Communiqué affaire EADS-Caisse des dépôts
octobre 14, 2007 at 2:03 | In Caisse des dépots, Politique | Leave a CommentTags: EADS - Caisse des dépôts Communiqué du Forum de la G, Uncategorized
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Sarkosy le monocrate
octobre 8, 2007 at 10:19 | In sarkosy | Leave a CommentTags: Uncategorized
Nous mettons en ligne, aujourd’hui
l’éditorial de Dominique Taddei
dans la “Navette” : lettre électronique
du Forum de la Gauche Citoyenne
Sarkozy, le monocrate
Lors de notre assemblée générale de fin juin, nous avons défini le nouvel édifice institutionnel de la France comme une monocratie : le pouvoir non héréditaire (c’est la différence avec la monarchie) d’un seul. Un système dans lequel le Parlement ne sert qu’à enregistrer ; le Gouvernement et les partis qui le soutiennent à obéir ; les partis politiques d’opposition à désigner des candidats aux élections. La politique actuelle de la France est donc aujourd’hui le fait d’un seul homme. Compte tenu de la nature de son pouvoir, il n’est plus que formellement Président de la République. C’est en fait un chef de l’état, certes élu, mais tout puissant, au-delà même des domaines habituels des pouvoirs constitués.Dès le premier été de son pouvoir, l’exercice ubuesque de sa fonction commence à poindre, à travers son activisme névrotique : il décide ainsi que Guy Roux peut être entraîneur de l’équipe du Racing Club de Lens, malgré son âge, jusqu’à ce que le caractère pitoyable de ses performances conduisent l’intéressé à y renoncer ; que sa femme peut remplacer le pauvre Kouchner pour négocier directement avec Khadafi ; ou encore, quotidiennement, à propos de n’importe quel fait divers, il intime l’ordre de légiférer, quitte à ce que dans le même temps, il fasse supprimer les postes de fonctionnaires chargés de la mise en oeuvre ; le chef du gouvernement est au mépris du texte de la constitution, un simple « collaborateur » (le mot ne lui fait pas peur), qui est publiquement tancé par des inconnus sortis de son cabinet. Au demeurant, la pseudo réforme de la constitution qu’il entend imposer aura pour seul but d’aggraver ce terrible déséquilibre des pouvoirs au pays de Montesquieu. Sa politique européenne, dominée par la mégalomanie est déjà discréditée dans toutes les capitales européennes, où ses contradictions (réclamer plus de coopération, alors qu’il agit plus unilatéralement que n’importe lequel de ses prédécesseurs) On attend donc avec plus d’inquiétude que d’amusement ses prochaines foucades.Mais, derrière les multiples anecdotes livrées plus ou moins consciemment par une presse, pour l’essentiel servile, perce un homme convaincu qui poursuit trois objectifs précis et complémentaires :- le fils manqué de Mme Thatcher : sur le plan social, l’ancien maire de Neuilly sur Seine donne aux riches, dès les premières semaines 15 milliards d’euros, au prétexte d’établir la « confiance ». Cependant, contrairement à ses croyances, tout ne s’achète pas, même dans son propre milieu, et la question du financement de ses cadeaux aberrants inquiète même ceux qu’il proclame pourtant comme ses amis européens. Loin d’accélérer la croissance, ces cadeaux inconsidérés s’accompagnent de son ralentissement, ce qui ne l’empêche pas de proclamer qu’il veut (sic) 3%, alors qu’il nous fait tomber au-dessous de 2 ! Manifestement, cet homme a toujours eu un problème de croissance : l’anti-de Gaulle, en quelque sorte… Alors, pour financer ses premières aberrations, il commence à prendre aux pauvres (franchise médicale), et accélère le démantèlement de l’ensemble des services publics. Pour briser la résistance syndicale, il met donc en place une stratégie graduelle de provocations (service minimum, puis régimes spéciaux), qui oblige leurs directions, malgré leurs désirs de négociations, à accepter un affrontement, d’où ils sortiront vraisemblablement laminés, matraquage médiatique aidant. – le Le pénisme rampant : l’autoritarisme intérieur est nécessaire à la stratégie anti-sociale de Sarkozy, pour contenir les « classes dangereuses », et l’arsenal répressif d’inspiration le péniste, esquissé dans ses fonctions antérieurs (cf. le remarquable livre blanc rédigé par la Ligue des Droits de l’Homme), se développe, à l’égard des étrangers, des mineurs et de tous les faibles, à coup de gourdins et/ou de tests ADN.- le dernier Bushman : alors que dans toute l’Europe, les partisans de Bush (Aznar, Berlusconi, Tony Blair) ont du se retirer sous les huées, en attendant que le même sort frappe à juste titre leur propre mentor, Sarko l’américain, adoubé de façon grotesque à Washington, s’intègre dans l’OTAN, comme aucun président français avant lui. Il marque un dédain scandaleux de l’Afrique et de tous ses peuples à Dakar. Puis, déjà dans une logique de fuite en avant qui rappelle la créature d’Alfred Jarry, il reprend à son compte les folles menaces de bombardements contre l’Iran du malheureux Kouchner, avec pour seule circonstance atténuante son impuissance à les mettre en oeuvre…En attendant que les enchaînements inexorables de ces stratégies réactionnaires et dangereusement complémentaires se fassent pleinement sentir, deux dossiers vont commencer à révéler la nature réelle de l’omnipotence de Sarkozy : le « Grenelle de l’environnement » et le Traité européen. – Sur le premier, les miettes qu’il va consentir seront certes toujours bonnes à prendre. Mais son intransigeance sur les grands dossiers (nucléaires, OGM, autoroutes ou incinérateurs…) devra conduire à des luttes unitaires, après ce qui restera sans doute comme un nouvel hommage du vice (productiviste) à la vertu (écologiste).- Bien entendu, ce président que l’on prétend si populaire ne peut assumer publiquement le tour de passe-passe par lequel il prétend escamoter le vote négatif que les citoyens français ont exprimé contre le projet de Traité européen. Il entend donc violer leur volonté, en faisant ratifier une réforme des institutions presque identique par des parlementaires à sa solde.
* * *
Dans ce contexte de régression démocratique et sociale, à la fois sur le plan national et international, sans précédent depuis deux tiers de siècle, il n’est guère que l’ensemble des mouvements sociaux et culturels, qui puisse commencer l’oeuvre de résistance, en s’organisant en réseau comme elles commencent à le faire, dans un nombre croissant de domaines. Si on veut éviter qu’une aussi folle page de notre histoire ne se termine pas (trop) mal, il faut espérer que la détermination de leurs militants fera reprendre leurs esprits aux différentes factions de la gauche française, afin que renaisse une démarche crédible de reconquête démocratique ! Dominique Taddeiwww.forumgc.org
Refonder la Gauche aujourd’hui, oui, mais comment ?
octobre 2, 2007 at 5:34 | In Refonder la Gauche | Leave a CommentTags: Refonder la Gauche, Uncategorized
Être
de Gauche
aujourd’hui.
Par Guy Dutron
Refonder la gauche, une nécessité ? Oui, mais comment et sur quelles bases ?
Chers camarades,
J’ai milité 32 ans au PS – après 13 ans au PSU – et je l’ai quitté en 2005 après avoir mené campagne pour le NON au TCE. J’étais alors secrétaire de section à Cousolre (59). Pourquoi ? Parce que j’ai fait l’analyse que le PS avait définitivement choisi le camp libéral alors que j’ai toujours été et je demeure anticapitaliste.Que, ce faisant, le PS a déserté le terrain de la lutte idéologique.Que ce PS là n’était plus susceptible d’évolution ne serait-ce que de par sa sociologique : 1/3 d’élus et 1/3 d’adhérents qui bossent pour des élus, cela fait 2/3 de ce Parti qui doivent leur situation au Parti, qui sont, en quelque sorte des beefsteackards ou, à tout le moins des hommes et des femmes qui n’ont plus toute leur liberté.Nous sommes bien placés, dans le Nord, sous la coupe du tandem Mauroy – Derosier pour savoir ce qu’il arrive à ceux qui osent s’opposer !! Ils sont éjectés, laminés, broyés par la machine.
Dès lors, des questions se posent :
- Le PS à Gauche ? Certainement pas et ceux qui y restent encore par ce qu’on appelle le « patriotisme de Parti » devraient s’interroger sur eux-mêmes : il n’y a parfois pas loin du compromis à la compromission et de la compromission à la collaboration (de classe évidemment).- Fabius, Emmanuelli, Mélenchon, Lienemann, pas audibles ? Evidemment ! Fabius n’a jamais été de gauche, il n’a jamais eu que des postures justifiées par ce qu’il croyait être son intérêt de carrière.Les trois autres sont élus (député, sénateur ou député Européen) et savent jusqu’où ils peuvent aller trop loin pour conserver leur « place ». Quant à Lienemann, quand on connaît son parcours !! On peut tirer l’échelle !
Le PS peut-il revenir au pouvoir ? Serait-ce une victoire de la gauche ?
Ce sont deux questions tout à fait différentes. La première c’est qu’après la série de défaites qu’il a connues au cours des dernières années et qui ont montré à quel point il s’était coupé d’une bonne partie des classes populaires, le Parti socialiste sera-t-il un jour capable de reconquérir le pouvoir? C’est assez probable.Il pourra gagner les élections quand les ravages du sarkozysme auront mobilisé de nombreuses forces sociales contre la droite gouvernementale mais, ce sera un vote contre la droite et pas pour la gauche. On ne peut pas savoir combien de temps cela prendra, mais cela se produira tôt ou tard. Mais il y a une deuxième question qui est trop souvent refoulée : si le Parti socialiste parvient à gagner les élections futures, pourra-t-on vraiment dire que c’est la gauche qui sera revenue au pouvoir ? Etant donné ce qu’on lit, ce qu’on entend et ce qu’on voit en ce moment, la réponse est non.
C’est d’autant plus vrai que c’est l’abandon de ses valeurs par le PS qui a permis la victoire de Sarkosy
Le PS a laissé la droite imposer un nouveau discours dominant
Tout d’abord, on a beaucoup dit que la droite avait gagné parce qu’elle avait conquis l’hégémonie idéologique, et l’on fait alors presque toujours une référence vague et imprécise à Gramsci (suivant en cela Sarkozy lui-même). Mais une fois que l’on a dit “hégémonie idéologique”, on n’a pas dit grand-chose. La pensée de Gramsci était tout de même un peu plus sophistiquée sur ce point, et il nous faut, par exemple, analyser de manière détaillée et précise quels éléments de discours ont été mis ensemble par la droite actuelle pour former cette nouvelle configuration idéologique -appelons-la par commodité le sarkozysme- qui, comme le thatchérisme il y a trente ans en Grande-Bretagne, a réussi à s’imposer dans de larges pans des classes populaires. Il nous faut surtout nous interroger sur une étrange alliance de classes (je sais bien que le mot “classe” n’a plus cours au Parti socialiste, mais pourtant, même si les dirigeants socialistes ne les voient plus, elles n’en continuent pas moins d’exister dans la réalité, sous des formes qui à la fois perdurent et changent), sur une alliance de classes, donc, ou plus exactement sur un “bloc historique” (pour reprendre ici encore le vocabulaire de Gramsci), et sur les conditions historiques et les modalités concrètes de sa mise en place.Elle rassemble la haute bourgeoisie d’affaires, avec laquelle Sarkozy affiche chaque jour sa proximité, et certaines des couches populaires les plus précarisées ou les plus désespérées, dont une partie donnait auparavant ses suffrages au Front national. Le Parti socialiste porte une lourde responsabilité dans la possibilité et la facilité même qu’a eue la droite de fabriquer un nouveau discours dominant qui a reçu l’assentiment des classes populaires, puisqu’il a participé et collaboré à l’installation de ces nouvelles thématiques. Rappelons-nous comment ceux qui ont essayé, au cours des vingt dernières années, de maintenir vivante une pensée de gauche -je pense notamment à Pierre Bourdieu- ont été littéralement insultés par les responsables du PS, toutes tendances confondues, tout comme l’ont été les mouvements sociaux, quand ils n’ont pas été tout simplement matraqués: comités de chômeurs réprimés par le gouvernement Jospin, manifestations d’enseignants diffamées par son ministre de l’Education, mobilisations pour la reconnaissance de l’homoparentalité –et donc des personnes qui vivent ces situations –injuriées par nombre de hiérarques de la gauche officielle, à commencer par Madame Royal, qui y voyait une “provocation contre les valeurs religieuses et familiales de la France” et qui stigmatisait le mouvement gay et lesbien comme porteur d’un “communautarisme” (mot qui a pour principale fonction de stigmatiser toute affirmation minoritaire) homosexuel qu’elle comparait à celui des riches incarné par le Medef… Je n’invente rien, je me contente de citer leurs déclarations !
Pendant la campagne, des problèmes de droite posés d’une manière de droite:
La droite a gagné la bataille des idées parce que le PS l’a aidé dans cette tâche, en travaillant depuis tant d’années à défaire et discréditer tout ce qui peut constituer un regard de gauche sur le monde social. La campagne électorale socialiste a confirmé tout cela jusqu’à la caricature, puisqu’elle a consisté à poser des problèmes de droite et à les poser d’une manière de droite (la valeur-travail, la valeur-famille, la valeur-nation et la valeur-drapeau, sans oublier l’autorité, l’ordre et l’entreprise… et tous ces thèmes inlassablement liés les uns aux autres, tissés dans une même trame, ce qui renforçait encore le caractère réactionnaire de chacun d’eux).
Je vous laisse le soin d’imaginer ce que qu’aurait pu être, à l’inverse, une campagne construite autour de thèmes de gauche et d’une manière de gauche de poser des questions. J’en ai mené une, avec d’autres, sans grands moyens mais c’était celle de José Bové !! Et, je fus candidat aux législatives sous l’étiquette « Gauche alternative 2007 ».
Maintenant, avec notre Collectif Sambre-Avesnois, nous allons nous battre aux municipales.
Il va de soi que, dès lors que, comme le PS, l’on a cédé sur l’essentiel, à savoir sur les questions dignes d’être soulevées et sur la manière de les soulever, une fois que l’on a délibérément choisi de s’inscrire dans le cadre des problématiques qui sont celles de la droite, que l’on se déplace pour se situer sur le terrain de celle-ci, ensuite les réponses peuvent bien différer (on peut ajouter un peu de compassionnel et quelques larmes), non seulement ce sont les réponses de la droite qui ont toutes les chances de l’emporter, mais aussi et surtout c’est une perception de droite du monde social qui s’impose. Ce sont les thématiques de droite, la pensée et l’impensé de la droite, les obsessions de la droite qui ont été acceptés comme délimitant le champ des questions évidentes et nécessairement partagées. C’est bien cela, l’hégémonie idéologique, n’est-ce pas ? Et l’on sait que les manières de percevoir le monde et de le décrire –ce qui se présente comme des “constats”- sont aussi des manières de le construire et de le faire être ce qu’il est.
Il est donc paradoxal, soit dit entre parenthèses, de dénoncer comme des traîtres les personnalités du PS ralliées à Sarkozy, puisque cela revient à essayer de faire croire qu’il existerait une frontière qu’ils n’auraient pas dû franchir, alors que ceux qui ont trahi et ceux qui les dénoncent aujourd’hui ont travaillé ensemble à effacer cette frontière.
Ce ne sont pas -ou pas seulement- des parcours individuels déplorables, c’est plutôt l’aboutissement d’une logique politique collective, bien plus déplorable, bien plus grave, parce que plus profonde et plus durable. Pensée de droite, pensée réactionnaire, pensée de gauche
Pour ne prendre qu’un exemple frappant, dans l’actualité immédiate, de cette hégémonie de la pensée de droite: « Le Monde » écrivait récemment que l’ancienne candidate socialiste à l’élection présidentielle déclarait que la gauche avait été jusqu’ici associée au “collectivisme” (il ne s’agissait pas d’économie), c’est-à-dire à l’idée que ce que sont et font les individus serait lié à des “inerties sociales”, à des “reproductions sociales”, et qu’il serait urgent de rompre avec ces conceptions dépassées pour rendre à l’individu son autonomie et sa responsabilité. Je ne sais pas qui écrit les discours de Mme Royal, mais ce genre d’idioties n’est que la reproduction de tous les thèmes les plus éculés de la pensée de droite, de la pensée réactionnaire et de sa dénonciation de la pensée de gauche -la haine du “collectivisme”, c’est-à-dire de tout ce qui évoque le “socialisme”, la sociologie, les sciences sociales…- qui nous sont ressortis aujourd’hui, sous une couche de vernis de modernisation de la gauche, par les think tanks néoconservateurs qui fournissent au Parti socialiste ses outils idéologiques. Comment réfléchir à une politique effective de démocratisation du système scolaire, si l’on pense que cela ne relève que des responsabilités individuelles et non pas, précisément, d’une reproduction dans et par le système scolaire des inégalités sociales? Comment comprendre la relégation et l’exclusion par le système scolaire des enfants des classes populaires, si l’on imagine qu’il s’agit là simplement d’une conséquence de leur mauvaise volonté ou de leur absence d’efforts, ou d’une démission des parents et des enseignants? Et, dans la même logique, comment accepter, comment supporter la dénonciation honteuse, déshonorante pour toute personne qui se dit de gauche, de “l’assistanat” (dénonciation qui figurait sur la profession de foi de votre candidate dès le deuxième paragraphe), au nom de la responsabilité individuelle qui veut qu’en échange de droits, il faudrait se plier à un ensemble de devoirs et de contreparties imposées. Cette contractualisation et cette individualisation du droit du travail et de la protection sociale est le vecteur d’un démantèlement de l’Etat-Providence et des politiques redistributives qui sont l’héritage des luttes sociales du siècle écoulé, et particulièrement des conquêtes de l’après-guerre.
La gauche envahie par le discours néoconservateur
Tout un prêchi-prêcha néo-chrétien prospère aujourd’hui dans les “élites” socialistes sur les exclus et la solidarité -qualifiée d’”active” en opposition à celle qui serait “passive”, ce qui n’est qu’une déclinaison de gauche de la vieille dénonciation réactionnaire de la paresse des chômeurs et des assistés, comme de l’immoralité des pauvres, la solidarité ne devant plus s’accomplir que sous la condition de contreparties qui sont autant d’injonctions faites aux victimes de la précarisation de manifester, comme le voulaient déjà les philanthropes du XIXe siècle, leur bonne volonté et leur bonne moralitéOn comprend pourquoi tout ce discours et la vision du monde qui le commande risquent de déboucher bien vite, si le PS revient au pouvoir, sur des mesures politiques répressives à l’encontre de ceux qui ne sauront pas ou ne pourront pas se plier à ces injonctions et à une transformation, comme cela semble être le rêve déjà d’une certaine gauche, de l’Etat social en Etat pénal pour ne pas dire en Etat carcéral.Ce discours néoconservateur ne parle que de rétablir du “lien social”, donner des “repères” et du “sens” – autant d’expressions qui n’ont, si on essaie de leur donner un contenu, à peu près aucun sens. Qu’est-ce que cela veut dire “donner du sens”, si ce n’est imposer des significations et des contraintes aux existences et à l’expérience vécue de tous ceux que ces nouveaux “repères” auront pour fonction de contrôler, normaliser, neutraliser? Qu’est-ce que cela veut-dire “créer du lien social”, si ce n’est l’effet d’une conception atomistisée du monde social qu’il s’agit de faire prévaloir contre le “collectivisme” et contre l’analyse des pesanteurs de l’histoire et des déterminations sociales- tenter de faire disparaître à peu près totalement du discours socialiste toutes les autres expressions qui pourraient contenir le mot “social”: je ne parle même pas de classes sociales -devenu une expression tabou-, mais de luttes sociales, de mouvements sociaux, ou tout simplement d’appartenances sociales, d’ancrages sociaux et donc d’inévitables conflictualités sociales.Etre de gauche, me semble-t-il, c’est se situer du côté du conflit, c’est accompagner les mouvements et les revendications, et non les dénoncer au nom du “vivre-ensemble”, du “faire société” ou du “faire nation” et autres vieilleries personnalistes que presque tous les journaux de gauche s’acharnent à nous faire accepter comme les principes fondateurs d’une “modernisation de la pensée de gauche”. Il nous faut nous défaire de l’idéologie réactionnaire du “vivre ensemble”, toujours porteuse de régression sociale et d’immobilisme culturel et toujours teintée, bien sûr, à la fois de nationalisme et de rejet de la différence et de la dissidence (songez à l’homophobie militante de ceux qui aiment à nous vanter les vertus du “monde commun” et des “valeurs communes”). En fait, “vivre ensemble”, c’est le programme de Sarkozy, dans lequel, comme je l’ai dit, la haute bourgeoisie et les déshérités devraient cohabiter dans l’heureuse harmonie des valeurs partagées: ordre et travail, nation et sécurité. Un projet politique dont l’objectif premier est d’obtenir la soumission de tous aux lois de l’économie et la docilité des classes populaires et de tous ceux qui pourraient être amenés à résister aux nouvelles formes de domination. Je viens de dire: le programme de Sarkozy, mais j’aurais pu également nommer d’autres hommes de droite, de moindre envergure, qui partagent son projet, par exemple Manuel Valls.
Le bon “individu” et le mauvais “individu”, vus par le Parti socialiste:
Il est en effet édifiant que les mêmes qui n’ont que le mot “individu” à la bouche contre toute la pensée de gauche, qui tend à expliquer que l’individu n’est pas un isolat social, mais toujours inséré dans un monde social, les mêmes donc qui veulent qu’on retrouve une pensée de l’individu contre le collectif soient toujours les premiers, dès qu’un mouvement apparaît, dès qu’une revendication se fait jour dans l’espace public pour contrecarrer, précisément, la force des inerties sociales et les mécanismes de la reproduction, à se précipiter pour dénoncer en chœur –un chœur où les voix de la gauche conservatrice se mêlent à celles de la droite réactionnaire- “les méfaits” ou les “dérives” de “l’individualisme contemporain” (le principal de ces méfaits étant à leurs yeux que tout le monde désormais s’imagine pouvoir défendre ses droits ou en demander de nouveaux). Ces usages à géométrie variable de la notion d’individu ou de celle d’individualisme -qu’il convient tantôt de réhabiliter, tantôt de dénoncer- ne sont pourtant pas aussi contradictoires qu’il y paraît: ils se déploient en réalité sur l’horizon d’une cohérence idéologique très profonde et très profondément marquée par une logique de droite. Car cela signifie qu’il y aurait d’un côté le bon individu (et donc le bon individualisme): celui qui accepte des devoirs et des contraintes en échange de ses droits, et surtout qui se tait et fait ce qu’on lui dit de faire, et de l’autre, le mauvais individu (et le mauvais individualisme), celui qui entreprend de défendre ses droits ou d’en revendiquer de nouveaux, c’est-à-dire ce qu’autrefois on appelait les mouvements, les mobilisations, les luttes, bref, ce qu’on appelait la gauche. Ce qui est pourfendu comme “l’individualisme contemporain”, c’est ce qui devrait constituer la définition même de la gauche et de ce qui la fait vivre (et la renouvelle en permanence, par l’émergence de nouveaux mouvements, de nouvelles revendications). Oui, “l’individualisme contemporain”, c’est un autre mot pour désigner la gauche, mais c’est un mot péjoratif, un mot de stigmatisation de la gauche, de son héritage et de sa force présente et à venir… Il est donc assez lamentable que ce vocable péjoratif, que ce vocable réactionnaire puisse prospérer comme c’est si massivement le cas dans les discours du Parti socialiste aujourd’hui.
Le retour du PS au pouvoir risque de signifier une défaite de la gauche:
Tout ceci me porte à penser que le Parti socialiste ne sera probablement pas incapable de reconquérir le pouvoir, mais que la reconquête du pouvoir par le parti socialiste risque de signifier -sur le modèle de Tony Blair succédant à Margaret Thatcher– une nouvelle et profonde défaite de la gauche. Au mieux, les partis viennent après, pour reprendre ce qui s’est inventé ailleurs -on l’a vu récemment avec tout ce qui s’est produit autour du mouvement gay et lesbien, que le PS a d’abord combattu avant d’en reprendre certaines revendications, et d’accepter avec beaucoup de retard le renouvellement progressiste de l’idée même du couple, de la famille, du droit, de la vie sociale que ces revendications emportaient avec elles. Il est urgent de récuser l’opposition dans laquelle on essaie de nous enfermer entre une gauche radicale soutenant les mouvements sociaux et une gauche gouvernementale préoccupée de la “réforme”. Car la question qui se pose n’est pas de savoir s’il faut réformer ou pas, mais quelles sont les réformes souhaitables et possibles, et aussi qui les propose, qui les définit, qui a droit à la parole… Et les mouvements sociaux sont les lieux où peuvent s’élaborer des propositions de réformes souhaitables et possibles, qu’il incomberait à un gouvernement de gauche de réaliser concrètement. Je suis toujours amusé quand j’entends ceux qui s’en prennent aux “archaïsmes” d’une gauche radicale qui refuserait “la réforme” (quand elle refuse telle ou telle réforme, considérée comme destructrice d’acquis sociaux), car ce sont souvent les mêmes (les mêmes responsables politiques, les mêmes cénacles idéologiques, les mêmes revues, les mêmes éditorialistes…) qui ont hurlé hier, au nom de la tradition indépassable, du passé immémorial, etc., contre la réforme que représentait le Pacs, et qui hurlent aujourd’hui contre les réformes capitales que représenteraient l’ouverture du droit au mariage aux couples de même sexe et la reconnaissance juridique égalitaire de l’homoparentalité ou d’autres arrangements familiaux.
Être de Gauche aujourd’hui, c’est quoi ?
Être de Gauche, aujourd’hui encore, c’est :
(je parle ici de la Gauche Alternative, le mouvement auquel j’appartiens mais dont je souhaite qu’il fédère un jour la gauche de transformation sociale)
- être du côté du conflit,
- être du côté de ceux qui souffrent,
- être du côté de la défense des droits chèrement acquis,
- être de ceux qui accompagnent les mouvements et les revendications et non de ceux qui les répriment,
- être de ceux qui recherchent une traduction politique juste à ces mouvements, revendications et conflits, - être de ceux qui sont conscients des ancrages sociaux et des appartenances sociales,- être, même, de ceux qui savent qu’il existe des conflits sociaux internes au sein de la même classe, au sein d’une même entreprise, au sein d’une même collectivité, et qui recherchent les voies et moyens de les dépasser,
- être de deux qui refusent de mettre ces réalités au placard sous prétexte du « vivre-ensemble », du « faire-société », ou du « faire-nation »,
- c’est se débarrasser de cette vision atomisée du monde et de ces vieilles lunes personnalistes, - c’est refuser ces discours réactionnaires sur « la paresse des chômeurs », sur ce nouvel « individualisme contemporain » que tous les journaux dits « de Gauche » nous serinent à satiété comme points de passage obligés vers une soi-disant modernisation de la gauche qui ne sera jamais qu’un retour au XIX ème siècle en ce début de XXI ème !!,
Notre tâche aujourd’hui, c’est, puisque la « vieille gauche » a failli :
- de reprendre et d’amplifier la lutte idéologique,
- de savoir – à cet égard les deux campagnes passées furent instructives- que l’unité de la Gauche de Transformation sociale ne passera pas par des accords d’appareils,
- que les partis, même ceux qui se situent à la gauche du PS sont tout sauf des lieux où l’on réfléchit, on y pense d’abord « boutique »,
- Que nous ne devons donc pas devenir un Parti de plus,
- Que notre intuition de départ qui nous a conduit à créer un mouvement qui accepte le débat, la double appartenance tout en refusant la naïveté et l’entrisme était la bonne,
- Que nous devons développer ce mouvement en sachant que nous sommes loin d’être seuls, que des forces qui pensent et agissent comme nous existent dans le mouvement syndical, associatif, écologique et altermondialiste,
- Que, malgré notre jeunesse actuelle, nous devons rechercher des liens, des soutiens ou des alliances à l’international.
Pour que vive le débat
Guy Dutron
Militant Gauche Alternati ve
Collectif Sambre-Avesnois
Militant SUD-CNP
52B rue des Courtils
59330 HAUTMONT
06.78.65.32.92
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Notre Blog est né !! Premiers résultats – Comment l’utiliser ?
octobre 2, 2007 at 11:32 | In Citoyenneté, Politique | Leave a CommentTags: Bulletin de naissance : Notre blog est né, Notre blog est né - premiers résultats - Comment l'ut, Uncategorized
Grâce à l’assistance de notre site gauchealternative.org, j’ai pu ouvrir ce blog au nom de notre collectif.
Je ne suis pas un grand spécialiste mais j’espère m’en sortir. Ce blog nous sera bien utile lors de nos campagnes à venir, qu’il s’agisse des luttes à soutenir ou des municipales à venir. Vous y trouverez, dans la limite de nos moyens et du temps disponible, des informations sur notre collectif, des infos locales, nationales, les appels que notre mouvement soutiendra, etc.
Visitez-le, faites-le connaître et n’hésitez pas à suggérer, critiquer, ce blog doit être celui de notre COLLECTIF.
Notre blog est né il y a maintenant un peu moins de 5 semaines.
Il a déjà reçu 340 visites soit, en moyenne 12 par jour. C’est un bon résultat.
Les articles les plus lus :
- Appel pour un référendum
- Fusion GDF – Suez (à égalité) 50 lectures
Juste après viennent :
- Initiés de tous les pays Unissez-vous !!
- Sarkosy le monocrate par Dominique Taddei 48 lectures
- Refonder la Gauche par Guy Dutron 46 lectures
Tous les autres articles ont été lus plusieurs fois.
Il faut signaler que le nombre de lectures n’est pas le total réel ; c’est le nombre de lecteurs qui ont cliqué en premier sur le texte choisi mais, ils peuvent commencer par un autre et lire aussi ceux-là.
Le texte de « notre blog est né » vient d’être modifié en y ajoutant : « Premiers résultats – comment l’utiliser ».
En effet, vous pouvez poster un commentaire en cliquant, sous le titre en bleu sur « No Comment » ou sur « 1 comment » vous voyez alors apparaître une fenêtre, sous l’article qui vous permet d’écrire ce que vous souhaitez.
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Enfin, lorsque vous venez sur notre blog, en cliquant sur « about », sous le titre, vous voyez apparaître, dans la colonne de droite, tous les articles et il vous suffit de cliquer dessus pour les lire.
Bonne navigation sur notre blog
La rédaction