le service militaire aboli.
- La rive gauche du Rhin, ( plus Coblence, Mayence et Cologne) , est démilitarisée
Des dispositions économiques et financières draconiennes :
- Suite aux dommages de guerre causés pendant toute la durée de la guerre dans le Nord de la France et en Belgique, l’Allemagne – considérée comme seule responsable de la guerre -, devra payer de fortes réparations à ces deux pays. Le montant à payer est fixé par une commission en 1921. Il s’élève à 132 milliards de marks-or, une somme très élevée. Le montant total des dommages causés par la guerre aux alliés était estimé à 150 milliards de marks-or.
- Des sanctions commerciales et des livraisons en nature complètent ce plan économique : l’Allemagne perd la propriété de tous ses brevets (l’aspirine de Bayer tombe dans le domaine public). Les fleuves Rhin, Oder et Elbe sont internationalisés. L’Allemagne doit accepter les marchandises en provenance d’Alsace-Lorraine et de Posnanie sans droits de douane.
Enfin, l’Allemagne doit renoncer à son empire colonial :
Les puissances coloniales riveraines des possessions allemandes en Afrique (Grande-Bretagne, France, Belgique et Union sud-africaine) se partageront ces dépouilles !
- le Cameroun, l’Afrique-Orientale allemande (actuels Tanzanie, Rwanda et Burundi) et le Sud-ouest africain (actuelle Namibie). Cette dernière colonie allemande avait déjà été conquise militairement en 1914-1915 par l’Union sud-africaine, qui la recevra en mandat par la SDN en 1920.
- L’Allemagne devra également renoncer à ses intérêts commerciaux (ses comptoirs et ses conventions douanières) de par le monde (Chine, Siam (Actuel Cambodge), Maroc, Égypte, Turquie …….
II Aucune organisation européenne :
Comment en aurait-il été autrement puisque France et Angleterre s’opposent sur le fond et que les Etats-Unis ont déjà une vision mondiale de leur rôle.
III Naissance d’une SDN boiteuse et de ressentiments :
Ce traité étant par trop éloigné du « rêve américain » de Woodrow Wilson, le Sénat des États-Unis refuse de le ratifier et empêche, de fait, les États-Unis d’entrer à la Société des Nations, ce qui immédiatement réduit la portée de l’organisation.
Ce vote aura une autre conséquence : en 1939, rien n’obligera les Etats-Unis de se joindre aux alliés contre Hitler ; il faudra Pearl Harbour (1941) pour que les U.S.A changent de position.
Le ressentiment sera particulièrement puissant en Italie. On y parle de « victoire mutilée » ; les Alliés ne respectent pas les promesses faites durant le conflit portant attribution des provinces d’Istrie, de Dalmatie et du Trentin.
Les fascistes italiens exploiteront plus tard cette trahison et y trouveront un terrain propice à leur délire nationaliste et agressif.
Ainsi donc, on peut dire que ce traité de Versailles, grande victoire française…et présentée comme telle à l’époque, contenait en germe des ferments d’un nouveau déséquilibre mondial et le terreau des fascismes Allemands et Italiens. Les forces du capitalisme allemand surent d’ailleurs fort bien exploiter les dispositions de ce traité car, par exemple, si les « réparations » étaient fortes, elles ne représentaient que 7 % du PNB annuel allemand (Produit National Brut) de l’époque
Pourtant un grand économiste, John Maynard Keynes, écrira un livre en 1919, peut-être partiellement intoxiqué par le patronat allemand : “Les Conséquences économiques de la paix”.
Conséquences économiques de la Paix – J.M. Keynes – 1919
Si les conséquences politiques que tire Keynes de l’exclusion de l’Allemagne et de la Russie du concert des nations sont exactes, son estimation des conséquences économiques est certainement surévaluée.
Enfin, il est intéressant se savoir que l’original du traité a disparu à la suite de son enlèvement des archives du ministère des affaires étrangères sur ordre d’Hitler.
L’Europe en 1923
Le coin des poèmes qu’on y tient : *_« ? »_*
juin 24, 2009 at 3:48 | In Culture - Livres, Le coin des poèmes qu'on y tient | 1 CommentTags: Le coin des poèmes qu'on y tient : *_« ? »_*
Le coin des poèmes qu’on y tient : *_« ? »_*
Allez savoir pourquoi,
Des fois, des fois, des fois…..
Ce texte m’a fait penser à Rimbaud !!
Arthur si jeune si beau
L’ami voisin de Charleville sur Meuse,
Pas plus sérieux qu’elle n’est sérieuse
La Meuse
Qui recouvre Bogny sur Meuse,
Quand il avait dix sept ans
Sous des tilleuls de cent ans
Pas celui de l’Horreur d’Harrar,
du kif, du fric … pétards !
Arthur qui nous la bayait belle
A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles
En couleur mes belles !
Rentrez dedans
Sauf le blanc !
G.D
*_« ? »_*
Une commune habilitée
Un comme une, habiletés
Un comme une, es qualité
Une commune catéchisée
Un comme une, câblés, listés
Un comme une, amis limités
Une commune inhabitée
Un comme une, cas d’exilés
Une commune, calamité
Un comme une, calaminés
Un comme une, habits limés
Une commune disqualifiée
Une commune karchérisée
Un comme une, critiqués
*Hein ?!*
*Inconnu ?!*
*Inconnu Kabyle ?!*
*Incommunicabilité !!*
Bernard Sabathé
50 ans plus tard Hommage à Boris Vian
juin 22, 2009 at 10:00 | In Culture - Livres, Le coin des bons bouquins, Le coin des ziques qu'on aime bien | 5 CommentsTags: 50 ans plus tard Hommage à Boris Vian
50 ans plus tard Hommage à Boris Vian

A la trompinette en 1958
Boris Vian est né en 1920 et a tiré sa révérence le 23 juin 1959. Il était écrivain, ingénieur de l’École centrale, poète, parolier, chanteur, critique et musicien de jazz..Il était trompettiste et, se sachant cardiaque, il s’était fait fabriquer ce qu’il appelait sa « trompinette »:
http://www.dailymotion.com/relevance/search/Boris+vian+Jazz/video/xtqsp_vian-a-st-germain-des-pres_music
Dans le plus pur style du Blues, Vian écrit pour Henri Salvador : Blouse (merci Gnafron) de Dentiste !
Ici par Salvador et Benabar
http://www.dailymotion.com/relevance/search/Henri+Salvador+Le+blues+du+Dentiste/video/xlrxv_salvador-benabarblues-du-dentiste_music
Il a aussi publié sous les pseudonymes de Vernon Sullivan, de Bison Ravi, de Baron Visi ou de Brisavion (anagrammes de son nom).
Il a écrit onze romans, quatre recueils de poèmes, plusieurs pièces de théâtre, des nouvelles, de nombreuses chroniques musicales dans le magazine Jazz Hot. Boris a écrit également des scénarios de films, des centaines de chansons (notamment pour Serge Reggiani et Juliette Gréco), Un humour qui décoiffe et une verve typique de ce défenseur de la Pataphysique !!
Camus et Vian au Caveau de la Huchette
Sous son propre nom, il a écrit des romans fantastiques, poétiques et burlesques, les plus connus : L’Écume des jours et L’Automne à Pékin ; autres romans : L’Arrache-cœur, L’Herbe rouge……
Il est également auteur de pièces de théâtre, de nouvelles (L’Oie bleue, La Brume, Les Fourmis, …) de chansons.
Sa chanson la plus célèbre (parmi les 461 qu’il a écrites) est Le Déserteur, chanson antimilitariste écrite à la fin de la guerre d’Indochine – février 1954 – et juste avant la guerre d’Algérie. Cette chanson sera interdite sur les ondes dans sa version d’origine en raison du couplet final jugé litigieux par les censeurs de l’époque.
Deux chansons de Boris
Le Déserteur par Boris Vian : 3’30
http://www.youtube.com/watch?v=gjndTXyk3mw
Serge Reggiani – La Java des Bombes Atomiques
http://www.youtube.com/watch?v=OENitBt0V1I
Un CD Album que nous vous conseillons pour connaître Boris Jazz Man :
Boris Vian « Jazz et Trompinette : 12,65 € chez Fnac.com

http://musique.fnac.com/a1916606/Boris-Vian-Jazz-et-trompinette-CD-album
Ecoutons, pour finir trois des morceaux les plus célèbres joués par Boris Vian et sa Trompinette :
- Le Muskrat Ramble – composition du Créole de New Orléans William « Kid » Ory , membre du premier Hot Five de Louis Armstrong – Joué ici par un vieil ami du Nord : Benny Vasseur (au trombone) avec le Louisiana Jazz Band d’Alain Meaume, ici au sax soprano.
http://www.youtube.com/watch?gl=FR&hl=fr&v=bF5ZwriEWJA
- Jazz me Blues : joué ici par ses créateurs ; le célèbre ODJB , l’Original Dixieland Jazz Band de Nick LaRocca : Larry Shields (clarinette), Eddie Edwards (trombone), Henry Ragas (piano), Tony Sbarbaro (drums) e Nick LaRocca (cornet). Un enregistrement de 1921
http://www.youtube.com/watch?v=FH8kH-EH3-I
- Par un autre membre du Hot Five, l’extraordinaire Johny Dodds à la clarinette : « After you’ve gone » ; un disque Brunswick des années 20
Dans cet enregistrement, au piano : Lil Hardin – Armstrong la première épouse d’Armstrong
http://www.youtube.com/watch?gl=FR&hl=fr&v=5ajRFcNAAd4&feature=related
Salut les artistes !
Conseils d’Amérique en souvenir de Thomas Jefferson
avril 21, 2009 at 1:18 | In Culture - Livres, Economie, Politique | Leave a CommentConseils d’Amérique en souvenir de Thomas Jefferson
Il y a fort longtemps, un homme avait déjà compris beacoup de choses ; il s’appelait Thomas jefferson.
Originaire de Virginie, philosophe et érudit, il symbolise l’homme américain démocrate et tolérant. Il est à l’origine de la déclaration établissant la liberté religieuse en Virginie en 1776.
Il est considéré comme l’auteur de la déclaration d’indépendance de 1776 et comme le fondateur du Parti Républicain-démocrate.
Ambassadeur à Paris de 1785 à 1789, il exprime sa sympathie à l’égard de la Révolution Française.
Ministre des affaires étrangères de Georges Washington, il sera vice-Président de John Adams ; il devient Président des Etats-Unis de 1801 à 1808.
Il négociera notamment l’achat de la Louisiane auprès de Napoléon Ier pour 80 millions de francs de l’époque.
C’est ainsi grâce à lui que nos cousins Cajun et le Jazz, sont nés américains !!
Mais Jefferson avait aussi compris l’économie !!
En 1802, il écrit au Secrétaire au Trésor Albert Gallatin :
« Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le Peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques, priveront les gens de toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquise. »
Une déclaration prémonitoire !!

Guy Dutron 21 avril 2009
Benoît XVI le sida Williamson Le Brésil, On fait Fort, ça suffit !!
mars 28, 2009 at 4:09 | In Citoyenneté, Culture - Livres, Politique | Leave a CommentTags: ça suffit !!, Benoît XVI le sida Williamson Le Brésil, On fait Fort
Benoît XVI le sida Williamson Le Brésil, On fait Fort, ça suffit !!
Si l’Esprit-Saint soufflait sur le Conclave au cours duquel on élut ce pape en lui tâtant les couilles, il a charrié, le Zombie cul-béni !!
Le scandale Williamson, la polémique avec la religion musulmane qui serait de fait sujette à bien des violences, l’excommunication d’une mère et d’une équipe médicale suite à l’avortement d’une petite file de 9 ans qui avait été violée par son beau-père, sans condamnation aucune de celui-ci d’ailleurs et maintenant, des conneries successives
sur le préservatif……..Ha, on est gâtés par les gâteux.
Les mêmes qui acceptaient le sida comme une punition de Dieu contre le laxisme moral remontent au créneau la bannière à la main, la soutane au vent et la quéquette à la main.
L’obsession de Pétain qui était de considérer la défaite de 40 comme celle d’une décadence française, comme le résultat de la Gauche, nous revient en force.
Ce n’est pas un hasard, c’est organisé ! Ce n’est pas possible autrement ! Y’a de l’Opus Dei là dessous ! C’est l’incurie Romaine, non de Dieu ! On se tue à vous le dire !!
Les positions débiles de ce vieux pape nourri aux mamelles des Jeunesses Hitlériennes, complètement déconnecté des réalités de ce monde sont un désastre.
Elles encouragent les plus réactionnaires de la hiérarchie à en remettre une couche alors qu’ils en tiennent déjà une belle !!
Qu’est ce qu’ils tiennent !! A moi, Brassens, putain de moine !!
Cette fois, c’est le sieur André Fort qui s’y colle. Personne ne le connaissait mais il est évêque d’Orléans, le bougre ….Orléans, la Pucelle …tout un symbole !!
Et, en plus, ce Fort (en gueule) aura 69 ans cet automne …Comment peut-on être évêque et franchir le chiffre 69 ??? Allez, à confesse, Papy !! Et enlève les mains des poches de ta soutane, le pitre en mitre.

« Vous le savez très bien, tous les scientifiques le savent, la taille du virus du sida est infiniment plus fine que celle d’un spermatozoïde. La preuve est faite que le préservatif n’est pas une garantie à 100% contre le sida. » A-t-il osé déclarer !! Qu’est-ce qu’il en sait, d’abord le vieux poseur d’œillères ?
Mais ce n’est pas tout !! Il semble que la bonne ville d’Orléans soit marquée par le destin !
Félix Antoine Philibert Dupanloup, vous connaissez, bien sûr !! Il fut évêque d’Orléans en 1849 ….On connaît la chanson !!
Ha bon ? Vous ne connaissez pas cette belle chanson paillarde qui narre les aventures du « Père Dupanloup » qui monte, notamment, en ballon !!!
Attention …éloignez les gosses avant
A petit godillot, petite photo ! Na (proverbe Ouzbek)




Le Major (commandant) Nidal Malik Hassan (photo Reuters)







Le visage tuméfié de Robert Boulin après sa mort source Hisiaux free.fr
Plan large du corps de Robert Boulin à sa sortie de l’eau …pas de rocher en vue !!
Jean-Luc Piraux – Photo Théâtre Pépite
Louise Michel Communarde
Louise Michel durant sa déportation


La Bolduc à ses débuts avec un orchestre d’amis
La Bolduc Jeune
La Bolduc en 1935




Successivement : le général Oufkir et le colonel Dlimi source Maroc Hebdo Press
Matriochka des présidents français qui ont bloqué l’affaire




Anitbakir : Le mausolée d’Atatürk
La nuit tous les loups sont gris
Emir Kir (à droite !) avec Elio di Rupo (à gauche)
Signe de ralliement des Loups Gris




















Jaurès “Allemand” caricature par Orens
Tombeau de Jean Jaurès au Panthéon
Jules Guesde et Jean Jaurès



