Crise économique et financière et si Sarkozy vouait à ses appétits la mort de la Caisse des Dépôts
novembre 22, 2008 at 10:33 | In Caisse des dépots, Economie, Politique, sarkosy | Leave a CommentTags: Crise économique et financière et si Sarkozy vouait
Crise économique et financière et si Sarkozy vouait
à ses appétits la mort de la Caisse des Dépôts
Selon Le Monde.fr, Nicolas Sarkozy a dévoilé, jeudi 20 novembre, lors d’un déplacement à Montrichard (Loir-et-Cher), les détails du fonds souverain “à la française”, qu’il entend créer pour défendre les entreprises nationales.
Doté de 20 milliards d’euros – mais de seulement 6 milliards de liquidités immédiatement disponibles –, ce “fonds d’investissement stratégique d’intérêt national” est censé prendre des participations minoritaires dans de grandes entreprises du CAC 40, pour dissuader tout raid boursier hostile conduit par des investisseurs étrangers. Acquérir des participations un peu plus fortes dans des groupes moyens présentant un intérêt stratégique particulier. Ou investir dans les petites et moyennes entreprises (PME) à fort potentiel de croissance.
Voilà l’information brute !
Pour notre hyper président, cette annonce sonne comme un aveu ; un aveu d’impuissance mais, également, un aveu de son pouvoir de nuisance.
Un aveu d’impuissance :
Il y a peu encore, Augustin de Romanet de Beaune, D.G de la CDC, se faisait fort de rassembler 60 milliards d’€.
On frisait déjà le ridicule car, à notre connaissance, un Fonds Souverains, ce serait plutôt entre 150 et 600 Milliards que 60. Mais il fallait bien donner des gages à l’agité du Faubourg Saint Honoré !
Pour réaliser 60 « petits » milliards d’Euros, encore aurait-il fallu râler les fonds de tiroir. A l’époque, pour trouver 60 Mds d’€ , il fallait :
- trouver 20 Mds dans les fonds propres de la CDC,
- Kidnapper le fonds de réserve pour les retraites, d’une manière ou d’une autre, disons 33 Mds, en étant large et avant pertes américaines – voir ci-dessous –
- Vendre la participation de la CDC dans sa principale filiale : CNP assurances. Soyons larges, ça peut faire entre 7 et 9 Mds , plus ou moins selon les cours.
- 20 +33+8 = 61 Mds mais c’est un chiffre extrêmement optimiste. Tintin de Romanet, le hobereau de Bellême est donc un optimiste !
Cela faisait à peu près le compte
Aujourd’hui, la crise est passée par là : Le problème c’est qu’en très peu de temps, la manne a fondu.
- La CDC y a perdu sa culotte : Le résultat net semestriel de la Caisse des Dépôts a chuté de 57% en raison de la baisse des marchés boursiers.
La CDC a divisé par deux ses gains réalisés sur les portefeuilles d’actions par rapport à une période comparable
- S’agissant du FRR (fonds de réserve pour les retraites) celui-ci a « réalisé » de grosses pertes en laissant Lehmann Brothers placer la modique somme de 284 millions de $ sur le marché pourri du « non coté » américain !
- Sur les 680 millions d’euros qui lui ont été confiés, Lehmann en a investi 40 % dans de ces fonds dans le non-coté nord-américain.
http://www.lesechos.fr/info/finance/300293473-le-frr-met-lehman-brothers-sous-surveillance.htm
Nous ne noterons que pour le fun qu’on peut se demander ce qu’ont foutu dans cette affaire les syndicalistes présents dans le conseil de surveillance du FRR ; le pire, c’est que, parmi eux sévit un certain qui se pique d’économie ! Conservateur des hypothèques qu’il est devenu l’économiste !! Vous avez dit « intérêts des travailleurs » ??
- Côté CNP,
c’est pas terrible non plus ! La tempête boursière frappe indistinctement parfois.
L’action CNP assurances a perdu, depuis le premier janvier la bagatelle de 40 % ; certes, c’est à peu près comme le CAC 40 qui a plongé, à ce jour, de 5750,92 au 11_12_2007 à 2881,26 points ce soir à la clôture de Paris (source Les Echos - CNP ASSURANCES
Paris, vendredi 21 novembre 2008 – 17h35 – Bourse de Paris – Action – [CNP] – [FR0000120222]
Il n’en reste pas mois qu’avec une décote de près de 30%, ce n’est pas le moment de vendre et ce d’autant que la CNP est entrain de racheter les secteur assurances de Natixis ; laquelle Natixis s’est écroulée de 82,72 % ; avec une action tombée à 1,34 € on peut même se demander si, boursièrement parlant, Natixis existe encore ! Il y a un an, son action valait encore 10€ ; le 10 – 12 – 2007 !
C’est d’autant moins le moment de vendre que CNP assurances, bien obéissante, ma foi, négocie toujours avec Guillaume Sarkosy (le frère de l’autre) , la création d’une filiale commune avec son groupe Médéric pour réaliser de juteux profits dans le domaine des retraites privées !
Comment, dès lors, satisfaire le petit frère en mécontentant le grand ! Vogue la galère, on continue !
Mais toutes ces infos ne sont pas les seules à inquiéter ; car, en ces temps de disette, on met la CDC à toutes les sauces ; on lui fait cracher 2 Mds d’€ pour Dexia et, comme cela ne suffit pas, on lui demande « d’avancer » le milliard de l’Etat dans la dèche.
Voir sur ce point :
octobre 18, 2008 at 1:25 | In Economie, Politique | | Edit this post
Tags: En pleine crise financière petits arrangements entre a
Voici donc, pour clore le mauvais feuilleton du fonds Souverain « à la française » quelques ordres de grandeur de fonds souverains dans le monde :
- Abu Dhabi : 625 Mds de $ ; le plus gros à notre connaissance
- Koweït : 215 Mds de $
- Russie : entre 150 et 200 Mds de $
- Chine : China Investment Corp a récemment vu le jour, doté de 200 milliards de dollars ; une somme qui pourrait croître rapidement, car le montant total des réserves chinoises est astronomique (1.400 milliards de dollars).
- Au total, on estime que les fonds souverains détiennent aujourd’hui 2.200 milliards de dollars, une somme à peu près égale au PIB français.
- Notons encore que la technique des fonds souverains consiste à emprunter aux banques 3 pour 1 ou 4 pour un. Grace à ce multiplicateur, on voit bien que, plus le fonds est gros, plus son « pouvoir d’achat » et de nuisance est immense !
Au total, on voit bien la raison de l’appellation de notre danseuse Elyséenne qui, avec 20 Mds dont seulement 6 de cash (Tintin avait donc bien été optimiste) méritera bien son nom : « à la Française » !
Trente ans après la mort de Brel, nous y revenons « à la française » : « Faut pas jouer les riches quand on n’a pas le sou » !!
Mais ce n’est pas tout , toute cette affaire sonne aussi comme un aveu du pouvoir de nuisance de notre monocrate au pouvoir.
Voir sur ce point “Sarkosy le monocrate” par Dominique Taddei:
Sarkosy le monocrate
octobre 8, 2007 at 10:19 | In sarkosy | | Edit this post
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Nous reprendrons ici, (en italique bleue ou rouge pour les parties les plus importantes) les termes d’un excellent article paru sur le journal électronique Mediapart intitulé “La Caisse des Dépôts menacée de démantèlement » dont nous partageons à la fois les analyses et les conclusions :
« Quand Nicolas Sarkozy a annoncé le 23 octobre dernier lors d’un déplacement à Annecy (Haute-Savoie), la création d’un fonds stratégique d’intervention, pour défendre les entreprises françaises sensibles, l’annonce a été plutôt bien accueillie. Dans la panoplie des mesures concoctées par l’Elysée, semaine après semaine, pour limiter les effets de la crise financière ou contenir les turbulences folles du capitalisme, cette disposition est sûrement l’une de celles qui a été le mieux reçue. »…. « De fait, l’idée d’un tel fonds a, dans un premier temps, fait l’unanimité pour des raisons évidentes. Plus ouvert que d’autres – avec un taux de détention par les investisseurs étrangers du capital des grandes entreprises françaises du CAC 40 qui atteint près de 46% –, le capitalisme français est par voie de conséquence l’un des plus instables; l’un de ceux qui sont le plus soumis aux diktats des grands fonds, notamment anglo-saxons »….
Un peu seul, l’ancien directeur général de la CDC, Francis Mayer – aujourd’hui décédé –, avait certes joué les éclaireurs, faisant en sorte que son établissement quitte son ancienne politique de neutralité, et devienne un investisseur plus actif de la place de Paris. Mais à l’époque, il n’avait guère été épaulé par la puissance publique. Dans un passé pas très lointain, de grands groupes français, tel Pechiney, avait pu ainsi être croqué par un investisseur étranger, sans que le gouvernement ne s’en inquiète. En clair, des grands fonds souverains ont vu le jour aux quatre coins du monde, et ont commencé à faire leurs emplettes à la bourse de Paris; mais la France, elle, s’est longtemps interdit d’imiter cet exemple et même d’organiser un système de défense, pour assurer un meilleur enracinement français ou européen des grands groupes.
·Dérives napoléoniennes
Quand il a annoncé la création de ce fonds stratégique d’intervention, c’est donc avec cette ancienne politique que Nicolas Sarkozy a fait mine de rompre. Le cheminement semblait donc tout tracé: il semblait couler de source que, confortant les choix stratégiques faits par l’ancien patron de la CDC, Francis Mayer, le gouvernement allait apporter des moyens complémentaires à la Caisse, de sorte que celle-ci se transforme en un véritable fonds souverain ou stratégique – peu importe l’appellation – , ou abrite une structure de ce type, pour aider un jour une industrie, interdire le lendemain un projet d’OPA agressive, stimuler le surlendemain des projets technologiques majeurs. Et ces moyens complémentaires, chacun devinait ce qu’ils pouvaient être: détenues par l’Agence de participations de l’Etat (APE), c’est-à-dire directement par l’Etat, des participations pouvaient venir en apport, pour compléter les moyens propres de la CDC, qui est le principal investisseur de long terme de la Place de Paris ».
« Mais en fait, ce n’est pas le schéma qui se dessine, et dont ont eu connaissance plusieurs députés et sénateurs de la majorité, ainsi que les responsables syndicaux de la CDC. Le projet à l’étude viserait non pas à renforcer les moyens de la CDC, mais au contraire à l’appauvrir. Ce projet qui a été sommairement présenté le 12 novembre au conseil de surveillance de la Caisse, et dont Nicolas Sarkozy devrait dévoiler les détails le 20 novembre, viserait en effet à créer un fonds soit à l’extérieur de la Caisse, soit dans le cadre d’une structure très clairement filialisée.
On mesure là le premier danger. Alors que la CDC est une institution qui joue un rôle singulier dans la démocratie du fait de son statut de relative indépendance, placée qu’elle est sous la protection du Parlement, le Fonds pourrait échapper concrètement à son contrôle effectif et serait placé sous la tutelle directe de l’exécutif. Et pour être plus clair encore: sous la tutelle de l’Elysée. » ….
·Un fonds Sarkozy
« L’inquiétude de ces parlementaires est d’autant plus forte que, dans le même temps, Bercy rechigne à apporter des moyens, et pousse pour que ce soit la CDC, et seulement elle, qui soit mise à contribution, dans des proportions absolument considérables, puisque l’on parle d’une somme comprise entre 10 et 15 milliards d’euros. Et peut-être même 20 milliards.
A ceux qui l’interrogent, Augustin de Romanet – qui n’a pas souhaité répondre aux questions de Mediapart – minimise le danger, et évoque deux pistes complémentaires: une affectation d’une grande partie du portefeuille de participations de l’APE, et des liquidités trouvées grâce à d’autres fonds souverains. Mais la vérité, c’est qu’à Bercy et l’Elysée, ce raisonnement n’est pas validé.
Beaucoup de parlementaires craignent donc qu’en réalité, le projet contribue à siphonner la CDC. Or, jusqu’à présent, la politique de la Caisse s’inscrivait dans une philosophie très précise, celle dite des trois tiers: un tiers des résultats de la Caisse est versée en dividende à l’Etat, un tiers sert aux investissements de la Caisse, et un tiers va au financement des missions d’intérêt général (bonification des prêts au logement social; bonification des prêts pour les projets d’infrastructures publiques, plan université…). Or, si la CDC est siphonnée, c’est tout ce système qui pourrait imploser.
Plus grave, l’Elysée semble désireux que cette réforme – qui risque donc d’affecter les équilibres mêmes de la Caisse et ses missions historiques – ne fasse pas même l’objet d’un projet de loi. Sous des apparences vertueuses, ce fonds présente donc de nombreux dangers. Et l’Elysée avance en ce domaine avec d’autant moins de précautions que l’actuel directeur général, ancien collaborateur de Jacques Chirac, n’ose guère parler fort ni défendre les missions historiques de sa maison. Ceci explique donc cela: en dehors de tout contrôle du Parlement, le fonds stratégique qui va naître s’apparente chaque jour un peu plus à un fonds Sarkozy… »
Voilà donc bien la vérité toute nue et toute crue ! La dérive bonapartiste se poursuit ! L’une des plus vieilles institutions financières de notre pays est menacée de pillage, menacée de devenir le terrain de chasse privilégié des nouveaux copains et – cela se peut-il ? – des possibles nouveaux coquins.
Après l’affaire EADS : voir ici l’article de Guy Dutron sur le site d’Attac intitulé : « Une affaire d’État : l’intervention de la Caisse des dépôts dans le dossier EADS »
http://www.france.attac.org/spip.php?article7785
Après les errements du FRR, l’affaire Eiffage, les accointances de la CDC avec le Carlyle Group Européen déclaré en faillite depuis, après la crise du livret A durant laquelle on a plumé une ressource nationale pour la livrer aux appétits des banques dont nous voyons bien aujourd’hui le peu de crédit qu’il faut leur accorder.
Après …après … Après….Nous n’en finirions plus de dénoncer les turpitudes qui prévalent dans la gestion sous haute surveillance interventionniste Élyséenne d’une Institution dont la marque de fabrique fut longtemps la neutralité et la « foi publique » ; nous voyons, sous nos yeux, cette institution devenir le champ clos de l’expression de leur « foi punique » ; celle des appétits privés d’une monocratie de type napoléonien de la deuxième moitié du XIX ème siècle avec pour seule devise celle du « Napoléon le petit » d’alors :
ENRICHISSEZ-VOUS !
Il devient urgent de demander au “socialiste” Jean-Pierre Balligand, notre voisin de Vervins, membre de la commission de surveillance de la CDC de prendre ses responsabilités ! De compromis en compromis, Jean- Pierre, tu vas sombrer dans la compromission !
Guy Dutron ancien administrateur civil à la Caisse des Dépôts
pour la partie technique et économique et la
coordination Gauche Alternative du Hainaut
pour les positions politiques exprimées ici.
21 – 11 – 2008
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