Réforme des institutions ce soir 21 juillet 2008 la France a changé de Régime
juillet 22, 2008 at 12:10 | In Politique, Société, sarkosy | Leave a CommentTags: Réforme des institutions ce soir 21 juillet 2008 la Fr
Réforme des institutions ce soir
21 juillet 2008 la France
a changé de Régime
Combien vaut un élu de gauche ou de droite ?
On met la droite aux enchères :
Au lieu de s’occuper de la crise, le Président est à la manœuvre pour faire passer sa réforme de la Constitution au forceps. Au programme, menaces à droite et ouverture à gauche.
Les enchères sont ouvertes. Pour faire adopter son projet constitutionnel, Nicolas Sarkozy a besoin de trois cinquièmes des votes du Congrès, qui rassemble députés et sénateurs. A quelques jours du scrutin, les conseillers de l’Élysée avouent que le vote sera serré. Il faut donc à la fois rassembler la droite et «acheter» quelques députés de gauche.
Du côté de la droite, certains députés gaullistes ou villepinistes sont réfractaires à l’égard d’un projet qui finit d’achever les principes de la Ve République.
La politique de la carotte – Sarko a proposé à Villepin d’être tête de liste aux élections européennes. Bingo !!
On joue les maillons faibles à Gauche
Pour la gauche, on utilisera la vieille antienne de l’ouverture. Jack Lang a, le premier, confirmé qu’il ne valait pas cher. Le député socialiste a supplié le Président de lâcher quelques miettes supplémentaires de droits à l’opposition lui permettant de convaincre quelques amis socialistes de trahir la gauche.
Le Président a, dès le lendemain, indiqué qu’il avait « lu avec intérêt les propositions de Jack Lang » et qu’il était tout disposé à lui donner un hochet lui permettant de «bien voter». . Jusqu’où, en effet, n’irait pas la vieille coquette pour exister encore un peu ?
Roulez jeunesse !! Entre bling bling et Gauche caviar, on devrait bien pouvoir s’arranger, non ??
«Comment vous vous sentiriez si la réforme passait à une voix près, et si c’était la vôtre?» demandait-on à Jack Lang sur France Inter ce matin. L’intéressé s’est empressé de répondre à côté, pensant certainement que cette question ne lui serait, de toute façon, plus jamais posée… Raté !
En étant le seul député socialiste à voter pour la réforme des institutions, Jack Lang croyait sans doute donner un menu coup de main à Nicolas Sarkozy. En fait, il lui a fait un gros cadeau : le projet n’a été adopté par le Congrès qu’à 539 voix alors qu’il en fallait 538 pour atteindre la majorité des deux tiers. Deux petites voix ont fait la différence. Dont celle de Jack Lang.
Un peu de mauvais esprit nous ferait dire que Lang a inventé « la deuxième voix » !!
Les 18 élus PRG constituent un autre maillon faible de la gauche dont le prix n’est peut-être pas beaucoup plus cher que celui de l’ineffable Jack Lang. Selon le site Médiapart, le président des radicaux de gauche Jean-Michel Baylet a basculé en faveur du oui, l’abaissement à quinze du nombre de parlementaires requis pour créer un groupe semblant un habillage adéquat.
Habillage, peut-être mais, comme costume, on a vu mieux !!
A travers le vote sur la réforme des institutions, c’est une véritable bataille politique qui s’est jouée. A l’issue du scrutin, l’UMP ne plastronne pas, la gauche non plus. Et le centre gauche… bascule doucement à droite.
Ambiance plutôt morose, donc, à droite… mais guère meilleure à gauche. Arnaud Montebourg s’alarme à la sortie de la « dérive monocratique » qui découlera de cette réforme. Pour le PS, c’est tout de même une défaite. « On a fait le plein », tentent de se réjouir certains. Mais il y a quelques semaines, François Hollande assurait que les deux tiers du Congrès étaient impossible à réunir sans les voix de son parti. Même sans le facteur Jack Lang, l’équation se révèle aujourd’hui fausse.
Bayrou et la portion congrue :
Le centre gauche basculera-t-il à droite ? Côté Bayrou, on se compte sur les doigts d’une seule main : seuls deux sénateurs centristes ont voté contre la réforme, quatre se sont abstenus et deux députés Modem s’y sont opposés… dont François Bayrou lui-même.
L’OPA sur l’ex-UDF continue. Même s’il ne reste plus beaucoup d’élus sur qui exercer les fameuses pressions qui ont fait basculer, de justesse, le vote du Congrès ce lundi.
En réalité, la leçon à tirer de ce vote sur les institutions, c’est que tout le monde à perdu !! La droite, l’ex-« gauche » et le centre.
A commencer par le Peuple Français qui est entré, en ce triste 21 Juillet dans une MONOCRATIE d’un type nouveau.
Ceci nous ramène vingt ans en arrière, a la mort de Pierre Desproges :
« Est-il en notre temps rien de plus odieux, de plus désespérant, de plus scandaleux que de ne pas croire en la démocratie?
Et pourtant. Pourtant.
Moi-même, quand on me demande: «Êtes-vous démocrate?», je me tâte.
Attitude révélatrice, dans la mesure où, face à la gravité de ce genre de question, la décence voudrait que l’on cessât plutôt de se tâter. Un ami royaliste me faisait récemment remarquer que la démocratie était la pire des dictatures parce qu’elle est la dictature exercée par le plus grand nombre sur la minorité.
Réfléchissez une seconde: ce n’est pas idiot. Pensez-y avant de reprendre inconsidérément la Bastille. Alors que, en monarchie absolue, la loi du prince refuse cette attitude discriminatoire, puisqu’elle est la même pour les pour et pour les contre. Vous me direz que cela ne justifie pas qu’on aille dépoussiérer les bâtards d’Orléans ou ramasser les débris de Bourbon pour les poser sur le trône de France avec la couronne au front, le sceptre à la main et la plume où vous voudrez, je ne sais pas faire les bouquets.
Mais convenez avec moi que ce mépris constitutionnel des minorités qui caractérise les régimes démocratiques peut surprendre le penseur humaniste qui sommeille chez tout cochon régicide.
D’autant plus que, paradoxe, les intellectuels démocrates les plus sincères n’ont souvent plus d’autre but, quand ils font partie de la majorité élue, que d’essayer d’appartenir à une minorité. Dans les milieux dits artistiques, où le souci que j’ai de refaire mes toitures me pousse encore trop souvent à sucer des joues dans des cocktails suintants de faux amour, on rencontre des brassées de démocrates militants qui préféreraient crever plutôt que d’être plus de douze à avoir compris le dernier Godard. Et qui méprisent suprêmement le troupeau de leurs électeurs qui se pressent aux belmonderies boulevardières.
Parce que c’est ça aussi, la démocratie. C’est la victoire de Belmondo sur Fellini. C’est aussi l’obligation, pour ceux qui n’aiment pas ça, de subir à longueur d’antenne le football et les embrassades poilues de ces cro-magnons décérébrés qu’on a vus s’éclater de rire sur le charnier de leurs supporters.
La démocratie, c’est aussi la loi du Top 50 et des marnas gloussantes reconverties en dondons tisanières. La démocratie, c’est quand Lubitsch, Mozart, René Char, Reiser ou les batailleurs de chez Polac, ou n’importe quoi d’autre qu’on puisse soupçonner d’intelligence, sont reportés à la minuit pour que la majorité puisse s’émerveiller dès 20 h 30, en rotant son fromage du soir, sur le spectacle irréel d’un béat trentenaire figé dans un sourire définitif de figue éclatée, et offrant des automobiles clé en main à des pauvresses arthritiques sans défense et dépourvues de permis de conduire.
Cela dit, en cherchant bien, on finit par trouver au régime démocratique quelques avantages sur les seuls autres régimes qui lui font victorieusement concurrence dans le monde, ceux si semblables de la schlag en bottes noires ou du goulag rouge étoilé.
D’abord, dans l’un comme dans l’autre, au lieu de vous agacer tous les soirs entre les oreilles, je fermerais ma gueule en attendant la soupe dans ma cellule aseptisée. Et puis, dans l’un comme dans l’autre, chez les drapeaux rouges comme chez les chemises noires, les chefs eux-mêmes ont rarement le droit de sortir tout seuls le soir pour aller au cinéma, bras dessus, bras dessous avec la femme qu’ils aiment.
Les chefs des drapeaux rouges et les chefs des chemises noires ne vont qu’au pas cinglant de leurs bottes guerrières, le torse pris dans un corset de fer à l’épreuve de l’amour et des balles. Ils vont, tragiques et le flingue sur le cœur. Ils vont, métalliques et la peur au ventre, vers les palais blindés où s’ordonnent leurs lois de glace. Ils marchent droits sous leurs casquettes, leurs yeux durs sous verre fumé, cernés de vingt gorilles pare-chocs qui surveillent les toits pour repérer la mort. Mais la mort n’est pas pour les chefs des drapeaux rouges ni pour les chefs des chemises noires. La mort n’est pas aux fenêtres des rideaux de fer. Elle a trop peur.
La mort est sur Stockholm. ( Celle d’Olof Palme Ndlr) Elle signe, d’un trait rouge sur la neige blanche, son aveu d’impuissance à tuer la liberté des hommes qui vont au cinéma, tout seuls, bras dessus, bras dessous, avec la femme qu’ils aiment jusqu’à ce que mort s’ensuive.
Quant au mois de mars, je le dis sans aucune arrière-pensée politique, ça m’étonnerait qu’il passe l’hiver ».
Chroniques de la Haine ordinaire ©Seuil
Merci encore, cher Desproges !!
Je crains fort que ce mois de juillet non plus ne passe pas l’hiver.
Nous sommes entrés en Monocratie. La glaciation est en marche.
Ce soir, le vent souffle comme la bise sur mon Ardenne ; il fait froid, très froid
Guy Dutron
21 juillet 2007
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