LE SOCIALISME ET L’ECONOMIE SOCIALE ET ECOLOGIQUE DE MARCHE OU VOUS REPRENDREZ BIEN DEUX DOIGTS DE PORTO ET MEME UN PEU DE VASELINE.

juillet 9, 2008 at 2:54 | In Economie, Politique | Leave a Comment
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Le socialisme et l’économie sociale et

écologique de marché

ou vous reprendrez bien deux doigts

de porto et même un peu de vaseline.

Dans le journal électronique MediaPart, lancé par Edwy Plenel, le journaliste Laurent Mauduit faisait, le 6 juin la bouche assez fine sur les « débat d’idées » au PS et concluait ainsi :

« Oui, il faut humer le climat. Prendre les différentes plates-formes en débat et les lire à la manière d’un linguiste: en cherchant à comprendre le « signifiant » tant ou autant que le « signifié ». Soupeser les mots utilisés, moins pour deviner les modalités des réformes qu’ils suggèrent, que pour entendre la petite musique économique qu’ils font entendre.

Quiconque se livre ainsi à cet exercice avec les plates-formes élaborées par les différents courants du parti socialiste, en vue de son prochain congrès de Reims, a tôt fait de se rendre à cette évidence : le Parti socialiste n’est pas en pleine renaissance doctrinale ; et le débat économique et social qui le traverse n’est pas marqué par un foisonnement d’idées. Et de cela, il existe de nombreux indices. Dans sa contribution, Ségolène Royal parle ainsi une fois, à propos des impôts, de « révolution». « Faire enfin la révolution fiscale », proclame-t-elle. Mais elle est la seule à avoir l’audace d’user d’un terme qui était autrefois au cœur de la posture du mouvement ouvrier, et qui sent désormais le soufre. Et elle ne le fait que dans un seul cas. En dehors des impôts, sa contribution est beaucoup plus classique, pour ne pas dire terne. »

http://www.mediapart.fr/journal/france/060708/les-socialistes-en-quete-d-une-politique-economique

Dans un article en réplique, le bloggeur René Lorient, défendant le PS, lui répondait dans un article intitulé  « Le socialisme et l’économie sociale et écologique de marché ».

http://www.mediapart.fr/club/blog/rene-lorient/060708/le-socialisme-et-l-economie-sociale-et-ecologique-de-marche

« On ne peut pas non plus nier que le marché se développant à partir des critères de rentabilité de la finance internationale n’aboutisse à des impasses sur le plan social et écologique.

Il s’agit donc bien d’inscrire le marché dans une vision sociale et écologique.

Depuis des décennies, une partie de la gauche affirme que le progrès social favorise le progrès économique, et ce courant a progressé, y compris, je crois, au PS : l’instauration des 35 h, avec ses effets bénéfiques sur certains secteurs de l’économie, y a aidé.

La défense de l’environnement apparaît elle aussi de plus en plus comme un facteur du progrès économique. Passer d’une croissance productiviste à un « développement durable » signifie créer des secteurs économiques nouveaux, à commencer dans l’agriculture et dans le secteur des énergies pour aller au plus vite.

Pour avoir participé à des discussions du PS lors de ses universités d’été ces trois dernières années, je puis témoigner de l’importance des discussions sur cette question. D’autant plus qu’elles tournent autour d’une question qui a été dès les années 90 portée par …Laurent Fabius et un de ses amis politiques : Géraud Guibert. L’intervention de Fabius au congrès de Grenoble, si j’ai bonne mémoire, fut consacrée à la nécessité de transformer le PS en un parti d’écologie sociale. Cela fait déjà une paire d’années…

Après le référendum de 2005, les fabiusiens ayant été évincés du secrétariat national, les fidèles de F. Hollande ont dû aller au charbon, et ils y sont allés. Ce qui explique sans doute les progrès du PS en ce domaine. Encore est-il nécessaire de ne pas s’arrêter sur la route. Géraud Guibert avec sa contribution  « inter courants » y veille avec d’autres, et il est en phase avec l’important développement II.4 de la contribution de L. Fabius (le lien est sur mon blog). Le courant Utopia continue à jouer utilement sa partition – qui l’avait mené à rejoindre le courant …de François Hollande au dernier congrès.

Poser les problèmes ainsi, c’est poser les bases d’une politique économique : évidemment, il y aura des discussions (peut-être féroces, mais les enjeux ne sont pas minces) sur les mesures concrètes à prendre. Mais certaines sont déjà présentes en filigrane.

Je peux maintenant en revenir au refus d’opposer désormais le socialisme de la répartition au socialisme de la production. On ne pourra redistribuer que ce qui provient d’une économie fondée progressivement, mais à marche soutenue, sur les principes du développement durable.

Et c’est là ce qui rassemble beaucoup de socialistes. On aimerait qu’ils soient mieux entendus. On aimerait aussi qu’ils se fassent mieux entendre. Et que les médias regardent les choses de plus près, sans a priori. Cela ne les priverait pas d’avoir bien des questions à aborder.

Par exemple, il y a des positions politiques de fond à clarifier : quelles sont les forces se réclamant d’un libéralisme « moderne » qui acceptent de s’engager sur cette voie qui devrait s’imposer à tous ? Ce qui se passe depuis le Grenelle de l’environnement montre qu’en France, on les cherche ! La différence entre la gauche et la droite, ça n’existe plus ? »

Hé bien, cher René Lorient, permettez-moi de vous répondre que, si ce que vous appelez « la gauche », c’est le PS, la différence est parfois bien mince. A commencer par Jospin dont le programme « n’était pas socialiste ».

Au PS, j’y suis resté 32 ans, j’y eus quelques responsabilités fédérales, j’y fus élu, secrétaire de section. Je l’ai quitté, en 2005, après avoir fait campagne pour le NON au TCE.

Dans ma région, mon arrondissement, ce furent près de 70% de camarades qui votèrent NON au référendum interne.

Je l’ai quitté parce que je faisais l’analyse, hélas confirmée que le PS avait fait ; de manière irréversible, compte tenu de sa sociologie, le choix de l’accompagnement du capitalisme.

Ce slogan de « l’économie sociale et écologique de marché » n’est pas plus qu’un slogan.

Dans votre réponse à Laurent Mauduit, vous défendez le « développement durable » …autre slogan, autre escroquerie.

Aujourd’hui, tout, y compris les biens les plus inutiles, tout se vend sous couvert de « développement durable » alors que ce qui est à l’ordre du jour c’est, appelons cela, LE DEVELOPPEMENT SOUTENABLE qui implique la décroissance maîtrisée, une économie à finalité sociale et humaine.

Ce qui est à l’ordre du jour, c’est l’ALTERMONDIALISME.

On ne peut pas dire aujourd’hui que l’on accepte l’économie de marché sans accepter de dire que l’on accepte du même coup la « société de marché » et son cortège de dégâts : les morts sociaux que sont les chômeurs, les exclus en tout genre, l’Europe forteresse de plus en plus répressive aux « étrangers » avec son mur d’un nouveau genre à Ceuta et Melilla.

Avec ces frères africains noyés par centaines avec leurs embarcations de fortune qui viennent chercher, chez nous, de quoi faire vivre des villages entiers affamés par les spéculateurs de votre « économie de marché ».

Votre économie de marché a fait et continue de faire de grands dégâts sous la houlette du « socialiste » Pascal Lamy aux manettes de la Mondialisation, avec le très « travailliste » Peter Mandelson aux manettes en Europe. Ce « cher » Peter qui accorda naguère un quota supplémentaire énorme de textiles chinois tant et si bien que la boite du grand frère Guillaume Sarkozy n’y résista pas.

Peut-être faut-il voir là la cause de la « chaude » amitié apparue ces jours derniers entre Nicolas et Peter !!

Notre monde a besoin d’autres méthodes, d’autres régulations que celles du marché pour faire face à l’extraordinaire bulle financière qui se gonfle sous nos yeux dans le cadre de la globalisation financière actuelle.

Nous n’en sommes plus à disserter gentiment, en prenant le porto, des mérites comparés du marché et des propositions d’un PS sans idées.

Nous en sommes à l’affrontement entre impérialismes – l’alliance de la puissance militaire et de la puissance financière – au sens où le définissaient Hobson, Rosa Luxembourg et Lénine (dans l’ordre chronologique).

Tout le reste n’est que littérature pour Congrès

Guy Dutron

Co-animateur de la Coordination Gauche Alternative du Hainaut

Membre de la CNA de la Coordination des Collectifs Unitaires

Co-auteur, avec Dominique Taddei de : Le Libéralisme est l’adversaire du Socialisme.

mai 30, 2008 at 11:49 | In Refonder la Gauche | | Edit this post
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Le 9 – 07 – 2008

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