La crise financière est-elle derrière nous ??
mai 10, 2008 at 10:22 | In Economie | 1 CommentTags: La crise financière est-elle derrière nous ??
La crise financière est-elle
derrière nous ??
L‘économie américaine va mal. Les dégâts de la crise financière, provoqués par l’effondrement des subprimes, ces crédits immobiliers à risque, sont visibles. Mardi 29 avril, le président des Etats-Unis, George W. Bush, a affirmé que l’activité économique était “très lente”.
Sur les marchés règne le sentiment que le pire de la crise financière est passé. Que les subprimes, qui ont suscité une véritable frayeur chez les investisseurs de part et d’autre de l’Atlantique, ne seront, bientôt plus, qu’un mauvais souvenir.
La Bourse qui a atteint ses plus bas entre janvier et mars, aux Etats-Unis comme en Europe, se stabilise.
Le dollar, qui avait plongé à des niveaux historiques face aux principales devises, en particulier face à l’euro, se redresse. Le billet vert, qui s’est échangé jusqu’à 1,60 euro le 22 avril, est remonté à 1,55 euro.
La Réserve fédérale américaine (Fed), qui a réduit de manière très sensible, voire agressive, ses taux pour contrer la crise, annoncera, mercredi soir, une nouvelle baisse de 0,25 point, portant le loyer de l’argent de 2,25 % à 2 %.
“C’est encore un peu hésitant mais l’on commence à penser à un scénario de sortie de crise. Et si tel est le cas, la Fed n’a plus de raison de baisser ses taux”, explique Christian Parisot, économiste chez Aurel Leven.
Si les analystes sont aussi optimistes, c’est qu’ils estiment que les banques centrales ont fait ce qu’il fallait pour éviter le pire. En plus de réduire le loyer de l’argent, la Fed et la Banque d’Angleterre sont intervenues massivement pour que les banques en difficulté puissent se refinancer.
Il est permis de penser que ces experts se font des illusions ou tiennent un discours convenu dont ils seront bientôt amenés à changer le ton …
Comme d’habitude, on nous expliquera après.
Les banques les plus prestigieuses, comme Merrill Lynch, Bank of America aux Etats-Unis, mais aussi Crédit Suisse, UBS ou Deutsche Bank en Europe, ont encore annoncé récemment des dépréciations massives. Les licenciements dans le secteur financier se comptent par dizaine de milliers.
“Penser que la crise est finie est ridicule, estime Michel Aglietta, professeur d’économie à l’université Paris-X. On ne s’en sortira pas comme ça.” “ La Fed n’a probablement pas fini de baisser ses taux”, ajoute-t-il. Pour lui, les Etats-Unis sont en récession, la situation restera délicate pendant plusieurs années, et l’économie européenne ne s’en sortira pas indemne. “La crise financière est en train de se propager au reste de l’économie. En Europe, nous risquons de traverser ce qu’ont connu les Etats-Unis, poursuit l’économiste, certains pays, comme l’Espagne ou l’Angleterre, ont une bombe immobilière prête à exploser, même si le mode de financement est différent de celui des Etats-Unis.”
En réalité, les signaux macro-économiques de part et d’autre de l’Atlantique ne témoignent pas d’une sortie de crise mais bien de son approfondissement.
Aux Etats-Unis, le taux de chômage a franchi le seuil des 5 %, la confiance des consommateurs est à son plus bas niveau depuis cinq ans, comme au moment du début de la guerre en Irak, et le marché immobilier poursuit sa dégradation continue.
En Europe, nous sommes menacés de stagflation, c’est-à-dire d’une croissance molle couplée à une inflation vigoureuse, alimentée par la flambée du pétrole. Le pétrole ne cesse de flamber et des voix s’élèvent maintenant pour prédire un pétrole à 200 dollars le baril.
Arjun N. Murti, l’homme qui avait prédit en 2005 un pétrole à 105 $ le baril alors qu’il n’était qu’à 57 voit maintenant un baril à 150 $ et, pourquoi pas, à 200 dans les 6 à 24 mois …. Il est vrai que M. Murti est expert chez Goldman Sachs et que c’est l’un des plus gros intervenants sur le marché du pétrole …Il a donc intérêt à faire flamber les cours !!
Dans un entretien à El Moudjahid, le président de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) estime que “le prix du baril est désormais indexé à la hausse ou à la baisse du dollar”. Une baisse de 1 % du dollar provoque une hausse de 4 dollars par baril, poursuit l’Algérien Chakib Khelil, avant de conclure : “Dans le cas d’une hausse de 10 % du dollar, il y a fort à parier que le prix du baril chutera de 40 dollars.”
Or, tout porte à croire que le dollar peut encore baisser !!
La France n’est pas à l’abri, loin de là : le moral des ménages est en berne, l’immobilier ralentit. Et le marché de l’emploi qui résistait jusqu’ici est en train de se retourner.
Au total donc, cette crise qui n’est pas que la crise des subprimes mais aussi la crise de la globalisation financière, la crise d’une bulle gigantesque qui éclatera bien un jour, n’est pas derrière nous mais bel et bien devant !! Et, si nous ne faisons rien, devinez qui va payer !!
Guy Dutron
10 Mai 2008
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Un ami qui a trouvé cet article “très bon” nous a fait parvenir, par mail des précisions que nous partageons ; les voici, Merci Dominique.
“C’est un très bon papier ; il faut distinguer ce qui est accessoire de ce qui est essentiel :
- le risque d’un nouveau 1929, avec ses faillites en cascades doit normalement être évité par l’action des banques centrales, qui refinancent tous les acteurs financiers (aussi dégueulasses soient-ils), puisqu’ils tiennent le reste du monde en otages : parler d’aléa moral dans ce contexte est ridicule, c’est avant qu’il fallait empêcher les bulles de se constituer…
- le fait que l’économie US tombe en récession et entraîne plus ou moins l’Europe et le reste du monde est à peu près certain, mais cela n’a, en soi qu’une importance conjoncturelle : il en est de même tous les 5 à 10 ans, depuis près de deux siècles.
Ce qui est d’ores et déjà essentiel tourne autour de deux phénomènes :
- la perte de confiance généralisée entre prêteurs et emprunteurs (montée durable de l’aversion pour le risque) fait que nous risquons la grande dépression (si ce n’est celle des années 30, du moins celle du Japon, après 89), c’est à dire l’absence de reprise durable, après le creux de la récession : autrement dit, c’est moins l’ampleur que la durée de cette dernière qui est le problème. Or, l’expérience montre que seule une forte initiative publique peut y remédier, mais celle-ci peut être d’extrême droite (militarisation), d’extrême gauche (redistribution massive) ou “d’extrême centre” (infrastructures publiques, et grands travaux). C’est donc sur la nature des dépenses publiques de demain que se jouera l’avenir
- La flambée des prix des matières premières alimentaires et du pétrole démontrent que la crise écologique et sociale du mode de développement fondé sur l’accumulation financière est commencée. Au delà des aides financières d’urgence, elle impose qu’à l’échelle mondiale, les nécessaires dépenses publiques s’orientent systématiquement vers des activités qui économisent l’énergie et l’ensemble des ressources non renouvelables.
Finalement, les deux aspects (financiers et socio-écologiques) de la crise n’en font qu’un et la solution suppose que les nouvelles régulations publiques placent au cœur l’émission de DTS (les banques centrales ont démontré qu’elles n’avaient pas peur d’injecter des liquidités) servant à financer les aides d’urgence et le nouveau mode de développement.”
Commentaire par Coquelicot — mai 12, 2008 #