SUS AUX FAUX ECOLOS !!!! Lu dans Politis de cette semaine

novembre 29, 2007 at 11:05 | In Textes de Politis | Leave a Comment
Tags:

Dès dimanche soir nous mettrons en ligne l’APPEL qui sortira des nos premières Assises. C’est, en effet, ce week-end que se tiendront, à St Denis, nos premières Assises qui consacreront officiellement notre naissance en tant que Mouvement politique d’un type nouveau.

Evidemment, nous vous en reparlerons car nos près de 200 collectifs répartis dans toute la France représentent d’ores et déjà une force politique.

Nous devons être environ 6.000 militants, c’est-à-dire a peu près autant que « les verts » et plus de deux fois la LCR !! Ce n’est donc pas rien.

L’Avesnois et le Cambrésis seront bien sûr représentés à ces Assises. Vous avez pu voir les noms de nos délégués dans les textes de nos Assises régionales du 17/11 puisque nous faisons tout publiquement.

En attendant cet APPEL (deux textes nous sont actuellement proposés) que nous voulons mobilisateur, nous vous présentons les « faux écolos » : ces « escrologistes » qui grenouillent dans les allées du pouvoir Européen à Bruxelles.

Merci encore une fois à « Politis », décidément les copains Bernard Langlois, Michel Soudais, Denis Sieffert et tous les autres, qu’est-ce que nous ferions sans vous.

Si vous aimez notre blog, un conseil, chaque Jeudi, précipitez-vous chez votre marchand de journaux et achetez « Politis », mieux, abonnez-vous, en version papier ou sur Internet.

Guy Dutron

Sus aux faux écolos !

PAR David Leloup

jeudi 29 novembre 2007

Quatre ONG ont organisé un vote citoyen pour couronner, le 4 décembre, les plus scandaleuses pratiques de lobbying et « d’écoblanchiment » observées dans l’Union en 2007.

Acheter des études scientifiques biaisées, financer secrètement des think tanks anarcho-capitalistes, se faire passer pour d’authentiques écologistes ou encore s’assurer un accès très privilégié auprès d’organes décisionnels de l’Union européenne… Voici quelques-unes des pratiques de lobbying inavouables qui ont cours aujourd’hui dans la capitale de l’Europe.

Afin de braquer les projecteurs sur ces méthodes peu orthodoxes, le « Prix du pire lobbying de l’Union européenne (UE) » a été lancé en 2005 à l’initiative de quatre ONG [Shell se fait épingler pour une pub mensongère. CERLES/AFP

Le Prix du pire lobbying, cuvée 2007, sera décerné le 4 décembre prochain lors d’une cérémonie festive qui se tiendra à Bruxelles.

Parmi les cinq nominés, le vicomte Étienne Davignon* a des allures de favori. Ancien vice-président de la Commission européenne, il est aujourd’hui conseiller spécial du commissaire au Développement, Louis Michel**, sur les questions de développement en Afrique.

« Le problème, explique Christine Pohl, des Amis de la Terre, c’est que M. Davignon siège en même temps au conseil d’administration de Suez, multinationale qui cherche à s’ouvrir de nouveaux marchés dans les secteurs de l’eau et de l’énergie… en Afrique. » Un conflit d’intérêt présumé qui semble en tout cas ne déranger personne à Bruxelles…

Autre nominé de taille : le triumvirat germanique BMW-Daimler-Porsche, pour son lobbying intensif ­ chantage à l’emploi inclus ­ visant à miner et à retarder les objectifs européens de réduction des émissions de CO2 pour les nouvelles voitures.

Les « outsiders » qui leur disputeront la palme sont le groupe pétrolier espagnol Repsol, stratège de la recherche européenne en matière d’agro carburants industriels, le cabinet Stewart, une agence de lobbying qui gère un faux think tank servant de façade aux adversaires du protocole de Kyoto, et l’Epaca, le lobby des lobbyistes européens, qui mène activement campagne contre la transparence financière du lobbying à Bruxelles souhaitée par le commissaire aux Affaires administratives et à la Lutte antifraude, Siim Kallas.

Cette année, un second trophée sera également décerné : le prix du pire « écoblanchiment ». L’objectif, ici, est de distinguer la plus culottée des opérations de com’ cherchant à faire passer des vessies polluantes pour des lanternes écologiques. Airbus est ainsi nominée pour une série de pubs où les silhouettes des avions sont parées de paysages idylliques suggérant que l’A380 est propre et écolo. Le géant anglo-néerlandais Shell se fait épingler pour une publicité suggérant que ses raffineries rejettent… des fleurs plutôt que de la fumée (pub que le gendarme de la publicité britannique vient d’ailleurs de condamner). Le numéro un mondial du pétrole, Exxon Mobil (Esso), doit quant à lui sa nomination à une campagne publicitaire dans laquelle il prétend réduire ses émissions de gaz à effet de serre alors que… son propre rapport 2006 d’« entreprise citoyenne » reconnaît qu’elles ont crû de façon spectaculaire ces quatre dernières années !

En lice également pour la palme du « verdissement » : le lobby de l’industrie nucléaire allemand, qui se présente comme le « protecteur du climat » à coup de pleines pages achetées dans la presse, et le géant britannique de l’armement BAE Systems, qui cherche à se positionner sur le marché des armes « vertes » et a récemment fait la promo de ses « balles écologiques sans plomb »… Vu l’inexistence d’une presse d’investigation spécialisée dans les questions européennes, les dossiers montés par les organisateurs (disponibles sur le site www.worstlobby.eu) valent certainement le détour. Les motifs précis des nominations sont explicités, les logiques industrielles qui se trament en arrière-plan, décodées. « Nous ne craignons pas la controverse, déclare Uri Mueller, de l’ONG Lobby Control. Nos dossiers reposent sur des bases factuelles solides. On ne peut donc pas nous attaquer en diffamation. Je pense d’ailleurs que ça se retournerait vite contre le nominé… »

Tout citoyen européen a pu voter via le site Internet de l’événement. L’an passé, près de 10 000 internautes ont joué le jeu. « Les dix nominés ont d’ores et déjà été conviés à la cérémonie du 4 décembre, précise Uri Mueller. Nous les avons également invités à réagir à leur nomination. Shell, le Cabinet Stewart et l’Epaca nous ont écrit pour contester celle-ci. Leurs lettres et nos réponses sont publiées sur le site Internet. » Les deux lauréats auront par ailleurs l’occasion de présenter leur point de vue sur scène lors de la cérémonie. Alors, viendront ? Viendront pas ? L’an passé, seul un représentant d’une DG nominée (l’équivalent européen d’un ministère) avait fait le déplacement…

*Note du Blog 1 : le vicomte Davignon est aussi membre d’une foule de conseils d’administration et préside actuellement le « groupe de Bilderberg » : ce rassemblement des plus gros capitalistes de la planète qui prétend assurer la gouvernance du monde à la place des Etats qui, selon ces pleins aux as, sont, évidemment, « dépassés », surtout s’il leur arrive encore de mettre le moindre frein aux appétits gargantuesques de ces prédateurs professionnels de l’économie et de la finance.

Ce groupe dont furent membres, au hasard, le réactionnaire José Manuel Barroso et un « gauchiste » bien de chez nous : Laurent Fabius en personne !!!

Notre camarade Raoul-Marc Jennar nous a donné de précieuses informations sur ce sujet !!

** Note du blog 2 : Louis Michel, c’est l’ancien patron des Libéraux Francophones belges : du genre « agité du bocal », une sorte de petit Sarko avant la lettre sauf pour le physique !! Sa bedaine, une gidouille à la UBU, à elle seule, symbolise à merveille la prospérité des fortunes qu’il représente !!

Le Fossé !!

novembre 22, 2007 at 2:25 | In Textes de Politis | Leave a Comment
Tags:

Le fossé (extrait du bloc note de Bernard Langlois dans Politis)

Comme toujours, Bernard Langlois a une vision aigüe des réalités. Son analyse du rôle des médias dans les luttes actuelles, c’est un peu « celui qui dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas.

Bernard est un vieux copain et sa fidèle présence nous fait toujours chaud au cœur.

Encore une fois, merci Bernard

Guy Dutron

« Menteries médiatiques » ? La façon dont la presse en général et les radios et télés en particulier rendent compte des conflits sociaux en cours suffit à expliquer pourquoi le fossé ne cesse de se creuser entre la profession de journaliste et une fraction grandissante du public.

Il ne faut donc pas s’étonner que les reporters subissent de plus en plus souvent un accueil hostile, notamment dans les situations tendues ­ comme sur les campus en ce moment ; ni que de plus en plus de gens délaissent télé-aux-ordres ou presse-qui-ment, et cherchent leur bonheur sur le Net (où circulent encore des infos et des images qui n’ont guère de place ailleurs, et surtout une liberté de ton et de commentaires revigorants ­ ça durera ce que ça durera…).

Le ton était donné avant même l’arrêt du premier train, avant l’occupation du premier amphi : « Les grévistes prennent les Français en otage. » Otage : combien de fois nous l’a-t-on asséné, ce mot lourd de sens, depuis une quinzaine ? Combien de micros-trottoirs excédés, de reportages compatissants entièrement voués à la grande-détresse-des-usagers-privés-de-moyens-de-transport, à celle des-étudiants-qu’une-minorité-d’irresponsables-empêche-d’accéder-aux-amphis ? Et sur le fond du conflit ­ le problème des retraites ou la réforme de l’université ­, quelle part respective faite aux arguments des grévistes par rapport aux analyses savantes des experts, tous acquis au bien-fondé des mesures gouvernementales seules censées assurer avenir et prospérité ? Combien d’efforts pour démontrer le bon vouloir du pouvoir, son sens aigu du dialogue, la persistance de sa bonne grande main tendue et de son franc sourire (omniprésent symbole : la face de lune et le ton doucereux du ministre en charge, le Séraphin Lampion du gouvernement) par comparaison au peu d’espace laissé à la défense du mouvement de grève, à la façon de le présenter comme archaïque, buté sur des revendications d’un autre âge, fermé à toute négociation ?

Que le pouvoir médiatique soit du côté du manche, ce n’est pas vraiment une nouveauté ; que de plus en plus de gens s’en aperçoivent et se détournent de sa propagande, c’est un fait que les moments forts de tension sociale mettent en lumière. Dans un premier temps, la propagande semble marquer des points (comme le disent les sondages, défavorables aux grévistes) ; à plus long terme, c’est la crédibilité des sachant et des puissants qui s’effrite, et le fossé qui se creuse entre le peuple et les « zélites ».

Jonction

Non seulement les médias sont outrageusement partisans, mais ils se gourent en prenant leurs désirs pour la réalité : à les en croire, la grève des cheminots ne passerait pas le week-end. « La fermeté paye », gâtifiait papy Mougeotte dans le Fig-Mag de samedi dernier, comme si tout était rentré dans l’ordre (son ordre).

Prématuré, pépère. Ce lundi, on sait déjà que le mouvement continuera au moins jusqu’à mercredi, jour d’ouverture des négociations. En tout état de cause, la fameuse jonction redoutée avec la grève des fonctionnaires de ce mardi est chose acquise.

Allons, le sarkozysme rencontre encore quelque résistance.

LU SUR LE SITE SOLIDAIRES

novembre 21, 2007 at 3:52 | In social | 1 Comment
Tags:

202 % d’augmentation du salaire de

Sarkozy… et pour nous ?

+ 202 % = L’augmentation du salaire de Sarkozy

Le PDG de BNP Paribas + 21 %
Le PDG de France Télécom + 27 %
Le PDG du Crédit Agricole + 55 %
Le PDG d’EDF + 55%
Le PDG de Carrefour + 60 %
Le PDG de ST Micro Electronics + 119%

Le PDG de la Société Générale touche en un an 895 années de SMIC.

Le PDG de Bouygues a touché 605 années de SMIC.

Les dividendes annuels des gros actionnaires se comptent en milliers d’années de SMIC.

Sans compter les cadeaux fiscaux aux plus riches, la suppression de l’impôt de Bourse, etc.

Et pour nous ?

Dégradation des normes d’emplois et des conditions de travail, chômage, précarité…


Augmentation généralisée (logement, produits de première nécessité, santé, carburant, etc.)… sauf pour nos salaires.


Retraites : ils veulent nous faire travailler 41 ans, puis 42 et plus.

Leur équité n’est pas la nôtre !

Au lieu d’un alignement vers le bas, nous voulons une convergence par le haut.

Exigeons une autre répartition des richesses !

Ce n’est que simple justice !

le vendredi 16 novembre 2007

BONNE NOUVELLE – MAUVAISE NOUVELLE – Soutenons José Bové

novembre 9, 2007 at 3:31 | In Environnement OGM | Leave a Comment
Tags:

Bonne nouvelle ! Cette nuit, notre blog a passé

le cap des 400 visites en cinq semaines :

merci à nos lecteurs !!

Mauvaise nouvelle …mais ESPOIR !!

Appel du Collectif

des « Faucheurs Volontaires »

et de la coordination

Gauche Alternative du Hainaut

en soutien à José Bové

Le lendemain du Grenelle de l’environnement, le 26 Octobre, la juge d’application des peines de MILLAU convoquait José Bové le 12 Novembre pour l’exécution de sa condamnation à quatre mois de prison ferme (Fauchage de Menville – 24 Juillet 2004)

Alors que la mobilisation des faucheurs volontaires, contre les multinationales des OGM, a permis au Grenelle de l’Environnement d’acter « en paroles » l’arrêt de la culture des OGM pesticides et la mise en route de la clause de sauvegarde au niveau Européen, le Pouvoir politique décide de réprimer ceux qui ont eu raison trop tôt !!

En tant que citoyen (enne) soucieux de la qualité de note environnement et de celui des générations futures, j’ai été sensible aux avancées apportées par le Grenelle de l’environnement dans le domaine des plantes transgéniques en plein champ ; j’ai pris acte également des propos du Président de la République sur la reconnaissance que ces plantes contiennent des pesticides et de son désir de transparence sur ces questions qui concernent l’alimentation, la santé et l’environnement.

Je déplore cependant qu’au lendemain de ce grenelle ; José Bové, l’une des figures emblématiques du mouvement qui a informé les citoyens, précédant ainsi les intentions du Président de la République, sur la transparence et la nécessité de l’évaluation contradictoire en matière d’OGM, soit convoqué devant le juge d’application des peines pour quatre mois de prison ferme.

Nous affirmons notre solidarité face aux risques d’incarcération : aujourd’hui Bové, et demain… ?

Nous réclamons l’arrêt immédiat des poursuites judiciaires à l’égard de tous les militants anti OGM.

Vous pouvez nous adresser votre accord sur cette pétition par mail adressé à :

guy.dutron@orange.fr

L’OPPOSITION FANTÔME Lu dans Politis – par Michel Soudais. Un excellent article qui pose bien la problématique des positions prises par le PS actuel et leur lien avec les luttes encours

novembre 8, 2007 at 6:47 | In Textes de Politis | Leave a Comment
Tags:

L’opposition fantôme

PAR Michel Soudais

jeudi 8 novembre 2007

Alors que les conflits sociaux se multiplient, le principal parti de la gauche est tout juste capable de critiquer « la méthode Sarkozy ». Raisons d’une démission.

À l’état de grâce succède la résistance. Que ce soit pour protester contre la réforme des régimes spéciaux de retraite, contre les réductions d’effectifs dans la Fonction publique, pour la défense des conditions de travail ou du pouvoir d’achat, plusieurs grèves et manifestations sont programmées au mois de novembre. Sans parler de la contestation qui monte dans les universités contre la loi Pécresse adoptée cet été. Après le succès de la journée de mobilisation du 18 octobre et le débrayage des hôtesses et de stewards d’Air France, la multiplication des conflits sociaux marque la fin de six mois d’anesthésie postélectorale.

L’ouverture des hostilités à la réforme des régimes spéciaux est annoncée pour le 13 novembre à 20 h, avec le début d’une grève reconductible à la SNCF, à l’appel de six des huit fédérations syndicales de cheminots (CGT, SUD Rail, Unsa, FO, CFTC, CFE-CGC). À la RATP, seul SUD avait déposé un préavis de grève reconductible, mais six autres syndicats envisageaient de faire de même, si le gouvernement ne bouge pas. À EDF-GDF, FO et la CGT, majoritaires dans le secteur, appellent aussi à la grève le 14 novembre, trois autres fédérations attendant encore que le gouvernement revoie « sa copie ». Enfin, c’est aussi contre la réforme de leur régime spécial de retraite que les personnels techniques de l’Opéra de Paris ont déposé un préavis de grève, avec effet le 13 novembre.

Le 20 novembre, c’est au tour des sept fédérations syndicales de fonctionnaires et des cinq fédérations de l’Éducation nationale d’appeler à la grève et à une journée d’action contre les réductions d’effectifs et pour les salaires. Cinq fédérations syndicales des postes et télécommunications (CGT, CFDT, SUD, FO et CFTC) appellent, elles aussi, les salariés de La Poste et de France Télécom à débrayer, pour l’emploi, le pouvoir d’achat, le service public, les conditions de travail, et contre les restructurations.

Le 29 novembre, le Syndicat de la magistrature (SM) et trois principaux syndicats de fonctionnaires de justice (Usaj, CGT, CFDT) organisent une journée de grève nationale, avec manifestation à Paris, contre la réforme de la carte judiciaire.

Derrière ces conflits visibles, le mécontentement des Français concernant leur pouvoir d’achat s’aggrave. Et pas seulement dans les enquêtes d’opinion. En témoigne la recrudescence de conflits sociaux sur les salaires dans le secteur privé. Des grèves ont ainsi éclaté sur le sujet à Conforama, dans l’Isère et le Rhône, et dans des filiales de Total. Trois syndicats de LCL, l’ex-Crédit lyonnais, appellent à la grève le 22 novembre pour des augmentations de salaires, et ceux d’Air France menacent de reprendre le mouvement à défaut de réponses de leur direction. Élu sur le slogan « travailler plus pour gagner plus », Nicolas Sarkozy serait-il en train de payer le prix de cette promesse non tenue ?

Ce ne serait pas la première fois qu’un président de droite, élu au printemps sur une thématique sociale, se verrait contraint d’affronter la rue à l’automne. Chacun se souvient de l’élection de Jacques Chirac suivie par les grandes grèves de novembre-décembre 1995. Un scénario qui pourrait bien se répéter. Jusque dans l’inanité de l’opposition, dont la principale formation est incapable de profiter des mécontentements, faute sans doute d’être capable de les partager, de les comprendre et de les traduire en actes et propositions politiques.

« C’est assez paradoxal. Le gouvernement met en oeuvre une politique qui est résolument de droite [...]. Et face à cela, on voit une gauche qui balbutie son discours », constate à regret Benoît Hamon. Trois raisons au moins expliquent ce mutisme. Six mois après sa défaite, le PS n’a toujours pas éclairci les causes de sa défaite. Il s’est montré ensuite incapable d’enrayer le départ de certains de ses membres, séduits par la politique d’« ouverture » de Nicolas Sarkozy, vers les ministères, les cabinets et les missions gouvernementales. Pire même, le PS est apparu incapable d’expliquer cette hémorragie autrement que par l’opportunisme supposé des partants alors que ces derniers peuvent, à raison, affirmer qu’ils n’ont pas changé de conviction. Ce qu’accrédite d’ailleurs Ségolène Royal en parlant des « socialistes qui sont au gouvernement ». Enfin, sur la plupart des questions du moment, le PS se contente de critiquer le gouvernement sur la forme, laissant deviner un accord sur le fond des réformes envisagées, quand il ne le clame pas tout bonnement.

C’est le cas sur la question sensible des régimes spéciaux de retraite. « La réforme des régimes est nécessaire », déclarait François Hollande, le 18 octobre, jour de la grève contre cette réforme gouvernementale, au micro de RTL. « Mais pour être réussie, ajoutait-il, elle doit respecter deux principes : le premier, celui de la négociation à partir d’un cadre global, ensuite le critère de la pénibilité, qui doit être le fondement de la durée de cotisation. » « Le principal objectif est non pas de s’opposer au principe d’une révision des régimes spéciaux, mais de s’opposer à la fois à la méthode, avec l’absence de négociation, et au fait que le gouvernement commence par annoncer au départ le résultat », avait déclaré de même l’ancien ministre Michel Sapin. Jusqu’à présent, « les régimes spéciaux sont indexés sur les salaires, or nous considérons qu’il faut indexer sur les prix », expliquait le secrétaire national à la santé, Pascal Terrasse, début octobre, en soulignant que « l’allongement de la durée de cotisation n’est pas un tabou » pour le PS. Cette indexation des pensions sur les prix, que le ministre Xavier Bertrand veut imposer, est contestée par les syndicats.

En 1995, déjà, bon nombre de responsables socialistes, en phase avec le petit monde des éditorialistes en vue, avaient été séduits par le plan Juppé sur la Sécurité sociale. Lors de la présentation de celui-ci, les rocardiens surtout avaient salué la conversion de la droite à la maîtrise des dépenses de santé. Michel Rocard jugeait « nécessaire » qu’Alain Juppé « tape fort ». « Si le gouvernement veut réellement maîtriser l’évolution des dépenses de santé et s’en donner réellement les moyens, je le soutiendrai », avait proclamé Claude Evin. Fraîchement élu à la tête du parti, Lionel Jospin avait dû rappeler le PS à son devoir d’opposition. Solidaire du mouvement anti-Juppé, le PS s’était toutefois bien gardé de « jouer les boutefeux », selon une expression de son porte-parole d’alors, François Hollande, qui reste fidèle à cette ligne.

Et si, en 2003, en pleine contestation de la réforme des retraites, la direction du PS a donné l’impression de prendre parti pour Bernard Thibault, ovationné par le congrès de Dijon, contre François Chérèque, c’était essentiellement pour des raisons internes. Dans Devoirs de vérité, un livre d’entretien publié en 2006, François Hollande confesse que ce mouvement posait au PS « un problème de fond ».

Si ce ne fut pas le cas pour le CPE, dont la contestation a été initiée par le MJS dès le 14 janvier 2006, Razzie Hammadi, qui en était le président, se souvient de la perplexité de Julien Dray et de Manuel Valls en bureau national, début février. Le premier doutait de la capacité des jeunes à se mobiliser ; le second était persuadé que les gens étaient essentiellement intéressés par « le pouvoir d’achat et la sécurité ».

La distance, pour ne pas dire la méfiance, du PS à l’égard des mouvements sociaux qui contestent les politiques économiques libérales s’explique certes par la crainte électoraliste de s’aliéner le soutien des usagers et clients touchés pas les grèves. Crainte dont Ségolène Royal se fait la porte-parole quand, dans Libération, le 22 octobre, elle reproche à Nicolas Sarkozy d’avoir affirmé dans la campagne que « tout était prêt », alors que son action révèle une « improvisation totale » et conclut : « Conduire un pays moderne à la grève est la marque d’un pays mal gouverné. » Ce déphasage est aussi « sociologique », explique Razzie Hammadi, pour qui les dirigeants socialistes, sensibles au « qu’en dira-t-on médiatique », « ne souffrent pas dans leur chair des politiques menées » par le gouvernement. Il est aussi conforme à une orientation idéologique théorisée par François Hollande quand il écrit dans Devoirs de vérité que « le véritable changement [...] doit être de l’ordre de la pratique du pouvoir, des modes de décision, des formes de l’action publique ».

Cette orientation qui privilégie le changement de mode de gouvernance plutôt que la transformation sociale trouve son aboutissement dans le « oui » au traité modificatif de Lisbonne, qui reconduit à l’identique les orientations libérales de la construction européenne, bien que celles-ci soient à l’origine de la plupart des réformes contestées ans la rue. Mais mises en oeuvre par les sociaux-démocrates européens quand ils sont au pouvoir.

Publié sur WordPress. | Theme: Pool by Borja Fernandez.
Entries and comments feeds.