GDF Suez le feuilleton ETAT BELGE spolie CONSOMMATEURS AUSSI

juillet 18, 2008 at 9:03 | In Economie, Politique | Leave a Comment
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GDF Suez le feuilleton ÉTAT BELGE spolie

CONSOMMATEURS AUSSI

Mestrallet et Cirelli

Annonce surprise du projet par le gouvernement


- 22 février 2006 : le groupe italien d’électricité Enel envisage une OPA sur Suez. Rejeté par Suez, ce projet est mal accueilli par le gouvernement français au nom du “patriotisme économique”.
- 25 février : le Premier ministre Dominique de Villepin convoque la presse un samedi à Matignon pour annoncer un projet de fusion entre Suez et GDF.
- mars : gauche et syndicats dénoncent le projet, également contesté par certains à droite.

La Commission européenne pose des conditions


- 19 juin 2006 : Bruxelles ouvre une enquête, estimant que la fusion risque de poser des problèmes de concurrence.
- 14 novembre : Bruxelles donne son feu vert, moyennant la cession de Distrigaz, filiale gazière de Suez en Belgique, et de la SPE, deuxième électricien belge, dont GDF détient 25%.
- 29 mai 2008 : Suez cède sa part dans Distrigaz au groupe italien d’énergie Eni pour 2,7 milliards d’euros.

L’opposition parlementaire résiste


- 7 septembre 2006 : ouverture d’un débat parlementaire houleux sur le projet de loi de privatisation de GDF. L’opposition dépose 137.449 amendements, un record sous la Ve République.
- 8 novembre : adoption projet de loi par le Parlement.

Les syndicats de GDF bataillent contre la direction


- 20 décembre 2007 : le comité central d’entreprise (CCE) de GDF, consulté pour avis, refuse de se prononcer faute d’information suffisante à ses yeux.
- 22 janvier 2008 : la justice oblige la direction de GDF à fournir des informations complémentaires au CCE de GDF.
- 26 mai : le CCE de GDF rend son avis, négatif, mais purement consultatif et obligatoire pour la suite du processus.

Le Conseil constitutionnel gèle le projet


- 30 novembre 2006 : le Conseil constitutionnel valide la privatisation de GDF mais précise qu’elle ne pourra pas intervenir avant le 1er juillet 2007, date de la libéralisation totale du marché de l’énergie.

Un nouveau schéma de fusion est présenté en septembre 2007


- 3 septembre : le nouveau projet de fusion prévoit une mise en Bourse de la majorité de Suez Environnement, branche eau et déchets de Suez. L’Etat français sera le premier actionnaire, avec 35,6% du capital.

Naissance du nouveau groupe en juillet 2008
- 16 juillet : les actionnaires de chaque groupe devraient valider la fusion.
- 22 juillet : réunion du premier conseil d’administration et mise en Bourse de GDF Suez, en même temps que Suez

Ce que nous en disions à l’époque :

Fusion GDF SUEZ — Vous êtes tous consommateurs … Ceci vous intéresse : (Octobre 2007)

« 1 – UNE ABERRATION ECONOMIQUE :

- La fusion entraînera une hausse des prix :

La fusion entre Gaz de France et Suez aboutira sans aucun doute à une hausse des prix car les tarifs réglementés sont menacés. La loi ne garantit leur pérennité que jusqu’en 2010 ; au-delà, les entreprises seront libres de pratiquer les prix qu’elles veulent. D’autre part, on peut compter sur les actionnaires privés pour exiger une grosse part du gâteau. Enfin, la part de l’État (entre 35 et 40 % du capital seulement) et la nature réactionnaire que prend cet Etat de jour en jour ne permettent pas de penser qu’il imposera quoique ce soit en matière tarifaire.À plus long terme, on peut compter également sur la Commission européenne, toujours amoureuse de « concurrence libre et non faussée », pour venir fourrer son long nez dans le système gazier français. Dans la lettre de griefs qu’elle a déjà adressée aux deux groupes, elle pointe les contrats à long terme, estimant que ceux-ci donnent un avantage (forcément indu) au groupe issu de la fusion sur ses concurrents. Ces contrats conclus pour de longues périodes (vingt à trente ans), garantissent à GDF des prix inférieurs de moitié à ceux du marché. L’abandon de ces contrats sur pression de Bruxelles conduirait donc rapidement vers une hausse des prix du gaz aux particuliers comme aux entreprises.

- La fusion fait peser de lourdes menaces sur l’emploi :

Pour la CDC ça va …merci !!

Qui dit « fusion » ou « acquisition » dit immanquablement « restructurations » et destruction d’emplois. On les connaît les zoziaux, tous nourris aux mêmes mamelles … sous prétexte de « synergies », les directions réorganiseront leurs entreprises de manière à accroître la productivité au détriment de l’emploi. Chez Suez, la fusion menace particulièrement les salariés du pôle environnement, promis à la filialisation ; mais, par-dessus tout, le danger viendra de la Bourse puisque 65 % du capital doit être cédé. Nous connaissons par cœur les exigences de retour sur investissement qui conduisent systématiquement à licenciements ; c’est tellement vrai que notre époque a inventé une nouvelle locution : le « licenciement boursier ». Enfin, que vont devenir les 60 000 agents d’EDF-GDF Distribution ? Les deux entreprises étant désormais concurrentes, les menaces de démantèlement ne sont pas à exclure.

- EDF en porte à faux :

Le nouveau groupe né de la fusion entre GDF et Suez devient le principal concurrent à EDF. Implanté dans le gaz et l’électricité (Electrabel, Fluxys, CNR, SHEM,…), il sera capable de proposer des offres bi-énergie à ses clients. Pour contrer cette concurrence, EDF devra prendre pied dans le secteur gazier et pourrait être contrainte de rechercher des alliances

- L’approvisionnement menacé :

La fusion peut aller jusqu’à remettre en cause de la sécurité de nos approvisionnement. Les dirigeants du nouveau groupe n’ont jamais caché leur ambition de se lancer dans le commerce du gaz à l’échelle mondiale en développant leur flotte de méthaniers. En privilégiant ce transport, les deux groupes se donnent les moyens de mettre leur gaz aux enchères au plan mondial. Europe, États-Unis et Asie seront ainsi en concurrence pour satisfaire leurs besoins gaziers alors même que l’augmentation et la raréfaction du pétrole conduit au report sur le gaz naturel d’une partie de la demande énergétique jusque-là satisfaite par le seul pétrole. Cette spéculation qui s’annonce pourrait aboutir à la à la remise en cause des contrats à long terme. On voit mal comment les pays producteurs pourraient accepter de laisser échapper les sommes pharamineuses générées par le commerce du gaz alors que les revenus pétroliers vont décroître à terme.

2 – UNE ABERRATION POLITIQUE ET SOCIALE :

- La fusion nuira à l’environnement :

Suez-GDF va devoir accroître ses capacités de production d’électricité pour concurrencer EDF. Bien que présent dans le nucléaire (avec sa filiale belge Electrabel), le nouveau groupe va se lancer dans la construction de centrales thermiques classiques (à gaz ou à charbon) moins onéreuses en termes d’investissements et de mise en œuvre plus rapide. Or, ce mode de production d’électricité, outre sa médiocre efficacité énergétique, est fortement émetteur de gaz à effet de serre.

- L’Europe en panne … d’énergie ?

En privatisant GDF et en le plaçant en situation de concurrence avec EDF, Nicolas Sarkosy s’insère dans la déréglementation du secteur de l’électricité et du gaz en Europe. Cette décision va relancer la compétition que se livrent les différents opérateurs européens. Pour ne pas se laisser distancer par le nouvel ensemble, ils devront, à leur tour, procéder à de nouvelles fusions ou acquisitions. Ce triste jeu de Monopoly de l’énergie a déjà englouti, entre 2004 et 2006, 200 milliards d’euros sans que rien ne soit investi dans de nouvelles capacités de production, dans de nouvelles sources d’énergie ou dans les économies. A système constant, les besoins seront colossaux. L’OCDE chiffre à 1 000 milliards d’euros les investissements à réaliser dans le domaine de l’électricité sous peine de rupture d’approvisionnement à terme.

- Nous ne reviendrons pas sur les incidences sociales des problèmes tarifaires et d’emploi évoqués précédemment.

Comme ont le voit, peu de choses militent pour cette fusion excepté,

il est vrai, la soumission aux dogmes du néo-libéralisme en France, en Europe et dans le Monde. Mais, ce n’est pas tout !!

3 – LE PRECEDENT « ENRON » :

“C’est l’Amérique !!”

L’histoire est états-unienne pourtant son début ressemble fort à celle qui vient d’être lancée en France. Nous étions en 1985 : une grande société, spécialisée dans la distribution du gaz naturel, Houston natural gas, fusionne avec une autre firme du secteur de l’énergie, Internorth of Omaha. Ainsi nait Enron qui prospère très rapidement grâce à la libéralisation du secteur de l’énergie et fait main basse sur le très profitable marché californien. C’est le pied intégral !! Enron devient à la fin des années 1990 l’une des plus grandes entreprises des États-Unis par sa capitalisation boursière…une action qui explose et des bénéfices qui augmentent de 1750% en dix ans… Jusqu’au scandale de décembre 2001.Car cette orientation purement financière a un prix : ce sont des coupes claires dans les investissements lourds sur le réseau et dans la production… Jusqu’à provoquer des pénuries d’électricité qui ont déclenché, au tournant de l’an 2000, une incroyable série de pannes géantes en Californie. Dans la fuite en avant pour faire progresser la valeur de leur action, les dirigeants d’Enron ont organisé le rationnement de l’électricité afin de faire monter les prix qui, loin de baisser comme promis, a grimpé en flèche avec des factures en augmentation de 50 % à 70 %, voire 100 % sur les années précédentes. Il faudra que, pris à la gorge, ces dirigeants décident de maquiller les comptes de leur entreprise, toujours dans cette phobie de faire croître sa valeur boursière, pour que la « success story » se termine lamentablement sur les bancs des tribunaux.

La faillite d’Enron coûtera leur emploi à des milliers de salariés et leurs retraites à tous ceux qui avaient cotisé au fonds de pension de la firme, réduit à moins que rien. Cette faillite secoua, à l’époque, la planète Finance entraînant une crise dont le fond – la financiarisation de l’économie – est de la même nature que celui qui vient de donner naissance à la crise boursière de ces dernières semaines.

Voilà ce qu’il en coûte d’avoir le nez rivé sur la « shareholdervalue » – le gain à tout prix pour les actionnaires – des milliers de chômeurs, des retraités ruinés, des pannes géantes … qui a dit que le capitalisme était le seul système viable ???

L’ennui, avec les crétins, c’est qu’ils n’apprennent jamais rien et que, malgré leurs errements, ils reviennent à la charge nantis de leur morgue et de leur suffisance !!! »

Ce qui se passe aujourd’hui

Aujourd’hui, après 31 mois d’un feuilleton qui rappelle les romans noirs, on passe à l’acte à la hussarde : réunions d’actionnaires, réunions directoriales, introduction en Bourse.

Nous voulons rappeler avec force que, dans l’état actuel de la finance mondialisée, rayer d’un trait de plume une entreprise nationale comme GDF est une erreur économique et une infamie politique.

Erreur économique : nous pensons l’avoir montré ci-dessus

Infamie politique : Nous n’avons pas la mémoire courte et nous souvenons que Sarkozy avait pris l’engagement de ne jamais privatiser GDF.

Joyeux Noël !!

Mais, celui-là, nous savions déjà ce que valent ses paroles successives ! Ce n’est qu’une confirmation.

Autre reniement : l’Etat Belge grugé !!

Le président français, Nicolas Sarkozy, n’aura pas tenu la promesse faite à l’Etat belge, puisque celui-ci ne disposera pas d’une golden share dans GDF Suez.

Par ailleurs, Publigaz et ENI achoppent encore sur l’aspect «Distrigaz» du dossier. Tandis que Test-Achats dénonce le fait que le gouvernement Belge tente de «faire payer au consommateur les 250 millions d’Electrabel» (Filiale de SUEZ).

Malgré les promesses faites aux Premiers ministres belges successifs par les présidents français Chirac et Sarkozy, l’Etat belge ne disposera pas d’une golden share dans le nouveau groupe issu de la fusion de GDF et Suez, écrit mardi L’écho (Belgique).

Les promesses, encore une fois, sont donc faites pour CEUX QUI LES CROIENT !!

Le prospectus publié par les deux groupes à la veille de leur fusion précise que l’État belge ne peut «juridiquement» pas obtenir une telle action.

Y’a bon l’Etat :

La naissance du groupe d’énergie GDF Suez est une bonne nouvelle pour l’Etat, qui va engranger plus de 600 millions d’euros de dividende exceptionnel, mais pas pour les ménages, qui devraient subir une nouvelle hausse du prix du gaz à la rentrée.

L’État, avec 35,7% du capital sera le premier actionnaire du groupe de gaz, d’électricité, d’eau et de déchets, et donc le premier bénéficiaire du dividende exceptionnel que GDF Suez a prévu de verser cette année.

Ce dividende de 0,80 euro par action représentera entre 600 et 650 millions d’euros pour l’État, a-t-on appris jeudi au ministère de l’économie.

Le deuxième actionnaire du nouveau groupe, la société d’investissement Groupe Bruxelles Lambert, qui détient 5,3% du capital, a également exprimé son “énorme satisfaction” par la voix de son patron, Albert Frère, dans Le Monde daté de vendredi.

Or Albert Frère est belge ; il est donc « énormément satisfait » de voir son pays spolié dans cette affaire du moment que le pognon rentre dans ses propres caisses de Bruxelles Lambert !!

“Notre CNP qui détient 1.1 % du capital du nouveau groupe va aussi encaisser un joli paquet et c’est pain béni en ces temps de résultats en berne et d’effondrement de notre action en bourse (-27.67 % en 1 an au moment où nous écrivons ces lignes) : sûr que Gillou va encore faire brûler des cierges

Et les consommateurs ?

A quelle sauce serez-vous mangés ?

Si la fusion ravit les actionnaires, elle ne va pas sourire aux ménages qui devraient voir leur facture de gaz augmenter à nouveau, après avoir déjà subi une hausse de près de 10% des tarifs du gaz depuis janvier.

“Ce n’est pas la fusion (des deux groupes, ndlr) qui entraîne une augmentation des tarifs”, a toutefois rappelé la ministre de l’Economie.

De fait, le prix du gaz est indexé sur celui du pétrole, qui flambe actuellement sur les marchés mondiaux.

Reste que GDF est le seul fournisseur d’énergie à pouvoir vendre du gaz aux tarifs réglementés, comme EDF pour l’électricité.

Pourtant une réglementation, ça se change !!

Paraîtrait que Bercy « étudie » !! Allons, chère Lagarde Nationale, étudions donc et, pendant qu’on y est on pourrait créer une commission, bien grosse et grasse commission qui prendrait tout son temps ….le temps d’étudier les choses bien à fond et de pomper le pouvoir d’achat des consommateurs déjà en berne !!

Solidarité godillotte ?

Nicolas Sarkozy aura beau répéter que le nouveau Groupe assurera ses missions de service public – comme il assurait naguère qu’il ne privatiserait pas – personne ne pourra le croire car, si c’était vrai, dans le cas de GDF, pourquoi privatiser ??

Guy Dutron

18 – 07 – 2008

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