Le coin des bons bouquins Le petit théatre de Pierre Mauroy

mai 28, 2008 at 8:53 | In Culture - Livres, Le coin des bons bouquins | 1 Comment

Le coin des bons bouquins

Le petit théatre de Pierre Mauroy

Par Guy Dutron

28 – 05 – 2008

Issue d’une feuille satirique confidentielle diffusée dans la métropole lilloise, la maison d’édition « Les Lumières de Lille » a pour vocation l’information, l’essai et le pamphlet, un domaine peu exploré dans l’édition régionale.


Avec la sortie début octobre 2007 du «
Petit Théâtre de Pierre Mauroy », le rideau se lève sur la face cachée de la vie politique dans le Nord et le Pas-de-Calais.

L’auteur de l’ouvrage, Marc Prévost, porte un regard aiguisé sur les coulisses de la vie politique régionale et décrypte, avec précision, les années Mauroy.

Cet ex-journaliste à Nord Eclair, qui fut également correspondant du Nouvel Economiste, raconte dans un style insolent les turbulences des états-majors politiques nordistes. Sans hostilité, il brosse des portraits vifs de nos élus de droite comme de gauche.

Le Petit Théâtre de Pierre Mauroy est un livre de référence qui dévoile les intrigues des partis, à la veille de la retraite politique d’un des plus dignes éléphants du socialisme français….Et n’oubliez jamais qu’un éléphant, ça trompe énormément !!

Le plus doué de notre scène politique régionale, c’est Pierre Mauroy.
Un grand monsieur, assurément. Le premier rôle sans aucun doute.
A la fois metteur en scène, scénariste, acteur vedette et souffleur du petit théâtre politique régional.


Depuis 40 ans, il tire les ficelles et distribue les rôles. Presque une épopée.
Sur la scène de son petit théâtre défile à main gauche : Martine Aubry, Jack Lang, Bernard Derosier, Daniel Percheron, Marie-Christine Blandin ou Bernard Roman… Et à main… droite : Jean-Louis Borloo, Christian Decocq, Marc-Philippe Daubresse, Sébastien Huyghe, Christian Vanneste, Alex Türk…


Les vieilles figures de la politique régionale, Arthur Notebart, Albin Chalandon, Bruno Chauvierre ou encore Charles de Gaulle, le petit-fils du général, ont bien sûr leur place dans ce livre qui parcourt les années Mauroy…

Personne n’est oublié.


L’auteur a fureté derrière le miroir déformant de la vie politique et de ses personnages jamais rassasiés d’honneurs et d’effets d’image.


Dans
Le Petit Théâtre de Pierre Mauroy, le lecteur n’est pas devant la scène en spectateur, il est en coulisses, derrière le rideau.


La trame est serrée tant les personnages se bousculent dans tous les sens du terme. Les portraits sont croqués sans indulgence. Les petits travers recensés avec impertinence. Les coulisses éclairées sans ménagement.

Bref, les masques tombent !


Avec un index de plus de 450 noms, des dates, des événements incessants,
Le Petit Théâtre de Pierre Mauroy est le livre de référence pour ceux qui s’intéressent à la politique régionale, mais aussi pour ceux qui n’y comprennent rien… Un livre événement.

Quelques extraits savoureux :

Pierre Mauroy et Euralille

“Un matin d’hiver, on m’apprit qu’un rat avait mordu les pieds d’un nourrisson. J’ai décidé de réagir.” Quand il raconte la terrible anecdote de sa voix chaude de stentor, personne n’ose contredire l’impressionnant patriarche. Ses mains belles et amples brassent l’air soudain figé. L’assistance, médusée devant la vision d’horreur qui l’étreint, est à point. Prête à accorder tous les blancs-seings du monde au maire de Lille, cet Houdini de la politique. Qui justifie ainsi les financements nécessaires, les autorisations indispensables, les
dépassements de budgets, les augmentations de la pression fiscale, ou les embauches d’équipes d’urbanistes dédiés au programme immobilier des années 1990. La politique est une incessante partie de bonneteau. Les fins connaisseurs du dossier chuchotent volontiers qu’Euralille, la cathédrale mauroyenne, contient son lot de mystères.

Commentaire du Blog : Quand on a bien connu, comme nous, le regretté J.P Baïetto dans le groupe de la Caisse des Dépôts, on sait bien que l’auteur dit vrai …et le coup du rat, c’est du gros Quinquin pur sucre.

Dans le passé, quand un meeting ne décollait pas, quand on lui avait mal « chauffé la salle », Gros Pierre vous faisait le « coup de l’Internationale » !!

Il vous évoquait, avec des trémolos dans sa grosse voix, ce pauvre ouvrier Lillois, Pierre Degeyter, écrivant, à la lumière d’une chandelle, dans une courée sordide du vieux Lille, la géniale musique de l’Internationale.

Cela tenait tout à la fois du Grand Guignol, de la Porteuse de Pain et de Marie-Marie des Mystères de Paris, à faire chialer dans les chaumières mais, le rideau fermé, Gros Pierre reprenait le couteau du Chourineur !!

La cour du grand Pierre

Tout aurait pu rester discret sinon secret. Quelques échos dans la presse régionale. Oui mais voilà, une certaine Martine Aubry, la nouvelle première adjointe de Pierre Mauroy en 1995, en charge de l’édifice, n’accepte pas une telle gabegie. Le ton monte très vite (…) son chant du cygne tiendra du hurlement de la hyène. En se répandant en quolibets dans les colonnes de Nord Eclair, il se tire une balle : “Je ne fais pas partie des amis de Martine Aubry, ni de sa cour. Je n’ai pas vocation à travailler pour une fille à papa.” … Choc de deux générations ou de deux façons d’envisager la chose publique ? Pierre Mauroy avait sonné la charge en se fendant d’un dévastateur : “Finie la récré » !

Commentaire du Blog : Une belle description de l’heureux caractère de Martine de Flandre !! Une autre du caractère implacable de Mauroy.

C’est qu’il en a sifflé beaucoup, des fins de récré le Quinquin ! Notamment celle qui concernait l’ami Gérard Caudron.

Mais, à l’heure de la retraite de Gros Pierre, le Gérard vient de lui rendre la monnaie de sa pièce aux municipales de Villeneuve d’Ascq en reprenant sa Mairie et de quelle manière !!

Du coup, deux bébés Mauroy-Derosier ont mordu la poussière : Stievenard et Manier. Bonne retraite, Gros !!

Le cardinal de fer

Tapi dans l’ombre, Daniel Percheron est comme ces marionnettistes de foire que l’on ne voit jamais, mais dont le spectacle nous fascine. Il tire les ficelles de son monde balzacien au gré des vents et tactiques politiques. Quand un personnage a servi, il le garde au chaud dans son armoire. Quand il en a besoin, il le remet en scène. Si la marionnette veut échapper à son créateur, il la brûle. Une posture que d’aucuns au Parti socialiste sont loin d’apprécier. “Toi, je te détruirai”, avait grondé Paul Quilès.

Commentaire du blog : C’est vrai que, d’après l’image publique qu’il donne, Percheron, n’est pas le mauvais cheval !! Mais dans la coulisse, houlala !! Changement de décor ; la petite chenille devient papillon et le brave bourin se mue en petit Torquemada implacable.

Il est piquant de voir Percheron se faire « allumer » par Quilès ! Le même qui voulait « couper des têtes » en 1981 ; ici, voilà que Paul de Carmaux veut détruire …N’est pas Jaurès qui veut !!

Quilès la tendresse ???

Jack la Joconde

Avec lui, la culture fait du culturisme. Il vous invite à une expo, vous vous retrouvez au music-hall. Et la vedette, c’est lui. Mais son bilan est impeccable : fête de la musique, du cinéma, prix du livre, arts de la rue, printemps des poètes… L’ancien ministre de la Culture des années Mitterrand a des états de service public qui le font ressembler à un maréchal d’empire bardé de décorations. Alors, quand cet inaltérable Dorian Gray a débarqué sur la Côte d’opale, personne n’a moufté.

Commentaire du blog : Encore bien vu M. Prévost !! Comme pour le regard de la Joconde dont on ne sait jamais qui il regarde, Jack peut regarder quelque chose ou quelqu’un tout en voyant autre chose !!

CONCLUSION :

Au total, un excellent bouquin qui remet les choses en place, qui montre qu’au Royaume des aveugles, les borgnes sont rois et que si tous sont égaux, certains sont encore plus « égos » que d’autres !!

Mais, comme disait l’autre : « Quand on vient d’en rire, il faudrait en pleurer » !!

« Le Petit Théâtre de Pierre Mauroy » – par Marc Prévost –

21 € -

Pour commander :

http://www.leslumieresdelille.com/Commander/tabid/525/Default.aspx

Les Lumières de Lille

46 rue du Curoir
59100 Roubaix

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  1. Suite à un problème technique, nous ne pouvons valider le commentaire reçu de l’Editeur de ce livre ; nous le reproduisons ci-dessous :

    bonjour,
    merci pour votre chronique du Petit Théâtre de Pierre Mauroy sur votre site…
    Mais vous indiquez un prix à 30 euros, or le prix de vente est de 21 euros… C’est déjà trop cher. Mais tout travail mérite salaire, le nôtre étant à peu près de zéro euros…
    Le travail d’éditeur en région est d’abord le produit de la passion, en attendant la reconnaissance financière pour faire mieux.
    cordialement
    Frédéric Lépinay, journaliste, éditeur.

    Toutes nos excuses, nous avions publié un prix figurant sur votre site. Le prtix a été corrigé dans le texte de la chronique.
    Bien cordialement
    Guy


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